Archive pour juin 2015

S’informer, mesurer son impuissance ou s’enfermer dans sa bulle ?

Les enfants jouent dans la piscine en riant.
Les merveilleux nuages se baladent dans un ciel bleu etc, etc…

Loin de ce petit paradis, un jeune homme blanc veut débarrasser son pays des Noirs et avec le fusil offert pour son anniversaire (!) fait un massacre à Charleston
Des hommes et des femmes meurent en Méditerranée, chassés par la guerre, la folie, l’intolérance et l’Europe pinaille sur le nombre de réfugiés à accueillir.
Les fous de ‘l’Etat islamique” assassinent la Tunisie démocratique, pillent les trésors archéologiques, massacrent des civils dans une impunité presque totale
On ne sait plus qui sont leurs ennemis : Les humoristes, les juifs, les chrétiens, les chiites, les touristes, les patrons… et les ratons-laveurs
Que faire ? Personne n’en sait rien. S’exclamer, pleurer, haïr la première femme voilée rencontrée, manifester avec qui ? contre qui ?

C’est bien de guerre dont il s’agit contre nos valeurs de dialogue, de démocratie, de partage, d’acceptation de l’Autre, d’accueil, de laïcité… Les intégristes, les suprématistes blancs, les racistes sont parmi nous, bien vivants et nous ne savons pas comment les combattre.

On peut bien sûr fermer la télé, la radio, ne plus lire les journaux, s’enfermer dans sa toute petite bulle et ‘être heu-reux, malgré tout.” IIs peuvent faire tout ce qu’ils veulent, ils ne parviendront pas à nous gâcher la vie”, disons nous. Et c’est bien.
Rien ne sert de clamer des discours anti-racistes ou d’accuser dans le désordre l’Amérique pour les uns, l’Islam pour les autres, la pression migratoire pour d’autres encore.

Goethe disait : “Même Dieu ne peut rien contre la bêtise humaine.”

Dieu n’existe pas. Les êtres humains que nous sommes peuvent peut-être lutter contre cette foutue bêtise qui est aussi la leur (la notre)

Reflexions sur la question syndicale: Citations (de 1920 à 2015)

En 1920, des membres de l’ultra-gauche allemande, préconisaient la lutte sans compromis du prolétariat contre la bourgeoisie, le boycottage du parlementarisme, la destruction des syndicats en même temps que de tout l’appareil étatique du capitalisme, lui opposant la dictature du prolétariat dans la forme des Conseils d’usine. Herman Gorter en fut l’un des théoriciens. Il écrivit en 1920 un ouvrage intitulé : “Réponse à Lénine sur son livre :” l’extrémisme comme maladie infantile du communisme”

Il est passionnant de se pencher sur ces débats, même s’ils apparaissent totalement dépassés par certains aspects. Il faut les garder en mémoire parce qu’ils font partie de notre histoire, parce qu’ils posent des problèmes fondamentaux. Il m’est apparu intéressant de citer Gorter à propos des syndicats.

Marx écrit que, sous le capitalisme, le citoyen en face de l’Etat, est une abstraction, un chiffre. Il en est de même dans les vieilles organisations syndicales. La bureaucratie, toute l’essence de l’organisation forme un monde supérieur échappant à l’ouvrier, flottant au dessus de lui comme le ciel.L’ouvrier est en face d’elles un chiffre, une abstraction. Il n’est même pas pour elles l’homme dans l’atelier; il n’est pas un être vivant qui veut et lutte. Remplacez dans les vieux syndicats, une bureaucratie constituée par un personnel nouveau, et en peu de temps vous verrez que celui-ci aussi acquerera le même caractère qui l’élevera , le détachera de la masse. Les quatre vingt dix neuf centièmes seront des tyrans placés à côté de la bourgeoisie. Cela résulte de l’essence de l’organisation.”

