Archive pour la catégorie ‘Accueil des migrants’

“Nous on défend les étrangers, les juifs ne sont pas étrangers ” ….

Magnifique slogan de la Cimade

Alors pourquoi appeler à une manifestation contre l’antisémitisme ou pourquoi parler de l’antisémitisme dans les collèges et les lycées où nous faisons de la sensibilisation sur le problème des migrants ? “ nous dit une bénévole de la Cimade (ou je suis moi même bénévole depuis dix ans.)
Pourquoi en effet ?
Parce que nous sommes censés nous battre contre toutes les exclusions dues à l’origine, à la religion, à la couleur de peau, à une hypothétique appartenance à une communauté…etc
Parce que bien que français, les juifs ont parfois été chassés, poursuivis y compris par des Français et que cela continue dans des quartiers, des pays… La Cimade dans les années 40 a été exemplaire et a sauvé beaucoup de juifs.
Le passé, l’histoire doivent faire partie de toute réflexion sur le thème de l’étranger.
Parce que parmi nos migrants ou ceux qui les soutiennent se trouvent des antisémites et des antisionistes redoutables.Parce que l’on peut se battre contre la politique israélienne d’implantations tout en refusant l’anti-sionisme primaire.
Parce que le monde est complexe et contradictoire
Parce que tous les racismes ont quelque chose en commun, le refus du différent, la recherche du bouc émissaire en réponse à ses frustrations.

Plus de RV pour les étrangers dans les préfectures : les “maffieux” en profitent..

Jean Michel Basquiat

Les préfectures avaient trouvé le moyen idéal de ne pas répondre aux demandes de RV pour régularisation des étrangers sans papiers : la dématérialisation c’est à dire la prise de RV par Internet. Trois mois à un an pour obtenir un RV plus le même délai pour instruire le dossier dans le cas notamment de l’admission exceptionnelle au séjour (salariés, parents d’enfants scolarisés, conjoints de résidents réguliers, jeunes majeurs, dix ans de présence). Plus besoin d’abroger une circulaire (Valls en l’occurrence), il suffit de ne plus l’appliquer par ce biais.
Mais c’était sans compter les petits malins qui se font un peu d’argent sur le malheur des autres. Par exemple vous allez sur ce site : https://www.rdvmalin.com et pour la modique somme de 29, 90 euros, vous obtenez un RV un peu plus rapidement.
Les préfectures n’ont pas l’air de s’en offusquer.
Qui a dit : Droit=application du droit ? Un certain nombre de juristes universitaires pour qui se préoccuper de l’application du droit ne relève pas de leur compétence !

Tout change et rien ne change : retour sur un texte écrit il y a quarante ans

J’ai retrouvé ce texte dans l’ouvrage collectif (cf photo) publié par des juristes travaillistes en 1979.
Il y a un passage sur le droit des étrangers qui est totalement d’actualité.
La condition des étrangers fait l’objet d’un “infra-droit”. Ils sont, comme nous tous, hautement juridicisés, saisis par un réseau complexe de lois, règlements, conventions internationales, circulaires…Mais l’expression “d’infra-droit” a le mérite de de souligner qu’en ce domaine, les normes sont instables, changeantes, qu’elles confèrent le plus souvent un pouvoir discrétionnaire et que les recours juridictionnels ouverts en principe contre les décisions administratives sont aléatoires au plus haut point. Le droit des étrangers est traditionnellement un droit de police. La floraison des circulaires l’a insensiblement transformé en ce que l’on pourrait oser nommer un “droit de l’arbitraire”. …Tout porte à croire que les nouvelles dispositions législatives conforteront un système qui par l’imprécision des critères proposés à l’administration pour arrêter ses décisions, la difficulté ou la vanité des recours, laissera les travailleurs immigrés à la merci d’un guichetier de préfecture, d’un policier de base ou des changements conjoncturels de la politique de l’immigration. Avec le régime des travailleurs immigrés, on tient l’exemple type d’un droit ou l’effectivité des règles ne garantit en rien celle de la protection.”

