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Archive pour juillet 2013

Journal Le Pays Centrafrique

il y a 3 heures ·

DISCOURS DE L’AMBASSADEUR,
HAUT REPRESENTANT DE LA FRANCE AUPRES DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE,
A L’OCCASION DE LA FETE NATIONALE,
RESIDENCE DE FRANCE, BANGUI, 14 JUILLET 2013

Chères et Chers Compatriotes,
Chères et Chers Amis européens,

Lorsque mon épouse et moi-même, entourés de tout le personnel de l’ambassade, avons eu le plaisir de vous accueillir en cette résidence, pour la première fois, le 14 juillet 2012, personne ne pouvait prédire tous les événements que nous allions vivre ensemble.

En vérité, ces douze mois furent une annus horribilis. Je ne reviendrai pas sur tous les faits qui l’ont jalonnée de crainte de raviver, en ce jour de fête, des circonstances dramatiques, de tristes, pénibles, voire traumatisants, souvenirs. Pourtant ils restent vivaces, comme sont encore présents dans nos mémoires, tous ceux de nos compatriotes et amis qui ont décidé de quitter définitivement ce pays où ils se plaisaient.

De ces longs mois, surgit le 26 décembre 2012, ce jour honteux où les arrières petits-fils des combattants de Bir-Hakeim, alors que les échos de la célébration du 70ème anniversaire de la bataille ne s’étaient pas encore dissipés, les descendants des héros du 2ème bataillon de marche de l’Oubangui-Chari ont attaqué l’ambassade de France et brûlé le drapeau français. Je ne l’oublierai jamais. Je ne le pardonnerai jamais.

Partout dans le monde c’était la fête. Mais à Bangui, les Français étaient en grand danger. Car la communauté française a été visée et menacée comme elle ne l’a jamais été par la suite. A ce moment-là, nous n’avons jamais été aussi près d’une évacuation tant la menace était réelle. A ce propos, je rappelle qu’une évacuation n’est pas décidée localement par l’ambassadeur. Elle résulte d’une décision du ministre des affaires étrangères après une analyse approfondie de la situation avec notamment le ministre de la défense, à la lumière de l’appréciation de l’ambassadeur, sous l’autorité du Président de la République.

Après ce 26 décembre 2012, il y a eu bien d’autres événements qui resteront gravés dans nos mémoires pour longtemps. Mais, comme dans tous les moments pénibles, nous avons su resserrer nos rangs, faire face et tenir. Chacun, à sa place, a été admirable.

J’exprime ma gratitude à tous les chefs d’îlots qui, alors qu’ils étaient inquiets pour leur propre famille, se sont mis au service de l’intérêt général, relayant les informations et consignes de l’ambassadeur.

Je veux témoigner ma reconnaissance à nos forces armées, à tous les officiers, sous-officiers et militaires du rang des détachements Boali XXXI et XXXII, aux renforts venus de Libreville et à leurs chefs : le lieutenant-colonel Benoît Fine, le lieutenant-colonel Jean-Marc Demay, le colonel Bruno Paravisini, sous l’autorité du général Jean-Jacques Toutous. Ils ont assuré la sécurité des Français, et de personnes d’autres nationalités d’Europe et d’ailleurs, de nos emprises, du Lycée français Charles de Gaulle, des centres de mise en protection des 17 villas et de l’Institut Pasteur, et de l’aéroport de M’Poko. Grâce à eux, AIR FRANCE a réussi à assurer la continuité de la desserte aérienne de Bangui même après le 24 mars.

Et puisque je parle d’AIR FRANCE, je voudrais, ici, rendre hommage à tous le personnel de l’agence de Bangui, toujours présent, actif et compréhensif à l’égard des préoccupations des Français, hommage aussi aux responsables régionaux et nationaux de la compagnie avec laquelle nous avons toujours travaillé en parfaite confiance.

Evoquant nos forces armées, je salue le détachement Boali XXXIII qui assure la continuité de la mission.

