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CENTRAFRICAINS, N’AIDONS PAS A TUER LE PAYS DE BOGANDA


Le CENTRAFRIQUE et son peuple vivent depuis le 24 mars 2013, des périodes de leur histoire, aussi douloureuses parfois plus douloureuses que les affres de la colonisation et les dérives de gouvernance de certains fils non soucieux du bien-être de leurs propres frères et sœurs.

La raison de cet enfer immérité vient de ce que Bozize, en dénudant les forces armées centrafricaines, a exposé le CENTRAFRIQUE et son peuple à la merci des envahisseurs étrangers. Il avait déjà montré le chemin en allant chercher de l’aide auprès de son mentor devenu finalement son bourreau, à qui il a demandé du renfort armé pour s’emparer du pouvoir de Bangui.

Quand on fait une telle démarche, on ne fait rien de moins que trahir son pays, son peuple, même si l’intention était de sortir ce peuple d’une certaine difficulté. C’est dire qu’un tel problème aurait dû se régler exclusivement avec la participation, uniquement que, des centrafricains. Aujourd’hui, Bozize, après avoir plongé le pays et son peuple dans une situation honteusement pitoyable et douloureuse, se permet de dire qu’il est prêt à retourner à BANGUI, pour reconquérir le pouvoir qu’il a perdu. Personne ne peut se fier à de tels propos si ce n’est que croire que celui qui les tient doit avoir des fourmis dans la tête. Prendre une telle position n’est pas non plus donner un quitus au chef de la SELEKA qui a décidément mis les pas dans ceux de BOZIZE.

La réalité est que comme BOZIZE, il s’est entouré de troupes étrangères pour conquérir le pouvoir de BANGUI, et comme BOZIZE qui n’écoutait personne, il est décidé à mourir s’il le faut, pour conserver ce pouvoir car dit-il «  je n’ai pas peur de mourir ». Pendant ce temps, ses hommes tuent les centrafricains dont il est chargé de la protection, sans qu’il parvienne à les en empêcher. Bref, faudrait-il qu’il soit encore vrai centrafricain pour ne pas laisser toutes les dérives caractérisées par les tueries, les enlèvements, les viols, les saccages, les pillages et les réquisitions arbitraires des logements des pauvres centrafricains illustrer le nouveau mode de gouvernance qui est celui de la SELEKA .

Gouverner un pays, ce n’est pas faire des nominations à longueur de journée. Gouverner un pays, ce n’est pas badigeonner les murs des vieux bâtiments pour leur donner une apparence nouvelle. Gouverner un pays ce n’est pas changer les dénominations des institutions majeures, pour faire croire à une rénovation. C’est une méthode qui rappelle étrangement les gouvernements d’Afrique des années soixante-dix, où il suffisait de changer le nom d’un pays, le nom de sa capitale, le drapeau parfois, le nom d’un aéroport ou d’un stade pour faire la une des journaux nationaux et internationaux.

Nous ne sommes plus à cette époque-là. Aujourd’hui, on parle de grands chantiers et d’avenir. Débattre de la question des FACA qui doivent devenir un ARC est un non-sens, alors, ce sujet ne mérite même pas un débat car on voit bien que c’est du divertissement, mais un divertissement dangereux. Car, après cela, il suffira de penser à changer le nom de BANGUI, de CENTRAFRIQUE, de refaire une autre devise, de changer les noms de toutes les institutions pour que la boucle soit bouclée et que vive l’islamisation camouflée, qu’on ne veut pas brandir aujourd’hui. La tombe de BOGANDA n’avait-elle pas été déjà saccagée ? Un signe qui ne trompe pas ?

Le chef de la SELEKA ignore ou fait semblant d’ignorer que le pays est dans une période de transition et que le travail d’une transition n’est pas celui qu’il est en train de conduire. A quoi sert la feuille de route de la transition ? Faut-il attendre de passer un voire deux ans avant de penser à la mise en place réelle de cette feuille de route ? L’aboutissement final de cette feuille n’est-elle pas la sécurisation du pays et l’organisation d’élections libres et transparentes ? L’armée centrafricaine, les FACA doivent rester entièrement une armée centrafricaine, qui ne doit compter que des nationaux centrafricains en son sein. Le seul soudanais ou tchadien qui serait admis dans cette institution serait une grave atteinte à la sûreté de l’État et les centrafricains ne devraient pas accepter une telle entorse à leur sécurité. Et même les tchadiens qui occupent des postes ministériels aujourd’hui dans le gouvernement constituent une honte pour le pays tout entier et nous renvoient à l’époque de l’empire, où nous étions une curiosité mondiale.

