Archive pour mars 2017

Soyons réalistes, demandons le possible !

J’ai trouvé amusant de mettre côte à côte ces deux citations de Winston Churchill et Christophe Colomb.
Je garde au fond de moi l’illusion de la possibilité d’un socialisme à visage humain.
Mais je suis lasse de voir ce terme utilisé n’importe comment.
Le socialisme, ce serait l’appropriation publique des moyens de production et leur redistribution selon les besoins (et les mérites ?), par le biais de groupes autogérés….Mais comment éviter que cette appropriation publique ne conduise à la toute puissance de l’Etat, à la corruption, à une forme de dictature … Personne n’a trouvé la solution pour le moment.
Je ne suis ni marxiste, ni politologue… Je suis une vieille dame qui mourra sans comprendre -entre autres- les génocides…
Se revendiquer de la possibilité du socialisme, c’est poser comme hypothèse que les êtres humains sont bons par nature et ne deviennent mauvais que s’ils sont maltraités par la société. C’est en partie vrai, c’est en partie faux.
Penser cela, c’est oublier la coexistence du bien et du mal en nous mêmes.
La citée socialisée-politique- doit gouverner en tenant compte de cette dualité (qui est aussi la sienne)
Le régime politique n’est qu’un aspect de nous-mêmes…Le régime c’est nous, il n’est pas assis sur le vide, mais sur une chaise, la chaise c’est nous. Tout expliquer par la faute du régime nous a servi à nous absoudre de nos propres responsabilités…Nous nous comportons avec le régime comme s’il était venu par la mer…Le régime est un aspect de notre échec..” (Kamel Daoud, interrogé par El Watan le 19 février 2017)
Il nous reste d’immenses choses à faire : Faire passer dans la réalité les grands principes établis par la révolution française entre autres, réguler le libéralisme par des accords mondiaux et last but not least : apprendre à s’empêcher de pencher du côté du mal.
On ne construit pas une société plus juste en refusant le dialogue, en ignorant son voisin, en méprisant tout ce qui est autre
Soyons réalistes, tentons d’obtenir de nous-mêmes l’impossible !

C’est quoi le socialisme ?

Christophe Colomb fut le premier socialiste : il ne savait pas où il allait, il ignorait où il se trouvait…et il faisait tout çà aux frais du contribuable.” Winston Churchill

Réponse de Christophe Colomb :” On ne va jamais aussi loin que lorsque l’on ne sait pas où l’on va.”

“Nous n’avons pas les moyens de nos émotions” (Hubert Védrine sur France Inter)

A propos de l’Europe :
L’Histoire de l’Europe est pleine de bruit et de fureur.
Pour la génération de la guerre, la construction de l’Europe était vraiment la réalisation d’un rêve de paix, de dialogue entre les nations, de prospérité.
Sortir des nationalismes étroits, organiser les premiers échanges Erasmus dans nos universités, voir s’éloigner le spectre d’autres guerres, assister de notre vivant à l’entrée dans l’Europe des ex-pays du Bloc soviétique, oui c’était un rêve.
Le Non français et néerlandais au referendum de 2005 sur une constitution pour l’Europe a été le premier signal d’alerte. Ce Non montrait paradoxalement de la part des Français un intérêt pour l’Europe. Puis il y a eu le Brexit, en passant par les discours de l’extrême droite populiste, partout en Europe, jusqu’aux refus d’accueillir des réfugiés ,de la part de la Hongrie notamment, sans qu’aucune sanction ne soit prise.
Hubert Védrine a raison. Nous n’avons pas eu les moyens de nos émotions. Les nationalismes sont toujours là, le refus des “étrangers” (…) le repli sur soi renaissent un peu partout. Tout cela n’avait sans doute jamais disparu.
Faut-il abandonner le rêve. Sans doute. Les rêves vous mettent hors de la réalité et celle-ci a vite fait de vous rattraper par surprise.
Ce n’est plus à nous, les vieux, de mener ce combat pour une Europe équilibrée, sociale, pas trop bureaucratique, capable d’imposer à ses membres le minimum de règles sociales. Mais nous pouvons au moins jouer le rôle de lanceurs d’alerte : si l’Europe s’autodétruit, ce n’est pas seulement nos rêves qui disparaitront, ce sont peut-être nos pires cauchemars qui se réaliseront.
Construire peut être le fruit d’un travail long et acharné. Détruire peut être l’oeuvre d’une seule journée.” Winston Churchill