Les problématiques ont changé, mais la question syndicale reste posée. La citation ci-dessous est empruntée à Michel Rocard dans le numéro du Nouvel Observateur du 4 Juin 2015:

La principale raison de l’atrophie du PS, c’est l’absence de syndicats puissants dans notre pays…La cause initiale de l’évolution collective est un drame national d’une poignante atrocité: la Commune en 1871 qui se termine par 25000 tués et 25000 forçats durablement exilés. Tout ce qui dans la classe ouvrière française était alphabétisé et lettré disparaît. Les syndicats sont interdits et le patronat prend l’habitude de gérer absolument seul l’économie et le champ social. Et quand enfin nait plus tard, trop tard,, en 1898 un syndicat, l’appétit de puissance pour se défendre ou se venger est tel que tout parti politique, surtout s’il se dit socialiste, est un danger de trahison. Il prétend oeuvrer dans des institutions politiques pluralistes dont l’instrument de travail est le compromis, l’horreur dont les statuts de la CGT, déclarent l’indignité et exigent le rejet. Et lorsqu’enfin naît la SFIO en 1905, la CGT proclame le divorce sous la forme de la Charte d’Amiens. Les ouvriers ne rejoindront jamais le Parti socialiste. Il végètera avec des effectifs à peine égaux à 10% de ses congénères socio-démocrates en Europe.”

Les plus cultivés d’entre vous vont penser que les deux citations n’ont rien à voir entre elles. c’est sans doute vrai.
Mais mon intuition me dit qu’il y a là matière à réflexion, sur une question syndicale incontournable.

Pour Fatou, Aminata, Olga, Bana, Khadidja …

Elles sont arrivées un jour à notre permanence de la CIMADE.
Elles avaient entre 20 et 30 ans
Elles sont venues seules du Maghreb ou d’Afrique de l’Ouest, le plus souvent avec un visa de tourisme
Elles ont toutes trouvé du travail dans l’aide à domicile, la restauration…
Elles avaient refusé des mariages forcés, des vies de femmes uniquement vouées aux hommes ou à la maternité, à la famille.
Elles voulaient vivre libres, écrire, exercer un métier choisi par elles, ne pas se trouver enfermées dans un mariage sans amour…même avec un Français.
Elles portent leur fierté sur leurs beaux visages fatigués.
Elles travaillent dur, multipliant les petits boulots, attendant de gagner assez pour avoir droit à une carte de séjour mention “salarié”
Elles ne connaissent de Paris que certaines lignes de métro ou de RER, se depêchent de regagner leur petit studio, au fin fond de la banlieue, après leur travail.
Elles vivent dans une grande solitude en France : pas de bistrots, pas de squats, pas de famille, mais une vie entre quatre murs, entrecoupée de coups de téléphone “rassurants” à leur famille restée au pays.
Sortir, visiter Paris, faire les boutiques… c’est risquer des contrôles, des mauvaises rencontres et puis il faut avoir de l’argent et elles parviennent juste à survivre dans la dignité.
Elles viennent parfois de familles de la classe moyenne. Elles parlent parfaitement le français. Leur sort est moins douloureux que celui des Soudanais, Syriens, Erythreens… violentés dans leur pays, pendant leur long voyage et encore poursuivis par des gouvernements dits de gauche qui se cachent derrière les Accords de Dublin 2 ( L’asile doit être demandé dans le premier pays où l’on arrive) pour traiter ces gens comme des chiens galeux
Ces jeunes femmes sont des figures non médiatiques de ces immigré(e)s anonymes.
Leur seul tort est de vouloir choisir leur vie.
Les préfectures pondent des arrêtés de refus de séjour où l’argument majeur est qu’elles n’ont pas de famille en France !
Faudrait-il qu’elles fassent des enfants français avec n’importe qui ? Elles refusent et attendent leur carte de séjour comme un sésame libérateur.

Sempé ou comment dire l’essentiel en un dessin

Une bonne définition de la religion

Légende du dessin (un homme seul et tout petit dans une grande église) : “Quand tout le monde parle à tort et à travers, vous épie et surveille vos propos pour après les déformer, quel repos de s’adresser à quelqu’un, qui ne dit rien, ne vous voit peut-être pas, et probablement ne vous écoute pas.

Le sort des femmes fait-il partie des ” défis de la démocratie” ?

24 hommes et deux femmes pour en débattre.

Aux journées de Tunis sur les défis de la démocratie, il y aura des vieux briscards comme Pascal Boniface, Jean Daniel, Harlem Desir, Bernard kouchner, jack Lang, Hervé Morin, Plantu, Eric Woerth, Fethi Benslama etc…et deux femmes dont Selma Elloumu Rekik, ministre tunisienne du Tourisme.

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