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Archive pour la catégorie ‘Non classé’

Les raisons d’un blog

Une génération sacrifiée, qui se bat

Chers amis,

La République Centrafricaine traverse depuis la fin de l’année 2012 une de ces crises que très peu de pays africains en général ont connues. Une crise née de l’entêtement d’un homme entouré d’une équipe de conspirateurs et de traîtres de la République, à vouloir à tout prix gouverner le pays comme bon leur semblait, en toute impunité en dépit des exactions dont certains des membres étaient devenus vedettes, des détournements des deniers publics au vu et au su de tout le monde, de la dégradation généralisée de tous les services publics, entraînant une réelle coupure entre la capitale et tout le reste du pays, de l’effondrement ou plus précisément de la mise à mort de ce qui restait et qui faisait office d’armée nationale, sans compter la mise en place d’une Assemblée Nationale fantomatique. Toutes ces extravagances ont conduit  au mécontentement de la classe politique d’opposition qui a dû mettre en place un organe appelé FARE 2011, pour tenter d’atténuer et de ralentir la course effrénée du pouvoir vers la dictature. Les actions de cette coalition politique n’ayant pas eu assez rapidement les résultats escomptés par les uns et par les autres, les branches rebelles armées, dispersées çà et là sur tout le territoire, ont saisi l’opportunité d’une coalition pour réussir là où les partis politiques d’opposition n’ont pas été efficaces. Aujourd’hui, la République Centrafricaine et son peuple sont à la merci de ces groupes armés, avec à leur tête un chef au passé obscur et aux desseins réellement insaisissables. La SELEKA, puisque telle est la dénomination de cette coalition hétéroclite, ne s’est, depuis que le pouvoir est entre ses mains, jamais positionnée comme une force de défense du pays et de son peuple. Ceci se comprend facilement quand on sait que des éléments tchadiens et soudanais composent une bonne partie de cette armée qui n’a rien d’une vraie armée à part le fait de porter des armes. des éléments donc, qui n’ont rien à “f……” de la protection du Centrafrique et de son peuple.  Il n’est donc pas surprenant qu’ils poursuivent leurs exactions, leurs pillages, leurs viols et leurs assassinats sur des populations qui leur sont étrangères, quand bien même ces populations seraient chez elles. Et voilà qu’on se trouve dans une situation d’invasion, et d’agression par des forces extérieures. Le patriotisme voudrait donc qu’on défende la patrie pour la libérer de ces envahisseurs. Sans parler des accords de Libreville qui consistaient à trouver une issue honorable à la crise du Centrafrique, nous assistons aujourd’hui à une dérive politique où il est bien difficile de savoir dans quelle direction va le pays. La raison est toute simple : le bicéphalisme. Et Boganda, en son temps, avait fermement condamné ce système de gouvernance qui selon lui conduisait droit à l’échec. Aujourd’hui, nous avons d’un côté le chef d’Etat de la transition, que d’autres ne voudraient pas appeler Président de la République à cause des conditions dans lesquelles il est parvenu à cette posture, et de l’autre le Premier Ministre qui réellement devrait être l’homme de la situation, vu la reconnaissance internationale qu’on lui a conférée et dont il n’a pas su tirer avantage pour s’affirmer en tant que tel et prendre des décisions fermes et déterminantes pour la réussite de la transition. L’une des conséquences néfastes de ce bicéphalisme pour le pays est bien la concurrence que se livrent, de manière larvée, les deux hommes : quand l’un ramène un troc du Tchad, l’autre gagne un prêt du Congo, et dans cette course à qui ramènera au pays le plus gros lot, la composition d’un nouveau gouvernement en paie lourdement le prix et tarde à se faire jour. Ainsi va le Centrafrique, ainsi va la transition, objectif élections dans quelques mois. Pauvre pays dont les enfants doivent savoir qu’il ne leur reste plus que la solidarité et la détermination à vouloir à tout prix survivre, et tout faire pour arriver à survivre, sinon, ils n’auront plus que les yeux pour pleurer.

Ayant déjà écrit un grand nombre d’articles sur la situation centrafricaine et encouragé par beaucoup de lecteurs, nous avons décidé de donner le jour à ce blog, pour leur permettre de continuer à nous lire et d’apporter leurs commentaires et suggestions dans les analyses que nous faisons. C’est avec un plaisir indicible que nous recevrons leurs réactions, pour  constructives qu’elles seront, comme nous aussi, essayons d’apporter notre contribution à la construction d’un nouveau Centrafrique.

