“Non, non je ne suis jamais seule avec ma solitude….”

En rangeant les papiers de Guy, mon compagnon disparu il y a maintenant trois mois, j’ai retrouvé un texte qu’il avait écrit en Avril 1968 qui m’a profondément ému. Je suis incapable d’écrire un poême. Je veux faire comme si ce poême était aussi le mien. Je le reproduis ici avec ses imperfections et sa belle tendresse, celle que j’ai ressenti pour lui pendant toutes ces années:

Un vent frais
Me secouait
Et je pensais à toi
Ce fut un moment imprévu
Une surprise inouie quand j’y pense
J’étais là sur le lit
Me réveillant lentement
Et le vent me secouait
Comme un gros chien
Avec un museau tout frais
C’était un peu comme la naissance du printemps
Et je pensais à toi
Tout de suite
Dans ma vie tu es le printemps
L’éternel printemps
L’aurore L’espoir
Nous avons toujours progressé jusqu’alors
Ensemble
Un jour viendra où nous déclinerons
Et que ce soit ensemble
Adoucira notre peine
La rendra supportable
Ne changera rien à la réalité
Mais tu resteras le printemps
L’éternel printemps
Car tu l’es pour autre chose
Que pour toi que pour nous
Je t’aime car au fond
tu es plus grande que toi
Tu te fais devant moi
Un peu grâce à moi
C’est merveilleux un être qui se fait
Tout en restant jeune
Tout en étant de plus en plus jeune
De la jeunesse qui compte
Celle de l’espoir qui n’est pas illusion
Celle de l’éternel printemps

Savoirs, savants, sachants (par JF)

Ce texte m’a été envoyé par une amie JF. Je le publie volontiers parce qu’il correspond à l’une de mes interrogations : Comment marche le cerveau de ceux qui SAVENT ?

Nous sommes tous dépositaires de savoirs, qui nous guident dans notre vie.
Savoirs de toute sorte : conscients ou inconscients, vrais ou faux.
Et puis il y a “ceux qui savent”.
Ou qui le prétendent.
Cela attire, cela séduit. Mais comment discerner le vrai du faux ?
That’s the problem.

Aujourd’hui j’essaie de comprendre ceux qui énoncent, avec une autorité qui impressionne, qu’ils savent. Ils sont nombreux, et potentiellement dangereux.
Souvent, ils font plus confiance aux médecines alternatives, par exemple, qu’à la médecine officielle.
La médecine officielle : une institution qui, comme toutes les institutions, a des failles.
Les sachants s’y infiltrent, pour se décerner un certificat de “je ne m’en laisse pas conter, moi”. C’est le narcissisme de la dissidence.
Et, pour mieux asseoir leur supériorité supposée, ils vont aller piocher dans les médecines alternatives.

Ceci m’est venu après avoir enfin parcouru hier une pub qui m’agressait tous les jours, en haut de mon écran : As-tu de l’arthrose ? .
Bien sûr, j’en ai, hélas ! du coup, à la retrouver tous les jours, la curiosité m’est venue. J’y suis allée.
Une longue histoire a défilé, avec beaucoup d’incidences, de détours, pour m’expliquer que j’avais eu tout faux jusque-là, en m’entraînant dans un suspense toujours renouvelé, faisant force citations scientifiques, de çà de là, au milieu d’un discours combatif, quasiment agressif, comme pour déstabiliser le lecteur, avant de lui asséner la révélation finale (en l’occurrence, le bienfait du curry).
J’ai reconnu une pub où je m’étais déjà égarée, mi-fascinée par son savoir-faire, mais agacée d’y perdre du temps.

Le syndicalisme réformiste va-t-il être obligé de se “radicaliser” pour être écouté ?

