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    La zone euro : éclatement spontané ou modulation contrôlée ?


    Un possible éclatement de la zone euro est de plus en plus souvent évoqué dans le contexte de la sortie de la crise de l’endettement. L’expression à une connotation d’accident, de non-maîtrise de l’événement. Il s’agirait en quelque sorte d’un dernier recours s’imposant à un Etat-membre aculé, voire d’une condamnation d’exclusion subie.

    A ce scénario du pire, d’autres alternatives peuvent être opposées. Par exemple, d’un commun accord avec les autres membres de la zone, des pays pourraient choisir, temporairement ou définitivement, de limiter l’usage de l’euro à une monnaie de compte ou de référence, à laquelle la monnaie nationale serait reliée par une parité fixée unilatéralement ou en accord avec les membres restant attachés à la monnaie unique.

    Ainsi, ces pays s’apparenteraient à d’autres comme la Bulgarie qui une parité fixe du lev avec l’euro depuis 1999. Sous cet angle, la Suisse fait aussi déjà partie depuis 2011 de cette zone nouvellement modulée. Ne fixe-t-elle pas désormais la parité du franc suisse par rapport à l’euro lorsque sa banque nationale intervient sur le marché des changes dès que l’euro baisse à moins de CHF 1,20 ?

    Ce faisant, la Suisse ne considère que ses propres intérêts. Mais d’autres scénarios sont envisageables pour des pays comme l’Italie, voire la France, sans parler bien sûr de la Grèce.

    Des pays membres de la zone euro en difficulté de remboursement de leur dette publique pourraient continuer à recevoir le soutien financier de l’Union européenne, tout en acceptant que la réintroduction de leur monnaie nationale se fasse sur la base d’un accord de parité avec l’euro à caractère multilatéral.

    Dans ce cas de figure, un pays comme l’Italie, dont deux-tiers de la dette est détenue par des créanciers nationaux, pourrait vraisemblablement parvenir à convertir une partie de sa dette en lires, dans la mesure où, au début tout au moins, la parité serait proche de 1:1. Une inflation contrôlée pourrait intervenir par la suite pour alléger le poids du remboursement de la dette. La parité devra certes être revue à la baisse, mais les gains à l’exportation obtenus par une lire dépréciée devraient alimenter une croissance plus favorable aux rentrées fiscales et donc au remboursement de la dette publique.

    L’euro : monnaie unique pour les uns, monnaie commune pour les autres (au sens de seule monnaie de compte ou de référence) n’aboutirait pas nécessairement à un désastre, dans l’hypothèse tout au moins où la nouvelle modulation de la zone monétaire s’effectuerait sous le contrôle de l’ensemble des partenaires.
     
      

     

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