Migrants : quelques cas… de conscience

Il est arrivé en France il y a plus de 35 ans, en provenance de l’Afrique sub-saharienne.
Une fois en France, il a acheté sa carte de séjour à un ressortissant du même pays.
Il a travaillé pendant trente ans avec ces faux papiers
Agé maintenant de 68 ans, il a fait valoir ses droits à la retraite
Il a touché sa retraite…Jusqu’à ce que la Caisse de retraite procède à sa radiation et lui demande de rembourser 16000 euros …parce qu’une personne du même nom avait demandé la liquidation de sa retraite.
L’usurpation d’identité est un délit.
Comment résoudre le cas de ce monsieur ? L’application du droit existant ne joue pas en sa faveur.
La bienveillance serait de mise mais elle ne fait guère bon ménage avec le droit et l’application actuelle du droit des étrangers.

Les autres cas les plus fréquents et les plus choquants concernent les femmes victimes de violences, soit dans leur pays, comme le Maroc où le divorce est le plus souvent impossible sans consentement du mari, soit en France après le mariage.
Dans le cas qui m’a été soumis, le mari veut bien divorcer…contre une somme rondelette. Précisons que cet homme se livre à des violences quotidiennes.
Aucun droit d’asile n’est prévu dans ce cas.
Si cette femme rentre dans son pays elle ne risque ni la prison ni la mort pour raisons politiques. Elle risque l’exclusion sociale ou une autre forme de prison à vie…
Ou s’arrête le politique ?

Militantisme et bureaucratie

1- Du militantisme : Première contradiction : Dans un article d’Alternatives-Economiques de 2015, il est reproché aux Associations qui s’occupent des sans-papiers d’être des sous-traitants des préfectures qui préparent bénévolement les dossiers des migrants dans le respect de la loi même la plus répressive.
Et en effet c’est ce que nous faisons -si on estime que tout le travail militant en amont (rencontres avec les préfectures, sensibilisation, manifs etc)- n’est pas visible-
Ce type d’analyse est typique d’un raisonnement ancien qui opposait les marxisants aux libéraux : Pour les marxisants, le capitalisme étant à la racine des injustices sociales, il n’y avait qu’une seule solution, la révolution et la suppression du capitalisme.
Les révolutions de type soviétique ont piètrement échoué pour diverses raisons. Entre autres en croyant supprimer le despotisme du mode de production (asiatique) ancien, ils n’ont fait que le remplacer par un autre despotisme.
Le travail des bénévoles d’associations d’aide aux plus démunis se trouve pris dans une contradiction : s’ils envoient les personnes dans les administrations avec des dossiers qui ne correspondent pas aux lois en vigueur, elles se retrouveront inévitablement renvoyées.
Est-ce le but poursuivi ? Faut-il renoncer à en sauver certains au prétexte que l’on ne sauve pas tout le monde ?
Notre mission est d’utiliser les quelques ouvertures que nous offrent les textes de loi pour tenter de contourner un peu le droit, et au minimum d’aider les gens à utiliser le droit existant le mieux possible.
Imaginer une société démocratique sans Droit, donc sans limitations aux droits, relève d’une utopie potentiellement meurtrière.
Il y a des situations historiques où il faut désobéir aux ordres et aux lois iniques : ce moment est-il arrivé ?

2 – De la bureaucratie: Deuxième contradiction :
Les associations en question devraient par contre être des modèles de démocratie. Force est de constater que la quête du pouvoir (aussi merdique soit-il) est toujours présente dans ces structures, même au niveau le plus bas. Une permanence qui fonctionnait très bien sans bureaucratie se voit peu à peu coiffée d’un bureau, seul décisionnaire, le plus souvent composé de…bureaucrates nés.