Depuis quelques années,la CFDT avait enfin réussi à jouer un rôle dans la négociation sociale et était même devenue la première centrale syndicale en termes d’adhérents et de votants.
Depuis l’arrivée de Mr Macron et de ses amis au pouvoir, la négociation semble être en panne.
On a vu le Président dialoguer avec les Gilets jaunes . On le sent réticent vis à vis des syndicats et notamment de la CFDT. Elle ne fait plus peur , alors pourquoi perdre son temps à l’écouter.
Même si les auto-entrepreneurs vrais ou faux sont en augmentation, les salariés en CDD, intérimaires etc…n’ont pas disparu. Leur force de travail continue à alimenter le PIB. Or ils n’ont à ma connaissance que les syndicats pour les défendre.
De manière paradoxale, les révoltes y compris pour l’augmentation des salaires ne s’adressent plus prioritairement aux employeurs mais à l’Etat !
Or celui-ci ne détient que le pouvoir d’augmenter ou non le SMIC . Tout le reste : les conditions de travail ( Il y aurait plus de dix personnes principalement des ouvriers qui meurent chaque semaine d’un accident du travail), les salaires négociés dans les branches, l’assistance en cas de licenciement …etc sont du ressort des syndicats.
Des partis d’opposition en miettes, des syndicats inaudibles et méprisés, les contre pouvoirs indispensables risquent de disparaitre. La faute n’en revient pas seulement à la politique gouvernementale mais aussi à l’absurde multiplication des syndicats et à cette étrange manie des salariés français qui consiste à ne pas y adhérer ( 8 à 9% des salariés sont syndiqués)
S’il faut semer la pagaille dans les rues pour se faire entendre, la CFDT doit-elle abandonner le réformisme qui rime avec social-démocratie , pour se radicaliser contrairement à son ADN ?
On est en pleine contradiction .

Réflexions primaires sur la solitude


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Je connaissais la solitude depuis longtemps au cinéma, dans les expositions, sur la plage, au bistrot etc…mais je savais que quelqu’un m’attendait chez moi à qui je raconterais mes “aventures”.
Depuis trois mois, Je fais l’expérience de la vraie solitude, celle où personne ne vous attend à la maison, où personne ne partagera votre repas, ou personne ne vous aidera si vous tombez…(cf l’article où je cite Joan Didion, L’année de la pensée magique)
Il y a des milliers, voire des millions de gens comme moi.
Ce qui m’intéresse dans ce phénomène c’est la manière dont Les Autres accentuent volontairement ou non notre solitude.
Comme ils sont fâcheux les gens qui ne supportent pas votre solitude !
Il y a les commerçants qui vous regardent avec un vague mépris quand vous achetez une sole au lieu des deux habituelles ou du Plateau de fruits de mer…Il y a quelques voisins âgés avec qui vous échangiez habituellement des propos sur le climat, qui vous fuient comme si le deuil était contagieux… Il y a l’absence de regards habituelle envers les vieux mais qui blesse encore un peu plus quand on est vraiment seul…
Un écrivain norvégien Kjell Askildjen a écrit des nouvelles magnifiques sur la solitude des vieux (Cf Les dernières notes de Thomas F., Le Serpent à plumes, 2001). Dans une nouvelle intitulée :Les gens des cafés, le narrateur tente de sortir de sa solitude en allant dans un café : “Il y avait longtemps que je n’avais pas eu l’occasion de parler, j’aurais volontiers échangé ne fut-ce que quelques mots avec quelqu’un…Mais ils semblaient tous dépourvus de regard.” Au bout d’un moment il tente une stratégie :il laisse tomber son portefeuille par terre….mais personne ne le remarque et il conclut :”A sans cesse vouloir espérer on finit toujours par être déçu.”
Mais la rencontre de l’autre est le plus souvent décevante voire ennuyeuse :” Je me sens un peu plus seul chaque fois que je rencontre quelqu’un.”
Encore une fois, il n’y a pas de solution à ce problème qui touche particulièrement les vieux. Supporter sa solitude et donc se supporter soi-même -cf Shopenhauer- reste la meilleure des réponses.
Sans cela, il y a le smartphone ou si vous y êtes allergique, le chien ou le chat qui vous procurent de la compagnie sans vous priver de solitude !

