Archive pour la catégorie ‘Accueil des migrants’

Migrants : quelques cas… de conscience

Il est arrivé en France il y a plus de 35 ans, en provenance de l’Afrique sub-saharienne.
Une fois en France, il a acheté sa carte de séjour à un ressortissant du même pays.
Il a travaillé pendant trente ans avec ces faux papiers
Agé maintenant de 68 ans, il a fait valoir ses droits à la retraite
Il a touché sa retraite…Jusqu’à ce que la Caisse de retraite procède à sa radiation et lui demande de rembourser 16000 euros …parce qu’une personne du même nom avait demandé la liquidation de sa retraite.
L’usurpation d’identité est un délit.
Comment résoudre le cas de ce monsieur ? L’application du droit existant ne joue pas en sa faveur.
La bienveillance serait de mise mais elle ne fait guère bon ménage avec le droit et l’application actuelle du droit des étrangers.

Les autres cas les plus fréquents et les plus choquants concernent les femmes victimes de violences, soit dans leur pays, comme le Maroc où le divorce est le plus souvent impossible sans consentement du mari, soit en France après le mariage.
Dans le cas qui m’a été soumis, le mari veut bien divorcer…contre une somme rondelette. Précisons que cet homme se livre à des violences quotidiennes.
Aucun droit d’asile n’est prévu dans ce cas.
Si cette femme rentre dans son pays elle ne risque ni la prison ni la mort pour raisons politiques. Elle risque l’exclusion sociale ou une autre forme de prison à vie…
Ou s’arrête le politique ?

Militantisme et bureaucratie

1- Du militantisme : Première contradiction : Dans un article d’Alternatives-Economiques de 2015, il est reproché aux Associations qui s’occupent des sans-papiers d’être des sous-traitants des préfectures qui préparent bénévolement les dossiers des migrants dans le respect de la loi même la plus répressive.
Et en effet c’est ce que nous faisons -si on estime que tout le travail militant en amont (rencontres avec les préfectures, sensibilisation, manifs etc)- n’est pas visible-
Ce type d’analyse est typique d’un raisonnement ancien qui opposait les marxisants aux libéraux : Pour les marxisants, le capitalisme étant à la racine des injustices sociales, il n’y avait qu’une seule solution, la révolution et la suppression du capitalisme.
Les révolutions de type soviétique ont piètrement échoué pour diverses raisons. Entre autres en croyant supprimer le despotisme du mode de production (asiatique) ancien, ils n’ont fait que le remplacer par un autre despotisme.
Le travail des bénévoles d’associations d’aide aux plus démunis se trouve pris dans une contradiction : s’ils envoient les personnes dans les administrations avec des dossiers qui ne correspondent pas aux lois en vigueur, elles se retrouveront inévitablement renvoyées.
Est-ce le but poursuivi ? Faut-il renoncer à en sauver certains au prétexte que l’on ne sauve pas tout le monde ?
Notre mission est d’utiliser les quelques ouvertures que nous offrent les textes de loi pour tenter de contourner un peu le droit, et au minimum d’aider les gens à utiliser le droit existant le mieux possible.
Imaginer une société démocratique sans Droit, donc sans limitations aux droits, relève d’une utopie potentiellement meurtrière.
Il y a des situations historiques où il faut désobéir aux ordres et aux lois iniques : ce moment est-il arrivé ?

2 – De la bureaucratie: Deuxième contradiction :
Les associations en question devraient par contre être des modèles de démocratie. Force est de constater que la quête du pouvoir (aussi merdique soit-il) est toujours présente dans ces structures, même au niveau le plus bas. Une permanence qui fonctionnait très bien sans bureaucratie se voit peu à peu coiffée d’un bureau, seul décisionnaire, le plus souvent composé de…bureaucrates nés.

Conclusion : On peut tenir des discours gauchistes tout en aimant la bureaucratie !!! Ce n’est pas la moindre des contradictions !

Merci Mr Benalla : Un été parfait…et une question : Comment définir une Affaire d’Etat ?


