mai 2019
L Ma Me J V S D
« avr    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  
Commentaires récents
    Catégories

    Archive pour la catégorie ‘Poésie’

    Consacré aux roses

    Dans l’espace

    Consacré aux roses

    Tous les parfums

    Partageables

    Se mettent en résonance


    Malgré les épines

    Aucune plainte

    Ne s’élève

    Vers les cieux


    Une hospitalité

    De terre et de ciel

    Se met en jeu


    Un soleil inattendu

    En pleine nuit

    Inonde les lieux

    Maria Zaki (Extrait de “Le chant de l’aimance”, 2018)

    Montagnes lointaines / Montagne lontane

    Prends cette paire de ciseaux

    Et découpe dans le ciel

    Les lignes courbes et brisées

    Des montagnes lointaines


    Ouvre bien les yeux

    Ne te laisse pas distraire

    Il faut toujours

    Mûrement réfléchir

    Avant le premier

    Coup de ciseaux


    Accroche-toi à tes pinceaux

    Revêts d’habits en tons bleutés

    Tous ces reliefs tourmentés

    Qui semblent si loin de nos plaines


    La peinture n’importe ici

    Que comme captation de signes

    Ou de fragments de vie

    Que nous sommes

    Condamnés à manquer


    Mais que ton art nous donne aussi

    La perception des chants d’oiseaux

    Du bruit du vent dans les branchages

    Que les anges du Très-Haut

    Fassent rempart à nos délires

    Et qu’en nous le son de leurs lyres

    Puissent résonner de nouveau

    **************************

    Prendi questo paio di forbici

    E ritaglia nel cielo

    Le linee curve e frastagliate

    Delle montagne lontane


    Apri bene gli occhi

    Non lasciarti distrarre

    Bisogna sempre

    Riflettere a fondo

    Prima del primo

    Colpo di forbici


    Aggrappati ai tuoi pennelli

    Rivesti con abiti azzurrognoli

    Tutti quei rilievi tormentati

    Che sembrano così lontani dalle nostre pianure


    La pittura qui

    Non è altro che captazione di segni

    O di frammenti di vita

    Che noi siamo

    Condannati a mancare


    Ma che la tua arte c’infonda anche

    La percezione dei canti di uccelli

    Del fruscio del vento tra i rami

    Che gli angeli dell’Altissimo

    Facciano scudo ai nostri deliri

    E che in noi il suono delle loro lire

    Possa nuovamente risuonare

    Maria Zaki et Jacques Herman, Traduction de Mario Selvaggio, Extrait du nouveau recueil ” Les signes de l’absence Poésie entrecroisée / I segni dell’assenza Intrecci poetici”, AGA éditrice-L’Harmattan, décembre 2018.

    Prolonger le regard / Prolungare lo sguardo

    Éclaircir ce qui fut

    Sans lumière

    Et consentir au large

    L’appel ouvert

    Des signes


    L’enjeu se devine

    Dans le tressaillement

    Des sens égarés

    Dans l’insoutenable

    Vaguement soutenu


    Prolonger le regard

    Pour achever la mer

    Laisser parler le vent

    Au sable sous le ciel nu


    Marmonner des chants anciens

    Des mélodies au fil des ans

    Devenues improbables

    Regarder en arrière

    Reléguant au vestiaire

    Le passé aussi bien

    Que l’éternel présent


    Faire de ce jour demain

    Comme un défi au temps

    ***************************

    Schiarire ciò che fu

    Senza luce

    E consentire al largo

    L’appello aperto

    Dei segni


    La posta in gioco si scorge

    Nei tremiti

    Dei sensi smarriti

    Nell’insostenibile

    Vagamente sostenuto


    Prolungare lo sguardo

    Per oltrepassare il mare

    Lasciar parlare il vento

    Alla sabbia sotto il cielo nudo


    Mormorare antichi canti

    Melodie nel corso degli anni

    Divenute improbabili

    Guardare indietro

    Relegando nel dimenticatoio

    Il passato così come

    L’eterno presente


    Fare di questo giorno domani

    Come una sfida al tempo

    Maria Zaki et Jacques Herman, Traduction de Mario Selvaggio, Extrait du nouveau recueil ” Les signes de l’absence Poésie entrecroisée / I segni dell’assenza Intrecci poetici”, AGA éditrice-L’Harmattan, décembre 2018.

