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    Sur la grâce et la prédestination :  

    “…Il est [...] possible de parler de la foi et de la grâce, autant qu’on le peut avec le secours divin, pour une plus grande louange de la divine Majesté. Mais non d’une manière ni avec une présentation telles que, surtout à notre époque si dangereuse, les oeuvres et le libre arbitre en reçoivent quelque préjudice et soient comptés pour rien.” Ignace de Loyola                                                  

    Au sein de la Compagnie la référence est faite sous une forme plus balancée :             

     “Mets ta confiance en Dieu mais agis comme si le résultat ne dépendait que de toi et pas du tout de Dieu. Cependant même en donnant tous tes soins à ces entreprises, agis comme si ton action devrait être nulle et comme si Dieu seul devait tout faire.”              

    (Guillermou, Alain, Saint Ignace de Loyola et la Compagnie de Jésus, Paris, Le Seuil, coll.”Maîtres spirituels”, 1960, p. 152, cité par Lacouture, Jean, in Jésuites – 1.Les conquérants, Paris, Le Seuil, 1991, p. 331)          

    Le surendettement, ce combustible qui reste ce qu’il est …ou de l’impuissance face au déchaînement des éléments                                             

    “…le système financier des pays industrialisés occidentaux a enduré une première vague d’incendie avec la crise des années 2008-2009. [...] Ce qui appartenait à un phénomène sectoriel dans un premier temps, [...] s’est révélé un immense problème global. [...] avec la fournaise induite par la persistance d’une politique de taux bas, le combustible de l’endettement n’a cessé de se propager. D’un point devue économique, l’ «endettement excessif» signifie qu’une partie des capitaux engagés ne correspond à aucun projet réel viable. [...] Lorsque le passif accumulé fait face à des actifs vraisemblablement dénués de valeur, [...] le créancier se retrouve contraint de réviser ses prétentions à la baisse, son avoir étant désormais vidé de sa valeur.[...] 
     
         Des assainissements, autrement dit des amortissements ont été opérés. [... mais] Le combustible est toujours là ; il est tout simplement passé en main de l’Etat. [...] les finances publiques ont été elles-mêmes rattrapées par la crise financière 2008-2009. [...]
        
          Les découverts exprimés en dollars, en euro et en yen [...] sont tout au plus les symptômes visibles d’une problématique structurelle [...qui] réside dans le fait que d’innombrables promesses et revendications [...] — prévoyance-vieillesse, système de santé, transferts sociaux — font face à une lente extinction des projets réels véritablement crédibles.[...] Le surendettement-combustible s’accumule ainsi lentement mais sûrement, annèe après année, mais sans que les mécanismes démocratiques soient en mesure de maîtriser l’asymétrie qui prévaut entre la politique orientèe sur le court terme et les exigences de durabilité à long terme.”

    (Wegelin & Co, Commentaire d’investissement n° 272, 23 août 2010)                                                 

    Mon commentaire : Le vrai problème n’est pas l’endettement, mais l’insolvabilité, sa menace. Celle-ci touche aussi les Etats, surtout quand ils reprennent à leur compte des créances « toxiques » (y compris celles de leurs homologues comme dans le cas de la Grèce) et que la marche de l’économie réduit les ressources des contribuables, ces serveurs en dernier recours de la dette publique. Pour leur part, ils voudraient bien en savoir plus, non pas tant sur l’endettement total, mais bien plutôt sur les prochaines échéances des pouvoirs publics. Transparence : où es-tu ?                                                  

    Aux confins des mondes : la fusion des cultures ?                                     

    Gandhara : Tête gréco-bouddhique (Document Skira)

    “…Ces têtes, qui éternisent dans la pierre un instant miraculeux, semblent avoir été engendrées aux confins de deux mondes, là où l’Europe et l’Asie, la terre et le ciel, se sont rencontrés avec un frisson. La fascination qui s’en dégage est d’une intensité sans égale, car elle incarne d’une façon tangible la fusion de l’Orient et de l’Occident. [...] Bornons-nous à nous immerger dans le sourire intemporel qui flotte sur leurs lèvres et où toute la sagesse des hommes se transforme, imperceptiblement, en la compassion d’un dieu. [...]   

    Tête d'Alexandre, dite de Pergame (Musée d'Istambul, Photo Arthaud)

    [Alexandre] s’était rendu compte, au cours de son avance, qu’il ne suffisait pas de soumettre des populations, d’annexer des territoires et d’imposer à tous une loi uniforme. Encore devai-il étreindre et absorber en lui toutes les valeurs spirituelles auxquelles ces peuples avaient donné naissance. Ce n’était pas seulement sur la terre, mais au plus profond de son âme que devait s’opèrer la fusion de l’Orient et de l’Occident [...] La première impression qui s’en dégage [<em>de la tête d'Istambul, ci-contre à droite</em>] est la sérénité. Mais, en la regardant plus longtems, on y voit affleurer [...] une sorte d’effarement douloureux, une tristesse inexplicable, [...] reflet d’une souffrance intérieure. [...]  Il s’était trompé. Ses hommes ne le comprenaient pas. [...] Les prêtres d’Ammon lui avaient promis qu’il serait le réconcilaiteur et le gouverneur de la terre. [Après la révolte de l'Hyphase], il savait que [son rêve] ne se réaliserait pas sans douleur”.*
    *) Benoist-Méchin, Alexandre Le Grand ou Le rêve dèpassé, Ed. Clairefontaine, 1964.       