Il y a eu la Coupe du monde et la victoire des Bleus…Youpi
Il y a ce temps merveilleux même en Normandie
Il y a le Tour de France… un peu ennuyeux
Et puis il y a eu Alexandre Benalla: Merci Cher Alexandre. Grâce à vous, nous passons des heures passionnantes à écouter les grands chefs, les sous-chefs, les moins que chefs, les défenseurs de la démocratie comme Le Pen et Mélenchon sans oublier Ciotti, Jacob…demander des comptes sur ce qu’ils appellent UNE AFFAIRE D’ETAT
Outre d’attirer notre attention sur une administration pléthorique et inefficace (parfois), ce spectacle total nous permet d’assister à la faim (fin ?) des vieux partis, déboussolés.
Ils ont enfin quelque chose à se mettre sous la dent et ils nous montrent leurs muscles!
Certes, Cher Alexandre, ce que vous avez fait est condamnable. Seul un vrai flic a le droit de frapper un manifestant à terre, sans être condamné à quoi que ce soit ! Mais, en même temps, vous nous avez montré que le pouvoir, même le plus minime fait péter les plombs ! On le savait déjà mais il ne faut jamais le perdre de vue.
Mais, Cher Alexandre, J’ai peur que vous ayez surestimé votre pouvoir. Vous ne faites pas partie des chefs. On peut tirer sur vous sans ménagements.
A propos de cet évènement, qui est censé faire trembler le Président, Je propose à mes lecteurs une question à l’ordre du jour : Entre l’affaire du refus d’accoster sur les côtes françaises pour l’Aquarius et l’affaire Benalla, laquelle vous parait être une affaire d’Etat ?

Attention politiquement incorrect : Le silence assourdissant des gouvernements africains

Ces milliers de gens prêts à tout et même à mourir pour rejoindre l’Europe doivent y être accueillis avec respect. Il n’y a pas de discussion possible là-dessus.
Mais qu’en est-il des pays de départ . Je ne parle pas ici des Erythréens, des Soudanais, des Somaliens, ni bien sûr (en dehors de l’Afrique) des Syriens, Irakiens ou Afghans. Ces pays sont en guerre ou vivent sous des dictatures insupportables. Je parle de la Côte d’Ivoire, de l’Algérie, de la Tunisie, du Maroc, de la Guinée, du Mali, du Nigeria, du Congo, de la RDC, du Cameroun…
Le silence des gouvernements de ces pays est assourdissant. Le contraire serait étonnant .Ce qui me choque c’est la disproportion entre l’insistance sur la responsabilité européenne et le silence de la presse,des politiques des associations, des intellectuels sur les raisons de cette saignée africaine. A titre d’exemple je cite quelques questions dont j’aimerais entendre parler : quelle politique africaine contre une démographie galopante, quelles mesures contre les violations des droits humains, notamment des droits des femmes,quelles analyses sur l’incapacité politique et économique de ces pays à retenir leurs citoyens,quelle prise de conscience sur la corruption récurrente dans nombre de ces pays..
Tout se passe comme si les seuls coupables de cette situation tragique étaient en Europe. Un vieux complexe post-colonial semble encombrer notre réflexion sur ce sujet fondamental pour l’avenir du monde. L’extrême droite a alors un boulevard pour ses analyses simplistes et racistes.
René Dumont, anthropologue, il y a plus de 50 ans, avec son ouvrage :’L'Afrique noire est mal partie”, reste le seul spécialiste connu a avoir osé aborder les problèmes de fond de l’Afrique. Certes les choses évoluent. Peu à peu, certains pays sortent du sous-développement.
Ce que je souhaiterais c’est, par exemple, que ce que nous disent les migrants, dans nos permanences associatives, sur leurs pays d’origine, ne reste pas un secret un peu honteux mais fasse l’objet de dénonciations et d’analyses géo-politiques sérieuses.
Le silence sur les ratés politiques, économiques, juridiques de certains pays d’Afrique, ne serait-il pas finalement une autre forme de racisme ?

