Archive pour novembre 2010

SEPARATIONS

      

       SEPARATIONS, nouvelles, Editions L’Harmattan (septembre 2009), ISBN: 978-2-296-09048-4,  20 euros

      Introduction au recueil:

      “Nous ne vivons que de séparations.

       Comme autant de mutilations successives. Même salutaires. D’amputations.

       De quelqu’un, de quelque être, ou de quelque chose, qui a fait partie de nous-mêmes, s’est détaché de nous… de quelque chose qui, peut-être bien, n’a jamais été là…

       Et chaque fois, plus rien ne sera jamais comme avant. Il nous faut tout recommencer – ou presque. Réapprendre à durer dans un temps où l’absence et ses cicatrices impulsent dans nos souvenirs leur lancinement de membres fantômes.

       D’ailleurs, quelque chose manque, toujours, à tout ce que nous essayons de vivre, de dire, d’écrire…

       Quelque chose qui nous maintient, perpétuellement, aux limites du désespoir, tandis que tout s’en va, que la vie glisse, indifférente, et s’éloigne de nous.

       Quelque chose qui est de la nuit dans la nuit de la blessure d’être. Une absence dont rien, jamais, ne peut nous consoler. Mais un espace en creux d’où convergent tous les chemins qui s’offrent à notre salut pour nous permettre d’avancer, un peu plus loin, vers ce que nous avons à vivre, à dire, ou à écrire… Un peu plus loin, toujours, vers le plus secret de nous-mêmes…

       Et que nous n’atteignons que quand nous sommes séparés de tout.”

       M. D.

 

       Quatrième de couverture:

      Treize nouvelles, écrites à Tours, et dont la plupart évoquent la ville en arrière-plan, déclinent, chaque fois différente, une situation de séparation, de rupture: couples en déliquescence, amants en mal de mots, mère et fils en souffrance… Explorant ces situations a priori banales, mais qui basculent peu à peu dans l”inattendu, ces textes disent l’amertume du bonheur, les amours blessées, les sanglots sans larmes, la difficulté d’être qui fait tout l’être… “Nous ne vivons que de séparations”, écrit l’auteur dans sa préface, posant sa phrase comme un postulat.

       Séparations autour desquelles cependant nous nous (re)construisons. Car il nous faut continuer à vivre. Malgré tout. Enfin, l’humour diffus qui imprègne cette écriture, noir aussi quelquefois, ou même burlesque, la dédramatisant souvent, y ajoute la justesse d’une émotion qu’elle distille avec pudeur.

  

         Extraits de texte:

         (Au cours d’une randonnée, le narrateur vient de traverser, avec son chien Léo, un village abandonné de Lozère, aux trois-quarts ruiné) 

         ”… Après tout, je pourrais acheter une de ces ruines, je lui ai dit. La retaper sommairement. L’aménager avec une paillasse, une vieille table, une chaise, une planche où poser des livres… Qu’est-ce que tu en penses?… Un village fantôme, où vivent des fantômes qui ne semblent rien avoir de bien terrifiant. Sont peut-être même accueillants. Là, sans doute, est la paix. Et l’oubli sans remords. Mais on s’installerait là. Je ne ferais plus rien. Ce serait mon nouveau métier: ne rien faire. C’est un métier très difficile. Il y a très très peu de gens qui savent l’exercer. Nous irions, toi et moi, tous les deux, tous seuls, marcher sur les chemins. Ce serait comme ça, tous les jours. Un humain me demanderait parfois qui je suis, d’où je viens… Je dirais que je ne sais pas, que j’ai tout oublié le long des chemins, que j’ai perdu la tête, que j’ai perdu mon nom, que j’ai perdu mon ombre. Je rirais à la barbe du questionneur, et nous retournerions, le soir, à Chanteloube où je mettrais à mijoter une soupe aux orties, à bouillir une ou deux poignées de châtaignes, dans l’âtre que j’aurais rafistolé. Et la nuit, on regarderait les étoiles. Je n’aurais pas de mal à passer du monde des vivants à celui des esprits, de même pour en revenir, et pour y retourner encore, comme ça, tous les jours, parce que toi tu sais t’y prendre. Tu connais les passages pour aller d’un royaume dans l’autre, et c’est toi qui serais mon guide. Il n’y a que les chiens pour savoir des choses pareilles…

          [...]

