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    Débat sur l’identité  nationale : interprétation d’un philosophe romancier

    « Il faut un ennemi pour donner au peuple un espoir. […] L’identité nationale est la dernière ressource des déshérités. Or le sentiment de l’identité se fonde sur la haine, sur la haine de qui n’est pas identique. Il faut cultiver la haine comme passion civile. L’ennemi est l’ami des peuples. Il faut toujours quelqu’un à haïr pour se sentir justifié dans sa propre misère. La haine est la vraie passion primordiale. C’est l’amour qui est une situation anormale. […] La haine réchauffe le cœur[1]. »

    [1] Eco, Umberto : Le Cimetière de Prague, Editions Grasset & Fasquelle, Paris, 2011, p. 426.

    Surendettement souverain : une remise en question de la répartition et des niveaux de dépenses publiques et de dépenses privées [1]

     « [Pour les souverains en particulier] On emprunte alors à qui on n’ose pas prendre ». (op. cit., p. 13)

     « Il faut […] des politiciens ayant le courage […] de replacer la question de la dette dans son vrai contexte, celui de la place de l’Etant dans la société, c’est-à-dire la place croissante du collectif dans une société qui se croit de plus en plus libérale ». (op. cit., p. 134)

     « La question politique à débattre […] est […] de savoir quels biens [et services] une société peut contraindre ses membres à considérer comme publics.
    …Une solution au partage entre dépenses publiques et privées peut résider dans des systèmes mixtes où l’Etat partage les responsabilités avec des assureurs privés en charge de la mise en œuvre des missions publiques. […] L’Etat devient alors un réassureur de dernier ressort et se réserve le droit d’intervenir, en cas de menace de faillite du concessionnaire ou de non respect du contrat, pour assurer la continuité du service au public ». (op. cit., pp. 185-186)

     « … un emprunt est “bon” que s’il est rationnellement utile, c’est-à-dire s’il rapporte plus de bénéfices que sa charge. Un “bon” emprunt public est celui dont l’usage augmente l’actif net du pays et peut ainsi permettre de le rembourser.
    […] La dette publique est “mauvaise” si elle finance des dépenses de fonctionnement ou d’investissement inutiles. Elle est aussi “mauvaise” lorsqu’elle fait financer par les générations suivantes des dépenses liées aux générations actuelles, comme les retraites et les dommages à l’environnement … ». (op. cit., pp. 158-159) 

     [1] Attali, Jacques : « Tous ruinés dans dix ans ? Dette publique : la dernière chance », Librairie Arthème Fayard, 2010.

    À propos des modèles

    « Les concepts physiques sont de libres créations de l’esprit humain, même s’ils ont l’air d’être déterminés uniquement par le monde extérieur. Nos efforts pour appréhender la réalité ressemblent à ceux de quelqu’un qui cherche à comprendre le mécanisme d’une montre fermée. Il voit le cadran et les aiguilles qui bougent, il entend le tic-tac, mais il n’a aucun moyen d’ouvrir le boîtier. S’il est ingénieux, il se forge l’image d’un mécanisme qui serait responsable de tout ce qu’il observe, mais il ne pourra jamais être certain que son image soit la seule capable d’expliquer ses observations. Il ne pourra jamais comparer son modèle avec le mécanisme réel, et ne peut même pas imaginer que cette comparaison ait un sens [1]. »

     [1] Einstein, Albert & Léopold Infeld : « L’évolution des idées en physique », Flammarion, 2009 (cité par Trinh Xuan Tuan : « Le Cosmos et le Lotus – Confessions d’un astrophysicien ». Albin Michel, 2011).

    Toujours l’argent… !

    « L’argent, autrefois, n’était pas tout ; on admettait des supériorités qui le primaient. Il y avait de la noblesse, le talent, les services rendus à l’Etat ; mais, aujourd’hui, la loi fait de l’argent un étalon général, elle l’a pris pour la capacité politique. » [1]

    [1] Balzac, H. de : La Cousine Bette, Ed. Baudelaire, Paris 1964, p. 540.

