Archive pour septembre 2014

Mort aux cons ! Vaste programme

1 – Comme d’habitude, le facteur n’a pas daigné monter le colissimo qui nous était destiné. Il a indiqué comme motif un mystérieux “pdl” ?
Passant devant ma poste, j’interroge l’employé qui accourt (vous avez remarqué comme ils accourent depuis la privatisation). Je lui demande pourquoi le facteur n’est pas monté au 2° étage avec ascenseur et ce que veut dire “pdl”. Sans doute farouchement attaché à son entreprise et manifestement désireux que rien ne change, il me fusille du regard et répond :”Ici, nous n’avons rien à voir avec les facteurs.” Ah bon.

2 – Tous les mois environ la télé tombe en panne. Un dépanneur nous a indiqué que dans ces cas là, la solution était simple : monter au 6° étage, regarder si le voyant vert est allumé dans une espèce d’armoire électrique et dans le cas contraire, descendre au Rez de chaussée , ouvrir l’armoire électrique et appuyer sur une sorte de disjoncteur marqué “télé”. Et tout remarchait. Mais çà, c’était avant, quand des ouvriers faisaient des travaux dans l’appartement du rez de Chaussée.Ils étaient souvent là, souvent tard le soir et surtout ils ont fait des travaux pendant environ deux ans dans cet appartement de 30m2. La porte où se trouve le grand boitier électrique était donc ouverte ou tout au moins ouvrable grâce à eux.
Et puis, ils sont partis. (J’en profite pour signaler que l’appartement en question dans le 12° arrondissement n’est toujours pas loué et ce depuis plus de quatre ans). Et avec leur départ, les emmerdes avec la télé ont commencé. La porte menant à l’armoire électrique a été définitivement close, sans que personne dans cet immeuble sans gardien (les normes parait-il) n’en possède les clés.
Entre temps, la RIVP a réorganisé ses services. Il faut que ces gens travaillent en paix. Il leur faut donc éviter tout rapport ennuyeux avec leurs locataires. Ils ont donc mis en place un seul numéro de téléphone pour les atteindre sans les déranger.
Scénario type :
Le locataire : Bonjour, notre télé est…
Interlocuteur : Nom, prénom, adresse
Locataire : Ok…La télé est en panne et il faut juste rétablir le contact…
Interlocuteur : Veuillez répéter votre nom… Je préviens nos services techniques.
Locataire : Mais je vous dis qu’il faudrait juste que les locataires aient un moyen d’accéder à l’armoire électrique..
Interlocuteur (vaguement énervé) : Je ne suis pas technicien. Il faut que le service technique établisse un bon de commande…etc
Trois coups de téléphone plus tard, trois jours plus tard, le bon de commande a du venir en catimini appuyer sur le disjoncteur, ça remarche.
J’ai croisé un locataire dans l’ascenseur à qui j’ai demandé si sa télévision marchait. Non, a-t-il dit. Mais je n’ose plus téléphoner, ils me traitent comme si j’étais débile. Vive les bailleurs sociaux et vive le choc de simplification.

La consommation excessive de fauteuils peut être frustrante

copie de fauteuil design avec chat

Je ne veux point parler ici des conséquences fâcheuses de la station assise sur nos organismes.
Au contraire, depuis que je suis “tamaloù”, je cherche un fauteuil ou mes vieux os reposeraient dans une paix relative. J’ai essayé le fameux stressless à la dénomination fallacieuse, le fauteuil Voltaire trouvé dans un vide-greniers pour (presque) rien et j’ai enfin trouvé l’élu (ci-dessus), copie d’un célèbre designer. J’y coulais des heures heureuses jusqu’à ce que mon chat y prenne ses quartiers 24h sur 24
Juste le temps d’enlever les poils, d’aller les jeter et le revoilà. Recroquevillée sur le stressless, je regarde mon fauteuil-cygne avec amour et je m’interroge sur les dangers du consumérisme et l’étrange savoir des chats.

Petit manuel de survie dans un groupe

Pour moi, c’est trop tard mais pour vous, mystérieux lecteur, mon expérience douloureuse peut vous servir à gravir les échelons vers LE POUVOIR dans l’Association Truc-muche qui milite pour l’abolition des crottes de chiens à Petaouchnok en passant par les associations humanitaires, et gloire suprême, dans les partis politiques.
Si l’on veut renouveler le personnel politique, il faut que des gens intelligents, sensibles s’y collent.