         … Me retirer à Chanteloube, c’était juste une histoire que j’avais inventée pour Léo. Et pour moi aussi. Parce que, dans la solitude, il vous en passe des choses par la tête! Des choses qui permettent d’alléger un peu la souffrance. De la détourner quelque temps, et de s’en distraire. Il n’en restait pas moins qu’après m’être beaucoup agité, pendant ces quelque trois semaines, m’être engourdi d’activités physiques, j’éprouvais maintenant le désir, très réel, quasi impérieux, de m’abandonner à la somnolence de ne rien faire. Rien écrire, rien lire, mais rien dire non plus – et être presque rien. Oui, travailler à ETRE presque RIEN. Désir ivre, besoin aspirant, entrevu comme salutaire, de m’effacer aux yeux des autres, afin de n’être plus qu’une simple présence au monde, assourdie, transparente, presque évanouie. “Ce serait non pas m’effacer, je pensais, dans le creux de l’absence où le désespoir s’annihile, où toute douleur disparaît, mais plutôt renoncer à l’absurde nécessité de faire quelque chose, sombrer dans le repos de l’âme comme on se confie au vertige du rien, pour être seulement vacant, libérer son esprit et ses yeux, accueillir ces instants où l’on sent battre dans ses veines le coeur subtil du temps, cultiver cet état limite, mince ligne de crête entre ennui et pure joie d’être. Cet état où le simple fait de regarder le ciel, le feuillage d’un arbre, un oiseau marchant sur le toit, nous apporte la preuve que tout nous est donné à tout instant, et que vraiment rien d’autre ne nous est désormais nécessaire…”

                                                                                                                                                                                                                                  Partir sur les chemins, in Séparations

 

 

          Il est possible de lire l’intégralité d’une nouvelle de ce recueil, et d’autres extraits, en tapant DIAZ Michel sur Wikipédia, puis ce nom sur Amazon.

 

          Pour commander cet ouvrage:

         * s’adresser aux Editions L’Harmattan, 5-7 rue de l’Ecole Polytechnique, 75005 Paris

                                                                       ou   diffusion.harmattan@wanadoo.fr

        * ou le commander directement en librairie

                                                                                                                             

 

Bibliographie

Théâtre

Le Verbe et l’hameçon, éd. P.-J. Oswald, Paris, 1977

L’Insurrection (Aide à la création, France-Culture, réalisation Jacques Taroni), Cahiers de Radio-France, 1986

Le Dépôt des locomotives (Aide à la création,Théâtre Mouffetard-Paris; mise en scène de Georges Vitaly, avec Maria Casarès et François Perrot), éd. J.-Michel Place, 1989

Lettre de loin (1990), théâtre (lecture publique au festival de Cluny, par José Cano-Lopez, comédien et directeur de l’Autruche Théâtre)

La Nuit de la Toussaint, éd. La Simarre & Christian Pirot, Joué-les-Tours, janv. 2016

Au Musée de la littérature théâtrale belge, Bruxelles :

Faubourgs amers, 1986

Trois impromptus pour clarinette seule, 1986-87 :

I. Lettre de loin II. Roissy blues III. La Photo de Louise

Solitudes, d’après quatre nouvelles de Raymond Carver, 1988


Poésie et livres d’art

Mise en demeure, éd. P.-J. Oswald, Paris, 1975

Atelier des silences, photos de Thierry Cardon, éd. Jacques Hesse, St-Etienne-de-Diray, 1997

