“Non, non je ne suis jamais seule avec ma solitude….”

En rangeant les papiers de Guy, mon compagnon disparu il y a maintenant trois mois, j’ai retrouvé un texte qu’il avait écrit en Avril 1968 qui m’a profondément ému. Je suis incapable d’écrire un poême. Je veux faire comme si ce poême était aussi le mien. Je le reproduis ici avec ses imperfections et sa belle tendresse, celle que j’ai ressenti pour lui pendant toutes ces années:

Un vent frais
Me secouait
Et je pensais à toi
Ce fut un moment imprévu
Une surprise inouie quand j’y pense
J’étais là sur le lit
Me réveillant lentement
Et le vent me secouait
Comme un gros chien
Avec un museau tout frais
C’était un peu comme la naissance du printemps
Et je pensais à toi
Tout de suite
Dans ma vie tu es le printemps
L’éternel printemps
L’aurore L’espoir
Nous avons toujours progressé jusqu’alors
Ensemble
Un jour viendra où nous déclinerons
Et que ce soit ensemble
Adoucira notre peine
La rendra supportable
Ne changera rien à la réalité
Mais tu resteras le printemps
L’éternel printemps
Car tu l’es pour autre chose
Que pour toi que pour nous
Je t’aime car au fond
tu es plus grande que toi
Tu te fais devant moi
Un peu grâce à moi
C’est merveilleux un être qui se fait
Tout en restant jeune
Tout en étant de plus en plus jeune
De la jeunesse qui compte
Celle de l’espoir qui n’est pas illusion
Celle de l’éternel printemps

Les commentaires sont fermés.