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    Archive pour mars 2014

    Nos sociétés africaines peuvent-elles relever le défi du multiculturalisme ?


    Les événements récents en Centre Afrique et au Soudan du Sud, lesquels s’ajoutent à une liste déjà longue d’atrocités commises au nom de considérations religieuses, culturelles, ethniques suscitent bien d’interrogations.

    Bien entendu partout dans le monde les frictions entre les cultures qui ne partagent pas les mêmes valeurs engendrent des tensions qui débouchent aussi sur des confrontations sanglantes. Mais c’est leur caractère répétitif et insoutenable dans nos pays qui nous amène à nous demander si les douleurs de l’enfantement d’une société multiculturelle, respectueuse des diversités, seront autrement pénibles en Afrique. Cette question est d’autant plus embarrassante pour nous autres africains que nous soutenons que notre continent est une terre d’hospitalité, le lieu des liens communautaires forts.

    Il y a en effet de ces images de corps mutilés et de ces scènes d’hommes armés de machettes et poursuivant leurs voisins pour les tuer des plus macabrement, qui nous interdisent désormais de parler de nos sociétés comme étant des sociétés ouvertes, tolérantes et prêtes à accepter n’importe qui. Et ce ne sont pas ces séquences désormais caractéristiques des nouvelles du continent, montrant des communautés étrangères, le plus souvent sous régionales, assis sur des baluchons, attendant leur évacuation, à la moindre crise, qui nous diront le contraire.

    S’est on trompé sur ce que nous sommes réellement ou ce sont les changements qui nous ont pris de court ?

    Quoi qu’il en soit nos sociétés se sont cloisonnées en des groupes ethniques, religieux, et que sais-je encore, qui, non seulement n’ont pas de rapports francs les uns avec les autres, mais également entretiennent des opinions faites de partis pris les uns sur les autres. Et cela fait l’affaire des politiques qui utilisent leur appartenance à tel ou tel groupe ethnique ou religieux pour parvenir à leur fin.

    En fait les liens communautaires forts dont nous parlions n’existent qu’à l’intérieur des communautés et sont presque inexistants entre les communautés elles-mêmes. Et c’est cela, je crois, qui exacerbe les violences communautaires. On appartient à une ethnie, à une religion et non à un pays. Les politiques de développement, si elles existaient dans nos pays devraient pallier à ce dysfonctionnement en fédérant les forces vives du pays autour d’une vision commune de ce qu’on veut devenir. Nous vivons désormais dans un monde d’idées, et les sociétés qui ne sont pas prêtes à considérer les bonnes idées d’où qu’elles viennent seront toujours à la traine. Si les politiques refusent d’agir de manière à ce que les barrières ethniques, communautaires, religieuses ne soient plus des obstacles au développement, je crois qu’il revient aux peuples de prendre leur destin en main en instaurant des cadres de dialogues communautaires. Et les passerelles qui seront ainsi établies entre les cultures serviront de voix de résolutions des crises avant que notre raison ne s’accommode à la barbarie..