Né de la déchirure, cyanotypes de Laurent Dubois, livret d’exposition, éd. Sérigramme, Chédigny, 2012

Juste au-delà des yeux, photos de Pierre Fuentes, éd. La Simarre & Christian Pirot, Joué-les-Tours, 2013

Cristaux de nuit, éd. de L’Ours Blanc, Paris, 2013

Aux passants que nous sommes, photos de Rieja van Aart, éditions La Simarre & Christian Pirot, Joué-les-Tours, 2013

Sans titre 2 (Approches du visage), peintures de Laurent Bouro, éd. Label-Martin Decrouy, La Guerche, 2014

Arbre(s), dessins de Setsuko Uno, L’Atelier du livre, Paris, 2015

Né de la déchirure, cyanotypes de Laurent Dubois, éd. Cénomane, Le Mans, avril 2015

Archéologie d’un imaginaire, un peintre : Alain Plouvier, peintures d’Alain Plouvier, éd. La Simarre & Christian Pirot, Joué-les-Tours, nov. 2015

Owakudani, terre de soufre, photos de Pierre Fuentes, L’Atelier du livre, Paris, 2015

 

Nouvelles

Séparations, éd. L’Harmattan, Paris, 2009

A deux doigts du paradis, éd. L’Amourier, Coaraze, 2012

Le Gardien du silence, éd. L’Amourier, Coaraze, 2014

Partage des eaux, éd. Noir & Blanc, Toulouse, 2014

Le Petit train des gueules cassées, recueil collectif, éd. De L’Ours Blanc, Paris, 2015

 

Livres d’artistes

- Traits, spirales, pointillés, photos de Thierry Cardon, galerie La Métisse d’argile, Saint-Hyppolite, 1998

- Au regard du silence, photos de Pierre Fuentes, installation, in L’Automnale de Vouvray, oct. 2012

- La Belle, photo de Rieja van Art, éd. Les Cahiers du Museur, collection “A côté”, Nice, 2013

- Owakudani, photo de Pierre Fuentes, Musée du livre pauvre du Prieuré-de -Saint- Cosme, La Riche, 2013

- Ne rien laisser que cendre, encres de Jacques Riby, Musée du livre pauvre du Prieuré-de-Saint-Cosme, La Riche, 2013

- Arbre, vieil arbre, dessins à la pierre noire de Sersuko Uno, éd. Les Cahiers du Museur, collection “A côté”, Nice, 2014

- Feuilles vives, la feuille de vigne, dessins de Jeannine Diaz-Aznar, Musée du livre pauvre du Prieuré-de-Saint-Cosme, La Riche, 2014

- Feuilles vives, la feuille de figuier, dessins de Jeannine Diaz-Aznar, Musée du livre pauvre du Prieuré-de-Saint-Cosme, La Riche, 2014

- Feu et sang, dessins de Georges Badin, Musée du livre pauvre du Prieuré-de-Saint-Cosme, La riche, 2014

- Texture, dessins de Roselyne Guittier, Musée du livre pauvre du Prieuré-de-Saint-Cosme, La Riche, 2014

- Par la fenêtre du solstice, dessin de Roselyne Guittier, collection particulière

- Dans la nuit de la voix, dessins de Jean-Gilles Badaire, Musée du livre pauvre du Prieuré-de-Saont-Cosme, La Riche, 2014

- Au commencement était le silence, photo de M. Chr. Schijen, Musée du livre pauvre du Prieuré-de-Saint-Cosme, La Riche, 2014

- Dans l’inexplicable présence, dessins de Martin Miguel, en collaboration avec Yves Ughes, éd. Les Cahiers du Museur, collection “A côté”, Nicce, 2014



 


















Biographie

Né en 1948, à Sidi-Bel-Abbès, Algérie.

Arrivée en France en 1964.


Etudes:

Rouen (lycée Corneille), Orléans (Université d’Orléans-La Source), Tours (Université François Rabelais).


