Archive pour avril 2017

Mélenchon ou les ravages du narcissisme en politique

Il représente le fameux système qu’il vilipende tant, l’homme qui a fait toute sa carrière dans la politique, qui se prend pour un Chef charismatique , qui est incapable de dominer sa passion narcissique etc… Un populiste de gauche (?) partisan du repli frileux et de l’Alliance bolivarienne…
Ce gourou qui sait parler aux foules a transformé ses aficionados en membres d’une secte, incapables de prononcer le nom de Macron et risquant ainsi de participer à la victoire de Le Pen.
Il m’arrive – malgré mon amour de la France- de haïr ce pays où les collabos ont fleuri dans les années 40 .
Il ne faut jamais oublier que Deat venait de la SFIO et Doriot du PC. Ils ont été tous deux collabos.
Comparaison n’est pas raison .
Mais plus le temps passe, sans que les soi disant “insoumis” prennent position, plus ils se transforment en collabos du néo-fascisme.

Photo : Jacques Doriot, membre du PCF de 1924 à 1937
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Aux prises avec mes contradictions Place de la Nation.

La place de la nation : projet vert

La mairie de Paris a décidé de transformer la place de la Nation en grand jardin et d’y réduire de 57% la circulation automobile.
Des blocs de ciment blancs et moches ferment les avenues et réduisent les files de voitures sur la place.
Mon premier réflexe en tant qu’habitante de ce quartier,propriétaire d’une petite voiture qui dort dehors, c’est de me révolter contre ces abrutis d’écolos et leur cheftaine.
Vais-je pouvoir continuer à me garer dans la rue dans un quartier sans parkings ? Pourquoi ajouter des jardins alors qu’il y en a déjà ? N’y avait-il pas plus urgent, par exemple loger correctement les demandeurs d’asile et fournir des abris aux SDF ? etc …
Pour moi qui y suis née et y ait vécu depuis plus de 70 ans, Paris est une ville avec des voitures,des embouteillages, une ville sale, un foutoir où ça bouge, ça fait du bruit. C’est le contraire de la campagne.
J’engueule une jeune femme qui s’émerveille devant les barbouillages (verts) de ses enfants sur les blocs de ciment.
Je manque de me faire écraser par un mec en vélo qui prend une rue à contresens sans aucune mauvaise conscience en plus
J’évoque ces minutes interminables passées à tenter de me garer pas trop loin de chez moi depuis plus de 30 ans que j’habite ce quartier. Et ça va être pire.
Bon sang, je suis vieille, fatiguée. Ma petite voiture est un havre de paix. Qu’a donc ce petit Hidalgo contre les voitures ?
Et pourtant j’ai fait des efforts : je fais comme si je n’avais pas peur de me faire renverser par une trottinette, un skate, un vélo sur le trottoir. Je m’efforce de marcher droit …
Quelque chose en moi me dit que je deviens vraiment vieille à vitupérer ainsi. Quid de la pollution, de la disparition des petits oiseaux, des jeunes qui ne jurent que par leur téléphone et les trucs à roulette ?
J’ai lu que la mairie va nous distribuer des plantes pour que nous puissions jardiner. C’est une bonne idée de jardiner “tous ensemble”. On va peut-être même réussir à se parler et participer à notre petit niveau à la lutte contre le réchauffement de la planète (sic). Enfin les autres, parce que moi, je ne peux plus me baisser.
Puis ma colère revient, contre les marches dans le métro qui excluent les handicapés et les vieux, l’absence de prévisions pour les parkings, les jardins pour les bobos et les blocs de pierre pour les migrants…
Qui a raison ? qui a tort ?
Gouverner c’est tenter de concilier l’intérêt général et les intérêts des uns et des autres…en même temps., dans la mesure du possible.
Je veux bien coopérer mais je ne capitulerai pas sur un point : J’ai besoin de ma voiture quand je suis trop fatiguée, quand je pars en vacances.Dusse-je faire cent fois le tour de cette place pour me garer.
En écrivant ce petit article, je voulais juste donner un petit exemple de la difficulté de gérer les conflits, les contradictions présentes dans toutes les sociétés humaines.
Chacun doit tenter de raisonner dans l’intérêt général mais celui qui tranche ne doit pas le faire sans avoir pris la mesure des besoins légitimes de tous ses citoyens.
Il n’y pas d’alternative si nous voulons rester en démocratie.