Je remercie aussi nos grandes entreprises, notamment TOTAL et ORANGE qui, comme AIR FRANCE, ont développé une action citoyenne remarquable.

Je remercie aussi tous ceux qui, à un titre ou à un autre, ont contribué avec courage, sang-froid et dévouement, chacun dans son domaine, à la sécurité de nos compatriotes, qu’ils ont accueillis chez eux ou dans les centres de mise en protection des 17 villas et de l’Institut Pasteur. A tous, je suis reconnaissant, comme je suis reconnaissant à M. André Lemonnier, votre élu à l’Assemblée des Français de l’étranger et aux associations, à l’Union des Français de l’étranger et à Français du Monde-ADFE.

Enfin, je voudrais ici rendre hommage à tous les personnels de l’ambassade. Certains diront qu’ils n’ont fait que leur devoir, certes. Mais ils l’ont fait dans des conditions que peu imaginent. Malgré les critiques, il y en a toujours en pareille circonstance, c’est normal et humain, ils ont tenu. Leur travail a d’ailleurs été reconnu et apprécié par le ministre des affaires étrangères, qui leur a prodigué ses remerciements et ses encouragements. Chaque fois qu’il m’a appelé pour faire le point sur la situation, M. Laurent Fabius n’a jamais manqué de me demander de leur transmettre ses félicitations. Je leur dis ici, combien je suis fier de leur travail, combien je suis fier d’eux.

J’associe dans un même hommage tous nos conjoints qui prennent leur part de tension, de stress et font preuve du même courage.

J’aurai aussi l’occasion de remercier de son soutien, le Directeur du Centre de crise du ministère des affaires étrangères qui effectuera une visite à Bangui à la fin de la semaine. A travers lui, je remercierai toutes les forces de renfort, civil, militaire et de gendarmerie nationale, notamment le GIGN et la garde républicaine.

Le bilan du travail de tous se suffit à lui-même : on ne dénombre aucun mort parmi notre communauté.

Nous avons tenu. Grâce à cette ténacité, nous avons rouvert, dès les 4 et 9 avril, les classes du lycée français Charles de Gaulle de Bangui pour permettre aux élèves de passer leurs examens de fin d’année.

Le pari de l’ambassade, de l’équipe administrative et éducative, des familles, des élèves eux-mêmes, de l’Association des parents d’élèves dont je salue le président, de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger qui nous a toujours soutenus, ce pari, mes Chers Compatriotes, est gagné : le pourcentage de réussite au baccalauréat, 96%, sans précédent à Bangui, soit 10 points de plus que la moyenne nationale, est notre plus belle récompense. Félicitations à ceux qui se souviendront, toute leur vie, des conditions dans lesquelles ils ont obtenu leur diplôme.

Grâce à cette ténacité, nous avons réussi à maintenir en RCA, une offre d’enseignement français sans hypothéquer l’avenir. C’est vrai, à la prochaine rentrée scolaire, les choses ne seront pas tout à fait comme avant. Mais avec le support du CNED, nous préservons l’essentiel, à savoir l’homologation qui permet aux élèves de passer les examens qui débouchent sur les diplômes français.

Nous voulons aussi que l’Alliance française reprenne les enseignements de français à la rentrée et, dès que possible, ses activités culturelles.

Mes Chers Compatriotes : rien, ni personne, ne nous abattra.

Comme l’a dit M. François Hollande, Président de la République, le 27 décembre 2012 : en RCA, « si nous sommes présents, ce n’est pas pour protéger un régime, c’est pour protéger nos ressortissants et nos intérêts et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures ». Mais nous soutenons un Peuple.

C’est pourquoi, au rythme du rétablissement de la sécurité et de l’Etat de droit, la France se préoccupe de ceux qui souffrent de la cruauté et de la frénésie barbare et destructrice de la Séléka.

Avec les ONG spécialisées, la France mène le combat pour la vie, contre la malnutrition, pour les droits de l’Homme, pour le rétablissement de la démocratie, en particulier à travers le redressement de la presse privée.