1/ Parlez même si vous n’avez rien à dire et même si vous n’avez rien à rajouter à ce qu’a dit le précédent intervenant
2/ Ne vous sentez pas mis en cause personnellement si personne n’écoute ce que vous dites (c’est particulièrement valable pour les femmes). Attendez d’être avec vos proches et vengez-vous sur eux.
3/ Repérez les gens importants et faites comme David Assouline, suivez les systématiquement
4/ Si vous pensez que le processus de décision n’est pas vraiment démocratique, ne le dénoncez pas publiquement.
5/ Si vous vous ennuyez ferme, pinaillez sur la décision fondamentale à prendre même s’il s’agit de changer la disposition de la tribune et que vous en foutez éperdument.
6/Ne vous mettez jamais à dos les chefs autoproclamés. Soyez toujours du côté de la force même si elle vous donne la nausée

Pousse camarade


7/ Evitez d’être du côté des faibles, des paranos, de ceux qui pensent que personne ne les comprend.
8/ Exprimez-vous de manière simple (voire simpliste) car vous savez que vos interlocuteurs sont moins intelligents que vous
9/ N’insistez jamais sur les contradictions. Le pouvoir a horreur des impasses qu’elles peuvent générer à court terme.
10/Acceptez les injures avec la distance et l’humour nécessaires. Pleurez quand vous serez seuls

Vous pouvez compléter cette liste
Mais sachez que si vous appliquez ces conseils, vous irez loin et ne me demandez surtout pas ce que veut dire Loin !

Hollande: pourquoi tant de haine ?

Magritte

Sans doute Monsieur le Président, avez-vous menti lors de vos discours de campagne! Mais si vous ne l’aviez pas fait, ces mêmes Français qui vous vilipendent auraient-ils voté pour vous ?
Sans doute, n’aviez vous pas assez travaillé sur l’état de la France avant d’arriver au pouvoir. Vous n’êtes pas le premier.
Sans doute, le choix de Jean-Marc Ayrault était-il raisonnable, mais cet honnête homme n’est guère charismatique. Vous vouliez être un président normal et vous avez choisi un Premier ministre normal.La normalité n’est pas vendeuse, en particulier pour une presse qui pratique de plus en plus le lynchage médiatique.
Sans doute, n’avez-vous pas mesuré la gravité de la crise traversée par tous les pays occidentaux dans le cadre d’une mondialisation peu régulée. C’est une faute.
Sans doute, avez-vous été obligé de reculer sur certaines réformes de manière un peu lâche. Mais fallait-il laisser le désordre s’installer ?
Sans doute n’avez-vous pas présenté un programme pour la France, compréhensible, chronologique et tenant compte des urgences, ce que l’on appelait autrefois un Plan, “l’ardente obligation” selon De Gaulle.

A titre personnel, je vous en veux de ne pas avoir commencé par les réformes concernant les plus faibles : logements d’urgence, logements sociaux, Aide ciblée aux PME, TPE, celles qui embauchent, politique de formation et d’apprentissage qui ne soit pas une ènième usine à gaz, réforme de la loi Leonetti.
Mais tout cela n’a rien d’exceptionnel. On pourrait en dire autant de vos prédécesseurs de gauche comme de droite qui agissaient pourtant dans une conjoncture économique moins apparemment grave.

Alors pourquoi suscitez-vous tant de haine ?
J’avance des hypothèses dans le désordre : vous êtes un peu gros, vous manquez d’élégance, vous êtes un séducteur peu séduisant. Il parait que vous êtes autoritaire mais ça ne se voit pas, vous paraissez faible et vous refusez même parfois qu’un domestique de la République vous tienne un parapluie au-dessus de la tête. Vous êtes un homme blessé par vos échecs. On tire rarement sur les hommes forts. On les admire ou on les craint. Certains de vos ministres, que vous aviez conservés par souci de synthèse politique, vous ont traité par le mépris. Ils ne méritent aucun respect. En un mot vous n’êtes pas swag !

Quelques soient les raisons de cette haine, elle est pitoyable et stupide.
Le socialisme/communiste a connu une défaite historique. La social-démocratie que le PS aurait dû assumer depuis longtemps semble être la seule voie possible dans un monde où le capitalisme sauvage règne en maître.Peut-être un jour inventerons-nous un socialisme à visage humain. Ce n’est ni Mélenchon, ni Laurent, ni Besancenot (englués dans un gauchisme de dénonciation sans programme de gouvernement alternatif) qui l’inventeront.

Vous avez choisi la seule voie possible : tenir, continuer une politique qui tente de pousser les entreprises à investir, les syndicats à négocier. Vous vous heurtez à des rigidités qui plombent la société française depuis des décennies. Vous tentez de simplifier. Que faire d’autre que de tenter de faire repartir l’économie sans trop toucher à la protection sociale. Ces Français si haineux à votre égard, mesurent-ils les régressions qu’ils subiront sans doute quand la droite reviendra au pouvoir.

Cette haine me dégoute. Vous ne méritez ni excès d’honneur ni indignité.
Vous êtes à l’image du personnel politique, trop coupés de la vie réelle, bureaucrates, qui s’auto-désignent et s’enferment dans des partis où le “pouvoir” est interdit de fait à tous ceux qui s’éloignent un peu trop de ce portrait robot.

Cette vie politique n’est certes pas excitante. Comme disait le grand Churchill,” La démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres”. La démocratie dispose d’une presse libre qui peut choisir d’insister sur les difficultés et les contradictions au lieu de dénoncer sans nuances. La démocratie permet aux citoyens que nous sommes d’essayer de faire preuve de dynamisme, d’inventivité, de propositions cohérentes.

Mais il est plus facile de taper sur un bouc émissaire, d’être dans la dénonciation simpliste, le repli, la défense étroite de ses intérêts.