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Archive pour juillet 2020

Je vais essayer d’être plus claire sur les groupes, la censure, le communautarisme etc

En relisant mon précédent article, je n’ai pas tout compris à ce que je voulais dire !!!
J’ aurais pu le supprimer mais …. je ne l’ai pas fait parce qu’il contient des éléments auxquels je tiens.

Je veux juste insister sur deux points :
- Toute démocratie requiert des partis politiques, des associations, des groupes militants… Et c’est indispensable : on ne peut pas faire avancer-entre autres- la cause des femmes sans Mouvements militants. Malheureusement, ces mouvements militants sont parfois entrainés du fait même de la dynamique de groupe vers des positions extrêmes, binaires, sans contradictions. En d’autres termes Bravo à Metoo qui a joué un rôle essentiel dans la lutte contre les violences sexistes mais Non aux suivistes extrémistes qui font que certaines actions dérapent.

Selon moi, ils dérapent quand ils aboutissent à une forme de puritanisme ou et de censure : Obliger les maisons d’édition à expurger certains textes jugés sexistes ou les journalistes à être dans le politiquement correct est une atteinte très grave à la liberté d’expression et de création inacceptable, condamner un homme pour présomption de viol est le commencement d’une forme de fascisme. La violence des uns n’est en rien une excuse pour cette atteinte grave à la présomption d’innocence. Prétendre que les femmes ne mentent jamais est d’une stupidité confondante.
Pourquoi ne pas vouloir interdire les phantasmes ?

- Certains de ces groupes ont une tendance à suivre celui ou celle qui parle le plus fort et qui tient les propos les plus extrêmes. Comment se faire entendre , comment exprimer un point de vue plus nuancé dans ce genre de groupes ? Par expérience, je sais que la réponse est souvent de l’ordre de l’impossible et précède la sortie du groupe en question.
Dans ces conditions, selon moi, tout individu mâle ou femelle ou autre, doit prendre ses responsabilités personnelles, ne pas attendre les slogans idéologiques réducteurs, et avoir le courage de dire NON SEUL(E) aux injonctions qui lui paraissent fausses ou excessives.
De même (et heureusement que personne ou presque ne lit ce blog !), je suis profondément choquée par le cas de certaines femmes victimes de viols ou de harcèlement non létaux (pas d’armes, pas de coups), qui ne savent pas dire tout simplement NON. Je sais que cela s’appelle l’emprise.C’est parfois vrai. Mais vouloir obtenir un rôle ou un appartement n’est pas de l’emprise.
C’est cela que j’appelle la victimisation.
Cette position s’étend à d’autres situations où il s’agit de résister à une oppression contre un groupe précis. Un dernier exemple en date : Les femmes Ouïgoures en Chine.(Le Monde du 25 juillet 2020). Elles ne peuvent pas se battre seules. Alors il faut qu’une voix puis des voix s’élèvent. L’Histoire est “remplie “des silences de la majorité quand se produisent des crimes de masse voire des génocides.

Mon héros est l’homme qui a marché seul contre les tanks chinois à Tian’anmen .
Je ne suis pas sûre d’avoir ce courage.
Mais peut-être Changer le Monde passe-t-il aussi par ces individus qui se révoltent contre la lâcheté.

“Tout simplement noir” : contre le communautarisme : l’une des réponses possible : l’humour

Il y a toujours eu et il y aura encore de bonnes causes qu’il faut défendre : La lutte contre le racisme,contre les violence faites aux femmes, contre l’impérialisme et ses conséquences sociales etc…
Mais parfois, ces luttes pleines de bons sentiments risquent de se retourner contre ce qu’elles prétendent combattre.
Dans le cas des femmes, par exemple, attention à une forme d’assignation à la victimisation. La vie est un combat, un apprentissage du refus d’obéissance.