De quelle catégorie relève ce blog ?????

Il ne relève d’aucune catégorie.
Les catégorisations sont indispensables pour les sciences exactes. Elles prennent le risque d”être caricaturales quand il s’agit d’un être humain.
Je suis femme, militante, féministe, juive, athée, libertaire, réformiste, sociologue, juriste, petite, vieille…etc
Un trouble dans l’identification -comme dirait Judith Butler (sic)*-m’habite et c’est finalement plutôt sympa.
Les éventuels lecteurs ne trouveront aucune recette, aucune certitude et mon blog ne sera jamais suivi par Treize millions de personnes , sniff.
En fait j’écris ce blog pour y voir plus clair dans mon cerveau en désordre. Je devrais peut-être l’intituler comme cela.
Que se passe-t-il quand un cerveau en désordre rencontre le désordre politico-social et les contradictions humaines ?
Cela peut donner le pire, le fascisme par exemple, comme le meilleur, un essai de réflexion sur les contradictions.

* Allusion à “Trouble dans le genre”

En Jordanie, j’ai rêvé d’un monde en paix

Dans ce pays pour le moment préservé de la folie humaine, j’ai vu des femmes avec des foulards et d’autres sans.
J’ai vu les enfants des écoles visiter les sites historiques de leur pays avec enthousiasme et gaieté
J’ai pu parler sans tabous avec mon guide Mahmoud, à moitié palestinien, du conflit israélo-palestinien. il m’a raconté l’histoire d’une négociation sur un canal reliant la mer rouge à la mer morte, qui dure depuis 20 ans. Ce canal sauverait la mer morte et permettrait à la Jordanie de remplacer en partie l’eau du Jourdain accaparée par Israël.
J’ai apprécié cette culture arabo-musulmane, ces salamalecs sympathiques, ces douces soirées à Petra ou Amman où personne ne songe à déranger une femme seule qui dine en terrasse.
Ce pays magnifique avec ses déserts,sa capitale répartie sur 25 collines, ses vallées verdoyantes offre dans des sites bien aménagés, des siècles de culture, nabatéenne, héllénistique, romaine, byzantine…
Ce court voyage m’a permis d’oublier un peu les querelles parisiennes stériles et obsessionnelles sur l’identité, l’Islam etc.
Tout à coup, tout paraissait simple.
Je ne suis pas dupe: je devine la misère, l’intolérance, l’absence de liberté d’expression etc… Tout est relatif
Mais ce que ces longues conversations avec Mahmoud ,dans ces paysages à couper le souffle,m’ont apporté, c’est une forme de paix , sans illusions, avec le monde arabo-musulman.

A gauche, Mosaïque byzantine à Mabata, A droite, sculpture hellenistique près d’Amman
Au milieu, Théatre romain à Jarash
A gauche en bas, jeunes filles dansant à Jarash. A droite en bas, Les sept piliers de la sagesse dans le Wadi Rum

“En même temps”

C’est un jeune homme poli, bien élevé, pas vraiment affriolant mais quel autre choix avons nous quand on ne croit pas au revenu universel, quand on souhaite reconstruire l’Europe et non la détruire, quand on veut tenir compte de l’absence de perspectives dites socialistes dans ce monde ici et maintenant.
Outre cette absence de choix face à la menace Le Pen /Fillon, Macron parle un langage que je comprends : ce “En même temps” qu’il emploie souvent, objet de moquerie de la part de journalistes peu attirés par les discours contradictoires, est une source d’espoir.
Concilier la mondialisation, la construction européenne avec la défense des plus démunis, concilier l’expansion d’un nouveau mode de production (capitaliste bien sûr) et sa nécessaire fluidité avec un code du travail moins contraignant mais toujours protecteur, réconcilier la société civile et la classe politique…etc nécessite de ne plus raisonner par idées simplistes ou apparemment “révolutionnaires”.
C’est un pari difficile auquel semble vouloir s’attaquer Macron, celui de mener à bien les nécessaires transformations économiques sans faire disparaitre complètement les droits sociaux acquis.
Il lui faudra mener en même temps une politique libérale et une politique sociale qui ne détricote pas trop les droits acquis . Il lui faudra essayer de moderniser le travail tout en évitant de jeter les nouveaux travailleurs “indépendants” dans un processus “d’uberisation” sauvage.
Tout ceci doit se faire “en même temps”. Cela s’appelle le Réformisme