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La logique d’un enfant

La logique d’un enfant

Certes un enfant est physiquement petit et se trouve jeune d’âge, mais quand-même il est assez mûr pour savoir ce qu’il veut. La plupart du temps ce qu’il veut ne plaît pas aux grands comme nous. Combien de fois un enfant vient avec des suggestions ou des critiques, hélas la plupart du temps les grands ne les considèrent même pas.  La raison est très simple, nous ne voulons pas admettre que la logique d’un enfant maintes fois est plus correcte que la nôtre.
Notre sens de la justice est assujetti à divers facteurs ; celui de l’enfant est naturel et ne tient pas considération de ces facteurs qui sont hors de ces connaissances. Par conséquent, sa logique est claire et transparente. L’enfant n’accepte pas des mensonges ou même des embellissements que nous employons pour renforcer nos arguments. Nos arguments ne peuvent pas convaincre un enfant. C’est une erreur de mésestimer la logique d’un enfant.

Un regard sur mon enfance

Il était neuf heures du matin quand les cloches de l’église de la place des Abbesses carillonnèrent. Dehors la pluie fine se transforma soudain en averse. Je traversais la rue et me voila trempe jusqu’aux os.
Ah ! Ma pauvre grand-mère ! Elle aurait été malheureuse de me voir dans un tel état.  Elle en voulait à ma mère de me laisser aller à l’école par des jours froids et humides. « Que vas-tu apprendre de plus ? – Il vaut mieux rester au chaud près de moi », disait-elle de sa voix douce et caressante. « A quoi bon d’arriver trempe à l’école, et puis, on ne va pas s’ennuyer tous les deux, n’est-pas ? » Je lui lançais alors un regard reconnaissant. Je me voyais déjà épargné du martyre de l’école. Je n’y voyais aucun mal et j’étais heureux de pouvoir rester auprès d’elle et de profiter de sa chaleureuse présence.    
Ma grand-mère n’avait jamais connu l’école, mais elle savait nous aimer et nous donner l’affection, ce qui me tentait bien plus que l’alphabet et les chiffres. A quoi bon l’école, si l’envie fait défaut ? Nous avons toute la vie devant nous pour apprendre. Notre tout jeune âge, une fois passé, c’est fini, on nous arrache à notre paradis, on veut nous instruire sans tenir compte de nos aptitudes et de nos désirs, prenant ainsi le risque de faire de nous une pate sans vie. Quel moyen possédons-nous à cet âge de résister une telle discipline de vie qu’on nous impose ?  

Copyright 2011.Emile Tubiana

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