Archive pour janvier 2016

Un nouvel antisémitisme ?

Il n’est pas nouveau.
Il est incroyablement identique à celui que nous avons connu enfants, à celui qu’ont connu nos parents.
Mon père me disait dans les années 50 :” l’antisémitisme ne disparaitra jamais. C’est pour cela que j’ai voulu que nous changions de nom.”
Je détestais ce pessimisme, ce fatalisme.
Pour la jeune fille que j’étais, La Shoah avait fait comprendre au monde la monstruosité de l’antisémitisme.
N’exagérons rien. nous n’en sommes pas là.
Mais l’antisémitisme notamment de la part de certains arabo-musulmans est là et bien là.
Et nous sommes démunis, comme nous l’étions dans les années 40.
Nous ne pouvons qu’assister impuissants à ce renouveau, nous habituer aux écoles juives gardées par des militaires surarmés et pour ceux d’entre nous qui sont agnostiques, laïques, non sionistes, découvrir des lieux juifs que nous ignorions grâce à la présence des soldats.
Il y a plusieurs attitudes face à la résurgence de ce phénomène :
1- Partir dans un pays sûr (?), Israël et se retrouver parmi les siens(!)
2 – Minimiser le phénomène et ne rien changer. ça leur passera
3 – Se retrancher dans la chaleur de la communauté et se plaindre
4 – Se planquer: qui pourrait imaginer que Régine Dhoquois est juivei

J’ai choisi , sans minimiser le phénomène toujours aussi incompréhensible à mes yeux, de ne rien changer, de croire que l’intelligence humaine finira par triompher, de continuer à affirmer ma judéité de naissance, mon agnosticisme, ma croyance en la laïcité, de refuser le communautarisme, d’espérer qu’il y aura un jour deux Etats pacifiques en Palestine.
J’ai choisi d’aimer ce rabbin de Chagall, même si je ne parviens même pas à lire La Genèse, parce qu’il est comme un papa bienveillant qui veille sur moi.

Femme féministe et juive, je continuerai à aider les migrants à la CIMADE, d’où qu’ils viennent.
Mais quand même, j’en ai gros sur le coeur.

Chagall

et j’aurais aimé avant de quitter ce monde avoir la réponse à cette question : pourquoi les juifs et plus généralement, pourquoi le racisme?

le premier droit des personnes : avoir une “chambre à soi”

containers transformés en logements

Le nombre de mal logés croît en France. le nombre de sans abri tourne autour de 150000 personnes
C’est en 1954 que l’Abbé Pierre lançait son cri d’alarme
Soixante ans plus tard, la situation est stagnante.
Mme DUFLOT, grande gueule écolo n’a rien fait contre ce fléau
Voyager à Oslo; à Londres…etc montre que des cités universitaires ont été construites dans des containers transformés et confortables.
Alors quel est le problème en France ? Une administration bloquée, des processus de décision à l’arrêt ? des Lobbies ? Des architectes sans imagination ? Ou tout simplement la bêtise, la paresse, la non attention à la cruauté du sort des SDF qu’il soient français ou étrangers?
Et pourtant, comment vivre sans une chambre à soi, comme l’avait écrit il y a plus de soixante dix ans Virginia Woolf à propos des femmes!
Comment un pays développé comme la France peut-il tolérer cette situation ?
Une bonne nouvelle cependant : A Calais des containers ont été installés pour accueillir quelques réfugiés mais bien sûr pas assez
Le logement aurait du et devrait être la priorité de tous les gouvernements qu’ils soient de droite ou de gauche.

Hymne à la liberté en général et des femmes en particulier

Dans notre livre :Un couple libre, Autobiographie conjointe (l’Harmattan, 2016)nous disons notre culte de la liberté.
Nous aurions aimé avoir des réactions à ce livre qui va à l’encontre des idées reçues en matière de fidélité dans le couple, d’adultère synonyme de mensonge. Ce culte de la liberté, c’est aussi l’affirmation de la nécessaire liberté des femmes.C’est ce que j’ai tenu à exprimer dans notre livre. Si liberté du couple il y avait, ma liberté de femme était l’égale de celle de mon compagnon.
Je ressens fortement en ce moment l’abandon par une certaine gauche de cette priorité : l’égalité entre hommes et femmes et l’affirmation de la liberté des femmes quelle que soit le contexte politique ou religieux.