Les mêmes erreurs qu’a commises BOZIZE en son temps sont en train de se répéter, aggravées de «  l’acceptation des hommes étrangers dans l’administration centrafricaine ». Seuls les centrafricains peuvent dire non à cette humiliation et refuser de collaborer avec un tel système. Cela passe par la manifestation d’être centrafricain, d’être fier de l’être et par l’honneur d’être un homme comme tout autre et de refuser de se soumettre à un pouvoir dans lequel on ne se reconnaîtrait pas.

La FRANCE a souffert du nazisme à une époque donnée de son histoire, elle a su tirer les leçons de cette période pour retrouver son statut de pays libre et fort. La délation et la collaboration avaient favorisé cet état de soumission, la solidarité et le patriotisme ont permis à la FRANCE de relever la tête. Tirons une bonne leçon de cette grande histoire.

Adolphe PAKOUA

APPEL A TOUTES LES ASSOCIATIONS CENTRAFRICAINES

QUEL REMEDE CONTRE LA PESTE ?

Depuis le 24 décembre 2012, date à laquelle la coalition SELEKA a mis son couteau sous la gorge des centrafricains pour les menacer dans leur sommeil, dans leurs déplacements quotidiens et dans leurs libertés, le CENTRAFRIQUE tout entier ne sait plus de quoi demain sera fait. La vie y est devenue aléatoire, car chacun peut être enlevé à tout moment par les éléments de la SELEKA pour ne plus jamais retrouver sa famille.

Avant l’invasion de BANGUI par les forces du mal, chacun se rappelle les paroles d’un porte parole de la SELEKA, à l’époque en France, qui déclarait sur tous les médias que la SELEKA n’agissait que pour demander le départ de BOZIZE du pouvoir, et qu’elle n’était en aucune façon intéressée par le pouvoir.

Aujourd’hui, ce porte-parole occupe des fonctions éminemment importantes en tant que directeur Général de l’aviation civile, en attendant d’avoir des fonctions plus importantes car, au rythme où vont les nominations, il serait étonnant qu’il ne soit alléché par une promotion beaucoup plus lucrative et beaucoup plus prestigieuse.

Comment peut-on faire confiance à des oiseaux de cette nature ? La défaillance de la gouvernance de Bozizé a permis à n’importe quel vautour africain de venir participer au festin gratuit qu’offrait le CENTRAFRIQUE, à travers l’inexistence d’une armée chargée de protéger ses frontières. Cette défaillance a permis à tous les corbeaux, de se passer pour des centrafricains, de revendiquer une grosse part du gâteau centrafricain à travers les pillages en tous genres, les viols, l’usage de la violence gratuite et enfin le bénéfice de titres administratifs et politiques qu’en leurs propres cieux, ils ne daigneraient solliciter.

Ainsi, des tchadiens et des gens venus d’ailleurs, qui n’ont aucun lien avec le CENTRAFRIQUE, sont aujourd’hui ministres du berceau de BOGANDA, hauts cadres des services publics du pays de BOGANDA, au détriment même de ceux pour qui BOGANDA s’était battu pour les sortir de la servitude et de la misère.

Et aujourd’hui, la servitude et la misère sont les maillots que les éléments de la SELEKA veulent voir sur le dos de chaque centrafricain.

Les centrafricains peuvent-ils docilement accepter de se faire habiller de la sorte ? Pendant longtemps ?

Qui tue par l’épée, mourra par l’épée, dit-on. Les dictons et les proverbes ne naissent pas d’eux-mêmes. Ils sont les fruits de l’expérience commune, populaire.

Les rebelles qui ont le pouvoir aujourd’hui en CENTRAFRIQUE étaient des bandes éparses, qui avaient beaucoup de mal à déferler sur Bangui et à prendre le pouvoir comme si on ramassait un fruit mûr tombé déjà à terre. Aucune de ces bandes ne pouvait sortir de son gîte broussailleux pour s’engager fièrement sur les routes principales du pays, afin de conquérir de vastes zones et de s’emparer de la capitale.

En se coalisant, elles se sont donné les moyens, ont trouvé les forces nécessaires pour atteindre des objectifs qu’elles ne s’étaient pas imaginés, qu’elles n’avaient pas envisagés.