Conclusion : On peut tenir des discours gauchistes tout en aimant la bureaucratie !!! Ce n’est pas la moindre des contradictions !

Merci Mr Benalla : Un été parfait…et une question : Comment définir une Affaire d’Etat ?


Il y a eu la Coupe du monde et la victoire des Bleus…Youpi
Il y a ce temps merveilleux même en Normandie
Il y a le Tour de France… un peu ennuyeux
Et puis il y a eu Alexandre Benalla: Merci Cher Alexandre. Grâce à vous, nous passons des heures passionnantes à écouter les grands chefs, les sous-chefs, les moins que chefs, les défenseurs de la démocratie comme Le Pen et Mélenchon sans oublier Ciotti, Jacob…demander des comptes sur ce qu’ils appellent UNE AFFAIRE D’ETAT
Outre d’attirer notre attention sur une administration pléthorique et inefficace (parfois), ce spectacle total nous permet d’assister à la faim (fin ?) des vieux partis, déboussolés.
Ils ont enfin quelque chose à se mettre sous la dent et ils nous montrent leurs muscles!
Certes, Cher Alexandre, ce que vous avez fait est condamnable. Seul un vrai flic a le droit de frapper un manifestant à terre, sans être condamné à quoi que ce soit ! Mais, en même temps, vous nous avez montré que le pouvoir, même le plus minime fait péter les plombs ! On le savait déjà mais il ne faut jamais le perdre de vue.
Mais, Cher Alexandre, J’ai peur que vous ayez surestimé votre pouvoir. Vous ne faites pas partie des chefs. On peut tirer sur vous sans ménagements.
A propos de cet évènement, qui est censé faire trembler le Président, Je propose à mes lecteurs une question à l’ordre du jour : Entre l’affaire du refus d’accoster sur les côtes françaises pour l’Aquarius et l’affaire Benalla, laquelle vous parait être une affaire d’Etat ?

Attention politiquement incorrect : Le silence assourdissant des gouvernements africains

Ces milliers de gens prêts à tout et même à mourir pour rejoindre l’Europe doivent y être accueillis avec respect. Il n’y a pas de discussion possible là-dessus.
Mais qu’en est-il des pays de départ . Je ne parle pas ici des Erythréens, des Soudanais, des Somaliens, ni bien sûr (en dehors de l’Afrique) des Syriens, Irakiens ou Afghans. Ces pays sont en guerre ou vivent sous des dictatures insupportables. Je parle de la Côte d’Ivoire, de l’Algérie, de la Tunisie, du Maroc, de la Guinée, du Mali, du Nigeria, du Congo, de la RDC, du Cameroun…
Le silence des gouvernements de ces pays est assourdissant. Le contraire serait étonnant .Ce qui me choque c’est la disproportion entre l’insistance sur la responsabilité européenne et le silence de la presse,des politiques des associations, des intellectuels sur les raisons de cette saignée africaine. A titre d’exemple je cite quelques questions dont j’aimerais entendre parler : quelle politique africaine contre une démographie galopante, quelles mesures contre les violations des droits humains, notamment des droits des femmes,quelles analyses sur l’incapacité politique et économique de ces pays à retenir leurs citoyens,quelle prise de conscience sur la corruption récurrente dans nombre de ces pays..
Tout se passe comme si les seuls coupables de cette situation tragique étaient en Europe. Un vieux complexe post-colonial semble encombrer notre réflexion sur ce sujet fondamental pour l’avenir du monde. L’extrême droite a alors un boulevard pour ses analyses simplistes et racistes.
René Dumont, anthropologue, il y a plus de 50 ans, avec son ouvrage :’L'Afrique noire est mal partie”, reste le seul spécialiste connu a avoir osé aborder les problèmes de fond de l’Afrique. Certes les choses évoluent. Peu à peu, certains pays sortent du sous-développement.
Ce que je souhaiterais c’est, par exemple, que ce que nous disent les migrants, dans nos permanences associatives, sur leurs pays d’origine, ne reste pas un secret un peu honteux mais fasse l’objet de dénonciations et d’analyses géo-politiques sérieuses.
Le silence sur les ratés politiques, économiques, juridiques de certains pays d’Afrique, ne serait-il pas finalement une autre forme de racisme ?