En visite à Bangui, cette semaine, Mme Kristalina Georgieva, Commissaire européenne chargée de la coopération internationale, de l’aide humanitaire et de la réaction aux crises, a annoncé que l’Union européenne consentirait un effort particulier en faveur des populations centrafricaines déshéritées. Déjà partie prenante de cette aide en qualité d’Etat membre, la France complète sa participation à l’effort collectif européen par une contribution bilatérale de plus d’un milliard de francs CFA. Je signerai cette semaine des conventions pour la mise en œuvre de cette aide avec des ONG et le Comité international de la Croix Rouge.

Nous soutenons nos entreprises sans lesquelles il n’y aura pas de reprise économique. Elles ont été durement éprouvées. Il faut avoir beaucoup de courage pour se remettre au travail, alors que le résultat de tant d’efforts, parfois d’une vie, a été anéanti en quelques heures de pillage.

Mes Chers Compatriotes, je le redis : rien, ni personne, ne nous abattra.

Face à cette situation, on peut le comprendre, nos rangs se sont clairsemés. Notre communauté a fondu de moitié depuis décembre dernier. Cet éloignement, provisoire pour beaucoup, ne fait que renforcer la pugnacité de ceux qui restent, c’est-à-dire de vous-mêmes qui êtes ici. Vous êtes les forces qui aideront à la construction de ce pays.

Je dis bien construction. En effet, je crois qu’il ne faut pas « reconstruire » la RCA sur les bases du passé qui ne feront que resurgir ses vieux démons. Il faut voir loin. Il faut « bâtir » la RCA nouvelle du XXIème siècle. Une RCA tournée vers le futur, la mise en valeur de ses richesses agricoles et minières, les industries d’avenir, les nouvelles technologies, et sa jeunesse. Pour cela, il faut faire un effort massif dans l’enseignement, l’école est une priorité nationale absolue. Comme doit l’être la lutte contre la corruption.

Dans ce contexte, la France, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, entend jouer un rôle, tout son rôle, en relation avec le sens des responsabilités dont doivent faire preuve nos cousins africains. Ils doivent trouver en eux-mêmes les forces, les voies et moyens de résoudre les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Dans la crise actuelle, la France a d’emblée appelé à la cessation des combats et à une solution négociée. Elle soutient l’action de la CEEAC et de l’Union africaine. Elle participe au comité de suivi et du groupe de contact. Elle apporte son appui logistique à la FOMAC. Son ambassade est ouverte et n’a jamais cessé de fonctionner.

Une fois promulguée, la Charte constitutionnelle de la transition ouvrira une nouvelle étape de la marche vers l’élaboration d’une Constitution et d’élections aussi vite que possible comme c’est le cas au Mali.

En Afrique, la France et l’Union européenne, dont je salue fraternellement l’ambassadeur, qui est souffrant, ainsi que les consuls honoraires représentant les Etats membres, sont aux avant-postes. La France reste présente au côté de ses amis africains. Elle l’a prouvé et continue à le faire. Elle l’a montré ce matin sur les Champs-Elysées. Des représentants des forces africaines impliquées dans le combat contre le terrorisme au Mali ont défilé ensemble sous le regard du Président de la République et du Secrétaire général des Nations Unies.

Mes Chers compatriotes, Chers amis européens, cette année nous avons voulu nous retrouver ensemble, entre nous. C’est le sens de la fête de la Fédération du 14 juillet 1790 que nous célébrons chaque année. C’est le jour où, dans un même élan patriotique et républicain, nous célébrons le bonheur d’être Français et d’appartenir à une Nation fière de son héritage, une Nation qui, dans les épreuves, sait s’unir pour surmonter les difficultés d’aujourd’hui et envisager demain avec espoir et confiance.