L’épée de toutes ces bandes rebelles a été la mise en place de leur coalition. Et comme nous l’avons relevé, qui tue par l’épée, ne trouvera la mort que par l’épée.

En effet, si le souhait de la SELEKA est de détruire complètement le CENTRAFRIQUE, d’anéantir son peuple et de créer un « no man’s land » sur le territoire, il appartient désormais aux centrafricains de comprendre que la seule arme dont ils disposent avant d’appeler l’aide de l’extérieur est l’arme même de la SELEKA.

Des dispositifs, très positifs, des structures, ont été mis en place çà et là, en EUROPE et ailleurs (en AFRIQUE , en AMERIQUE) pour venir en aide aux populations meurtries. Compte tenu de la persistance de la SELEKA à tuer gratuitement, à procéder à des enlèvements de personnes, à des pillages intolérables, il convient de passer à la vitesse supérieure.

Et cette vitesse supérieure, ce sera le rassemblement dans un dispositif unique centralisé mais avec des cellules représentatives dans tous les endroits où toute action aidant à sortir très rapidement de cette crise peut être menée.

Toutes les associations centrafricaines, à travers leur conseil d’administration, doivent se pencher sur ce problème et envisager une grande réunion des associations en vue de définir les orientations et les stratégies COMMUNES à mener pour sensibiliser davantage l’opinion internationale, qui n’ignore pas la crise centrafricaine, loin s’en faut, mais semble adopter la position attentiste du « wait and see », quand bien même elle saurait que des centrafricains se font massacrer chez eux, par des hommes venus d’ailleurs.

C’est donc pourquoi nous demandons et insistons pour que se mette en place une alliance des associations centrafricaines, tambour, qui nous aidera non seulement à apporter un peu de soulagement aux nôtres, mais dont l’écho parviendra aux oreilles de ceux qui ne veulent rien entendre ou de ceux qui n’ont rien entendu ; tambour dont la taille et la puissance nous permettront d’être visibles.

BOGANDA nous avait prévenus lorsqu’il déclarait : «  MALHEUR A L’HOMME SEUL ».

Adolphe PAKOUA

UNE TRANSITION CHAOTIQUE

Dans sa jeune histoire, le CENTRAFRIQUE, à part sa transmutation lors d’un événement inouï au cours duquel on l’avait transformé en EMPIRE, n’a pas enregistré d’autres événements qui lui ont valu la quantité d’encre et de salive employées pour relater les douloureuses péripéties que la SELEKA, son chef et leurs « acolytes » ne cessent de répandre chaque jour sur le peuple centrafricain et son territoire.

Peut-on croire que le développement de l’industrie informatique dans la transmission des informations est la raison majeure de ce flot de réactions qui concernent la prise du pouvoir à BANGUI par la SELEKA, avec le cortège d’exactions qui la caractérisent ?

La réponse à cette question peut se résumer par l’affirmative, mais l’ampleur des dégâts de la SELEKA a autant de poids dans la balance de ce jugement.

En effet, n’étant pas toujours rassasiés de leurs exactions, les éléments de la SELEKA continuent de perpétrer, sans la moindre inquiétude, leur razzia sur le CENTRAFRIQUE, à un point tel que le Premier Ministre de la transition, qui aurait dû être une pièce maîtresse de la réussite de ladite transition et de la réussite d’une sortie de crise honorable, s’allonge en toute tranquillité sur un matelas cotonneux de mutisme, de laxisme et de laisser-faire. Certains vont jusqu’à croire qu’il est lui-même membre éminent de la SELEKA.

La crédibilité internationale que lui ont accordée les instances telles que la CEEAC ou l’O.N.U. ne lui a servi à rien, pour trouver une réelle parade afin de contrecarrer les visées de la SELEKA et de ses assassins.

En ayant au départ la confiance des institutions internationales, il aurait pu plier le chef de la SELEKA dans son aventure d’auto-proclamation, pour lui faire comprendre que la situation méritait d’être traitée autrement, avec la supervision d’un homme neutre, aussi bien neutre dans l’armée que dans les partis politiques. Ce qui aurait davantage donné de crédibilité à la politique centrafricaine et permis une bonne assistance des différents partenaires du pays.

