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CENTRAFRIQUE : QUE FAIRE FACE AU CANCER ?

Au moment où le peuple centrafricain continue de souffrir des exactions des troupes venues de l’étranger pour l’assujettir à cause de la cupidité de certains de ses fils qui ont voulu à tout prix s’emparer du pouvoir pour assouvir leur propre faim,

Au moment où des efforts sont tentés çà et là pour essayer de sécuriser le pays en désarmant ceux qui ne sont pas censés porter des armes, et surtout des armes de guerre, au moment où le gouvernement éprouve d’énormes difficultés à asseoir sa propre autorité pour orienter le pays vers une sortie de crise rapide,

Au moment où les partis politiques ne sont plus que des coquilles vides qui n’attendent que le rétablissement de la paix pour engager leurs campagnes démagogiques et chercher à tromper encore le peuple pour gagner plus tard son suffrage, sans un vrai programme politique,

Au moment où les discours religieux semblent prendre le relais de l’action politique à cause du désespoir qui a gagné toutes les couches sociales, et en ayant une pensée pour toutes les victimes qui ont vu les foudres de l’ennemi s’abattre sur elles, nous pensons aux victimes de massacres gratuits, de viols inqualifiables, de pillages sauvages et autres exactions, il convient de se demander quelle attitude prendre pour éviter de plonger le pays dans un cycle de haine et d’esprit de vengeance aveugles et dramatiques.

Un adage conseille tout un chacun en colère, d’attendre que son plat soit froid avant de le manger. Un autre demande de battre le fer pendant qu’il est chaud. Entre les deux concepts, il y a la sagesse et la clairvoyance. Les blessures du peuple centrafricain sont profondes et certainement difficiles à cicatriser. Ces blessures, qui ont été ouvertes avec l’appel fait à l’époque aux troupes congolaises de Mbemba pour venir prêter main forte à un pouvoir en désarroi à Bangui, avaient inauguré le bal des viols de nos sœurs par les hommes de Mbemba qui, jusqu’aujourd’hui, attend toujours son procès à la Haye.

A une échelle non négligeable, ces blessures se sont poursuivies en 2003, avec l’aide des combattants tchadiens que Bozize avait sollicités en son temps pour conquérir le pouvoir de Bangui. Elles se sont aggravées avec la SELEKA, fer de lance de la prise du pouvoir de Bangui par celui qui s’est auto-proclamé président et qui n’arrive plus à contrôler sa créature.

C’est dire combien, à force d’aller chercher du renfort à l’extérieur, on introduit plutôt le cancer dans le pays, un cancer dont on ignore la nocivité et le remède.

C’est dire quelle leçon le peuple centrafricain doit tirer de ses hommes politiques qui ruinent leur pays et provoquent des situations telles que les solutions ne peuvent venir que de l’extérieur.

C’est dire quelle leçon tirer des hommes politiques (ou militaires) qui ont recours à l’extérieur pour les aider dans leurs projets pour la plupart fondés sur des intérêts personnels, funestes pour le pays et pour la majorité de la population.

C’est dire quelle leçon tirer des différents systèmes de gouvernance, sans vision politique, sans programme et sans ambition, qui ont conduit ce pays dans l’impasse dans laquelle il se trouve à l’heure actuelle.

C’est dire qu’à cause de tous les méfaits de ces politiques aléatoires, les victimes qui ont souffert hier et celles qui souffrent aujourd’hui, n’ont pas été choisies à cause de leur appartenance ethnique.

Les hommes de Mbemba avaient violé les centrafricaines sans leur demander si elles étaient banda, gbaya, yakoma, gbaka, mandja ou autres.

Les tchadiens de Bozize avaient pillé tout le monde sur leur passage, sans distinction d’appartenance ethnique.

Les éléments de la SELEKA ferment les yeux sur les proies qui sont leurs victimes, avec la seule particularité qu’ils ne sont pas attirés par celles qui auraient des affinités avec eux.

Aujourd’hui, les centrafricains font des pieds et des mains pour se tirer du traquenard dans lequel les hommes politiques les ont plongés.

Sans parler de demain qui sera un autre jour, il convient, en ayant la tête froide, de chercher à sortir de cette crise, la tête haute. Le moment viendra, où chacun devra rendre des comptes. C’est dire que la résistance du peuple doit être réfléchie, consistante et sans relâche. La SELEKA a des armes entre ses mains, c’est ce qui fait sa force. Le peuple, nombreux, solidaire et uni, trouve sa puissance dans une action commune. Il convient de consolider cette unité et de cibler les actions à mener en commun, pour vaincre le cancer qui nous avilit et nous traumatise.