Ces valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité, qui sont notre ciment national et notre message au monde, nous voulons les partager avec ceux qui viennent enrichir la communauté française. La fête nationale est particulièrement bien choisie, pour accueillir aujourd’hui dans la citoyenneté et la communauté française, Mme Marie-Louise Nabila Nguilé que j’invite à me rejoindre et à qui je remets son titre officiel de nationalité française et par là-même de citoyenneté européenne.

Comme membre de la Nation française, parmi nos devoirs, il y a le devoir de mémoire et de solidarité. Car la Nation est un tout insécable. Ayons donc une pensée pour nos soldats engagés sur des théâtres d’opérations extérieures, pour nos compatriotes dont la nationalité française leur vaut d’être retenus en otages. Ayons également une pensée pour les victimes de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge.

Un mot enfin pour saleur tous ceux qui rejoignent bientôt une autre affectation. Nous les voyons partir à regret. Je salue également les membres de l’Ordre national du Mérite qui fête cette année le cinquantième anniversaire de sa fondation par le Général de Gaulle.

Mes Chers Compatriotes, ma femme et moi, servis par les circonstances, avons voulu restaurer l’esprit républicain et convivial du 14 juillet qui est avant tout la fête de tous ceux qui sont la richesse de la France, « de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle ». Cette richesse ce sont les Français eux-mêmes, c’est-à-dire vous-mêmes.

Mes Chers Compatriotes, tout en vivant votre citoyenneté européenne, soyez heureux et fiers d’être Français.

Du fond du cœur, vive la République et vive la France.

Pour exprimer cette communion patriotique et cet élan, j’ai demandé à nos soldats de chanter la Marseillaise. Je vous invite à la chanter avec eux à leur rythme.

  • 2 personnes aiment ça.
  • Qui Dit Mieux Pourquoi il ne mentionne même pas le nom d’une seule autorité Centrafricaine en terme de remerciemment, la RCA n’existe pas ou bien? mdrrrrrrrr

    il y a 3 heures via mobile · J’aime

  • Harold Ngallo Soutenir un peuple pourquoi donc pas nous Soutenir La France,Centrafrique Na pas une force pour retablir de l’ordre le peuple dont vous pouvez le venir en aides est en detresse, et centrafrique est pris en otage

    il y a 2 heures via mobile · J’aime

  • Jeremie Nambode La france n’a pas d’ami,mais elle n’a que ses interets,nous ne pouvons pas conter sur elle,pour nos autorite’s actuelle,elles ne st pas aimee d’abord par ns meme…..c’est normal

    il y a environ une heure via mobile · J’aime

APPEL A TOUTES LES ASSOCIATIONS CENTRAFRICAINES

QUEL REMEDE CONTRE LA PESTE ?

Depuis le 24 décembre 2012, date à laquelle la coalition SELEKA a mis son couteau sous la gorge des centrafricains pour les menacer dans leur sommeil, dans leurs déplacements quotidiens et dans leurs libertés, le CENTRAFRIQUE tout entier ne sait plus de quoi demain sera fait. La vie y est devenue aléatoire, car chacun peut être enlevé à tout moment par les éléments de la SELEKA pour ne plus jamais retrouver sa famille.

Avant l’invasion de BANGUI par les forces du mal, chacun se rappelle les paroles d’un porte parole de la SELEKA, à l’époque en France, qui déclarait sur tous les médias que la SELEKA n’agissait que pour demander le départ de BOZIZE du pouvoir, et qu’elle n’était en aucune façon intéressée par le pouvoir.

Aujourd’hui, ce porte-parole occupe des fonctions éminemment importantes en tant que directeur Général de l’aviation civile, en attendant d’avoir des fonctions plus importantes car, au rythme où vont les nominations, il serait étonnant qu’il ne soit alléché par une promotion beaucoup plus lucrative et beaucoup plus prestigieuse.