Avec la composition du CNT conduite véritablement comme une fête où les invités sont choisis selon les affinités, le Premier Ministre aurait dû faire preuve d’un courage inflexible en usant d’un esprit de créativité. Il y a seize préfectures en CENTRAFRIQUE et la diaspora comprise, il aurait dû demander à chaque entité de lui produire sept membres chacune, ce qui aurait fait cent dix-neuf membres qui n’auraient posé aucun problème quant à leur choix (le peuple) et la composition de leur bureau sis sur des bases démocratiques. Au lieu de cela, il s’est laissé embarquer dans l’application d’un système « mafieux » où il était question de parler de société civile, de confessions religieuses et d’autres terminologies censées brouiller davantage les pistes.

S’il avait adopté un tel schéma, cela lui aurait donné davantage de poids et de crédibilité, et aurait évité au représentant de l’Union Européenne d’intervenir sur un sujet si simple et de bon sens. L’intervention de ce haut fonctionnaire sur un aussi léger dossier est tout simplement la démonstration que ce pays n’arrive pas à placer les hommes qu’il faut aux postes qu’il faut.

Le « chef » des bandes de violeurs, de voleurs, de pillards est incapable de contrôler ses zouaves parce qu’il n’est pas l’homme qu’il faut et peut-être parce qu’il n’est pas aussi violeur, aussi voleur, aussi pilleur que ces aventuriers de grand chemin. Or, un adage prévient chacun en ces termes : « Qui se ressemblent, s’assemblent. » Et s’il était conscient de ce dicton, il aurait commencé par indiquer son orientation, que tous ses suiveurs devaient accepter avant de s’engager dans une aventure qui le rend aujourd’hui insomniaque.

L’insécurité a atteint un sommet tel que le moindre bruit à BANGUI met tout le monde en alerte, la peur d’une contre-offensive aux dépens de la SELEKA étant une réalité urticante. Tout le monde le souhaite, tout le monde le craint.

Voilà le gros fruit d’une transition chaotique, où les chefs ne savent plus que faire, où les partis politiques ont disparu, laissant la place à des individus qui se disent partis politiques tout simplement parce que la confusion a gagné tous les esprits.

Et à l’allure où vont les choses, l’on se demande combien de temps durera la transition, quels hommes doivent conduire cette transition car ce ne sont pas ceux actuels du gouvernement (avec la cohorte de ministres tchadiens) ni ceux au CNT, incapables de débattre des réalités du pays, car la démonstration est faite que plus longtemps ils resteront à leurs postes, plus longtemps durera le calvaire du peuple centrafricain.

Le peuple promet de se venger, lors des prochaines élections générales, des hommes politiques et des partis politiques courbés sous le mutisme devant les massacres, les viols, les vols dont il est victime quotidiennement. Il oublie que ce sont ces hommes qui organisent les élections et les mènent comme ils entendent, avec le cortège de magouilles et d’intimidations que cela suppose et dont ils ne se passeront pas.

Quand on se montre réfractaire à une nouvelle élection du bureau du C.N.T, dont les membres ne sont plus les mêmes en effectif, il ne faut pas aller loin pour deviner ce qui se projette en ce qui concerne les futures élections.

En attendant, le chaos de la transition est un enfer pour le gentil et pacifique peuple centrafricain, sur qui on déverse des tonnes et des tonnes de malheurs immérités. Ce n’est pas en mettant en berne le beau drapeau dont les centrafricains sont si fiers, parce qu’un grand nombre de centrafricains ont péri en voulant survivre dans des mines de diamant ou d’or, qu’on s’abaisse pour faire amende honorable des viols, des saccages, des pillages répandus sur tout le territoire par les bandits qui vous soutiennent, que le peuple oubliera et vous applaudira. Il n’aurait pas fallu, au départ, faire couler le sang d’un seul centrafricain, violer une seule femme, saccager un seul bâtiment public pour mériter de mettre en berne les couleurs centrafricaines. C’est une plaisanterie de très très mauvais goût dont il fallait vous passer. Les centrafricains savent pleurer leurs morts, vous n’allez pas le leur apprendre aujourd’hui, vous qui avez montré que vous veniez pour mettre ce pays à ras de terre, comme le souhaitent vos maîtres chez qui vous courez chercher du soutien. Vos prédécesseurs vous ont facilité la tâche en démantelant complètement l’armée centrafricaine, ne vous y fiez pas, ce peuple saura se relever.

En attendant, il faut trouver les moyens pour mettre un terme à la politique désastreuse de cette transition, qui ne tue pas, seulement, « à petit feu », mais dont la lame de fond fait un travail de transformation indéniable et progressive du pays.

