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    J’ai lu (suite)


    La métamorphose du monde, seul espoir pour l’humanité ?
      

    « [La mondialisation] porte en elle des périls inouïs ; elle porte aussi des chances inouïes. Elle porte en elle la probable catastrophe ; elle porte aussi en elle l’improbable mais donc possible espérance.
     
    […] Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre, ou bien se révèle capable de générer un méta-système à même de traiter ses problèmes : il se métamorphose [cf. celui de la chenille-chrysalide-papillon].     
         
             

    C’est dans la métamorphose que se régénère[rai]ent l[c]es capacités [de l’humanité]. La notion de métamorphose est plus riche que celle de révolution. Elle en garde la radicalité novatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, des cultures […]). On ne peut en prévoir les modalités ni les formes : tout changement d’échelle entraîne un surgissement créateur.

    […] Pour aller vers la métamorphose, il est nécessaire de changer de voie…  

    […] Notre époque devrait être, comme le fut la Renaissance, et plus encore qu’elle, l’occasion d’une reproblématisation généralisée. Tout est à repenser. Tout est à commencer.
    Tout, en fait, a déjà commencé, mais sans qu’on le sache. Nous en sommes au stade des préliminaires modestes, invisibles, marginaux, dispersés… »[1]
      

    [1] Morin, Edgar : La Voie – Pour l’avenir de l’humanité, Librairie Arthème Fayard, Paris, 2011.
     
    … ou s’efforcer de croire au miracle pour mieux supporter la menace de l’anéantissement !

    Pour mémoire:

    « — Que vouliez-vous qu’il fît contre trois ?
       — Qu’il mourût,
           Ou qu’un beau désespoir alors le secourût… » [1] 

    « L’Apocalypse, c’est la révélation dans son sens propre “laisser voir”. Dans ces dernières pages, la Bible prévoit l’apparition d’une grande vérité et d’un savoir incommensurable. L’Apocalypse n’est pas la fin du monde, mais la fin d’un monde – celui que nous connaissons. […] L’Apocalypse arrive… et elle n’aura rien à voir avec ce qu’on nous a raconté »[2] 

    [1] Corneille, Pierre : Horace, (acte III, scène VI), 1639.
    [2] Brown, Dan : Le symbole perdu, Random House, New York, 2009.


    Du primat de la pensée et de l’éducation pour sauver l’humanité 
      
     
     

    Illustration de l'analyse d'un participant à l'enquête sur la problématique mondiale (1972)

    « De la réforme de l’esprit dépend la réforme de l’éducation, mais celle-ci dépend aussi d’une réforme de pensée : ce sont deux réformes maîtresses, en boucle récursive, l’une produit/productrice de la réforme de l’autre, indispensable à une réforme de la pensée politique qui commandera à son tour les réformes sociales, économiques, etc. Mais la réforme de l’éducation dépend aussi de la réforme politique et des réformes de la société, lesquelles découlent de la restauration de l’esprit de responsabilité et de solidarité, à son tour produit de la réforme de l’esprit, de l’éthique et de la vie. 

    […] Les chemins des réformes pourraient progressivement se relier pour former la Voie. C’est la Voie qui régénérerait le monde afin de faire advenir la Métamorphose (Edgar Morin, op. cit., p.298).
    Pour ce même participant, l’éducation était aussi la réforme maîtresse à engager, en conjonction avec des progrès en matière de gouvernance mondiale (il y a quarante ans déjà !).

    A propos de l’enquête sur la problématique mondiale et l’illustration de ses résultats, ouvrir le document joint.

    Une gouvernance globale, mais sans gouvernement mondial

    La politique de l’humanité […] partirait du constat que la globalisation a créé le substrat d’une société-monde… […] Il serait d’abord nécessaire d’élaborer, à partir d’une ONU réformée, non pas un gouvernement mondial, mais une gouvernance globale qui disposerait des premières institutions dotées de pouvoirs effectifs pour la prévention des guerres […], l’application de normes écologiques vitales et celles de normes économiques d’intérêt planétaire (op. cit., pp. 48-49).

    « L’orientation mondialisation/démondialisation signifie qu’il faut multiplier les processus de communication et de planétarisation culturelles ; s’il faut que se constitue une conscience Terre-Patrie, conscience d’une communauté de destin,  il faut aussi promouvoir le développement du local dans le global. […] Ainsi la démondialisation constitue un antagonisme nécessaire, c’est-à-dire complémentaire, à la mondialisation. Cela signifie qu’on ne devrait pas opposer de façon absolue la liberté internationale des échanges aux protections douanières. […] Les protections partielles ne sauraient cependant virer au protectionnisme. Autrement dit, il faut développer à la fois le global et le local sans que l’un dégrade l’autre. » (op. cit., pp. 35-36)