Archive pour la catégorie ‘Poésie’

DHS 28

J’imite parfois je copie
Je ne plagie jamais
La corruption nous précède
Restons droits

Restons droits dans ce monde de travers
Ne votons jamais pour les extrêmes
La paix est médiane médiatrice
La paix est moyenne voire médiocre

L’ambre l’étain l’or permettaient
De s’amuser à vil prix
Nous nous aimons les objets manufacturés
Dépassés désormais par le virtuel

Fuir vers la montagne ?
Je préfère la mer
Ma mer est stable et sereine
Même dans la tempête

DHS 27

On n’est jamais bête tout seul
L’imbécillité est collective
Même l’intelligence peut être bête
Intelligence et bêtise échangent des messages d’amitié

Annexer toujours perdre jamais
On finit par tout perdre
Un cheval n’est jamais fourbe
Il peut être fourbu

Tu peux effacer les mauvais souvenirs
Ils reviennent tôt ou tard
Sous des formes diverses
Ils se laissent rouler dans la farine

Ne cède pas à l’imbécillité
Elle est assez forte
Pour te faire plier
Je suis bien avec toi

DHS 26

Je prenais des bains de mer
Maintenant je regarde l’océan
Tu gambades dans la piscine
Tu n’en fais jamais trop

Ce qu’il y a de meilleur dans le mariage
C’est le couple
Fondé sur la sincérité commune
La vie en commun

On ne refait pas une guerre
On refait les générations
L’imbécillité n’est pas la paix
Elle peut être paisible

Reculer pour mieux sauter
Tel n’est pas mon choix
Je m’avance pour sauter
Je ne saute jamais en arrière

DHS 25

Il ne suffit pas de bâtir des murs
Encore faut-il les habiter !
J’aimerais qu’on me rembourse la guerre
Toutes les guerres

C’est moche d’avoir des pattes de plomb
J’ai du plomb dans le ciboulot
C’est pour mon bien, parait-il
Rien de tel qu’un îlot pour se reposer

Dans ce que nous appelons histoire et histoires
Fermentent de bas actes
Sans compter les mauvaises actions
Qui empêchent de tourner rond

J’ai le papier nécessaire pour narrer
Vos merveilleuses histoires
Mais ce ne sont que des histoires
Qui se produisent trop tard

Il aurait peut-être mieux valu
Qu’il n’y ait pas d’histoire du tout
Même avec de la romance
Mais l’histoire s’impose à nous de partout

DHS 24

Toute maison est l’héroïne d’un roman-feuilleton
Les éléments sont toujours déchaînés
L’amour est le dernier refuge contre la haine
Le vrai héros n’est pas volontaire

Les bustes n’ont pas de jambes
Les jambes se vengent
Le feu n’a pas de jambes
Il trouve ça vexant à la fin

Mon grand-père était modeste
Mon autre grand-père est mort
Sans dire mot
La famille est tenace

Plus courte est la mémoire et mieux c’est
Tout roule
Les maisons s’écroulent
Pas de mouvement sans mort

Souvent la gratitude est courte
Il faut voir les bons et les mauvais côtés
Nous sommes tous des rois et des reines
C’est l’égalité suprême

DHS 23

La personne qui est ici n’est pas ailleurs
Je suis un et unique
Personne n’est zéro
Le zéro n’existe pas

Le zéro aide à ne pas être, donc à exister
Qui lit ? Qui me lira ?
Aucun poème ne compte les morts
La mort frémit en dessous de moi

Je n’aime pas les mots plus longs qu’eux-mêmes
J’ai mis beaucoup d’années pour exister
Pour exister vraiment
Sans faux savoir

Sur terre tout est divisé
Car tout se divise
Mes jambes étaient correctes
Elles sont en loques

La mort n’est jamais que la division suprême
De un elle fait passer à plusieurs
En elle-même et pour elle-même elle n’existe pas
J’ai trouvé quelqu’un à protéger

DHS 22

A la limite des vagues est
La mort ou la libération
La guerre est perdue
La guerre ou la vie

La sorcière des landes ne porte pas de chapeau
L’électricité fait plus de bien que de mal
Le plan géométrique est le plus banal
Être là n’est pas mieux qu’être ici

Tout est contradictoire
Tout est pétri de contradictions
Tout est pour le moins deux
Toi + moi égalent deux

Tout ce que je dis est plus ou moins vrai
La mécanique céleste m’enchante
Ainsi que la propagation rectiligne de la lumière
Mais après Newton Einstein !

DHS 21

Pourquoi caches-tu tes beaux tableaux ?
La soldatesque est un nuage de criquets
L’enthousiasme est populaire
L’envie généralisée aussi

Dans une guerre civile il n’y a plus de militaires
Rien que des porte-fusil
Et des bachi-bousouk
A la cruauté légendaire

La fuite est détestable
Il faut parfois s’y résigner
La résignation a des qualités philosophiques
Pour rester soi-même

La sorcière se nomme Sophie
De tout elle fait fi
Pour se nourrir elle-même
De résidus divers

DHS 20

Il faudrait tout vérifier
Peut-on tout vérifier ?
Qu’y-a-t-il à vérifier ?
Je suis nul en vérité

Une chose est sûre Je ne suis pas un charlatan
Je ne porte pas de maillot fluo
Qui garrote
Il faut réfléchir avant d’agir

Ce n’est pas le chaos qu’il faut voir
Dans les faits il est impuissant
Ce qui importe c’est la règle
La norme qui s’impose à l’entendement

Mon bateau est-il surchargé ?
Est-ce de mon fait ?
J’y mets beaucoup de vide
Le vide est un bon compagnon

La victoire est seule digne de mémoire
On ne se souvient de la défaite
Que pour l’éviter à l’avenir
De plus je n’ai pas eu tant de moments glorieux

DHS 19

Entre les pavés pousse un peu d’herbe
Et même parfois une petite fleur
La ville vit la vie comme une norme
Envahie par des cauchemars

Mes réveils sont incrédules
Suis-je encore là tel un funambule ?
Je ne me reconnais pas là
Sans bouclier et sans canon

Je ne suis pas vivant pour rien
Je suis presque vivant
Qu’y-a-t-il de plus ?
Rien sinon moi

Le vivant salue l’ancien
Nous sommes déjà dans le passé
Le nouveau n’intéresse personne
S’il n’est pas déguisé