Adolphe PAKOUA

BIYA-BOZIZE : LES DEDALES D’UN HEBERGEMENT

Trois mois sont déjà passés depuis la prise du pouvoir par la SELEKA le 24 mars 2013.
Que s’est -il passé pendant tout ce temps que certaines personnes considèrent comme un changement ?
Au Cameroun, le Président déchu François BOZIZE qui était de passage dans ce pays, y est encore et cela laisse l’homme fort de Centrafrique en éveil.
Djotodia n’arrive toujours pas à contenir ses troupes aussi bien dans la capitale que dans les autres villes de province et de savoir que l’ancien président Bozizé réside juste dans le pays voisin lui donne l’idée que ce dernier est entrain de préparer sa revanche. Ceci inquiète le chef de la coalition SELEKA qui de surcroît n’a pas eu l’honneur d’être reçu par Paul BIYA, président du Cameroun.
Depuis son entrée en Centrafrique, la SELEKA a posé des actes qui ont fragilisé la population Centrafricaine : pillages en tous genres, séries de viols et de meurtres impardonnables,… Le pays se trouve encore dans l’insécurité totale et au lieu de penser à trouver des solutions immédiates à toutes ces exactions, le nouveau pouvoir de Bangui préfère se pencher sur le dossier Bozizé qui semble être une priorité pour lui. Aurait -t-il oublié que sa prise du pouvoir a été accompagné d’actes considérés de crimes contre l’humanité ? Est ce pendant une période de transition que les dossiers du genre Bozizé doivent être traités? Quel est le rôle du Conseil National de Transition ? Sécuriser son fauteuil de chef d’État serait-il plus important que servir et protéger son pays ?
Des cris s’élèvent de partout : la population est toujours victime de pillages, de viols, d’arrestations arbitraires. Elle n’arrive pas à faire face aux problèmes de santé, d’alimentation et ne parlons pas de l’éducation, où l’on peut déjà penser à une année perdue pour nos enfants et pour l’avenir du pays. Les cinq verbes de la Centrafrique (instruire, nourrir, soigner, loger et vêtir) n’existent plus dans le quotidien des centrafricains, tout comme la constitution a disparu au terme d’une seule phrase. Nos enfants naissent sans espoir d’être nourris, soignés, instruits,…
Combien de dirigeants se sont déjà succédé depuis la colonisation ? Ont-ils vraiment défendu les causes de la population ou ont-ils servi leurs propres intérêts ?
Bozizé arrive au pouvoir par un coup d’état en 2003 : il éjecte de ce fauteuil en or Ange Félix Patassé. 10 ans plutard, c’est son tour d’être éjecté de la même manière (chacun son tour chez le coiffeur). Même procédure de prise de pouvoir : coup d’état avec ses corollaires ; même méthode de gouvernance et de sortie de crise. Les intérêts des populations sont foulés au pied : le président déchu vivait dans un pays  sans en connaître la réalité. Un des dirigeants de ce pays a dit après sa chute : « c’est mon entourage qui m’a induit en erreur ». La lucidité lui est revenue tout d’un coup après coup.
A quand le changement ? A-t-on pensé aux stratégies à mettre en place pour sortir ce pays de ce cycle infernal ?
En Afrique, en général et particulièrement en Centrafrique, c’est le président qui décide de tout ; les ministres et les députés ne font qu’exécuter les commandements qui descendent de sa volonté. Jusqu’où irons-nous si nos dirigeants ne se réveillent pas de cet aveuglement et de ce sempiternel  sommeil. Nous sommes tous enfants de notre pays et tant que nous n’aurons pas tiré les leçons du passé et de notre histoire, ce sera un éternel cycle : même résultat pour une même procédure.
Que vient faire Paul Biya dans tout cela ? Aujourd’hui pour avoir décidé d’héberger aussi longtemps que prévu un sans domicile fixe, ses frères africains veulent unir leur force pour le faire partir de son fauteuil. En tenant compte de l’histoire, nous pensons que Bozizé à Yaoundé , c’est mieux que Gbagbo à la CPI car, il est encore dans nos murs et peut être jugé par les siens à tout moment.
Jacqueline GBANDO

