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UNE TRANSITION CHAOTIQUE

Dans sa jeune histoire, le CENTRAFRIQUE, à part sa transmutation lors d’un événement inouï au cours duquel on l’avait transformé en EMPIRE, n’a pas enregistré d’autres événements qui lui ont valu la quantité d’encre et de salive employées pour relater les douloureuses péripéties que la SELEKA, son chef et leurs « acolytes » ne cessent de répandre chaque jour sur le peuple centrafricain et son territoire.

Peut-on croire que le développement de l’industrie informatique dans la transmission des informations est la raison majeure de ce flot de réactions qui concernent la prise du pouvoir à BANGUI par la SELEKA, avec le cortège d’exactions qui la caractérisent ?

La réponse à cette question peut se résumer par l’affirmative, mais l’ampleur des dégâts de la SELEKA a autant de poids dans la balance de ce jugement.

En effet, n’étant pas toujours rassasiés de leurs exactions, les éléments de la SELEKA continuent de perpétrer, sans la moindre inquiétude, leur razzia sur le CENTRAFRIQUE, à un point tel que le Premier Ministre de la transition, qui aurait dû être une pièce maîtresse de la réussite de ladite transition et de la réussite d’une sortie de crise honorable, s’allonge en toute tranquillité sur un matelas cotonneux de mutisme, de laxisme et de laisser-faire. Certains vont jusqu’à croire qu’il est lui-même membre éminent de la SELEKA.

La crédibilité internationale que lui ont accordée les instances telles que la CEEAC ou l’O.N.U. ne lui a servi à rien, pour trouver une réelle parade afin de contrecarrer les visées de la SELEKA et de ses assassins.

En ayant au départ la confiance des institutions internationales, il aurait pu plier le chef de la SELEKA dans son aventure d’auto-proclamation, pour lui faire comprendre que la situation méritait d’être traitée autrement, avec la supervision d’un homme neutre, aussi bien neutre dans l’armée que dans les partis politiques. Ce qui aurait davantage donné de crédibilité à la politique centrafricaine et permis une bonne assistance des différents partenaires du pays.

Avec la composition du CNT conduite véritablement comme une fête où les invités sont choisis selon les affinités, le Premier Ministre aurait dû faire preuve d’un courage inflexible en usant d’un esprit de créativité. Il y a seize préfectures en CENTRAFRIQUE et la diaspora comprise, il aurait dû demander à chaque entité de lui produire sept membres chacune, ce qui aurait fait cent dix-neuf membres qui n’auraient posé aucun problème quant à leur choix (le peuple) et la composition de leur bureau sis sur des bases démocratiques. Au lieu de cela, il s’est laissé embarquer dans l’application d’un système « mafieux » où il était question de parler de société civile, de confessions religieuses et d’autres terminologies censées brouiller davantage les pistes.

S’il avait adopté un tel schéma, cela lui aurait donné davantage de poids et de crédibilité, et aurait évité au représentant de l’Union Européenne d’intervenir sur un sujet si simple et de bon sens. L’intervention de ce haut fonctionnaire sur un aussi léger dossier est tout simplement la démonstration que ce pays n’arrive pas à placer les hommes qu’il faut aux postes qu’il faut.

Le « chef » des bandes de violeurs, de voleurs, de pillards est incapable de contrôler ses zouaves parce qu’il n’est pas l’homme qu’il faut et peut-être parce qu’il n’est pas aussi violeur, aussi voleur, aussi pilleur que ces aventuriers de grand chemin. Or, un adage prévient chacun en ces termes : « Qui se ressemblent, s’assemblent. » Et s’il était conscient de ce dicton, il aurait commencé par indiquer son orientation, que tous ses suiveurs devaient accepter avant de s’engager dans une aventure qui le rend aujourd’hui insomniaque.

L’insécurité a atteint un sommet tel que le moindre bruit à BANGUI met tout le monde en alerte, la peur d’une contre-offensive aux dépens de la SELEKA étant une réalité urticante. Tout le monde le souhaite, tout le monde le craint.

Voilà le gros fruit d’une transition chaotique, où les chefs ne savent plus que faire, où les partis politiques ont disparu, laissant la place à des individus qui se disent partis politiques tout simplement parce que la confusion a gagné tous les esprits.

Et à l’allure où vont les choses, l’on se demande combien de temps durera la transition, quels hommes doivent conduire cette transition car ce ne sont pas ceux actuels du gouvernement (avec la cohorte de ministres tchadiens) ni ceux au CNT, incapables de débattre des réalités du pays, car la démonstration est faite que plus longtemps ils resteront à leurs postes, plus longtemps durera le calvaire du peuple centrafricain.

Le peuple promet de se venger, lors des prochaines élections générales, des hommes politiques et des partis politiques courbés sous le mutisme devant les massacres, les viols, les vols dont il est victime quotidiennement. Il oublie que ce sont ces hommes qui organisent les élections et les mènent comme ils entendent, avec le cortège de magouilles et d’intimidations que cela suppose et dont ils ne se passeront pas.

Quand on se montre réfractaire à une nouvelle élection du bureau du C.N.T, dont les membres ne sont plus les mêmes en effectif, il ne faut pas aller loin pour deviner ce qui se projette en ce qui concerne les futures élections.