Combat féministe : les viols systématiques en République Démocratique du Congo

Le centre Primo Levi qui s’est spécialisé dans l’accueil des victimes de torture, de violences, de viols vient de publier un document remarquable sur le viol systématique des femmes notamment dans l’est de la RDC .
On connaissait déjà la Clinique du viol dirigée par le Docteur Denis Mukwege, où l’on tente de réparer les victimes.
Il semble que depuis 2013, les viols de femmes, d’enfants, de bébés aient repris de plus belle.
Voici un extrait du document publié par le Centre Primo Levi :
La cruauté et l’inhumanité des actes subis par nos patients dépassent l’entendement. Souvent, maris, frères, pères et enfants sont obligés d’assister aux viols, voire d’y participer. D’autres fois, des jeunes filles sont capturées, enrôlées de force afin de servir d’esclaves sexuelles ou “d’épouses” de soldats. Traumatisées, souvent rejetées par leurs familles qui les considèrent désormais comme impures, ces filles doivent également subir les risques sanitaires que ce type d’exactions implique : grossesses, hémorragies internes, exposition accrue aux MST.” ( www.primolevi.org/le-centre-2)
Combattre le sexisme, le mépris des femmes dans l’éducation, dès l’acquisition du langage, dans l’utilisation des stéréotypes, c’est aussi participer à notre petit niveau à ce combat contre l’horreur.

Le 8 mars, le féminisme est tendance…

couverture de ELLE du 3 mars 2017

La délicieuse et talentueuse Virginie Effira arbore ce tee-shirt en couverture de ELLE, cette semaine du 8 Mars, Journée internationale des femmes.A l’intérieur du magazine, il y a un article qui s’intitule :”Simone de Beauvoir, Pop Star“, illustré par des mannequins enturbannés.
Loin de moi l’idée de dire du mal de ce magazine agréable et où des journalistes comme Dorothée Werner font un excellent travail.
Mais après le 8 mars, il faudra continuer le combat. Relevons nos jupes mes soeurs, il y a du boulot pour éradiquer le sexisme, les violences envers les femmes, le Mansinterrupting, l’absence de parité etc.
L’écrivaine Chimamanda Ngozi Adichie vient d’écrire un Manifeste pour une éducation féministe.(Gallimard). J’en extrais quelques phrases :
Sois une personne pleine et entière, Ne te définis pas uniquement par le fait d’être mère.”"Bannis le vocabulaire de l’aide pour le père de ton enfant. Il fait ce qu’il doit faire.”Considère ta fille comme une personne, pas comme une fille qui devrait se comporter comme ci ou comme çà.”Au lieu de laisser ta fille intérioriser les rôles de genre, apprends lui l’autonomie.”
Ce petit livre devrait être enseigné à l’école .
Mais il y a une phrase qui m’a particulièrement ravi : “Bien sûr que je suis en colère. Le racisme me met en colère, le sexisme me met en colère. Le sexisme me met plus en colère, parce que dans ma colère contre le sexisme, je me sens souvent seule.”
Je me suis sentie très seule quand le présentateur Nagui (par ailleurs intelligent et plein de bonnes intentions) s’est écrié devant deux jeunes femmes charmantes qui participaient à son émission :”Que vous arrive-t-il Messieurs, ces femmes sont très jolies et pourtant célibataires! Mon époux depuis 55ans qui a partagé mes combats féministes (entre autres) a dit :” C’est vrai qu’elles sont jolies”...et ça m’a fichu en colère. Parce que comme le dit Chimamanda, c’est très perturbant de s’apercevoir que des êtres très proches ne voient pas le sexisme dans certains propos. Regrette-t-on que des hommes “jolis” soient célibataires ? Non.
Je finis ce (trop) long article sur une citation de Chimananda :” Ne présente jamais le mariage comme un accomplissement..Les hommes ne sont pas conditionnés de la même manière, ce qui peut entraîner un grave déséquilibre.
A suivre