Compte rendu de l’Atelier 4 « Carrefour des Cultures »

SAVEURS DE LIVRES 2

                                                                                2 ET 3 AVRIL 2011 A GRASSE

                                                Compte rendu de l’Atelier 4 « Carrefour des Cultures » 

1° LES ÉCHANGES

 Le groupe a souhaité tout d’abord définir le concept de culture. Le mot carrefour associé au mot culture sous-tend la notion de diversité des cultures. Car la culture est plurielle. On pourrait également penser que la culture englobe toutes les cultures ou toutes les natures de cultures dans leurs diversités.

Différents concepts ont été évoqués :

> Transculturel

> Multiculturel

> Biculturel

Il aurait fallu un peu plus de temps pour appréhender ces différentes notions et surtout mesurer l’intérêt de ces différenciations pour les projets d’écriture des écrivains et romanciers. Il est cependant apparu que ces notions multiples résultaient notamment de la différence d’implication personnelle de chacun face aux aspects culturels.

Quelques exemples :

> Un roman traitant une histoire intervenant dans un pays ayant des coutumes fortes et spécifiques pourra faire le choix de multiplier les références, à la langue dialectale, aux coutumes locales, quand bien même l’auteur resterait étranger à cette culture du fait de ses origines (exemple cité d’un roman écrit par des écrivains francophones se déroulant aux Antilles)

 > Lorsqu’une histoire met en scène un passé conflictuel entre plusieurs communautés, même si l’auteur a fait tous les efforts nécessaires pour aborder la question de la manière la plus neutre possible, il sera souvent attaqué par les tenants de chaque communauté, qui lui reprocheront –finalement peut-être inconsciemment- de ne pas prendre parti. (Exemple cité d’un ouvrage traitant d’un ancien conflit à caractère colonial) 

> En présence d’une histoire impliquant des noms de personnages ou de lieux anciens fondamentalement différents du pays du lecteur, celui-ci répugne souvent à devoir assimiler, soit un vocabulaire fastidieux, soit des noms de personnages dans lesquels il a le sentiment de se perdre rapidement. L’auteur peut vouloir   essayer de « coller » le mieux possible à la réalité quotidienne ou historique, en essayant de développer le  climat le plus adapté possible à une sorte de « ressenti » de l’intrigue. Il risque dans ce cas de se couper d’un lectorat dérouté par une approche trop particulière (Exemple de pays où les noms des personnages sont très spécifiques comme les pays africains ou les pays arabes.

 Conséquences pour le romancier :

L’auteur peut être conduit à chercher quel public il souhaite viser, et ainsi, soit écrire de manière délibérément restrictive pour un public déterminé, soit au contraire préférer partager, avec ses lecteurs, une histoire, une culture, en prenant le soin de ne pas les abandonner dans le pugilat des références et des mots, pour lesquels ceux-ci se sentent étrangers, les déroutant,  les ennuyant et parfois même les désespérant, par une écriture ressentie comme abrupte.

L’écrivain peut se garder des barrières culturelles qui le sépareraient de son public. En revanche il peut aussi se réfugier dans une culture spécifique, dévorant son plaisir de partager celui-ci avec un groupe culturel particulier, et donner libre cours à ses envies, à son talent aussi, sans limites et sans contrainte.

 2° LES PROPOSITIONS 

> Les membres du groupe souhaitent une implication de l’Harmattan encore plus large dans le travail d’écriture et la distribution de leurs ouvrages. Ils ont confusément le sentiment d’être les partenaires d’un éditeur reconnu, bénéficiant d’une grande notoriété, dont ils ne bénéficient pas assez de l’appui. Il aurait fallu plus de temps encore pour développer cette demande. Mais elle pourrait utilement être approfondie pour pouvoir mesurer, de manière réaliste et concrète, les actions qui pourraient être entreprises. Un groupe de travail pourrait le cas échéant se constituer pour étudier la question.

 > Conseils dans l’élaboration des ouvrages

Pour les débuts dans l’écriture, quelquefois après une carrière professionnelle différente, le jeune auteur, quand bien même il serait senior, est friand de conseils, notamment pour l’aider à structurer son livre. Il a le sentiment de participer à une loterie où même le talent aurait peu de prise.

Il serait intéressant, par exemple, que des groupes de travail puissent se constituer, débattre et confronter leurs conclusions avec les professionnels de L’Harmattan. 

Les auteurs aimeraient pouvoir se retrouver plus souvent pour confronter leurs expériences et leurs points de vue,

même de manière informelle. Une communauté existe, il faudrait pouvoir la faire vivre.

 Jean Claude VALENTIN, 5 AVRIL 2010