Chant Celtique, 1999

 

Préface de Daniel Leduc aux éditions La Bartavelle (1999):

 

Ici, le poème est une légende qui s’empare des secrets de la conscience, qui restitue ce que le temps a enfoui sous les cendres, ce que la nuit a obscurci dans le ventre des mots.

Des mots qui glissent d’une page à l’autre avec leur vérité horizontale, leur sens vertical. Leur mémoire oblique. Leur incandescence sonore.

Sonore est la trajectoire qui conduit d’une rive à l’autre. Et le monde entend ce qu’il prodigue. Il tait ce qu’il abandonne au vertige des courants.

Courants qui nous entraînent plus loin que le cri, plus loin que le silence. Dans cet autre lieu qui a pour nom Mystère. Dans cette autre fable qui reconquiert le rêve.

Le rêve a pour sommet la terre, a pour base le ciel. Il est de pierre et d’écume, de volutes et de plomb. Il nous transmet le savoir de l’indicible.

L’indicible objet des mots. La contradiction du temps entre les lignes. Le rythme avec lequel pulse l’étoile du verbe. Les miroirs sont là, dans le poème.

Le poème est . . .

Ici, le poème est légende.

 


En 1999, Patricia BRUNEAUX publie Chant celtique préfacé par Daniel LEDUC aux éditions La Bartavelle dans la collection « modernités ».

Sur le thème de la Terre-mère, elle marie l’image au Verbe comme dans ses expositions où elle affiche sa volonté de dire la biodiversité et l’urgence pour toutes les espèces de préserver le Vivant dans l’échange et l’écoute des transmissions du monde, et des dieux qui veillent sur notre humanité.

 

Elle choisit le Verbe de RABINDRANATH TAGOR pour l’ouverture de son chant :

 

La douleur fut grande pour accorder les cordes, ô mon Maître.

Commence le chant, et que j’en oublie ma peine; fais-moi sentir en beauté les raisons qui te faisaient agir, pendant ces jours sans pitié.

La nuit qui décline s’attarde à mes portes : laisse-moi prendre congé en chantant.

Répands ton coeur sur les cordes de ma vie, ô mon Maître, dans une musique qui descendra des étoiles.

 

Extraits du recueil

 

Le baluchon du rêveur guette le silence que la terre a nourri de ses solitudes,

Un vent viendra voler l’épi avant que les saisons ne s’amusent à marier le printemps à l’hiver,

Et le marchand d’étoiles se fera pierre, le dos arrondi par les caresses des algues avec les pluies invisibles des détresses inavouées,


Les rêves de paille continueront leur voyage sous la nappe des mers, rouler les galets jusqu’au précipice du temps,

 


Ils saluèrent le fossoyeur d’illusions, une ombre sous la pierre du phare,

Tenir la roche dans sa main, et sentir la force habiter le soi pour que du maléfice se détourne la pensée,

Mais le plaisir du rêveur est de glisser un oeil à la frontière des Rédemptions,

 

 

Est-ce le verbe détaché de son cycle, ou le cercle des vents apprivoisant le bâillement de l’animal qui offre au monde l’harmonie nécessaire aux glissements des vérités ?

 

 

Les passants à l’angle des chemins implorent l’esprit des pierres,

Il existe un passage que les nuits masquent d’une autre réalité,

 


Les menhirs ont grandi de la semence d’un astre,

Lieu de présences, aux ombres pourchassées dans la fente du jour,