Retour à la piscine de mes étés…Gare aux syndics…dics …dics

En relisant les articles précédents je m’aperçois que je commence à m”enfoncer dans l’amertume, la tristesse et les colères improductives. C’est dangereux pour un blog de vieille dame qui entend démontrer que l’on peut être vieux et avoir un peu d’humour et rebutant pour d’éventuels lecteurs.
Heureusement j’ai trouvé à poser ma colère contre le syndic et le conseil syndical de ma résidence d’été, pourvue d’une petite piscine bien utile par ces temps normands ensoleillés mais fortement rafraichis par un vent du nord…On ne peut pas tout avoir.
Bref depuis deux semaines, j’assiste à un spectacle drôle et consternant : des grand-mères entourées d’une armée d’enfants , des jeunes filles pressées de bronzer,en train d’essayer soit de rentrer soit de sortir de cette fichue piscine. En effet la porte est bloquée par un système mystérieux que seuls des cerveaux affaiblis ont pu imaginer, qui doit empêcher les enfants (surtout ceux qui s’introduiraient en toute illégalité !) de rentrer dans ce lieu convoité par les temps frisquets.
Il n’est donc pas rare de voir des gens transis de froid s’escrimer pendant près d’une demi heure voire plus pour essayer d’entrer ou de sortir.de la piscine/prison.
Dit comme cela, la solution parait simple : faire intervenir un serrurier spécialisé qui trouvera un système fiable et facile .
Encore mon fil ténu : pourquoi est-il si difficile de faire faire une chose aussi simple à un syndic à qui l’on verse des sommes conséquentes chaque trimestre ?
On peut supposer qu’il y a derrière cela des petits intérêts miteux.
Quand ces intérêts miteux deviennent plus conséquents, cela donne des échecs de certaines réformes… mais bon je voulais juste parler de ma petite piscine

Canicule : comment vivent les millions de gens dans le monde soumis à de hautes températures ?

Plusieurs fois par jour, les médias nous bassinent pendant des minutes interminables avec la canicule.
Sans nier l’importance de l’information dans ce domaine , ce que l’on nous répète est plat et sans intérêt.
Il semble que nos communicants n’aient jamais voyagé dans d’autres continents.
Quiconque s’est “aventuré” vers le sud de cette planète a connu de telles chaleurs. Les touristes évitent d’y aller dans les périodes les plus chaudes.
Mais il y a des millions de gens qui y vivent …C’est un scoop. Comment survivent-ils sans climatiseurs ? Comment font les agriculteurs ?
Il y a plein de questions passionnantes à se poser à cette occasion qui permettraient de cesser,quelques minutes, de regarder notre nombril !

Que devient l’anticonformisme ?

Je viens d’une autre époque, celle où quand on était jeune et révolté , on était forcément anticonformiste. On refusait de ressembler à la majorité de nos contemporains. Dire NON à tout ce qui nous semblait injuste et conforme aux normes “bourgeoises” était une évidence.
J’ai conscience que s’exprimer ainsi , ça fait “vieille conne”, du genre : c’était mieux avant…
Tant pis, j’assume
Si tout le monde regarde son téléphone, si tout le monde prend des photos dans les expositions empêchant ainsi les autres visiteurs de ne voir autre chose que les téléphones levés, j’ai envie de faire le contraire. Apparemment ces milliers d’yeux braqués sur leurs téléphones empêchent peu de gens…(et surtout pas les jeunes) de faire pareil.
On parle de l’emprise des réseaux sociaux ; Mais qui est responsable de la multiplication des fake news ou des propos sordides sur les réseaux : ceux qui les postent certes mais aussi les millions de suiveurs qui leur donnent ainsi une légitimité. Accuser les puissants n’est utile que si l’on est capable de leur opposer une alternative ou au minimum de dire Non.
Le réseau social est également une énorme machine identitaire du fait de ses utilisateurs aussi : on se choisit comme amis virtuels, ceux qui pensent comme nous, qui nous ressemblent. Comment dans ces conditions développer le sens des contradictions, du dialogue, de la confrontation… ?
Je me souviens de cette pièce montée par Ariane Mnouchkine à la Cartoucherie, “Les naufragés du fol espoir“, tirée du livre de Jules Verne : Les naufragés du jonathan, ,l’histoire d’une utopie qui s’échoue sur la bêtise .
Ce n’était pas mieux avant. L’humanité a fait d’énormes progrès scientifiques et techniques. Mais, nous, nous sommes restés plus ou moins les mêmes, envieux, obsédés par l’argent, la réussite, le sexe, la reconnaissance, notre petit ego.
Le narcissisme vaincra-t-il le progrès humain ? ou le contraire ?

