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    “Eurobonds” : Vous dites euro-obligations ou quoi ?


    L’expression “eurobonds” peut évoquer au premier abord les “treasury bonds”, notamment ceux émis par le gouvernement fédéral des Etats-Unis. En d’autres termes, il s’agirait, pour les autorités centrales de l’Union européenne ou de la zone euro, de proposer au marché monétaire des emprunts publics à court terme. Mais, si “eurobonds” est traduit par euro-obligations, il est clair alors que l’on entend parler d’emprunts à long terme.
      Indépendamment de l’appréciation que l’on peut avoir sur les avantages et les inconvénients de la mutualisation de la dette publique des Etats-membres, il a paru opportun de rappeler ce principe, lequel condamne à l’avance de telles émissions aussi longtemps que l’Etat fédéral ou confédéral européen ne disposera de rentrées fiscales autonomes.

    Qu’il s’agisse, pour l’UE, de faire appel au marché monétaire ou au marché des capitaux, ou encore d’adapter la zone euro à des circonstances nouvelles, on peut s’étonner de la confusion dans la communication des techniciens aux média.

    Avant de commenter davantage les confusions possibles, il n’est sans doute pas inutile de rappeler ce principe : on ne prête qu’à celui qui dispose d’un revenu propre. Or, ce n’est, ni le cas de l’Union européenne (UE), ni a fortiori de la zone euro.

    A défaut d’une centralisation des prélèvements sur les importations aux frontières de l’Union, cette dernière aurait cependant une bonne opportunité à saisir en mettant en œuvre son projet de taxation des transactions financières. Même le Royaume-Uni, jusqu’ici réticent, pourrait s’y rallier en contrepartie de la possibilité de bénéficier à l’avenir de tels financements nouveaux.

    Ceci dit, il convient de revenir sur l’opportunité de tels recours aux marchés. Des titres émis à court terme ne constitueraient au pire que des liquidités supplémentaires en attente de trouver des refinancements à long terme de la dette de l’Etat-membre. Il n’y aurait pas, à proprement parler, de mutualisation de la dette et d’influence sur les taux obligataires. Une telle rallonge n’en serait pas moins la bien venue, même si augmentant encore la liste des expédients.

     
     

    Quid ? si l’on parle de l’émission d’euro-obligations à long terme. Il convient alors de distinguer deux types différents d’affectation de l’argent ainsi emprunté : ou bien le refinancement de la partie de la dette publique, non remboursable faute de moyens, ou bien le financement de projets européens d’avenir. Dans le premier cas, il y a bien mutualisation de la dette avec ses conséquences pour les taux d’intérêts, et l’on peut comprendre la position de l’Allemagne. Dans le second, on ne voit pas pourquoi celle-ci s’opposerait à la réalisation d’un projet d’investissement supposé rentable qui viserait à mettre en œuvre, par exemple, une politique renforcée de l’énergie.

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