Archive pour juillet 2019

La liste de mes colères

Dans ma longue vie j’ai traversé diverses périodes : Ma période rouge celle de la révolte , du militantisme, des adhésions, des réunions, des manifs etc …..
Puis il y a eu la période blanche, celles des questionnements, des contradictions insolubles
il y a eu les périodes noires, celles des amertumes et du pessimisme
Bientôt octogénaire, voici revenue la période des saintes colères, des maudites colères sans doute inutiles, mais je suis née avec et je mourrai avec.
Elles ont le mérite de me maintenir dans une relative forme jusque là !
J’en fait ici une liste décousue. J’en reprendrai certains éléments plus tard. Il y en a de minuscules, il y en a de terribles. Les premières ne sont sans doute que l’embryon des secondes

-Les catégorisations trop rapides
-les enfermements dans une identité,
- Les identités meurtrières
– l’obsession du genre (gender!)
- les racismes
- l’antisémitisme
-Les querelles d’Ego
-l’absence de dialogue, les gens qui ne vous écoutent pas,
- les petits et grands chefs ou cheftaines,
-l’interdiction de montrer ses cheveux
-le gauchisme
- l’impolitesse, la grossièreté,
-les groupes de plus de trois personnes,
- l’absence de politique du logement social,
-la fabrication de lois dont on ne sait pas comment et par qui elles vont être appliquées
- les stéréotypes sur les femmes et les hommes
-les intellos et les idées à la mode comme l’identitarisme,
- le MOI JE,
- l’impossibilité légale de l’interruption volontaire de vie
-l’absence de planification,
-l’interminable conflit israélo- palestinien et l’absence de volonté de dialogue
-toutes les formes d’exclusion contre les vieux, les gros, les handicapés, les pauvres,les riches, les moches, les blancs, les colorés, les homos..:
-les hommes qui ne foutent rien pendant que les femmes s’agitent,
-les faux amis
-la bureaucratie inutile
- les gens qui refusent d’aller au fond de l’autobus ou du métro
-les gens qui regardent leur téléphone au lieu de râler quand c’est nécessaire
- le traitement des migrants

Les êtres humains sont à la fois bons et mauvais. Ce n’est pas simple. Mes colères sont souvent disproportionnées mais l’absence de colère qui se défoule anonymement sur la toile est pire.
J’y reviendrai

-

“Non, non je ne suis jamais seule avec ma solitude….”

En rangeant les papiers de Guy, mon compagnon disparu il y a maintenant trois mois, j’ai retrouvé un texte qu’il avait écrit en Avril 1968 qui m’a profondément ému. Je suis incapable d’écrire un poême. Je veux faire comme si ce poême était aussi le mien. Je le reproduis ici avec ses imperfections et sa belle tendresse, celle que j’ai ressenti pour lui pendant toutes ces années:

Un vent frais
Me secouait
Et je pensais à toi
Ce fut un moment imprévu
Une surprise inouie quand j’y pense
J’étais là sur le lit
Me réveillant lentement
Et le vent me secouait
Comme un gros chien
Avec un museau tout frais
C’était un peu comme la naissance du printemps
Et je pensais à toi
Tout de suite
Dans ma vie tu es le printemps
L’éternel printemps
L’aurore L’espoir
Nous avons toujours progressé jusqu’alors
Ensemble
Un jour viendra où nous déclinerons
Et que ce soit ensemble
Adoucira notre peine
La rendra supportable
Ne changera rien à la réalité
Mais tu resteras le printemps
L’éternel printemps
Car tu l’es pour autre chose
Que pour toi que pour nous
Je t’aime car au fond
tu es plus grande que toi
Tu te fais devant moi
Un peu grâce à moi
C’est merveilleux un être qui se fait
Tout en restant jeune
Tout en étant de plus en plus jeune
De la jeunesse qui compte
Celle de l’espoir qui n’est pas illusion
Celle de l’éternel printemps

Savoirs, savants, sachants (par JF)

Ce texte m’a été envoyé par une amie JF. Je le publie volontiers parce qu’il correspond à l’une de mes interrogations : Comment marche le cerveau de ceux qui SAVENT ?