Comment peut-on faire confiance à des oiseaux de cette nature ? La défaillance de la gouvernance de Bozizé a permis à n’importe quel vautour africain de venir participer au festin gratuit qu’offrait le CENTRAFRIQUE, à travers l’inexistence d’une armée chargée de protéger ses frontières. Cette défaillance a permis à tous les corbeaux, de se passer pour des centrafricains, de revendiquer une grosse part du gâteau centrafricain à travers les pillages en tous genres, les viols, l’usage de la violence gratuite et enfin le bénéfice de titres administratifs et politiques qu’en leurs propres cieux, ils ne daigneraient solliciter.

Ainsi, des tchadiens et des gens venus d’ailleurs, qui n’ont aucun lien avec le CENTRAFRIQUE, sont aujourd’hui ministres du berceau de BOGANDA, hauts cadres des services publics du pays de BOGANDA, au détriment même de ceux pour qui BOGANDA s’était battu pour les sortir de la servitude et de la misère.

Et aujourd’hui, la servitude et la misère sont les maillots que les éléments de la SELEKA veulent voir sur le dos de chaque centrafricain.

Les centrafricains peuvent-ils docilement accepter de se faire habiller de la sorte ? Pendant longtemps ?

Qui tue par l’épée, mourra par l’épée, dit-on. Les dictons et les proverbes ne naissent pas d’eux-mêmes. Ils sont les fruits de l’expérience commune, populaire.

Les rebelles qui ont le pouvoir aujourd’hui en CENTRAFRIQUE étaient des bandes éparses, qui avaient beaucoup de mal à déferler sur Bangui et à prendre le pouvoir comme si on ramassait un fruit mûr tombé déjà à terre. Aucune de ces bandes ne pouvait sortir de son gîte broussailleux pour s’engager fièrement sur les routes principales du pays, afin de conquérir de vastes zones et de s’emparer de la capitale.

En se coalisant, elles se sont donné les moyens, ont trouvé les forces nécessaires pour atteindre des objectifs qu’elles ne s’étaient pas imaginés, qu’elles n’avaient pas envisagés.

L’épée de toutes ces bandes rebelles a été la mise en place de leur coalition. Et comme nous l’avons relevé, qui tue par l’épée, ne trouvera la mort que par l’épée.

En effet, si le souhait de la SELEKA est de détruire complètement le CENTRAFRIQUE, d’anéantir son peuple et de créer un « no man’s land » sur le territoire, il appartient désormais aux centrafricains de comprendre que la seule arme dont ils disposent avant d’appeler l’aide de l’extérieur est l’arme même de la SELEKA.

Des dispositifs, très positifs, des structures, ont été mis en place çà et là, en EUROPE et ailleurs (en AFRIQUE , en AMERIQUE) pour venir en aide aux populations meurtries. Compte tenu de la persistance de la SELEKA à tuer gratuitement, à procéder à des enlèvements de personnes, à des pillages intolérables, il convient de passer à la vitesse supérieure.

Et cette vitesse supérieure, ce sera le rassemblement dans un dispositif unique centralisé mais avec des cellules représentatives dans tous les endroits où toute action aidant à sortir très rapidement de cette crise peut être menée.

Toutes les associations centrafricaines, à travers leur conseil d’administration, doivent se pencher sur ce problème et envisager une grande réunion des associations en vue de définir les orientations et les stratégies COMMUNES à mener pour sensibiliser davantage l’opinion internationale, qui n’ignore pas la crise centrafricaine, loin s’en faut, mais semble adopter la position attentiste du « wait and see », quand bien même elle saurait que des centrafricains se font massacrer chez eux, par des hommes venus d’ailleurs.

C’est donc pourquoi nous demandons et insistons pour que se mette en place une alliance des associations centrafricaines, tambour, qui nous aidera non seulement à apporter un peu de soulagement aux nôtres, mais dont l’écho parviendra aux oreilles de ceux qui ne veulent rien entendre ou de ceux qui n’ont rien entendu ; tambour dont la taille et la puissance nous permettront d’être visibles.

BOGANDA nous avait prévenus lorsqu’il déclarait : «  MALHEUR A L’HOMME SEUL ».