L’AMATEURISME POLITIQUE AU POUVOIR

Six cent vingt-deux mille kilomètres carrés

Près de quatre millions d’habitants

Cinquante trois ans d’indépendance

Six chefs d’État

Aujourd’hui un gouvernement de plus de trente membres

Aujourd’hui un Conseil National de Transition de cent trente cinq membres

Bilan :

Un seul hôpital général

Une seule université

Un seul aéroport de « renommée » internationale

Une seule route nationale à moitié bitumée de cinq cents kilomètres

Trois hôtels de plus de cent chambres

Une seule brasserie ( symbolique du développement industriel )

Un seul stade de plus de dix mille places (les férus diront vingt mille places)

Cent cinquante élèves par classe dans le primaire et dans le secondaire

VOILA LE CENTRAFRIQUE GRANDEUR NATURE

Au vu de ces données que beaucoup prendraient pour une présentation pas trop réaliste de la carte postale de CENTRAFRIQUE, en ceci que toutes les données ne seraient pas prises en compte, nul ne mettrait en doute le fait que les seules qui sont fournies ici sont celles que tout centrafricain reconnaît comme réalités palpables.

Ce profil du pays, presque statique depuis des décennies est le résultat d’un laisser-aller dramatique au niveau de la gouvernance du pays. En effet, rares seraient les dirigeants qui se vanteraient d’avoir laissé à la postérité et au bénéfice des centrafricains, des réalisations pouvant prouver leur passage à la direction du pays. Comment peut-on expliquer une telle défaillance étalée sur une aussi longue période qu’est un demi-siècle ?

Les changements politiques se sont faits en CENTRAFRIQUE sur un coup du hasard, concrétisés dans un coup d’État pour la plupart. Cela n’empêche pas qu’on puisse faire un coup d’État et réaliser de bonnes choses par la suite. Mais un coup d’État, c’est souvent une action rapide, qui ne demande pas trop de temps de préparation à cause des fuites qui pourraient tout faire rater.

Donc celui qui arrive au pouvoir par cette voie n’a pas de programme politique arrêté, qui puisse le guider dans ses orientations politiques, économiques et sociales. Tout ce qu’il se mettra à faire sera le fruit de l’improvisation. Et l’on sait ce que produit une improvisation routinière.

De la même façon que les chefs militaires qui se sont emparés, sans le moindre programme politique, du pouvoir en CENTRAFRIQUE, les autres, civils, n’ont pas de leur côté exercé ce pouvoir sur la base d’un programme bien défini, pouvant aider à asseoir les fondations d’un processus de développement économique, social et politique.

Dans ce pli qui est le propre des hommes « politiques » centrafricains, l’on ne peut guère s’étonner aujourd’hui de voir à quel point le chef de la transition politique de CENTRAFRIQUE et son équipe ont du mal à gérer les affaires publiques. Ils ont vécu dans la routine, ils ne peuvent pas sortir de la routine.

Ce n’est donc pas pour du beurre que tout ce qu’ils peuvent faire ne peut consister qu’à faire des nominations : on forme un gouvernement sans savoir qui fera réellement quoi, on donne des grades quand bien même les nouveaux gradés ne savent qu’appuyer sur une gâchette, et pire, parce que la coutume veut qu’on nomme des ministres résidents qui ne servent strictement à rien ( à quoi servent alors les députés ou pour respecter la nouvelle appellation les conseillers nationaux de transition), alors, il faut faire plaisir à ces « sinistres » en faisant d’eux des « ministres résidents » de telle ou telle préfecture. Pendant que les galons fleurissent çà et là, le peuple se fait violer et massacrer.

La politique, ce n’est pas ça du tout. Le pays est malade depuis parce que les hommes ne font pas la vraie politique, dans le sens des responsabilités publiques qu’ils peuvent assumer, mais la politique des manœuvres néfastes, qui ne font rien avancer mais soutiennent plutôt la régression générale ou généralisée. La démonstration est faite quand on voit l’état dans lequel se trouve le CENTRAFRIQUE en ce Dimanche 23 Juin 2013.

C’est dire qu’on attend autre chose de la transition, autre chose de ce que produiront les élections d’après la transition. On n’a plus besoin de partis politiques qui se considèrent comme tels, quand bien même ils sont incapables de produire le moindre programme qui pourrait faire leur originalité, leur spécificité et témoigner de leur crédibilité.

POUR AVANCER, LE CENTRAFRIQUE DOIT EN FINIR AVEC LA ROUTINE ET LES ROUTINIERS.

Adolphe PAKOUA