En attendant, le chaos de la transition est un enfer pour le gentil et pacifique peuple centrafricain, sur qui on déverse des tonnes et des tonnes de malheurs immérités. Ce n’est pas en mettant en berne le beau drapeau dont les centrafricains sont si fiers, parce qu’un grand nombre de centrafricains ont péri en voulant survivre dans des mines de diamant ou d’or, qu’on s’abaisse pour faire amende honorable des viols, des saccages, des pillages répandus sur tout le territoire par les bandits qui vous soutiennent, que le peuple oubliera et vous applaudira. Il n’aurait pas fallu, au départ, faire couler le sang d’un seul centrafricain, violer une seule femme, saccager un seul bâtiment public pour mériter de mettre en berne les couleurs centrafricaines. C’est une plaisanterie de très très mauvais goût dont il fallait vous passer. Les centrafricains savent pleurer leurs morts, vous n’allez pas le leur apprendre aujourd’hui, vous qui avez montré que vous veniez pour mettre ce pays à ras de terre, comme le souhaitent vos maîtres chez qui vous courez chercher du soutien. Vos prédécesseurs vous ont facilité la tâche en démantelant complètement l’armée centrafricaine, ne vous y fiez pas, ce peuple saura se relever.

En attendant, il faut trouver les moyens pour mettre un terme à la politique désastreuse de cette transition, qui ne tue pas, seulement, « à petit feu », mais dont la lame de fond fait un travail de transformation indéniable et progressive du pays.

Adolphe PAKOUA

L’AMATEURISME POLITIQUE AU POUVOIR

Six cent vingt-deux mille kilomètres carrés

Près de quatre millions d’habitants

Cinquante trois ans d’indépendance

Six chefs d’État

Aujourd’hui un gouvernement de plus de trente membres

Aujourd’hui un Conseil National de Transition de cent trente cinq membres

Bilan :

Un seul hôpital général

Une seule université

Un seul aéroport de « renommée » internationale

Une seule route nationale à moitié bitumée de cinq cents kilomètres

Trois hôtels de plus de cent chambres

Une seule brasserie ( symbolique du développement industriel )

Un seul stade de plus de dix mille places (les férus diront vingt mille places)

Cent cinquante élèves par classe dans le primaire et dans le secondaire

VOILA LE CENTRAFRIQUE GRANDEUR NATURE

Au vu de ces données que beaucoup prendraient pour une présentation pas trop réaliste de la carte postale de CENTRAFRIQUE, en ceci que toutes les données ne seraient pas prises en compte, nul ne mettrait en doute le fait que les seules qui sont fournies ici sont celles que tout centrafricain reconnaît comme réalités palpables.

Ce profil du pays, presque statique depuis des décennies est le résultat d’un laisser-aller dramatique au niveau de la gouvernance du pays. En effet, rares seraient les dirigeants qui se vanteraient d’avoir laissé à la postérité et au bénéfice des centrafricains, des réalisations pouvant prouver leur passage à la direction du pays. Comment peut-on expliquer une telle défaillance étalée sur une aussi longue période qu’est un demi-siècle ?

Les changements politiques se sont faits en CENTRAFRIQUE sur un coup du hasard, concrétisés dans un coup d’État pour la plupart. Cela n’empêche pas qu’on puisse faire un coup d’État et réaliser de bonnes choses par la suite. Mais un coup d’État, c’est souvent une action rapide, qui ne demande pas trop de temps de préparation à cause des fuites qui pourraient tout faire rater.

Donc celui qui arrive au pouvoir par cette voie n’a pas de programme politique arrêté, qui puisse le guider dans ses orientations politiques, économiques et sociales. Tout ce qu’il se mettra à faire sera le fruit de l’improvisation. Et l’on sait ce que produit une improvisation routinière.

De la même façon que les chefs militaires qui se sont emparés, sans le moindre programme politique, du pouvoir en CENTRAFRIQUE, les autres, civils, n’ont pas de leur côté exercé ce pouvoir sur la base d’un programme bien défini, pouvant aider à asseoir les fondations d’un processus de développement économique, social et politique.

Dans ce pli qui est le propre des hommes « politiques » centrafricains, l’on ne peut guère s’étonner aujourd’hui de voir à quel point le chef de la transition politique de CENTRAFRIQUE et son équipe ont du mal à gérer les affaires publiques. Ils ont vécu dans la routine, ils ne peuvent pas sortir de la routine.

Ce n’est donc pas pour du beurre que tout ce qu’ils peuvent faire ne peut consister qu’à faire des nominations : on forme un gouvernement sans savoir qui fera réellement quoi, on donne des grades quand bien même les nouveaux gradés ne savent qu’appuyer sur une gâchette, et pire, parce que la coutume veut qu’on nomme des ministres résidents qui ne servent strictement à rien ( à quoi servent alors les députés ou pour respecter la nouvelle appellation les conseillers nationaux de transition), alors, il faut faire plaisir à ces « sinistres » en faisant d’eux des « ministres résidents » de telle ou telle préfecture. Pendant que les galons fleurissent çà et là, le peuple se fait violer et massacrer.

La politique, ce n’est pas ça du tout. Le pays est malade depuis parce que les hommes ne font pas la vraie politique, dans le sens des responsabilités publiques qu’ils peuvent assumer, mais la politique des manœuvres néfastes, qui ne font rien avancer mais soutiennent plutôt la régression générale ou généralisée. La démonstration est faite quand on voit l’état dans lequel se trouve le CENTRAFRIQUE en ce Dimanche 23 Juin 2013.

C’est dire qu’on attend autre chose de la transition, autre chose de ce que produiront les élections d’après la transition. On n’a plus besoin de partis politiques qui se considèrent comme tels, quand bien même ils sont incapables de produire le moindre programme qui pourrait faire leur originalité, leur spécificité et témoigner de leur crédibilité.

POUR AVANCER, LE CENTRAFRIQUE DOIT EN FINIR AVEC LA ROUTINE ET LES ROUTINIERS.

Adolphe PAKOUA