Archive pour août 2013

A-t-on le droit de critiquer la compétition ?

Celine Doumerc est capitaine de l’équipe française de basket féminin.Dimanche 30 Juin 2013, son équipe a été “braquée” par les espagnoles : 70 à 69.
Stupéfaction pour votre blogueuse qui a fait de la devise de Churchill son credo :”No sport” et qui a traîné au cours de ses sept années de lycée un terrible (!) épanchement de synovie qui lui a permis de respecter la promesse faite à son corps.
Un point de différence et Le Monde parle d’une cruelle défaite. On voit des visages bouffis de larmes.Pourquoi ne seraient-elles pas ex-aequo dis-je à un interlocuteur de passage. Il me félicite pour ce qu’il suppose être un trait d’humour!
Les coureurs cyclistes sont à la peine : soit ils se dopent pour parvenir à faire ce qu’on leur demande et ainsi éblouir les foules et les experts en tout genre. Soit ils ne se dopent pas et on ne les voit même pas peiner. Au bord de la route on encensera un jour le coureur manifestement dopé et l’on vouera aux gémonies le même coureur qui aura avoué ou aura été testé positif des années plus tard.
Nous passons notre vie à être notés, évalués. Tout y passe: en dehors du sport, la beauté, le leadership politique. On classe aussi les hôpitaux, les universités, les lieux de vacances etc…
Ce discours flirte avec l’idéologie de la décroissance que je ne partage pas du tout.
Je veux juste souligner l’une des conséquences de ces classements/catégorisations, la multiplication des frustrations.
Celles-ci sont au fondement des idéologies fascisantes.
Vous me trouvez excessive ? J’accepte cette critique. Je demande juste que la question soit posée.

Et toi, tu préfères parler ou écouter ?

Deux petites filles de 7/8ans viennent de faire connaissance. Elles batifolent dans la piscine.
Après quelques minutes, l’une pose cette question à l’autre :”Toi, tu préfères parler ou écouter ?”
Ces petites filles ont bien observé les adultes. Il y a ceux qui parlent et ceux qui écoutent.
Deux catégories inséparables puisque l’une ne peut pas exister sans l’autre.
On pourrait imaginer une société idéale où l’on ferait les deux, où l’on dialoguerait, où l’on répondrait à son interlocuteur sans chercher à placer ses exploits.
Les petites filles avaient raison. là aussi, nous choisissons notre camp contraints ou simplement las d’essayer de placer notre point de vue.

Juif ou pas juif ? A propos de Schlomo Sand et des replis identitaires.

L’historien Israélien Schlomo Sand dans un ouvrage paru en 2013 :”Comment j’ai cessé d’être juif” (Ed Flammarion, Café Voltaire) se pose la question de l’appartenance à une ethnie qu’il qualifie de fictive pour les juifs non religieux. il dit :”Par mon refus d’être juif, je représente une espèce en voie de disparition. En insistant sur le fait que seul mon passé historique était juif, que mon présent quotidien est israélien, pour le meilleur et pour le pire, je sais que je vais à l’encontre des modes dominantes orientées vers l’ethnocentrisme.”
Quoique l’on pense de ses prises de position, il faut féliciter Shlomo Sand de ses questionnements et de sa lucidité. Certaines revendications identitaires sont souvent meurtrières. L’identité juive proclamée quand elle ne correspond à aucune croyance,aucune culture, aucune souffrance n’échappe pas à la règle.
La génération née avant ou pendant la deuxième guerre mondiale, celle des enfants cachés, celle des orphelins de parents morts en déportation est prise dans la même contradiction que Schlomo Sand. Cette génération plus que septuagénaire ne peut se dire juive que par son passé. Je ne parle pas ici de ceux qui ont trouvé dans la culture religieuse juive des réponses à leurs questionnements existentiels.
Comme tous les citoyens du monde, les citoyens d’origine juive doivent être vigilants sur les apparitions de l’antisémitisme, sans faire l’économie d’une réflexion sur les “identités meurtrières” (Amin Maalouf) ou sur les racismes générés par les replis identitaires.
On a parfaitement le droit de décider de rester juif même quand on est totalement athée mais ce choix ne doit pas conduire à se séparer des autres. Au contraire, notre expérience historique d’un certain nomadisme, de la nécessité de s’adapter à des sociétés nouvelles et du métissage doit nous conduire à un rapprochement avec tous les peuples sans territoire.
Il est sans doute nécessaire d’apprendre aux jeunes quelques éléments d’accès à l’ histoire des juifs pour ne pas laisser aux organisations communautaires qui prétendent nous représenter le monopole d’une transmission politiquement orientée.
Bien sûr aller vers les autres ne peut se faire sans réciprocité.
Il s’agit en tous les cas d’un problème complexe que Schlomo Sand nous permet d’aborder avec sérieux.

Obsessions

J’avais écrit sur ce blog une nouvelle dans laquelle un homme un peu pompette m’insultait en termes peu galants dans une queue de supermarché.
La combinaison de mon prénom et de ce terme vulgaire communément adressé aux femmes m’a valu de me retrouver cataloguée par Google en tête d’une liste de sites porno.
Ma première réaction a été de crier au scandale, à l’ignoble atteinte a la vie privée.
Ma deuxième réaction a été de m’en accommoder.
J’aurais préfèré que mes lecteurs sourient a la lecture de ce récit de l’un de ces incidents quotidiens qui rendent parfois la vie difficile. Mon humour présumé m’a conduit a être reliée a une triste pornographie.
Belle leçon pour une intello !
Donner a voir ses idées et ses états d’âme est peut-être une autre forme de pornographie!