Nous sommes tous dépositaires de savoirs, qui nous guident dans notre vie.
Savoirs de toute sorte : conscients ou inconscients, vrais ou faux.
Et puis il y a “ceux qui savent”.
Ou qui le prétendent.
Cela attire, cela séduit. Mais comment discerner le vrai du faux ?
That’s the problem.

Aujourd’hui j’essaie de comprendre ceux qui énoncent, avec une autorité qui impressionne, qu’ils savent. Ils sont nombreux, et potentiellement dangereux.
Souvent, ils font plus confiance aux médecines alternatives, par exemple, qu’à la médecine officielle.
La médecine officielle : une institution qui, comme toutes les institutions, a des failles.
Les sachants s’y infiltrent, pour se décerner un certificat de “je ne m’en laisse pas conter, moi”. C’est le narcissisme de la dissidence.
Et, pour mieux asseoir leur supériorité supposée, ils vont aller piocher dans les médecines alternatives.

Ceci m’est venu après avoir enfin parcouru hier une pub qui m’agressait tous les jours, en haut de mon écran : As-tu de l’arthrose ? .
Bien sûr, j’en ai, hélas ! du coup, à la retrouver tous les jours, la curiosité m’est venue. J’y suis allée.
Une longue histoire a défilé, avec beaucoup d’incidences, de détours, pour m’expliquer que j’avais eu tout faux jusque-là, en m’entraînant dans un suspense toujours renouvelé, faisant force citations scientifiques, de çà de là, au milieu d’un discours combatif, quasiment agressif, comme pour déstabiliser le lecteur, avant de lui asséner la révélation finale (en l’occurrence, le bienfait du curry).
J’ai reconnu une pub où je m’étais déjà égarée, mi-fascinée par son savoir-faire, mais agacée d’y perdre du temps.

Le syndicalisme réformiste va-t-il être obligé de se “radicaliser” pour être écouté ?

Depuis quelques années,la CFDT avait enfin réussi à jouer un rôle dans la négociation sociale et était même devenue la première centrale syndicale en termes d’adhérents et de votants.
Depuis l’arrivée de Mr Macron et de ses amis au pouvoir, la négociation semble être en panne.
On a vu le Président dialoguer avec les Gilets jaunes . On le sent réticent vis à vis des syndicats et notamment de la CFDT. Elle ne fait plus peur , alors pourquoi perdre son temps à l’écouter.
Même si les auto-entrepreneurs vrais ou faux sont en augmentation, les salariés en CDD, intérimaires etc…n’ont pas disparu. Leur force de travail continue à alimenter le PIB. Or ils n’ont à ma connaissance que les syndicats pour les défendre.
De manière paradoxale, les révoltes y compris pour l’augmentation des salaires ne s’adressent plus prioritairement aux employeurs mais à l’Etat !
Or celui-ci ne détient que le pouvoir d’augmenter ou non le SMIC . Tout le reste : les conditions de travail ( Il y aurait plus de dix personnes principalement des ouvriers qui meurent chaque semaine d’un accident du travail), les salaires négociés dans les branches, l’assistance en cas de licenciement …etc sont du ressort des syndicats.
Des partis d’opposition en miettes, des syndicats inaudibles et méprisés, les contre pouvoirs indispensables risquent de disparaitre. La faute n’en revient pas seulement à la politique gouvernementale mais aussi à l’absurde multiplication des syndicats et à cette étrange manie des salariés français qui consiste à ne pas y adhérer ( 8 à 9% des salariés sont syndiqués)
S’il faut semer la pagaille dans les rues pour se faire entendre, la CFDT doit-elle abandonner le réformisme qui rime avec social-démocratie , pour se radicaliser contrairement à son ADN ?
On est en pleine contradiction .