Titres et diplômes:

CAPES de Lettres modernes, maîtrise de Lettres modernes (option théâtre contemporain), D.E.A. de Littérature comparée (Brecht/Genêt), doctorat de Littérature comparée (spécialité théâtre): bibliographie d’A. Adamov, 1 volume, + recherche et commentaires des textes rares et des inédits d’A. Adamov, 1 volume. Spécialiste de l’oeuvre dramatique d’Arthur Adamov sur lequel il a écrit aussi un essai consacré à ses pièces radiophoniques (publiées aux Editions André Dimanche).


Parcours littéraire:

Commence à écrire du théâtre en 1967, dont: Les Joueurs d’échecs (1968), Les Tricoteurs (1969), Les Eaux épaisses (1971), Il est doux sur la vaste mer… (1974), Le Verbe et l’hameçon (publ. 1976), L’Insurrection (publ. 1981), Le Dépôt des locomotives (publ. 1984), Trois impromptus pour clarinette seule (1986-87, publiés dans le recueil “Séparations” en 2009), Coeur obus éclaté (1989), Faubourgs amers (1990), La Dame blanche (1995)… Et parallèlement de la poésie: Le Complexe d’Icare (1970), Mise en demeure (publ. 1974), Delta, parole décapitée (1976), Le Miroir de sable (1979), La sentinelle sous la lune (1982), Atelier des silences (1995, publ. 1997), Loire, lits profonds (2005), Cristaux de nuit (publ. 2013), Juste au-delà des yeux (publ. 2013, Aux passants que nous sommes (publ. 2013), Sans titre 2 (Approches du visage (publ. 2014), Arbre(s) (publ. 2015), Né de la déchirure (publ. 2015), Archéologie d’un imaginaire (publ. 2015).

Ecrit des nouvelles depuis 2007 (Séparations, A deux doigts du paradis, Le Gardien du silence, Partage des eaux, Le Petit train des gueules cassées)…


Rencontre avec Edmond Jabès (début d’une collaboration en vue de l’écriture d’une nouvelle thèse), Michel Vitold, Georges Vitaly, Maria Casarès, Nathalie Sarraute, Jean-Louis Barrault.

Membre de l’A.E.T. (Auteurs et Editeurs de Touraine)/Signature Touraine.

Dédicaces de Séparations (2009) dans plusieurs librairies, et participation avec l’A.E.T. à divers salons du livre (2010).

Dernières participations (dédicaces, lectures) :

* salon du livre (A.E.T./Signature Touraine) , Loches, 11 décembre 2010

*La Forêt des livres, Chanceaux-les-Loches, 28 août 2011

* salon du livre, espace culturel Leclerc/Tours Nord, 9 septembre 2011

* salon de la poésie et de la nouvelle, Vendôme, 10-11 septembre 2011

* premier salon du livre de Veigné, 18 septembre 2011

* salon du livre (A.E.T./Signature-Touraine), Loches, 17 décembre 2011

* salon du livre au château de Cangé, Saint-Avertin, 29 mai 2012

* salon du livre de Descartes, La Haye-Descartes, 13 mai 2012

* marché de la poésie, Paris

* salon de la poésie de Rochefort-sur-Loire

* Restaurant Parfum Culture (Tours)

* Librairie L’Herbe entre les dalles (Le Mans)

* Galerie La Boîte noire (Tours)

* Galerie Sanaga (Tours)

* Atelier Alain Plouvier (Chédighy)

* Galerie La Cravantaise (Cravant-les-coteaux)

* Château de Nitray (Azay-sur-Cher)

* Galerie de La Douve (Langeais)

* Château de Mosny (Saint-Martin-le-Beau)

* Festival de Lavaré (Lavaré, Sarthe)

* Galerie Le Carroi des arts (Vouvray)

* Fête du livre de L’Amourier (Coaraze)

* Médiathèque de La Riche

* Médiathèque du Mans

* Médiathèque d’Angers

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