“L’année de la pensée magique” de Joan Didion, le livre qui permet de supporter le deuil

Je suis seule, je regarde la mer. Elle est d’une beauté à couper le souffle mais elle ne me console plus.
Il faut que j’écrive sur cette amputation qu’est le départ d’un être aimé mais je tremble trop et mon cerveau est vide.
Alors je tape sur Google : “Comment supporter la mort d’un être cher ?” Merci Google : je retrouve la trace de ce livre de Joan Didion sur la mort de son mari que j’avais tant aimé sans avoir jamais connu ce qu’elle décrivait.
Tout ce que je ressens y est : d’abord la certitude qu’il s’est juste absenté et va revenir. Il faut lui garder une paire de chaussures.
Il y a le vide de la pensée, l’incrédulité, le corps qui fout le camp : “ Au cours de l’été, j’ai commencé à me sentir fragile, instable. Ma sandale ripait sur le trottoir et je devais faire quelques pas précipités pour éviter la chute. Et si je ne me rattrapais pas ? Et si je tombais ? Qu’est-ce que je me casserais, qui verrait le sang couler le long de ma jambe, qui hèlerait un taxi, qui serait avec moi aux urgences ? Qui serait à mes côtés, une fois rentrée chez moi ? J’ai arrêté de porter des sandales.
J’ai acheté deux paires de baskets puma et je n’ai plus porté que ça.

Le chagrin du deuil, en fin de compte, est un état qu’aucun de nous ne connait avant de l’avoir atteint….Nous nous attendons peut-être, si la mort est soudaine à ressentir un choc. Nous ne nous attendons pas à ce que ce choc oblitère tout, disloque le corps comme l’esprit…

“Le mariage, ce n’est pas seulement le temps: c’est aussi, paradoxalement le déni du temps. Pendant quarante ans, je me suis vue à travers le regard de John. je n’ai pas vieilli. Cette année, pour la première fois depuis mes vingt neuf ans, je me suis vue au travers du regard des autres; pour la première fois, j’ai compris que j’avais de moi même l’image d’une personne beaucoup plus jeune.”

Je ne cesse de relire ce livre. La littérature est miraculeuse. Ce que Joan Didion a écrit, je n’ai pas à l’écrire. Son livre est un chef d’oeuvre, une sorte d’évidence . Elle évoque par exemple la relecture de ses textes par son mari qui lui était indispensable pour qu’ils soient validés. J’ai exactement le même sentiment. je ne retrouverai jamais le peu de confiance en moi qu’il m’avait permis de conquérir:
Aurais-je jamais de nouveau raison ?
Pourrais-je jamais de nouveau être sûre de ne pas me tromper ?”
“Est-ce qu’il faut toujours que tu aies raison ? Il(s) avai(en)t dit cela.”

Qu’est- ce que les Comités onusiens ont à faire dans le droit de choisir sa mort ?

Je reproduis ici un article signé par Monsieur Gilles Clavreul, délégué général du Think Tank L’Aurore à ce propos
Il m’a été transmis par le Réseau :”Réussir l’égalité femmes-hommes”.

CONSERVER NOTRE CAPACITÉ DE DÉCIDER DE NOS LIBERTÉS FONDAMENTALES 
On saura bientôt si la décision rendue hier soir par la cour d’appel de Paris, ordonnant à “l’État français” la reprise des traitements de Vincent Lambert, n’aura été qu’un épisode de plus de cette invraisemblable affaire, ou bien au contraire, si la Cour de cassation venait à la confirmer, si elle marque le début d’un processus à l’issue et aux conséquences proprement incalculables.
 
Dix ans pour ne rien décider, c’est fou et inhumain. L’immense majorité des citoyens n’entreront pas dans les subtilités juridiques des magistrats de la cour d’appel, et ils auront bien raison. Ils ne verront qu’une chose : depuis dix ans, on inflige de véritables tortures morales aux parties en présence. Chaque nouveau coup de théâtre est un espoir relancé pour les uns, et un coup de poignard pour les autres. Qui semble encore se souvenir que la fonction première du droit est de délivrer les hommes du conflit, de délier des situations inextricables de la façon la plus civilisée possible ? Dans cette affaire, le droit n’apporte pas la paix : il permet la poursuite de la guerre par d’autres moyens.
 