Aquarius/Exodus : Comparaison politiquement incorrecte ?

A l’issue de la seconde guerre mondiale, de nombreux survivants de la Shoah cherchent un pays d’accueil et décident avec des organisations juives de se rendre en Palestine, alors sous mandat britannique.
Le navire baptisé Président Warfield quitte le port de Sète le 11 juillet 1947 avec 4500 personnes à bord, en ayant pour destination officielle la Colombie. Puis le cap est mis sur la Palestine et le navire rebaptisé EXODUS. La marine britannique arraisonne le navire près des côtes de la Palestine. L’Exodus est envoyé à Chypre et les passagers chargés sur trois navires. Après une escale en France, la marine anglaise renvoie l’Exodus dans la zone sous contrôle britannique en Allemagne. De nombreux passagers entament alors une grève de la faim. Cette errance va durer plusieurs mois.(Ceci est un résumé tiré de Wikipedia qui ne rend pas compte de l’intégralité de l’histoire de l’Exodus)
Dans un article publié dans le JDD du 17 Juin 2018 ,à propos de l’Aquarius, Christiane Taubira cite quatre exemples d’exodes : Janvier 1939, les réfugiés espagnols chassés par le fascisme, en 1975, les Boat people vietnamiens et cambodgiens, en 1962, les pieds noirs et les harkis qui quittent l’Algérie indépendante et enfin 1990, les réfugiés chassés par la guerre des Balkans.Dans ces quatre cas, il s’agit d’exils vers la France et d’une certaine intégration réussie.
Mais Christiane Taubira, (pour qui j’ai une grande admiration,) aurait dû juste citer parmi les drames identiques du XX° siècle, l’Exodus, quitte à préciser que les Juifs de L’EXodus ne souhaitaient pas rester en Europe. Cette histoire est de moins en moins connue des jeunes générations et il est bon de rappeler que tout au long de leur histoire les Juifs ont été des Errants, qui ont eux aussi souvent bien réussi leur intégration dans les pays d’accueil, mais qui peuvent à tout moment être discriminés et chassés.
Cet “oubli” de l’Exodus me choque profondément : Ces juifs rescapés de la Shoah, avaient eux aussi besoin d’un lieu pour survivre. Ils ont (malheureusement ?) choisi la Palestine. Fallait-il qu’ils retournent dans les pays où on avait voulu les exterminer ?
Le “politiquement correct” peut être parfois une insulte à l’Histoire.

J’ai fait un rêve : un droit d’asile féministe

Il existe déjà dans la loi sur le droit d’asile, la protection subsidiaire destinée aux personnes potentiellement persécutées pour des raisons autres que la race, la religion, la nationalité ou l’appartenance à un groupe social et/ou politique.
Ces atteintes graves qui font courir un risque réel sont ainsi définies :
- la peine de mort ou une exécution
- La torture ou des peines ou traitements inhumains ou dégradants
- s’agissant d’un civil, une menace grave ou individuelle contre sa vie ou sa personne en raison d’une violence qui peut s’étendre à des personnes sans considération de leur situation personnelle et résultant d’une situation de conflit armé interne ou international.

Quelques femmes peuvent obtenir cette protection subsidiaire si elles peuvent prouver des traitements dégradants dus à à un conflit armé. Outre la preuve difficile à établir, il est évident que ce texte ne permet pas à la plupart des victimes de viol, de mariages forcés etc d’obtenir ce droit , qui se traduit par une carte de séjour mention “vie privée et familiale” d’une durée d’un an et soumise à réexamen en fonction de la nouvelle situation du pays de départ.
Il faut donc une violence avérée lors d’un conflit armé pour obtenir le droit de vivre un peu moins mal.

