Archive pour décembre 2018

Attention, Publicité

J’ai écrit ce petit livre sur mon père
-parce que je voulais laisser une trace de la vie “ordinaire” de David Cohen qui eut 20 ans en 1914 et 45 ans en 1939
- parce qu’il avait laissé des cartes postales de la grande guerre et des lettres des années 40. (Pourquoi l’aurait-il fait s’il ne souhaitait pas transmettre ?)
– parce que je n’ai jamais trouvé le temps ni le moyen de lui dire que je l’aimais, malgrè ses “Allons Bon” et ses accès de mauvaise humeur
– parce que je voulais tenter d’expliquer comment un nom peut modifier le cours d’une vie, dans le mauvais (ou parfois le bon) sens.
Ce fut le cas de mon père, Ce fut en plus petit mon cas et malheureusement c’est encore le cas pour des Lévy, Coulibaly, Belkacem etc…
A partir de la trajectoire de vie de mon père, qui a fini par changer son nom juif en 1958, ( tout en restant croyant) je souhaitais aussi convaincre certaines personnes de tous bords politiques que l’on peut se sentir juif sans être religieux. Les processus d’exclusion, de discrimination séculaire, finissent par forger un autre rapport au monde, une forme de désespoir optimiste (ou le contraire), une colère retenue qui n’ont souvent rien à voir avec la religion ou un quelconque communautarisme.

(Vous pouvez le commander sur : commande@harmattan.fr)

Quand l’absence de Chef(s) fait peur

Je n’aime pas les gens qui veulent être chefs. Ils se reconnaissent très vite : ils parlent beaucoup pour ne rien dire, ils savent, Ils s’introduisent, expliquent que “c’est dans les statuts” et qu’il nous faut être représentés dans le Conseil truc-muche de l’association machin etc …
Et comme un chef n’est rien tout seul, il faut un vice-chef, un sous-chef…etc
En cela, le Mouvement des Gilets jaunes est intéressant. Ils ne s’estiment pas représentables. On prend le tout ou rien.
C’est plutôt sympathique.
Mais c’est là que la “démocrate” que je suis ne peut aller jusqu’au bout de son refus des chefs.
Peut-on imaginer une démocratie sans représentation, fondée sur des référendums d’initiative citoyenne, une absence de leaders et même des positions contradictoires ou changeantes ?
Ce serait l’idéal dans une société formée d’êtres généreux, intelligents, qui auraient conscience de ne pas détenir la vérité…
Ce serait suicidaire de penser qu’une telle société est possible dans un monde injuste, où les plus stupides des citoyens trouveront le moyen de dévoyer le système, de trouver des bouc-émissaires à leurs frustrations (par ailleurs justifiées)… Bref cessons de rêver.
Une telle société est impossible.
Reste le “despotisme représentatif” qui a le mérite d’établir une forme de paix…. jusqu’à la prochaine explosion qui celle-ci aura peut être un Chef auto -désigné peut-être démocrate, peut-être fasciste.

Quand deux arrogances se rencontrent… ça pète et ça ne sert qu’aux extrêmes

Inutile de revenir sur l’arrogance de Mr le Président Macron et de ses ministres. Ils semblent parfois vivre dans un autre monde.
En face, il y a des supposés “braves gens” qui galèrent mois après mois pour survivre.
Les salaires trop faibles, les CDD, les interim …ne leur permettent aucun extra.
Cette colère contre des conditions de vie difficiles ne pouvait susciter au début de leur mouvement que de la sympathie
Mais cette sympathie a ses limites : ce n’est pas juste le chaos dans les beaux quartiers de Paris (dont je veux croire qu’il n’est pas de leur fait), qui me fait douter, c’est leur… arrogance quand ils disent : nous manifesterons où nous voulons, nous ne voulons plus de taxes, nous ne voulons pas désigner de représentants, c’est le peuple qui s’exprime, Macron démission etc…
En même temps” ils ont dénoncé des migrants cachés dans un camion citerne, ils sont majoritairement blancs, ils se croient au dessus des lois en refusant un parcours de manifestation qui permette la coexistence avec les parisiens qui ne sont pas d’accord avec eux, avec les touristes qui ne leur ont rien fait, ils refusent de désigner des représentants prêts au dialogue, ils vont tmême semble-t-il jusqu’à menacer ceux qui oseraient dialoguer.
La démocratie est le pire des régimes… à l’exception de tous les autres et en particulier le gouvernement du peuple par le peuple n’a jamais marché. Le peuple est pluriel et le pouvoir forcément obligé de tenir compte des contradictions au sein du peuple.
L’arrogance du pouvoir libéral qui favorise les riches contre l’arrogance de ceux qui se sentent exclus des bienfaits du capitalisme ne peuvent que provoquer des haines, des jalousies, des racismes et des frustrations, et faire le lit du populisme voire du fascisme.
C’est aux arrogants qui ont le pouvoir de faire le pas qui permettra le début d’un dialogue. En sont-ils capables ? Je l’espère
Mais il faut être deux prêts à s’écouter et à savoir qu’ils ont peut-être tort sur tel ou tel point, pour dialoguer.
L’avenir le dira

De la la perfection (Guy Dhoquois)

Guy Dhoquois

Poême de Guy Dhoquois publié sur son blog (auteurs.harmattan.fr/guy-dhoquois) : La perfection

La perfection n’a qu’un défaut la perfection
La perfection n’a qu’un défaut elle même
Seule l’imperfection rend possible le mouvement

J’ai beaucoup de questions et peu de réponses
J’ai donc beaucoup de questions sans réponse
En fait de moins en moins
Je me pose de moins en moins de questions

Le vieillissement invite à la régularité
Et à la modestie
Je tente de nettoyer chez moi
Le bête et le méchant

C’est un peu tard
Je me compare parfois à un poussin poussah
L’oeil entend
Le génie est seul
Même le petit génie

Macron, Kafka et l’autre côté de la rue


Beaucoup se plaignent que les paroles des sages fussent toujours des paraboles dont on ne pouvait se servir dans la vie quotidienne, la seule que nous ayons. Quand le sage dit : “Va de l’autre côté”, il ne veut pas dire qu’il faut traverser la rue pour aller de l’autre côté, ce qu’on pourrait du moins faire si ce qu’on obtenait en faisant le chemin avait quelque valeur. Mais il veut parler de quelque chose de légendaire, quelque chose que nous ne connaissons pas, que le sage lui-même ne peut pas désigner plus précisément et qui donc ne nous aide en rien.” (Parabole de Kafka citée par Nicole Krauss dans son livre Forêt obscure)