Adolphe PAKOUA

CENTRAFRIQUE : LES POUVOIRS DE L’OCCULTE

Dieu a créé le monde et l’a peuplé de toutes les espèces vivantes et inorganiques qui lui sont venues à l’esprit. Parmi les espèces vivantes caractérisées plus particulièrement par l’espèce animale, il y a l’homme. L’homme est une créature qui se distingue des autres par son intelligence. Cette intelligence a traversé des siècles et des siècles, pour connaître une évolution fulgurante et faire que l’homme soit capable aujourd’hui, de voyager à des milliers et des milliers de kilomètres, loin de chez lui, loin de sa planète.

Ceci a été possible parce que l’homme était happé par l’esprit de transcendance, pour dans un premier temps se défaire de certaines pesanteurs nées de la tradition, afin de faire des choix judicieux capables de le faire avancer, de lui faire améliorer son environnement, de lui rendre faciles les corvées domestiques quotidiennes et d’assurer avec un peu moins de tracasseries, les besoins vitaux élémentaires.

L’homme occidental a, avant tout le monde et mieux que tout le monde, compris cela et il n’est donc pas étonnant que le monde d’aujourd’hui se subdivise en catégories de pays avec d’un côté les pays avancés, au niveau desquels d’autres essaient de s’élever en se hissant dans la catégorie de pays émergents, et de l’autre, le reste des pays, empêtrés encore dans des difficultés de développement liées à leur manque de richesses ou à leur mode de gouvernance enchaîné dans des archaïsmes éculés, si la redondance peut être à juste titre pardonnée.

Le CENTRAFRIQUE fait partie de la dernière catégorie de pays, ceux-là mêmes qui peinent à trouver leur chemin dans le processus du développement économique et social, non pas à cause d’une absence de richesses, mais davantage à cause de la gouvernance du pays, qui fait l’unanimité dans toutes les analyses économiques et politiques.

Sans revenir à l’histoire, pour dénoncer une énième fois les défaillances des uns et des autres, force est de constater qu’en cette année 2013, le CENTRAFRIQUE est plus pauvre qu’il n’était en 1960, année de son émancipation. Il suffit de s’en référer au seul budget de l’État pour se rendre à l’évidence. Ainsi, de nos jours, l’État est incapable de subvenir aux besoins de son propre fonctionnement, quand il le faisait sans la moindre inquiétude dans les années soixante.

Cette dégringolade, qui ne se caractérise pas seulement par la capacité de l’État à fonctionner normalement, trouve aussi son explication dans la défaillance des hommes, dans la piètre formation de beaucoup d’entre eux, à laquelle s’ajoutent les lourdes responsabilités publiques qui leur sont, de surcroît, confiées, en dépit de leur incompétence.

Pour s’en convaincre, et les bras nous en tombent quand certains continuent d’évoquer les FACA alors que cette institution a disparu depuis bien longtemps, lorsque les zaraguinas semaient déjà la terreur dans les provinces. Elle n’était plus qu’une coquille pleine de silhouettes d’officiers généraux, de colonels et autres officiers subalternes. C’est pourquoi, en tant que telles, cette colonne d’officiers supérieurs est restée muette comme une bande de carpes, pendant que des centrafricains se faisaient détrousser sur les routes et parfois dans les champs.

Sur le plan de la gouvernance générale, avec un gouvernement bien assis, pendant que les ponts s’écroulaient dans Bangui, pendant que des sous-préfets et des médecins se faisaient molester ou tuer dans les provinces, qu’ont fait les ministres concernés à l’époque ? Ils n’avaient rien vu, rien entendu.

Aujourd’hui, la population de BANGUI est obligée de faire chanter les casseroles pour faire entendre ses cris de détresse. Un ministre de la République avoue aller à son bureau par ses propres moyens parce que d’autres, plus forts que lui, lui ont confisqué son véhicule de fonction. Quelle est la réaction des autres membres du gouvernement par rapport à cette aberration ? Quelle est la réaction de l’autorité qui l’a nommé à ce poste ? Dans d’autres cieux, ne dit-on pas qu’un gouvernement est une équipe qui joue dans le même sens, et ne parle-t-on pas de solidarité gouvernementale ?

