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Archive pour janvier 2020

A la recherche du parfait bouc émissaire

Vous êtes mal dans votre peau.
Vous vous sentez méprisé par vos collègues et vos petits et grands chefs
Vous écrivez des textes que personne n’aime
Vous êtes fauché grave
Vous vous sentez inutile et moche…
Vous vous sentez ignoré, invisible

La SOLUTION :
Trouvez un bouc émissaire
Choisissez le bien afin qu’il puisse vous servir dans plusieurs situations
Le meilleur bouc émissaire est un groupe de gens nombreux mais minoritaires
Dans ce groupe, il vaut mieux que les gens qui le composent soient identifiables, par leur physique, leur nom ou leurs croyances
Si vous voulez vraiment faire diminuer vos frustrations diverses, il vaut mieux que le groupe soit perçu comme ayant du pouvoir social et donc de l’argent.

A quoi bon choisir de pauvres bougres fauchés et non blancs: vous pouvez certes les mépriser mais vous ne les enviez pas

Alors le mieux est de choisir LES JUIFS : ils répondent à tous les critères : pouvoir médiatique, richesse supposée, reconnaissables,
même piétinés, ils parviennent toujours à refaire surface.

Selon les époques et les régions du monde, il pourra y en avoir d’autres : Tutsis, Coptes, Arméniens, Chiites, Sunnites, Berbères,Femmes, Intellectuels, Roms……
Mais le juif réunit beaucoup de traits caractéristiques du Bouc émissaire
Voila, vous avez trouvé. Bravo et bonne continuation

Chronique du grand âge par JF

- Allo Irène . Tu m’avais appelée hier, je n’étais pas disponible, je te rappelle aujourd’hui, comme convenu.
- C’est que cela fait longtemps que je n’ai pas de nouvelles de toi, je voulais savoir comment tu allais.
- Hé bien hier, justement, je n’étais pas disponible parce que j’étais à l’hôpital, avec ma fille qui est rarement à Paris, mais qui était justement là en ce moment, quelques jours.
- je comprends que je suis mal tombée ! Mais que faisais-tu à l’hôpital ?
- j’ai passé une coloscopie, tout va bien, tout au moins pour l’instant. Je vais avoir le résultat d’une biopsie dans une semaine.
- Ah… ; Moi, j’ai aussi des problèmes, des problèmes de vessie. Mais cela fait tellement de temps, cela me ferait plaisir qu’on se voit, quand tu es à Paris.
- Quand je suis à Paris, j’ai pas mal de choses à faire, ma maison à ranger, aller voir ma sœur qui est dans un EHPAD, des RV médicaux. Je me fatigue vite, j’essaie de limiter les occupations, j’ai besoin de beaucoup me reposer.
Mais, si tu veux, on peut se téléphoner. Comme en ce moment.
- Où en est ton livre ?
- Il va bientôt sortir. Je suis bien contente d’avoir réussi à aller jusqu’au bout.
- En effet, bravo ! Et notre groupe féministe ? Vous vous voyez ? Il y aurait eu des réunions ?
- Non, mais trois d’entre nous, avec une autre, nous avons écrit un texte que nous avons fait circuler et signer et qui est paru dans Libération
- Je ne lis plus Libération, ni Le Monde, c’est en trop petits caractères.
- Il s’agissait d’un appel à une loi permettant le suicide assisté : choisir sa vie, choisir sa mort.
- oh ! Je n’en suis pas là, je suis encore très active. Même si mes enfants – qui sont très bien, mon fils est venu avec moi quand je suis entrée à la clinique, ma fille quand je suis sortie – ne veulent plus que je fasse de longs voyages. Tu te rends compte ! Et comme ma fille est médecin, je suis obligée de l’écouter.
- Je m’intéresse beaucoup actuellement à la vieillesse, et même au grand âge. Car je suis dedans. Je vis dans une résidence à services, où il y a principalement des personnes âgées, et ma sœur aînée est en EHPAD
- quelle horreur ! Je ne veux pas penser à cela. Bien sûr, je tiens à une certaine qualité de vie, et je serais prête à vivre moins longtemps pour cela, mais ce n’est pas mon problème actuellement. Cela m’angoisse.
- tu m’avais demandé ce que je devenais….

JF est une amie de mon âge, féministe de la première heure (et de la deuxième vague). Nos échanges (pas seulement sur la vieillesse) sont souvent très riches et notre complicité apaisante.

Au secours camarades le vieux monde est …toujours là

Zut, je ne sais pas comment écrire Camarades en écriture inclusive !
je viens de passer plusieurs heures à lire une revue féministe universitaire pour essayer de comprendre le concept d’intersectionnalité
Oui, je sais j’ai trente ans de retard mais j’ai bientôt 80 ans et je suis une féministe blanche qui plus est UNIVERSALISTE . Désolée
Je me suis souvenue en lisant ces textes de cette phrase que j’avais gravée, vers l’âge de 15 ans, sur mon pupitre au lycée, plagiant Proust : “L’ennui naquit un jour de l’Université” (au lieu d’uniformité). Je ne savais pas alors à quel point j’avais raison!
D’abord je dois dire que j’ai été très choquée(sic) de ne point entendre parler dans ces articles de” Féministes jaunes” (et pourtant il y a eu des femmes asiatiques colonisées) de “féministes juives” ou encore de “féministes plus toute jeunes” etc…
Catégorisons, catégorisons, C’est bon pour la carrière médiatique ou universitaire.
Et puis grâce à toutes (tous) ces chercheur(se)s, on voit revenir le beau mot de RACE!
(Pour mes lecteurs(trices) qui seraient encore plus dépassés que moi : l’intersectionnalité est un concept qui vise à révéler la pluralité des discriminations de classe , de sexe, de race, de sexualité) En d’autres termes, la domination serait plurielle.Quelle magnifique découverte !!! (sic)
Juste une question : Une féministe noire lesbienne peut-elle exercer une domination sur une autre féministe noire lesbienne ? C’est à creuser.
C’est pas tout çà, il faut que je fasse attention de ne pas me faire lyncher . je ne suis pas sûre que ma qualité de petite, vieille, juive et féministe (de la deuxième vague!) me protège.
Moi, femme, féministe, j’ai peur de nouvelles formes de censure quand j’entends une certaine Dorothée Barba, journaliste à France-Inter engueuler Laurent Joffrin parce que son journal “Libération”, dans les années 70, défendait les pédophiles au nom de la liberté sexuelle. Sait-elle cette jeune femme que raisonner sans se référer à l’Histoire, sans même la connaitre est une aberration intellectuelle ?
Quand je lis et entends tout cela, je repense à ce que me disait une copine à propos de nos combats au MLF :”Tout ça pour ne pas faire la vaisselle”