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    Croissance par emprunts européens et… recours à l’inflation pour les plus endettés ?

     

    Au-delà de la réduction des dépenses et du relèvement de la fiscalité nécessaires pour sortir du surendettement public dans l’Union européenne, un minimum de croissance est requis, ne serait-ce que pour assurer l’augmentation effective des recettes. Qui dit croissance, dit investissement et donc son financement. Fortement sollicité par une défense des acquis sociaux les plus basiques et le poids de la fiscalité, le secteur privé sera sans doute peu disposé à épargner davantage ou à anticiper des revenus futurs par un endettement accru. L’investissement privé, dans de telles conditions, a besoin de l’accompagnement du secteur public. Au plan national, il est difficile pour celui-ci de le faire à grande échelle sans compromettre son redressement financier. Seul l’Union, vierge de toute dette, peut le faire et devrait sans doute s’y engager.

    A une double condition toutefois : financer des projets européens d’avenir capables de générer un revenu à hauteur des remboursements futurs et offrir la garantie de recettes européennes autonomes. Des politiques communes, telles celles en matière d’énergie ou de transport, offrent des opportunités de créer un secteur public fédéral pour leur mise en œuvre au travers de réalisations européennes. Cela n’est pourtant pas suffisant, car l’on ne prête qu’à celui qui dispose d’un revenu propre. Ainsi qu’on l’a rappelé à ceux qui l’oublient trop souvent dans les débats actuels, il ne saurait en effet y avoir d’euro-obligations sans un euro-revenu fédéral (voir l’article « Eurobonds » : Vous dites euro-obligations ou quoi ?).

    Si une certaine croissance peut être assurée par un tel endettement “productif” de l’Union, il n’en demeurera pas moins qu’elle sera insuffisante pour régler le problème des pays les plus endettés. Une solidarité orientée vers l’avenir est sans doute plus facilement acceptable qu’une solidarité réparatrice de passés nationaux douteux. La réalité est sans doute celle-ci : à chacun de balayer devant sa porte avant d’agir ensemble. A défaut de mettre à contribution pour tous une dépréciation monétaire par l’inflation aux fins d’alléger le poids des dettes nationales les plus importantes, il reste le passage à une zone euro à deux vitesses : celle où l’euro reste la monnaie unique et celle où l’euro n’est qu’une monnaie de référence à la monnaie nationale réintroduite (voir l’article La zone euro : éclatement spontané ou modulation contrôlée ?).
    Avant de passer au chamboulement suggéré sur ce blog, les acteurs devraient néanmoins se poser la question : ne serait-il pas plus simple et plus profitable au final pour tous les membres de la zone euro de déprécier en commun la monnaie unique par une inflation sous contrôle de la Banque centrale européenne.

    La France et l’Allemagne, les deux pays sans doute les plus opposés sur ce sujet, devraient aussi réfléchir à cet avantage qu’ils ont encore de ne payer des intérêts de la dette qui ne dépassent guère 5-6% des recettes totales de leur secteur public, alors qu’aux Etats-Unis ce taux est d’environ 15% et au Royaume Uni de près de 8%. 

     

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