Ce qui s’est passé dans les villes allemandes ou nordiques, ce qui s’est passé Place Tahrir au Caire, ce qui s’est passé à Tunis, montre à l’évidence qu’une grande partie des hommes dans les pays arabo-musulmans notamment refusent cette liberté.
Au XX1° siècle, c’est tout simplement aberrant et insupportable.
C’est pourquoi j’ai voulu reproduire des extraits de cet excellent article reçu via les réseaux féministes qui me parait dire mieux que je n’aurais su le faire, ce que je ressens.

Mariene Elie Lucas sur le site SIAWI : Secularism is a women’s issue fait une excellente analyse du phénomène d’occultation relative de ce “racisme”spécifique qu’est la mise au second plan de la liberté des femmes, par une partie de la gauche bien-pensante en Occident : “Un racisme sous-jacent, non explicité dans la gauche radicale, admet implicitement la différence infranchissable entre les civilisés et les sous-développés… Et sous cette altérité essentialisée, gît une inavouable hiérarchie: la gauche radicale, dans son aveugle défense des réactionnaires musulmans, accepte implicitement qu’il est normal qu’une situation d’oppression engendre une réponse d’extrême droite chez les non-européens…nous ne sommes clairement pas dignes d’y apporter des réponses révolutionnaires…Tout cet intégrisme s’est développé , des années 70 aux années 90 en Algérie, en commençant de la même façon par mettre en cause les droits des femmes, et leur existence dans l’espace public, sachant trop bien que les gouvernements n’hésitent pas à monnayer les droits des femmes en échange du maintien d’une paix sociale avec l’intégrisme…
Que la gauche et bien trop de féministes s’en tiennent à la théorie des priorités(exclusive défense des émigrés – rebaptisés musulmans- contre la droite occidentale capitaliste) est une erreur fatale dont elles répondront devant l’histoire…
A ce boulet conceptuel de la gauche (l’ennemi principal vs l’ennemi secondaire) s’ajoute une autre théorie des priorités, celle issue des organisations de droits humains : une implicite hiérarchie des droits fondamentaux selon laquelle les droits des femmes viennent loin après les droits des minorités, les droits religieux, les droits culturels…

http://www.siawi.org/article1059.html

Dialogue sur l’histoire

Régine : Que penses-tu de cette phrase de Peter May, dans un excellent polar (Les fugueurs de Glasgow, Le Rouergue Editions) : “La seule chose que nous apprenons de l’histoire, c’est que nous n’apprenons rien de l’histoire.” ?
Guy : En effet, nous n’apprenons rien de l’histoire. L’histoire n’a rien à nous apprendre. Nous savons déjà tout.
Régine : Si nous savons déjà tout, pourquoi répétons-nous toujours les mêmes erreurs ?
Guy :L’erreur est nécessaire
Régine : Mais il ne s’agit pas de simples erreurs mais de crimes, de guerres, de génocides…
Guy : Le crime est la pire des erreurs que l’être humain puisse connaître. Notre histoire est pleine de crimes.
Régine : Il s’agirait donc d’une fatalité ?
Guy : Il n’y a pas de fatalités, il n’y a que des déterminismes.
Régine : Qu’entends-tu par déterminismes ?
Guy : Ils sont multiples et ils commencent par l’affrontement avec la nature.
Régine : Mais dans ce cas, il s’agit de la nature humaine ?
Guy: Non, il s’agit de la nature non humaine. L’être humain n’a pas de nature. Il ne connait que des conditions historiques.
Régine : Cet affrontement avec la nature est-il criminel ?
Guy : Il le devient malheureusement de plus en plus mettant en cause l’existence elle même. La nature n’en peut plus.
Régine : Mais là, tu contournes le problème des aspects criminels de la conditions humaine.
Guy : Bien au contraire nous avons là un cas majeur où nous pouvons tirer des leçons de l’histoire la plus proche de nous.
Régine : Tu tires donc des leçons de l’histoire
Guy : Et bien oui. Nous avons là un cas très clair où nous tirons des leçons de l’histoire mais il y faut un raisonnement.
Régine : Lequel ?
Guy : Il y en a de nombreux, mais ce que l’on peut dire, c’est que si l’on ne raisonne pas il n’y a aucune leçon
de l’histoire.
Régine : Comment peut-on raisonner sur ce qui s’est passé -entre autres- le 13 Novembre à Paris ?
Guy : Là encore, il y a de multiples raisons dont l’une est l’échec historique de l’Islam face au monde occidental.
Régine : Et la colonisation ?
Guy : le fait qu’elle ait été possible était un échec pour les pays musulmans. C’était un crime qu’il ne s’agit pas de recommencer.

A suivre…

Guy est historien.

Bonne année

l'auteure de ce blog vous souhaite une très bonne année 2016