Mais si vous êtes une femme qui veut être libre, qui veut exercer le métier qu’elle aime, qui veut vivre sa sexualité comme elle l’entend, qui refuse de porter le voile dans un pays musulman etc… il n’existe aucun droit au séjour, sauf celui lié à la famille : maman d’un enfant scolarisé, conjointe de français , conjointe d’un étranger en situation régulière.
Chaque semaine à la Cimade, je rencontre certaines de ces femmes qui ne vivent pas dans un pays en guerre, qui n’ont pas été violées ou excisées. Elles veulent juste vivre libres et la vie des femmes dans beaucoup de pays (et pas seulement dans les pays musulmans) doit être conforme aux traditions : ne pas faire d’études, se marier, avoir des enfants , obéir à la loi patriarcale.
Alors, oui , j’ai fait un rêve, face à ces jeunes femmes : pouvoir leur dire que l’article XXX va leur permettre de vivre comme elles le souhaitent, célibataires, sans enfants ou avec, avec des amants ou des maitresses, en exerçant le métier de leurs rêves.
Mais à l’époque de l’errance de l’Aquarius, on ne peut pas se permettre de tels rêves.
Et pourtant, c’est aussi par la libération des femmes que passera le développement des pays de départ. C’est ce développement qui mettra un frein à cette immigration massive.
Mais pour cela, il faudrait cesser d’avoir peur et raisonner à long terme.
Alors, je ne pourrai que répondre honteusement à ces jeunes femmes :P atientez cinq ans et fondez une famille avec un homme ad hoc
La boucle est bouclée.

Nouvelles des migrants : l’administration dématérialise…..” La bureaucratie infertile” (Ahmed, Soudanais)

MrZ essaye depuis bientôt trois mois de prendre rendez-vous à Sarcelles par internet. Il a tenté de se connecter une centaine de fois : pas de rendez-vous disponibles. Il est venu en France pour assister sa maman, résidente permanente en France, gravement malade.
MrB après 15 ans passés en France a eu un avis favorable de la Commission du Titre de séjour pour être régularisé : Depuis le mois de mars, il attend la décision du Préfet qui a le dernier mot. Aucune nouvelle. Aucun moyen d’avoir des informations (Paris)
Melle A a déménagé de Fontainebleau vers Melun. La S/P de F. affirme avoir envoyé son dossier à Melun depuis plus de deux mois. Melun affirme n’avoir rien reçu.
Mme H a quitté son travail en Algérie pour épouser un Français d’origine algérienne qu’elle a connu dans son village. Mariée, elle a subi un harcèlement psychologique incessant. Courageuse et aidée par des Associations diverses, elle a quitté le domicile conjugal, demandé le divorce et trouvé du travail. Elle souhaiterait que son titre de séjour au titre de conjointe de Français soit transformé en carte mention “salariée” comme le prévoit la loi pour les femmes victimes de violences…. MAIS L’Accord franco-algérien ne prévoit pas ce cas de figure. Elle est bloquée dans son intégration…
On pourrait multiplier ces exemples affligeants de l’indigence, voulue ou pas, de l’Administration en charge des étrangers.
Ces exemples parlent d’eux mêmes. Il s’agit de cas isolés, faciles à résoudre, que la réponse soit Oui ou Non, mais qui traînent pendant des années.
Certes la nouvelle loi sur les réfugiés est une honte pour la France, mais il ne faut pas oublier ces petites hontes quotidiennes qui font d’êtres humains, des mendiants, parfois au bord de la folie.
Dans un remarquable reportage du journal Le Monde (21/22 Mai 2018), l’un des soudanais qui après quatre ans de galère commence à s’en sortir parle de “BUREAUCRATIE INFERTILE“. Admirable constat. Et après…