A Bangui, comme dans tout le CENTRAFRIQUE, tout le monde sait ce que signifie l’expression «  KOBE TI YANGA ».

A y voir de plus près, il ne s’agit plus d’une expression, mais d’un système. Un système de gouvernance où seul l’individu est placé au cœur du pouvoir. Un individu totalement démuni, à qui l’on fait croire qu’il est puissant alors qu’il n’est qu’un simple ver, car il suffit de le dépouiller de la veste qu’on lui a collée sur le dos, pour qu’il se rende compte de sa nudité, et pour qu’il ne soit plus capable de faire quoi que ce soit.

A ce système s’ajoutent les menaces de la tradition, que beaucoup négligeraient car imbus du raisonnement scientifique. Ainsi surviennent ce que nous appelons les pouvoirs de l’occulte, avec tout le fétichisme « ethnique » que cela suppose et toute la prolifération des croyances sectaires que le pays recouvre.

Ce n’est donc pas pour rien qu’ayant pris en compte toutes ces considérations, l’on se pose moins la question de savoir pourquoi un fervent avocat des droits de l’homme, une fois rentré dans les costumes du pouvoir, n’a plus la langue tranchante du défenseur des hommes opprimés, pour alléger les souffrances du peuple dont il a la charge ? Sous quelle intimidation occulte est-il assujetti ?

Nous apprenons par ailleurs les menaces de mort que certains font sur d’autres pour les empêcher de parler de ce qu’ils savent.

Est-ce ainsi que le CENTRAFRIQUE pourra se mettre debout ? Est-ce à force d’envoûtements, d’intimidations « magiciennes » ou magiques, pour taire tous les esprits ouverts à l’innovation et au changement véritable de pratiques, en vue du développement souhaité par tous, qu’on arrivera à bâtir ce pays ?

Les vrais ennemis du CENTRAFRIQUE sont ceux qui empêchent les centrafricains de parler, de dire ce qu’ils ont à dire. Chacun à le droit de parler, tout comme chacun a le droit de répondre pour défendre ses points de vue, ses idées. Cela ne peut pas se faire dans ou sous la menace, cela ne peut pas se faire à travers les insultes.

La faiblesse des dirigeants centrafricains, qui a entraîné la ruine du pays, vient de ce qu’ils n’ont jamais voulu entendre les idées contraires aux leurs, les idées dont ils n’ont pas été à l’origine et les idées vraies, qui les ont souvent mis mal à l’aise. Cette faiblesse se trouve amplifiée avec l’entêtement à vouloir détenir le pouvoir jusqu’à la mort, en faisant recours à des puissances inavouées et malicieuses, souvent éphémères et assassines. Il suffit de faire un tour d’horizon du milieu politique centrafricain, pour se rendre compte que le pays est aussi l’un des rares pays au monde à avoir perdu précocement la plupart de ses dirigeants politiques d’expériences, et qu’on y trouve très peu de références, sinon aucune. Le CENTRAFRIQUE sortira de ce gouffre quand ses dirigeants auront compris les dégâts de la double nature.

Adolphe PAKOUA

CENTRAFRIQUE : QUE FAIRE FACE AU CANCER ?

Au moment où le peuple centrafricain continue de souffrir des exactions des troupes venues de l’étranger pour l’assujettir à cause de la cupidité de certains de ses fils qui ont voulu à tout prix s’emparer du pouvoir pour assouvir leur propre faim,

Au moment où des efforts sont tentés çà et là pour essayer de sécuriser le pays en désarmant ceux qui ne sont pas censés porter des armes, et surtout des armes de guerre, au moment où le gouvernement éprouve d’énormes difficultés à asseoir sa propre autorité pour orienter le pays vers une sortie de crise rapide,