Adolphe PAKOUA

BIYA-BOZIZE : LES DEDALES D’UN HEBERGEMENT

Trois mois sont déjà passés depuis la prise du pouvoir par la SELEKA le 24 mars 2013.
Que s’est -il passé pendant tout ce temps que certaines personnes considèrent comme un changement ?
Au Cameroun, le Président déchu François BOZIZE qui était de passage dans ce pays, y est encore et cela laisse l’homme fort de Centrafrique en éveil.
Djotodia n’arrive toujours pas à contenir ses troupes aussi bien dans la capitale que dans les autres villes de province et de savoir que l’ancien président Bozizé réside juste dans le pays voisin lui donne l’idée que ce dernier est entrain de préparer sa revanche. Ceci inquiète le chef de la coalition SELEKA qui de surcroît n’a pas eu l’honneur d’être reçu par Paul BIYA, président du Cameroun.
Depuis son entrée en Centrafrique, la SELEKA a posé des actes qui ont fragilisé la population Centrafricaine : pillages en tous genres, séries de viols et de meurtres impardonnables,… Le pays se trouve encore dans l’insécurité totale et au lieu de penser à trouver des solutions immédiates à toutes ces exactions, le nouveau pouvoir de Bangui préfère se pencher sur le dossier Bozizé qui semble être une priorité pour lui. Aurait -t-il oublié que sa prise du pouvoir a été accompagné d’actes considérés de crimes contre l’humanité ? Est ce pendant une période de transition que les dossiers du genre Bozizé doivent être traités? Quel est le rôle du Conseil National de Transition ? Sécuriser son fauteuil de chef d’État serait-il plus important que servir et protéger son pays ?
Des cris s’élèvent de partout : la population est toujours victime de pillages, de viols, d’arrestations arbitraires. Elle n’arrive pas à faire face aux problèmes de santé, d’alimentation et ne parlons pas de l’éducation, où l’on peut déjà penser à une année perdue pour nos enfants et pour l’avenir du pays. Les cinq verbes de la Centrafrique (instruire, nourrir, soigner, loger et vêtir) n’existent plus dans le quotidien des centrafricains, tout comme la constitution a disparu au terme d’une seule phrase. Nos enfants naissent sans espoir d’être nourris, soignés, instruits,…
Combien de dirigeants se sont déjà succédé depuis la colonisation ? Ont-ils vraiment défendu les causes de la population ou ont-ils servi leurs propres intérêts ?
Bozizé arrive au pouvoir par un coup d’état en 2003 : il éjecte de ce fauteuil en or Ange Félix Patassé. 10 ans plutard, c’est son tour d’être éjecté de la même manière (chacun son tour chez le coiffeur). Même procédure de prise de pouvoir : coup d’état avec ses corollaires ; même méthode de gouvernance et de sortie de crise. Les intérêts des populations sont foulés au pied : le président déchu vivait dans un pays  sans en connaître la réalité. Un des dirigeants de ce pays a dit après sa chute : « c’est mon entourage qui m’a induit en erreur ». La lucidité lui est revenue tout d’un coup après coup.
A quand le changement ? A-t-on pensé aux stratégies à mettre en place pour sortir ce pays de ce cycle infernal ?
En Afrique, en général et particulièrement en Centrafrique, c’est le président qui décide de tout ; les ministres et les députés ne font qu’exécuter les commandements qui descendent de sa volonté. Jusqu’où irons-nous si nos dirigeants ne se réveillent pas de cet aveuglement et de ce sempiternel  sommeil. Nous sommes tous enfants de notre pays et tant que nous n’aurons pas tiré les leçons du passé et de notre histoire, ce sera un éternel cycle : même résultat pour une même procédure.
Que vient faire Paul Biya dans tout cela ? Aujourd’hui pour avoir décidé d’héberger aussi longtemps que prévu un sans domicile fixe, ses frères africains veulent unir leur force pour le faire partir de son fauteuil. En tenant compte de l’histoire, nous pensons que Bozizé à Yaoundé , c’est mieux que Gbagbo à la CPI car, il est encore dans nos murs et peut être jugé par les siens à tout moment.
Jacqueline GBANDO

CENTRAFRIQUE : LIBERTE D’EXPRESSION MENACEE

Publié par Maurice Wilfried SEBIRO le 21 juin 2013
166089_641216429227148_1267626887_nLe journaliste et photo reporterHervé Séréfio, patron de l’entreprise de la presse audio- visuelle Diaspora se trouve actuellement dans les locaux de l’ OCRB ( Office Centrafricain de la Répression du Banditisme) selon une source qui a requis l’anonymat.