Avec mes amitiés, en toute fraternité.

Le Lac Des Passions Assassines

Préface du Professeur François Zonzambe, spécialiste de littératures française et comparée à l’université de Bangui.

Le lac des passions assassines” du docteur Adolphe PAKOUA de Bilolo est un roman historique où culmine le récit d’une légende centrafricaine expliquant l’origine d’un lac de caîmans devenu lieu de pèlerinage et touristique.
Sous une forme romanesque et légendaire, le docteur Adolphe PAKOUA, retrace l’histoire du Centrafrique au plan politique, économique, social et religieux, à travers les principaux personnages et évènements suivants :
Au plan économique : Michel Moribéna, grand planteur de café ( trois hectares au lieu d’un dès la première année ), représente les braves paysans, longtemps victimes de violentes répressions à l’époque coloniale, à cause du faible rendement de la culture du latex. Grâce à la nouvelle plante miracle que constitue le caféier, ces braves paysans vont sortir enfin de la misère et de l’humiliation. C’est ainsi que Michel Moribéna, qui a gagné un gros lot après la vente de son café, va s’offrir un grand poste radio qui fera la fierté de tous les habitants du village Adoumatchali.
Au plan social et religieux : les paysans vont désormais envoyer leurs enfants à l’école, dans des tenues décentes et propres. Grâce au révérend père Martin, l’évangélisation des villageois ou indigènes va se développer. Ainsi, le révérend père Martin, à propos de Moribéna témoignera : ” Michel Moribéna est un chrétien modèle, délivré du fétichisme et des pratiques des croyances indigènes.”
Au plan politique : le récit légendaire du lac aux caïmans symbolise l’organisation politique de l’Etat centrafricain après l’indépendance. Ainsi le lac symbolise tout le territoire centrafricain; le caïman mystique et légendaire du lac symbolise le chef suprême de l’Etat; le caïman métamorphosé le plus puissant symbolise le premier chef du gouvernement. On l’appelle Polokamba. Le caïman métamorphosé chargé de la protection du lac se nomme Faganza et symbolise tous les Etats-majors de l’Armée de terre, de l’air, de la gendarmerie, et de la police nationale. Les autres caïmans métamorphosés symbolisent les ministres et les hauts cadres de l’Etat, soumis à la hiérarchie supérieure. Les habitants des villages environnants du lac symbolisent toutes les populations des provinces et de la capitale Bangui, livrées aux douloureuses piqûres des moustiques dans les zones marécageuses où poussent pourtant, comme des champignons, de belles villas, d’un luxe insolent, au bénéfice des deuxièmes, troisièmes et quatrièmes bureaux, etc.
Dans cet environnement légendaire, son Eminence Sionikoli, l’un des hommes-caïmans les plus redoutables, envoûté par la beauté féerique de Farina, jeune femme de dix-huit ans demeurée vierge et très fidèle à la tradition ancestrale, va se faire piquer à mort par les moustiques, pendant toute une nuit blanche passée au domicile de la dulcinée, sans avoir eu le plaisir de goûter au fruit convoité, strictement interdit par la tradition. Tandis que Faganza, son grand ami et collaborateur, tout aussi tout puissant homme-caïman sera victime d’un complot et terminera piteusement sa vie en exil, au village Bomba, en compagnie des paysans qui lui feront voir le mauvais visage de l’Etat laquais, qu’ils comparent à “la sécheresse qui brûle les semences et les récoltes”, et au “paludisme qui consume le sang du malade”.
Quant à Sophia, jeune femme de vingt-cinq ans, pourtant bardée de diplômes, très chaste et pudique, elle va dans un premier temps, grâce à son humilité et sa modestie, se contenter d’effectuer de petits travaux domestiques chez Moustapha, directeur d’un comptoir d’achat et de vente de diamants, où elle finira par se faire employer comme comptable, après un brillant test de recrutement, sans corruption ou autres formes de faveur, à l’instar de bon nombre de femmes de la capitale laquaise.
Usant très habilement d’un humour parfois sarcastique et d’une ironie cinglante, à travers un style à la fois narratoire et pittoresque, d’un ton comique, tragicomique et élégiaque, le docteur Adolphe Pakoua, dans ” Le Lac des Passions Assassines “, armé d’un arsenal de vocabulaire et d’expressions riches et variés, nous fait revivre ici, dans un français spécifique, teinté de “centrafricanisme”, les réalités, réelles et fictives, centrafricaines, de l’époque coloniale et celles d’après l’indépendance du 13 août 1960.

Bonjour tout le monde !

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