Réunions à la base (2)

Julien : Nous sommes cinq. J’en ai marre. On ne peut pas continuer comme çà !
Antoine : Être ou ne pas Être
Colette : Finalement, à part Raymonde, nous sommes venus parce que nous n’avons pas été élus au CA. Alors, imaginez, si on avait été élus !Fin de l’histoire
Raymonde : De toutes manières, être seul, c’est le meilleur moyen de devenir chef, non ?
Julien : Ce n’est pas faux. Quand on voit le nombre phénoménal d’associations en France, on se demande si ce n’est pas le résultat des micro-batailles pour le pouvoir. On se bat, on perd, on part, on crée une autre association et voila le travail.
Colette : si les gens ne viennent pas, c’est soit parce qu’ils s’en foutent des droits de l’Homme, soit parce que nous ne savons pas les motiver. La question est : notre action peut-elle contribuer à changer des choses ? Moi, je crois que oui mais en même temps je me sens dans une impasse :la base est là pour permettre à l’organisation d’exister sur le terrain. Si elle ne parvient pas à le faire, sa seule utilité est de permettre formellement la mise en place d’organes de direction, qui sont les seuls à pouvoir agir. Le seul espoir du militant de base, s’il veut agir est alors d’arriver au sommet. CQFD.
Raymonde : En partie lucide, en partie excessive. La seule alternative à ce type de fonctionnement, c’est la démocratie directe ou l’autogestion. Il faut beaucoup d’intelligence et de compréhension pour y parvenir. Ce sera dur. La seule possibilité, c’est cette démocratie mal foutue qui reflète aussi notre manque d’imagination, d’idées nouvelles, de moyens de lutter contre la connerie. Alors démocratie mal foutue ou dictature ?

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