    Le temps s’envole / Il tempo vola via

    Le temps s’envole

    Il déploie ses ailes

    Au-dessus des steppes

    Agile et fugace

    Et quoique l’on fasse

    On demeure impuissant


    Il maîtrise les lieux

    Il domine l’espace

    Il bouscule tout

    Quand ici-bas passent

    Les ombres furtives

    Du tout-venant


    On court après lui

    Dans les jungles

    Et les méandres du destin

    Au mieux on arrive

    Au faîte de soi


    Il nous guette sans fin

    De son regard sournois

    Et on le voit esquisser

    Un sourire narquois

    Avant de s’en aller

    Sans que jamais l’on sache

    Ni vers où

    Ni pourquoi

    *************************

    Il tempo vola via

    Spiega le sue ali

    Sopra le steppe

    Agile e fugace

    E qualsiasi cosa si faccia

    Si resta impotenti


    Controlla i luoghi

    Domina lo spazio

    Sconvolge tutto

    Quando quaggiù passano

    Le ombre furtive

    Di gente qualunque


    Si corre al suo seguito

    Nelle giungle

    E nei meandri del destino

    Al massimo si arriva

    In cima a se stessi


    Ci scruta senza fine

    Col suo sguardo sornione

    E lo si vede abbozzare

    Un sorriso beffardo

    Prima di andarsene

    Senza mai sapere

    Né verso dove

    Né perché

    Maria Zaki et Jacques Herman, Traduction de Mario Selvaggio, Extrait du nouveau recueil ” Les signes de l’absence Poésie entrecroisée / I segni dell’assenza Intrecci poetici”, AGA éditrice-L’Harmattan, décembre 2018.


    Le bruissement de ton silence

    Image : Le bruissement de ton silence

    Jamais absente

    De mes pensées

    Debout dans

    Ma mémoire


    Entre mon cœur

    Et ma tête

    Que le bruissement

    De ton silence

    Est pénétrant !


    Je me fie aux paroles

    De ma sœur

    La plus douce de toutes

    Et qui te ressemble

    Goutte pour goutte


    Elle te regarde

    Détourner les yeux

    Et te voit sourire

    A l’invisible

    Elle te dit :

    Ah Mama

    Ils sont en ces lieux !


    Tu lui réponds :

    Dieu m’envoie

    Ce qui est bon

    Pour moi

    Pour moi


    En douceur

    Tu retires ta main

    De la sienne

    Un voile se pose

    Sur ses yeux

    Pendant que tu t’éteins

    Comme une bougie

    Sans le moindre bruit


    C’est la fin du chemin

    Pour toi

    Grâce à qui

    J’ai dans l’âme

    Un jardin d’amour

    A jamais ouvert

    Et derrière l’arbre

    Un autre arbre

    D’où s’envole

    Vers je ne sais où

    Une colombe

    Chaque matin


    Et quand en larmes

    Ma tête se pose

    Sur le sol orphelin

    Un chant lointain

    Surgit

    Dans mon cœur

    Et le console


    C’est paraît-il

    Toi Mama

    Qui le fredonnes

    A chaque fois

    Qu’une colombe

    Se pose sur ta tombe

    Maria Zaki (Inédit, le 30.12.2018).

    Le baptême de la rosace/Il battesimo del rosone

    Je te regarde et remonte

    Le temps et l’espace

    Vers quel récit imaginaire

    Vers quel mythe

    Me conduis-tu ?


    Quand je te touche

    Te caresse

    Je tente de dénouer

    Tes fils invisibles

    Tes entrelacs serrés

    Et percer ton secret


    Vers quels jeux

    De corps et d’esprit

    M’entraînes-tu aujourd’hui

    Sans crier gare ?


    Dis-moi de quelle strate

    De ma mémoire rejaillis-tu

    Pour que je surmonte

    La métamorphose

    De mes signes perdus

    Dans l’a-temporel


    Parure étoilée

    Tissée et entretissée

    Par des mains féminines

    Et des esprits habités


    Tu me renvoies à mon intimité

    Entre transparence et opacité

    À des parfums veloutés

    Entre le Haut Atlas

    Et mes plaines très anciennes


    Comment oublier celles

    Qui t’ont insufflé une âme

    Et soigné ton baptême

    Par le rituel du sucre

    Du henné

    Et des grains de blé ?


    Mon regard de femme

    Glisse en silence

    Sur toi sans trébucher

    Et parfois mon corps

    Suit la cadence d’un fou

    Ou d’un sage à genoux

    La jeune fille que j’étais

    N’a-t-elle pas évité

    D’enjamber ta chaîne

    Pendant l’ourdissage !

    ***********************

    Ti guardo e risalgo

    Il tempo e lo spazio

    Verso quale racconto immaginario

    Verso quale mito

    Mi conduci?