    Pour mieux comprendre le Coran [1]

     « [Le] verrouillage précoce [du texte coranique] qui, par le geste politique, a imposé la “Vulgate” exclusive et unique, sera renforcé par “l’élection” d’autorités “récitantes” puis exégétiques toujours liées aux enjeux politiques de leur époque. […] La violence de cette cléricalisation indue a rencontré en son époque quelques résistances. La plus connue […], celle conduite par des “théologiens” rationalistes, les Mu’tazilites, […] ont rejeté l’idée, déjà élevée au statut de dogme, de l’intemporalité de la part dite, de la matérialité sonore ou graphique qui donne corps textuel au Coran.

     […] Le mécanisme de verrouillage le plus sophistiqué […] est sans doute celui qui a fait de la distinction entre versets ou passages abrogés et d’autres “abrogeants” une condition nécessaire à la compréhension correcte et réglementaire.

     La notion d’abrogation (naskh) est bien présente dans le Texte [coranique], sûrement pas comme une opération mécanique où une parole de Dieu en annule une autre, mais comme […] ce qui humanise cette zone d’interférence entre le céleste et l’historique.

     […] Muhammad Mahmoud Taha […] est allé à la limite de la dénonciation de ce scandale d’une abrogation simpliste : “ En vérité, a-t-il écrit, cela se passe [quand Dieu abroge un verset] comme si les versets abrogés l’ont été parce que l’époque l’a voulu, et ce qui a été abrogé est simplement différé quant à son pouvoir d’opérer. Si l’époque l’exige, pour qu’il recouvre ce pouvoir, tel verset abrogé pourrait à nouveau reprendre sa force de légiférer… […] Si au VIIe siècle les versets dérivés ont agi, au XXe siècle, ce sont les versets fondamentaux qui doivent redevenir en vigueur.” » (op. cit., pp. 206-212)

     [1] Seddik, Youssef : « Le Coran, autre lecture, autre traduction », Editions de l’Aube et éditions Barzakh, 2002.

    Victor Hugo et la mondialisation : prophétie ou dérision rancunière d’un exilé ?

    « Ô France, adieu ! Tu es trop grande pour n’être qu’une patrie. On se sépare de sa mère qui devient une déesse. Encore un peu de temps, et tu t’évanouiras dans la transfiguration. Tu es si grande, que voilà que tu ne vas plus être. Tu ne seras plus France, tu seras Humanité ; tu ne seras plus nation, mais ubiquité. Tu es destinée à te dissoudre toute entière en rayonnement, et rien n’est auguste à cette heure comme l’effacement visible de ta frontière. Résigne-toi à ton immensité. Adieu, peuple ! Salut, homme ! Subis ton élargissement fatal et sublime, ô ma patrie, et, de même qu’Athènes et devenu la Grèce, de même que Rome est devenue la chrétienté, toi, France deviens le monde ! ». [1]

    [1] Préface de Paris-Guide, catalogue de l’Exposition universelle de Paris de 1867, cité par Carmona, M., in
     « EIFFEL », Librairie Arthème Fayard, 2002, p. 88.

    Le bonheur ?

    «…J’en arrive à cette conclusion qu’il ne faut jamais chercher le bonheur. Il arrive sur la route, mais toujours en sens inverse… Souvent je l’ai rencontré.»
    [1]

    [1] I. E., citée par Edmonde Charles-Roux dans “Nomade, j’étais — Les années africaines d’Isabelle Eberhardt 1899-1904″, Editions Grasset & Fasquelle, 1995.

    Tactique et stratégie

    « La tactique consiste à savoir ce qu’il faut faire quand il y a quelque chose  à faire. La stratégie consiste à savoir ce qu’il faut faire quand il n’y a rien à faire.»[1]

     [1] Xavier Tartakover

    Questions et réponses« Les questions les plus intéressantes restent des questions. Elles enveloppent un mystère. A chaque réponse, on doit jondre un “peut-être”. Il n’y a que les quetions sans intérêt qui ont une réponse définitive. [...]… A “Vie”, il y a plusieurs solutions, donc pas de solution. [...] il n’y a pas de solution, sinon vivre.» [1]

    [1] Schmitt, Eric-Emmanuel : “Oscar et la dame rose”, Editions Albin Michel, 2002.