Il y a pourtant plus grave encore. Il y a certes une bagarre entre ordres juridictionnels, la Cour d’appel ayant choisi de défier explicitement le Conseil d’État et la Cour européenne des droits de l’Homme sur le terrain de la défense des libertés individuelles, revendiquant pour le juge judiciaire l’exclusivité de l’interprétation conforme en la matière. À terme, seul le Conseil constitutionnel saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pourrait permettre une remise en ordre. 
 
Quand bien même : la mécanique qui semble devoir s’enclencher va très au-delà de l’affaire Lambert. En reconnaissant à la demande du comité des personnes handicapées de l’ONU la valeur d’une décision de justice, la cour d’appel élargit la brèche entr’ouverte par la Cour de cassation récemment à propos de l’affaire Babyloup : si les juridictions et les autorités nationales devaient désormais être tenues par les “constatations” de comité d’experts qui ne sont pas et n’ont jamais été conçus comme des juridictions, et qui tendent de plus en plus souvent, en matière de droits humains, à s’arroger unilatéralement la “compétence de la compétence”, les décisions des juridictions et les lois elles-mêmes n’auraient plus qu’un statut précaire et révocable, soumis à l’appréciation souveraine d’une entité que nul ne contrôle et qu’aucun texte n’encadre. On parle aujourd’hui de la fin de vie, on parlait hier de la liberté religieuse : on parlera demain du début de la vie, du droit de porter des armes et personne ne peut garantir qu’un comité de l’ONU ne décidera pas, un jour ou l’autre, d’ordonner le sursis à une interruption volontaire de grossesse. Ne doutons pas une seule seconde que beaucoup des manifestants qui criaient hier soir leur joie sans aucune retenue y pensaient eux aussi.
 
On voit les conséquences redoutables, je le redis d’un mot : incalculables, où nous entraînera ce mouvement, s’il n’est pas interrompu : l’arbitraire au nom de la liberté. D’ici là, comment voulez-vous empêcher tous les populistes de la Terre d’envoyer au diable tous ces “machins” incontrôlés auxquels des démocraties sans force ni volonté soumettent le destin de leurs citoyens ? Car c’est au fond de cela qu’il s’agit : un nouveau témoignage de la très grave crise d’autorité que nous traversons. Autorité : se faire l’auteur de son sort. Plus l’autorité s’efface, plus les avocats des solutions autoritaires gagneront les faveurs des peuples. C’est à cela qu’il faut faire échec. 
 
Une décision s’impose : réévaluer très sérieusement les engagements de la France dans un certain nombre d’instruments internationaux, en concertation avec nos partenaires européens, afin d’examiner les problèmes de compatibilité notamment avec le droit communautaire et avec la CESDH. Il n’est pas inéluctable de quitter ces pactes qui, en eux-mêmes, ne laissaient pas prévoir de telles métastases, mais il faut à tout le moins réfléchir à des protocoles additionnels qui permettraient de limiter le rayon d’action de ces pseudo-juridictions dépourvues de toute légitimité. 
 
Mais ce n’est que l’une des dimensions d’un problème beaucoup plus vaste. Les démocraties sont en train de se laisser déposséder de la définition même de leurs libertés fondamentales. Rien moins que cela. Il y a urgence à en prendre la mesure

Le dernier poême de Guy trois semaines avant sa mort

Non je ne suis pas Ubu ni ubuesque
Un peu grotesque peut-être
Je ne suis ni heureux ni content
Je prends mon temps qui fuit aveuglément

Tu as le bonjour d’Alfred
J’ai un macule sur mon blason
Ton blouson est tâché
Le prince se croit premier en tout

Je me sens mieux assis que debout
Je me sens mieux couché qu’assis
Ma vérité a l’air de vous déplaire
Je jette sur elle mon dévolu

La syntaxe n’est pas dilatoire
Les poings tapent sur les tables
Ce n’est pas honnête ni convenable
Les justes sont souvent des parvenus

La route poudroie La campagne verdoie
Le prince en pince pour une princesse
Le tort tue le sort sue
La mort mue le mort remue