Au moment où les partis politiques ne sont plus que des coquilles vides qui n’attendent que le rétablissement de la paix pour engager leurs campagnes démagogiques et chercher à tromper encore le peuple pour gagner plus tard son suffrage, sans un vrai programme politique,

Au moment où les discours religieux semblent prendre le relais de l’action politique à cause du désespoir qui a gagné toutes les couches sociales, et en ayant une pensée pour toutes les victimes qui ont vu les foudres de l’ennemi s’abattre sur elles, nous pensons aux victimes de massacres gratuits, de viols inqualifiables, de pillages sauvages et autres exactions, il convient de se demander quelle attitude prendre pour éviter de plonger le pays dans un cycle de haine et d’esprit de vengeance aveugles et dramatiques.

Un adage conseille tout un chacun en colère, d’attendre que son plat soit froid avant de le manger. Un autre demande de battre le fer pendant qu’il est chaud. Entre les deux concepts, il y a la sagesse et la clairvoyance. Les blessures du peuple centrafricain sont profondes et certainement difficiles à cicatriser. Ces blessures, qui ont été ouvertes avec l’appel fait à l’époque aux troupes congolaises de Mbemba pour venir prêter main forte à un pouvoir en désarroi à Bangui, avaient inauguré le bal des viols de nos sœurs par les hommes de Mbemba qui, jusqu’aujourd’hui, attend toujours son procès à la Haye.

A une échelle non négligeable, ces blessures se sont poursuivies en 2003, avec l’aide des combattants tchadiens que Bozize avait sollicités en son temps pour conquérir le pouvoir de Bangui. Elles se sont aggravées avec la SELEKA, fer de lance de la prise du pouvoir de Bangui par celui qui s’est auto-proclamé président et qui n’arrive plus à contrôler sa créature.

C’est dire combien, à force d’aller chercher du renfort à l’extérieur, on introduit plutôt le cancer dans le pays, un cancer dont on ignore la nocivité et le remède.

C’est dire quelle leçon le peuple centrafricain doit tirer de ses hommes politiques qui ruinent leur pays et provoquent des situations telles que les solutions ne peuvent venir que de l’extérieur.

C’est dire quelle leçon tirer des hommes politiques (ou militaires) qui ont recours à l’extérieur pour les aider dans leurs projets pour la plupart fondés sur des intérêts personnels, funestes pour le pays et pour la majorité de la population.

C’est dire quelle leçon tirer des différents systèmes de gouvernance, sans vision politique, sans programme et sans ambition, qui ont conduit ce pays dans l’impasse dans laquelle il se trouve à l’heure actuelle.

C’est dire qu’à cause de tous les méfaits de ces politiques aléatoires, les victimes qui ont souffert hier et celles qui souffrent aujourd’hui, n’ont pas été choisies à cause de leur appartenance ethnique.

Les hommes de Mbemba avaient violé les centrafricaines sans leur demander si elles étaient banda, gbaya, yakoma, gbaka, mandja ou autres.

Les tchadiens de Bozize avaient pillé tout le monde sur leur passage, sans distinction d’appartenance ethnique.

Les éléments de la SELEKA ferment les yeux sur les proies qui sont leurs victimes, avec la seule particularité qu’ils ne sont pas attirés par celles qui auraient des affinités avec eux.

Aujourd’hui, les centrafricains font des pieds et des mains pour se tirer du traquenard dans lequel les hommes politiques les ont plongés.

Sans parler de demain qui sera un autre jour, il convient, en ayant la tête froide, de chercher à sortir de cette crise, la tête haute. Le moment viendra, où chacun devra rendre des comptes. C’est dire que la résistance du peuple doit être réfléchie, consistante et sans relâche. La SELEKA a des armes entre ses mains, c’est ce qui fait sa force. Le peuple, nombreux, solidaire et uni, trouve sa puissance dans une action commune. Il convient de consolider cette unité et de cibler les actions à mener en commun, pour vaincre le cancer qui nous avilit et nous traumatise.

Adolphe PAKOUA