Le plus célèbre des photographes Centrafricains est en train de subir des interrogations avant d’être transféré au parquet pour y être auditionné précise la même source.

On ignore encore les motifs de cette arrestation et pour tant, le président Djotodia a promis qu’aucun journaliste ne sera arrêté sous son règne.

M. Séréfio, jeune franco-centarafricain s’est illustré ces derniers temps grâce aux diffusions des images sur la République Centrafricaine. Ce dernier était déjà dans le collimateur de l’ancien régime, avant d’échapper récemment à  un kidnapping  de la part des éléments de l’ex groupe rebelle Séléka.

M. Séréfio interpelle souvent les Centrafricains et les autorités de ce pays à travers la diffusion d’ une diversité des images dignes d’une époque moyenâgeuse sur les réseaux sociaux .

Wilfried Maurice SEBIRO

La SELEKA vient à peine de prendre les rennes  de ce pays et ne laissera pas le temps aux centrafricains pour leur montrer de quel bois elle se chauffe. Après avoir saccagé les édifices publics  et religieux qui ne cadrent pas avec leur plan de transformation islamique de ce pays, après avoir violé les femmes et les filles pour faire courber l’échine aux hommes, après avoir rempli le gouvernement de ministres à tendance musulmane, après avoir épinglé de grades militaires élevés les poitrines de certains rebelles de la même assonance, la SELEKA et son chef autoproclamé s’orientent maintenant dans la chasse aux sorcières. Il va leur falloir étêter les centrafricains pour les faire passer dans leur moule. Toi centrafricain, obéis sans broncher aux commandements de la SELEKA, toi centrafricain courbe l’échine devant un enturbanné SELEKA et respecte les commandements de sa religion, toi centrafricain ferme les yeux devant les supplices de ton frère qu’on égorge ou qu’on émascule sans verser la moindre larme. Toi centrafricain, regarde les yeux écarquillés sans mot dire ta soeur, ta tante, ta mère, ta fille qu’on viole sauvagement sans faire cas de ses complaintes car le CENTRAFRIQUE n’est plus à toi, il est désormais le sucre de la SELEKA. On te promet un, deux ou trois mois de salaire pour te faire oublier toutes ces exactions, on promet de réparer les ponts cassés dans ta ville de BANGUI pour te donner l’illusion qu’elle va devenir coquette avec la SELEKA et sa dictature. Vas-tu continuer à mordre à ces genres d’appâts ? Où sont passés tes vrais droits ? Les ignores-tu ou fais-tu semblant de ne rien y comprendre. Le pays est à toi et tu fais comme s’il ne l’était pas. Est-ce à cause de ton égoïsme, de ton tribalisme, de ton manque de solidarité, de ta cécité face à la réalité des choses, de ton esprit partisan aveugle qui te fait applaudir le bourreau de tes parents ? Comment peut-on être quatre millions et ne pas penser un seul instant qu’on ne peut pas laisser une horde de buffles sauvages détruire tous les champs sans pousser les cris qui les mettraient à la déroute ?

Aujourd’hui c’est un chasseur d’images qui est en train de  subir des interrogations “certainement amicalement douloureuses” à cause de sa volonté de faire savoir les choses à ceux qui les ignorent. A cause de ce désir de partager avec ses frères, il est en train de passer de très mauvais quarts d’heure. Va-t-on laisser la SELEKA et ses bull-dogs , continuer à arracher de leurs crocs la chaire des centrafricains?

A un moment où les hommes politiques de ce pays ont totalement baissé les bras pour ne rien dire face aux exactions de la SELEKA, il convient de se montrer solidaires dans l’instinct de survie, de ne pas perdre toute lucidité pour trouver la parade et mettre un terme à toute cette série de comportements barbares et d’incompréhensions inimaginables.

Face à cet acte inacceptable que constitue la mise aux arrêts de quelqu’un qui ne fait qu’informer à travers des images soumises à l’appréciation de tout un chacun, et parce qu’il ne fait aucun commentaire de ces images, nous demandons, si l’information est vraie, la mise en liberté totale du frère SEREFIO. Le CENTRAFRIQUE a encore une institution judiciaire chargée de traiter ce genre de problème