    Quando ti tocco

    Ti accarezzo

    Tento di sciogliere

    I tuoi fili invisibili

    I tuoi fitti grovigli

    E svelare il tuo segreto


    Verso quali giochi

    Di corpo e di spirito

    Mi prepari oggi

    Senza preavviso?


    Dimmi da quale strato

    Della mia memoria affiori

    Affinché io possa superare

    La metamorfosi

    Dei miei segni perduti

    Nell’a-temporale


    Collana stellata

    Intessuta e intrecciata

    Da mani femminili

    E da spiriti abitati


    Tu mi fai tornare alla mia intimità

    Tra trasparenza e opacità

    A dei profumi vellutati

    Tra l’Alto Atlante

    E le mie antichissime pianure


    In che modo dimenticare quelle

    Che ti hanno insufflato un’anima

    E celebrato il tuo battesimo

    Col rituale dello zucchero

    Dell’henné

    E dei chicchi di grano?


    Il mio sguardo di donna

    Scivola in silenzio

    Su di te senza inciampare

    E a volte il mio corpo

    Segue la cadenza di un folle

    O di un saggio in ginocchio

    La ragazza che ero

    Non ha evitato

    Di saltare la tua catena

    Durante l’ordito!

    Maria Zaki, Traduction de Mario Selvaggio, Extrait du nouveau recueil ” Au-delà du mur de sable / Oltre il muro di sabbia”, Edizioni Universitarie Romane, juillet 2018.

    Ennemis complices

    Pour convaincre le cœur

    De continuer à battre

    Chaque matin

    Faut-il murmurer

    À l’oreille de la mort

    Ou réveiller la vie

    À haute voix ?


    Les raisons

    De vivre aujourd’hui

    Ne sont-elles pas

    Celles de mourir demain ?


    Tout a été dit

    Et toujours redit

    Sur ces ennemis complices

    Que le sommeil réunit

    Et que le réveil disjoint

    Maria Zaki (Extrait de : Et un ciel dans un pétale de rose, l’Harmattan, 2013).

    Le pas du temps

    Le pas du temps

    L’emporte sur

    Le pas de danse

    L’instant de l’oubli avance

    Instaure son rythme

    Entre les plis

    De la mémoire

    Les étoiles filent

    Emportant les souvenirs

    Leurs traces s’effacent

    A grande eau

    C’est la terre du cerveau

    Qui revient à la mer !

    Maria Zaki (Extrait de : Le velours du silence, l’Harmattan, 2010).

    Le cœur du poète / Il cuore del poeta

    Le vent délicat

    Qui caresse

    Les dunes paradoxales

    Sait que le cœur du poète

    Préfère le moment

    Où commence le poème


    Au-delà

    Du mur de sable

    Construit à la hâte

    Il agite

    Les fondations souterraines

    De l’âme


    Après tremblement

    Et innombrables chutes

    Il revient chargé

    De vers indomptables

    Tressés de poussière

    Ou de sel gemme

    **************************

    Il vento delicato

    Che accarezza

    Le dune paradossali

    Sa che il cuore del poeta

    Preferisce il momento

    In cui comincia il poema


    Oltre

    Il muro di sabbia

    Costruito in fretta

    Agita

    Le fondazioni sotterranee

    Dell’anima


    Dopo tremori

    E innumerevoli cadute

    Ritorna carico

    Di versi indomabili

    Intrecciati di polvere

    O di sale gemma

    Maria Zaki, Traduction de Mario Selvaggio, Extrait du nouveau recueil ” Au-delà du mur de sable / Oltre il muro di sabbia”, Edizioni Universitarie Romane, juillet 2018.

    D’une main / Con una mano

    D’une main

    Se déverse l’encre

    Qui redresse la branche

    Pour l’oiseau de l’âme


    D’une autre

    S’élève le chant

    Triomphant des cris

    Et des larmes


    Nous avons payé

    L’impôt sur le bonheur

    Comme on paie

    L’impôt sur le revenu


    Rappelez vos lieutenants

    Les poètes

    Sont revenus !

    **********************

    Con una mano

    Si riversa l’inchiostro

    Che raddrizza il ramo

    Per l’uccello dell’anima


    Con l’altra

    Si leva il canto

    Trionfante delle grida

    E delle lacrime


    Noi abbiamo pagato

    L’imposta sulla felicità

    Come si paga

    L’imposta sul reddito


    Ricordate i vostri luogotenenti

    I poeti

    Sono tornati!

    Maria Zaki, Traduction de Mario Selvaggio, Extrait du nouveau recueil ” Au-delà du mur de sable / Oltre il muro di sabbia”, Edizioni Universitarie Romane, Juillet 2018.