Sur le thème du communautarisme noir (Au secours, Faut-il mettre un N majuscule à noir.???), Jean Pascal Zadi et John Wax ont réalisé un petit bijou cinématographique, drôle, percutant, fin. Le titre résume l’idée du film : Le fait d’avoir une caractéristique ne nous enferme en aucun cas dans un carcan identitaire.
Je parle en connaissance de cause : je suis née juive en 1940 . C’est une particularité historique qui m’a en partie construite. Pendant des périodes de ma vie, celles où je me sentais peu reconnue, il m’est arrivé de dire (et il m’arrive encore) “Nous les Juifs”. Les juifs (et les tziganes et les homosexuels et les handicapés etc) de ma génération, ont été plongés dans un cauchemar historique qui nous a en partie constitués. Mais depuis, nous avons vécu, grandi, réfléchi, connu d’autres combats et nous avons construit notre personnalité propre, unique (même si elle n’est pas passionnante!).
Tout groupe refermé sur lui même porte en lui un risque de négation des autres groupes mais aussi des membres de son groupe qui ne sont pas d’accord avec la majorité.
Alors, oui, il faut lutter contre les violences faites aux femmes mais sans oublier la présomption d’innocence( Le juge doit tenir compte du consentement par exemple et cela demande une enquête). Il faut lutter contre tous les racismes mais sans ignorer qu’il y a des salauds de toutes les couleurs, de toutes les religions, de tous les sexes.
L’Universalisme ne va pas sans reconnaissance de la différence entre les êtres humains.Il ne nie pas non plus l’Histoire avec sa chronologie, ses luttes . Il n’oublie pas les guerres coloniales mais il n’oublie pas non plus les résistants ou ceux qui y ont été entrainés malgré eux.
Qui peut affirmer qu’il ou qu’elle aurait eu le courage de dire Non à telle ou telle injonction officielle potentiellement létale ?

En songeant à la difficulté de prendre en compte les contradictions, surtout quand elles heurtent nos narcissismes, j’ai soudain été frappée par cette affiche qui accompagne les promeneurs à Cabourg le long de la mer : Proust masqué, empêché.(Covid oblige)

Proust masqué


Proust n’écrit que sur une certaine société aristocratique, bourgeoise, blanche. Il est homosexuel dans cette même société : Peut-on imaginer que des individus au nom de valeurs “révolutionnaires” lui reprochent cet enfermement dans un monde de privilégiés ? Cela ne s’est pas produit. En aurait-il été de même s’il avait vécu en URSS ?
L’écrivain(e) est par nature déviant, parfois fou,(fou d’antisémitisme comme Céline), souvent excessif et c’est ce qui fait son génie.
Se sentir bien au chaud dans une communauté est aussi une forme de négation du combat individuel, des choix courageux que l’on doit faire parfois, contre cette communauté, seul, quoiqu’il en coûte.
L’une des conséquences potentiellement dramatique de cette pensée non contradictoire, unilatérale, binaire, s’appelle le fascisme.

Je range donc je suis : Propos décousus sur la vieillesse

Affalée sue mon canapé, je regarde la mer.
Je n’éprouve plus pour elle la même passion qu’auparavant.
C’est comme si j’avais fait le tour de la question, le tour de ses couleurs changeantes, le tour de ses couchers de nuages …
A bientôt 80 ans, c’est l’ultime étape, celle où il n’y a plus de nouvelle vie possible, où l’on est dans l’attente de la catastrophe qui va vous tomber dessus et où vous allez vous demander : Dans quel état j’erre ?
Tout à coup je m’aperçois que sur la table le sel et le poivre ne sont pas alignés.
Je me lève aussi vite que me le permet cette délicieuse arthrose. Je les aligne et en profite pour laver l’unique tasse qui est dans l’évier et mettre au sale le torchon qui il y a quelques années aurait encore attendu quelques jours voire semaines.
Il ne me reste plus rien à ranger : j’ai déposé dans un container les vêtements trop petits, trop jeunes, trop moches. J’y ai passé des heures agréable. Mais maintenant il y a un vide qui s’installe en moi.
Mes parents m’ont toujours dit qu’il ne fallait jamais se laisser aller. Je décide d’aller marcher. Il parait que c’est bon pour l’arthrose.
Je descends sur la plage. devant moi il y a deux dames, sans doute la mère et la fille. La mère qui parait avoir dix ans de moins que moi tente d’escalader un petit rocher de 10 cm qui coupe la plage. Je sens presque sa peur. Elle met un pied et menace de perdre l’équilibre. Sa fille lui tend la main. Ouf
Mais moi, je marche seule, comme dit la chanson. Je remonte au dessus des rochers. Mon coeur bat la chamade.
Je marche sur la promenade avec détermination au milieu des tribus familiales avec ou sans roulettes, et des ados à écrans.
Je suis contente de moi… Mais tout à coup, ma volonté faiblit . Pourquoi vouloir rester en forme si je n’ai plus de projets passionnants ?
Mais La vie est belle, me direz vous .
Chaque fois que l’on me dit ça, je pense au film de Roberto Benigni.
De toutes manières c’est à moi d’en décider
Je déteste la compassion.
La seule chose que je désire posséder depuis toujours, c’est la liberté.