    Passage du musée du ‘beau’ à l’art moderne 

    Manet : Portrait de Clémenceau

    [Au XIXe siècle] la frontière entre l’esquisse et le tableau commençait à perdre sa précision. […] Pour Corot comme pour Constable,Géricault, Delacroix, Daumier, le style d’esquisse était la forme de la liberté […]. Le domaine propre de la peinture à l’huile devenait ce qui […] avait réuni les tableaux dans les musées : non, comme on l’avait cru, une technique, une suite de moyens de représentation, mais un langage indépendant des choses représentées, aussi particulier que celui de la musique. Ce langage, certes, aucun des grands peintres du musée ne l’avait ignoré ; mais, tous l’avaient subordonné. […] Ce que l’art cherchait [désormais], …ce n’était pas une modification de la tradition […], mais une rupture semblable à celle qu’apportaient les styles ressuscités. C’est alors que le talent des peintres cessa d’être un moyen d’expression de la fiction. […] En rejetant [la fonction d’illustration], la peinture se trouva rejeter à la fois une fiction […] et un monde distinct de celui du « plaisir de l’œil » […] ; elle cessa de se sentir concernée par ce qui s’était appelé sublime ou transcendance. […] Art et beauté se séparait…  

    Van Gogh : Chaise

    Les peintres voulaient désormais faire la peinture visiblement maître de l’objet et non apparemment soumise à lui. […] La lumière [aussi] est le moindre de [leurs] soucis. […] Le peignoir rose d’Olympia, le balcon framboise du Petit bar, l’étoffe bleue du Déjeuner sur l’herbe, de toute évidence sont des taches de couleur, dont la matière est une matière picturale, non une matière représentée. […] Ce que cherchait le nouvel art, c’était […] la subordination de l’objet au tableau. Il fallait que le paysage se soumît comme Clémenceau dans son portrait [par Manet] s’était schématisé. […] La fin […], c’est la transformation des choses en un univers plastique autonome, cohérent et particulier. […] A la représentation du monde succède son annexion. Il est faux que l’art moderne […] soit une façon de voir. […] Il est l’annexion des formes par un schème intérieur qui prend ou non forme de figures ou d’objets, mais dont figures et objets ne sont que l’expression. La volonté initiale de l’artiste moderne, c’est de tout soumettre à son style […]. Son symbole, c’est la chaise de Van Gogh. […] Et la volonté d’annexion du monde prit la place immense qu’avait prise [jusqu’alors] la volonté de transfiguration. Les formes éparses du monde, qui avaient convergé vers la foi ou vers la beauté, convergèrent vers l’individu ». (pp. 108-119) [1].

    [1] Malraux, André : Les voix du silence, NRF, Paris, 1953, 661 p  

    KEYNES, The Return of the Master*   

    *) Skidelsky, Robert, Penguin Books, London, 2010.         

     “…by raising its funds rate from 3.5% to 5% in July 1928, the Fed was imposing an act of deflation on the US economy. As Keynes wrote it in October 1928: ‘I cannot help feeling that the risk just now is all on the side of a business depression and deflation… If too prolonged an attempt is made to check the speculative position by dear money, it may well be that dear money, by checking new investment, will bring about a general business depression’ (Keynes, 1973B, pp, 71-72).This is essentially what I believe happened in 2007-8.[…]Keynes’s recipe for a less uncertain economy consisted of three main elements: measures to stimulate investment, measures to stimulate consumption, and a reform of the international monetary system to prevent the transmission of unemployment from one country to another”[1]. 

    Graphe établi par le blogueur en lisant l’ouvrage cite*

    [1] Skidelsky, Robert: The Relevance of Keynes, Cambridge Journal of Economics, Vol. 35, Issue 1, pp. 1-13, January, 2011.               

    La métamorphose du monde, seul espoir pour l’humanité ?                    

    « [La mondialisation] porte en elle des périls inouïs ; elle porte aussi des chances inouïes. Elle porte en elle la probable catastrophe ; elle porte aussi en elle l’improbable mais donc possible espérance.
     
    […] Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre, ou bien se révèle capable de générer un méta-système à même de traiter ses problèmes : il se métamorphose [cf. celui de la chenille-chrysalide-papillon].     

     C’est dans la métamorphose que se régénère[rai]ent l[c]es capacités [de l’humanité]. La notion de métamorphose est plus riche que celle de révolution. Elle en garde la radicalité novatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, des cultures […]). On ne peut en prévoir les modalités ni les formes : tout changement d’échelle entraîne un surgissement créateur.     

    […] Pour aller vers la métamorphose, il est nécessaire de changer de voie…

    […] Notre époque devrait être, comme le fut la Renaissance, et plus encore qu’elle, l’occasion d’une reproblématisation généralisée. Tout est à repenser. Tout est à commencer.
    Tout, en fait, a déjà commencé, mais sans qu’on le sache. Nous en sommes au stade des préliminaires modestes, invisibles, marginaux, dispersés… »[1]
     
     
    [1] Morin, Edgar : La Voie – Pour l’avenir de l’humanité, Librairie Arthème Fayard, Paris, 2011.     

    … ou s’efforcer de croire au miracle pour mieux supporter l’idée de l’anéantissement ?     

    « — Que vouliez-vous qu’il fît contre trois ?
       — Qu’il mourût,
           Ou qu’un beau désespoir alors le secourût… »
    [1]

    « L’Apocalypse, c’est la révélation dans son sens propre “laisser voir”. Dans ces dernières pages, la Bible prévoit l’apparition d’une grande vérité et d’un savoir incommensurable. L’Apocalypse n’est pas la fin du monde, mais la fin d’un monde – celui que nous connaissons. […] L’Apocalypse arrive… et elle n’aura rien à voir avec ce qu’on nous a raconté »[2].

    [1] Corneille, Pierre : Horace, (acte III, scène VI), 1639.
    [2] Brown, Dan : Le symbole perdu, Random House, New York, 2009.