Réflexions primaires sur la solitude


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Je connaissais la solitude depuis longtemps au cinéma, dans les expositions, sur la plage, au bistrot etc…mais je savais que quelqu’un m’attendait chez moi à qui je raconterais mes “aventures”.
Depuis trois mois, Je fais l’expérience de la vraie solitude, celle où personne ne vous attend à la maison, où personne ne partagera votre repas, ou personne ne vous aidera si vous tombez…(cf l’article où je cite Joan Didion, L’année de la pensée magique)
Il y a des milliers, voire des millions de gens comme moi.
Ce qui m’intéresse dans ce phénomène c’est la manière dont Les Autres accentuent volontairement ou non notre solitude.
Comme ils sont fâcheux les gens qui ne supportent pas votre solitude !
Il y a les commerçants qui vous regardent avec un vague mépris quand vous achetez une sole au lieu des deux habituelles ou du Plateau de fruits de mer…Il y a quelques voisins âgés avec qui vous échangiez habituellement des propos sur le climat, qui vous fuient comme si le deuil était contagieux… Il y a l’absence de regards habituelle envers les vieux mais qui blesse encore un peu plus quand on est vraiment seul…
Un écrivain norvégien Kjell Askildjen a écrit des nouvelles magnifiques sur la solitude des vieux (Cf Les dernières notes de Thomas F., Le Serpent à plumes, 2001). Dans une nouvelle intitulée :Les gens des cafés, le narrateur tente de sortir de sa solitude en allant dans un café : “Il y avait longtemps que je n’avais pas eu l’occasion de parler, j’aurais volontiers échangé ne fut-ce que quelques mots avec quelqu’un…Mais ils semblaient tous dépourvus de regard.” Au bout d’un moment il tente une stratégie :il laisse tomber son portefeuille par terre….mais personne ne le remarque et il conclut :”A sans cesse vouloir espérer on finit toujours par être déçu.”
Mais la rencontre de l’autre est le plus souvent décevante voire ennuyeuse :” Je me sens un peu plus seul chaque fois que je rencontre quelqu’un.”
Encore une fois, il n’y a pas de solution à ce problème qui touche particulièrement les vieux. Supporter sa solitude et donc se supporter soi-même -cf Shopenhauer- reste la meilleure des réponses.
Sans cela, il y a le smartphone ou si vous y êtes allergique, le chien ou le chat qui vous procurent de la compagnie sans vous priver de solitude !

Retour à la piscine de mes étés…Gare aux syndics…dics …dics

En relisant les articles précédents je m’aperçois que je commence à m”enfoncer dans l’amertume, la tristesse et les colères improductives. C’est dangereux pour un blog de vieille dame qui entend démontrer que l’on peut être vieux et avoir un peu d’humour et rebutant pour d’éventuels lecteurs.
Heureusement j’ai trouvé à poser ma colère contre le syndic et le conseil syndical de ma résidence d’été, pourvue d’une petite piscine bien utile par ces temps normands ensoleillés mais fortement rafraichis par un vent du nord…On ne peut pas tout avoir.
Bref depuis deux semaines, j’assiste à un spectacle drôle et consternant : des grand-mères entourées d’une armée d’enfants , des jeunes filles pressées de bronzer,en train d’essayer soit de rentrer soit de sortir de cette fichue piscine. En effet la porte est bloquée par un système mystérieux que seuls des cerveaux affaiblis ont pu imaginer, qui doit empêcher les enfants (surtout ceux qui s’introduiraient en toute illégalité !) de rentrer dans ce lieu convoité par les temps frisquets.
Il n’est donc pas rare de voir des gens transis de froid s’escrimer pendant près d’une demi heure voire plus pour essayer d’entrer ou de sortir.de la piscine/prison.
Dit comme cela, la solution parait simple : faire intervenir un serrurier spécialisé qui trouvera un système fiable et facile .
Encore mon fil ténu : pourquoi est-il si difficile de faire faire une chose aussi simple à un syndic à qui l’on verse des sommes conséquentes chaque trimestre ?
On peut supposer qu’il y a derrière cela des petits intérêts miteux.
Quand ces intérêts miteux deviennent plus conséquents, cela donne des échecs de certaines réformes… mais bon je voulais juste parler de ma petite piscine