Débat autour de l’Essai

Saveur de Livres, Grasse 2011.

Atelier : Débat autour de l’Essai 

Animateur : Armand Mamy-Rahaga http://www.amr-coaching.com 

L’animateur pose le cadre en précisant son rôle d’animateur au service de la formulation : – 1 des problèmes que pose l’essai, depuis l’écriture jusqu’à la distribution, – 2 de problématiques propres à l’essai, – 3 de questions à poser à l’éditeur, – 4 de suggestions.

L’animateur mène le débat et n’impose pas ses convictions. Il accompagne le tour que prend le débat. Il recadre.

Le premier besoin sur lequel l’accord est unanime est celui d’une définition de l’essai. L’essai est défini par rapport à la thèse : « en quoi l’essai n’est pas une thèse ». Dans un premier temps l’essai est défini de façon péjorative par rapport à la thèse. Il est moins rigoureux, plus tâtonnant, subjectif. L’auteur de l’essai ne rend compte qu’à lui-même. L’animateur fait le constat de cette dépréciation et de ce placement de l’évaluation sous le paradigme de la conformité et du contrôle. Il interroge l’assistance pour infirmation ou confirmation. 

Le débat prend un autre tour. L’assistance, malgré des différences d’appréciation, des enjeux personnels différents, des intérêts prioritaires différents, valorise positivement les dimensions du tâtonnement, de l’errance, de la subjectivité. Il est affirmé que le caractère inachevé, échevelé, effiloché de l’essai est une richesse. L’essai doit être assumé dans sa dimension incertaine. C’est ainsi qu’il peut entrer en dialectique avec la thèse et contribuer au processus de l’édification du savoir qui ne concerne pas seulement les universitaires mais tout citoyen qui se l’autorise. 

La rencontre avec l’éditeur est envisagée et le débat se déplace sur l’interface auteur d’essai-éditeur. Les questions tournent autour de : quels sont les critères de la maison L’Harmattan pour choisir les auteurs qu’elle décide de publier ? Est-ce qu’elle se conforme, se soumet à la sensibilité dominante ? Quid de l’importance du chiffre de vente ? La réponse de l’éditeur a été claire : la visée est de laisser le moins de monde sur le bas côté. Une mutualisation est établie entre les auteurs pour que ceux qui se vendent mal soient quand même publiés grâce à ceux qui se vendent bien. Le profit est important pour la pérennité de la maison mais l’engagement est politico-culturel. L’investissement dans l’informatisation qui pose beaucoup d’interrogations est un accompagnement de l’évolution, de la constitution et de la mise à disposition du savoir. Il s’agit d’une dynamique du changement et non d’une normalisation dans un champ parfaitement borné. 

La séance ayant été écourtée, le temps n’a pas été donné de formuler des suggestions. Celles-ci auraient pu émerger suite à l’intervention des éditeurs. Un débat spécifique me semble nécessaire. Le débat d’aujourd’hui n’est qu’une mise en bouche.