Archive pour juillet 2014

“Pour triompher, le mal n’a besoin que de l’inaction des gens de bien” E. Burke

Rien de plus vrai.
Reste que “les gens de bien” (auxquels je me sens appartenir en toute absence de modestie) se demandent comment faire entendre leur voix(e) au milieu de la cacophonie ambiante dès que se présente une situation plus dramatique que d’habitude entre Israéliens et Palestiniens, en l’occurrence le Hamas.
Prendre position pour la paix entre deux Etats vivant côte à côte sur le même territoire vous enferme dans des groupes comme J.Call ou La Paix Maintenant qui ont le mérite d’exister mais représentent une sensibilité sioniste dans laquelle l’auteure de ces lignes et bien d’autres ne se reconnaissent pas.
S’enflammer pour la cause palestinienne vous entraîne sur des pentes dangereuses comme, entre autres, un accord de fait avec le Hamas qui a pour conséquence une marginalisation de Mahmoud Abbas, une forme d’obsession antisioniste qui confine à l’antisémitisme et un mépris affiché pour la sécurité d’Israêl.
Il arrive alors que “les gens de bien” se lassent et soient tentés par l’inaction ou plus vulgairement :”Après tout, ce n’est pas mon problème !”
Comment se sortir de cette contradiction : se considérer comme un citoyen du monde forcément concerné par toutes les horreurs (et les bonheurs) qui s’y déroulent OU faire partie de cette immense confrérie des “je n’ai rien vu, je n’étais pas là !
“Les gens de bien ” peuvent aussi se prendre à rêver de manifestations non ethniques qui dénonceraient aussi bien la colonisation israélienne que les 170000 morts syriens, les milliers de morts pris dans des conflits entre musulmans, les milliers de femmes violées lors de conflits armés comme au Nord Kivu etc…
C’est beaucoup demander à l’honnête homme/femme qui, inaudible, laisse le champ libre aux unilatéraux de tout poil .

De Staël : le peintre qui n’aimait pas les catégories

Le MUMA du Havre organise pour le centenaire de la naissance de Nicolas de Staël une exposition sur le thème : Lumières du Nord, Lumières du Sud.
Les 130 tableaux exposés dans ce musée qui fait face à la mer et au port du Havre racontent les plages du nord aux couleurs bleues, grises et blanches et les paysages du sud aux couleurs orange et rouge.
Ce qui m’a passionné quand j’ai commencé à aimer De Staël, notamment lors d’une rétrospective en 2003 au Centre Pompidou, c’est son art de se maintenir entre l’abstraction et le figuratif. Critiqué de manière virulente par les idéologues de l’abstraction, il avait parlé avec humour du “gang de l’abstraction avant”
Interrogé sur cette séparation entre les deux écoles, il répondit :”Je n’oppose pas la peinture abstraite à la peinture figurative. Une peinture devrait être à la fois abstraite et figurative. Abstraite, en tant que mur, figurative en tant que représentation d’un espace.”(1952)

Les Américains, sauveurs suprêmes de la paix au moyen-Orient ?

J’ecoutais ce matin, Ilan Greilsammer, un politologue du Camp de la paix israélien et notre infatigable Leîla Shahid parler du conflit israélo-palestinien sur France-Inter.
Enième dialogue de sourds entre spécialistes qui n’ignorent rien des processus de Madrid, de Genève et autres échecs patentés des tentatives de médiations internationales.

Le discours de notre pacifiste peut se résumer ainsi : Israêl est un pays démocratique et a élu lors d’élections libres Netanyahu. Celui-ci s’est entouré de gens de droite et d’extrême droite pour parfaire une politique de colonisation de la Cisjordanie et résister à toutes les tentatives de médiation dont celle de John Kerry, qui n’a pas ménagé sa peine. Ilan Greilsammer l’accuse cependant d’être venu “se promener au Moyen Orient”
Le camp de la paix attend-il des Etats Unis qu’ils coupent les vivres à l’Etat d’Israêl ? Probablement pas.
On ne peut rien contre un vote démocratique continue notre pacifiste, donc on ne peut pas faire la paix tout seuls. Il faut donc qu’Américains et Européens la fassent à notre place !
Discours sidérant qui s’accompagne d’ailleurs de critiques systématiques de la politique américaine qu’elle soit interventionniste ou non.

Ou bien les Israéliens veulent la paix et acceptent la coexistence de deux Etats dans les frontières de 1967 et une indemnisation des réfugiés palestiniens, alors ils votent pour un gouvernement courageux qui arrêtera la colonisation et nouera des relations pacifiques avec ses voisins arabes qui le souhaitent. Les autres, dont le Hamas, s’ils persistent à vouloir la destruction d’Israël seront combattus avec fermeté avec toutes les horribles bavures que cela suppose. Là encore, aux Gazaouites de prendre leurs responsabilités.

Cette déclaration d’irresponsabilité qui peut se résumer ainsi : “on voudrait faire la paix, mais les Arabes sont méchants avec nous et on a peur”, n’est pas digne de gens qui se disent démocrates et pétris d’idéal.

Carlo Strenger, Professeur de psychologie à l’Université de Tel-Aviv, dans un article intitulé :”Israël, les obstacles psychologiques à la paix”, publié dans Ha’aretz et traduit par La Paix Maintenant, accuse le camp de la paix en Israël ( auquel il appartient) de n’avoir pas assez tenu compte de trois mécanismes universels qui structurent la psychologie des peuples : la peur de la perte, le besoin de forger le récit d’une identité positive et le besoin d’une idéologie (sioniste ?) qui les aide à affronter les dangers (réels) qui les menacent.

Cette analyse est juste pour tous les peuples et en particulier pour le peuple israélien. Mais elle ne doit pas servir de prétexte à l’immobilisme. La plupart des êtres humains connaissent la peur de la perte. Ca ne doit pas les empêcher de préférer la paix à la guerre, la justice à l’injustice.

Comme aimait à le répéter Pierre Mendès-France à la suite de Nahum Goldman : On fait la paix avec ses ennemis.

Comment réformer la France ?

…à part peut-être Mme Thatcher..

Vacances à Balbec

“Le soir il remonte dans la campagne, et de ses jardins il ne distingue plus la mer et le ciel qui se confondent. Il lui semble pourtant que cette ligne brillante les sépare: au dessus, c’est bien le ciel. C’est bien le ciel, cette légère ceinture d’azur pâle, et la mer mouille seulement ses franges d’or.”
(Marcel Proust, Choses normandes, Septembre 1891

Les temps sont durs, votez MOU (Mouvement ondulatoire unifié) Pierre Dac

Qu’ajouter à cela ?