Aquarius/Exodus : Comparaison politiquement incorrecte ?

A l’issue de la seconde guerre mondiale, de nombreux survivants de la Shoah cherchent un pays d’accueil et décident avec des organisations juives de se rendre en Palestine, alors sous mandat britannique.
Le navire baptisé Président Warfield quitte le port de Sète le 11 juillet 1947 avec 4500 personnes à bord, en ayant pour destination officielle la Colombie. Puis le cap est mis sur la Palestine et le navire rebaptisé EXODUS. La marine britannique arraisonne le navire près des côtes de la Palestine. L’Exodus est envoyé à Chypre et les passagers chargés sur trois navires. Après une escale en France, la marine anglaise renvoie l’Exodus dans la zone sous contrôle britannique en Allemagne. De nombreux passagers entament alors une grève de la faim. Cette errance va durer plusieurs mois.(Ceci est un résumé tiré de Wikipedia qui ne rend pas compte de l’intégralité de l’histoire de l’Exodus)
Dans un article publié dans le JDD du 17 Juin 2018 ,à propos de l’Aquarius, Christiane Taubira cite quatre exemples d’exodes : Janvier 1939, les réfugiés espagnols chassés par le fascisme, en 1975, les Boat people vietnamiens et cambodgiens, en 1962, les pieds noirs et les harkis qui quittent l’Algérie indépendante et enfin 1990, les réfugiés chassés par la guerre des Balkans.Dans ces quatre cas, il s’agit d’exils vers la France et d’une certaine intégration réussie.
Mais Christiane Taubira, (pour qui j’ai une grande admiration,) aurait dû juste citer parmi les drames identiques du XX° siècle, l’Exodus, quitte à préciser que les Juifs de L’EXodus ne souhaitaient pas rester en Europe. Cette histoire est de moins en moins connue des jeunes générations et il est bon de rappeler que tout au long de leur histoire les Juifs ont été des Errants, qui ont eux aussi souvent bien réussi leur intégration dans les pays d’accueil, mais qui peuvent à tout moment être discriminés et chassés.
Cet “oubli” de l’Exodus me choque profondément : Ces juifs rescapés de la Shoah, avaient eux aussi besoin d’un lieu pour survivre. Ils ont (malheureusement ?) choisi la Palestine. Fallait-il qu’ils retournent dans les pays où on avait voulu les exterminer ?
Le “politiquement correct” peut être parfois une insulte à l’Histoire.

J’ai fait un rêve : un droit d’asile féministe

Il existe déjà dans la loi sur le droit d’asile, la protection subsidiaire destinée aux personnes potentiellement persécutées pour des raisons autres que la race, la religion, la nationalité ou l’appartenance à un groupe social et/ou politique.
Ces atteintes graves qui font courir un risque réel sont ainsi définies :
- la peine de mort ou une exécution
- La torture ou des peines ou traitements inhumains ou dégradants
- s’agissant d’un civil, une menace grave ou individuelle contre sa vie ou sa personne en raison d’une violence qui peut s’étendre à des personnes sans considération de leur situation personnelle et résultant d’une situation de conflit armé interne ou international.

Quelques femmes peuvent obtenir cette protection subsidiaire si elles peuvent prouver des traitements dégradants dus à à un conflit armé. Outre la preuve difficile à établir, il est évident que ce texte ne permet pas à la plupart des victimes de viol, de mariages forcés etc d’obtenir ce droit , qui se traduit par une carte de séjour mention “vie privée et familiale” d’une durée d’un an et soumise à réexamen en fonction de la nouvelle situation du pays de départ.
Il faut donc une violence avérée lors d’un conflit armé pour obtenir le droit de vivre un peu moins mal.

Mais si vous êtes une femme qui veut être libre, qui veut exercer le métier qu’elle aime, qui veut vivre sa sexualité comme elle l’entend, qui refuse de porter le voile dans un pays musulman etc… il n’existe aucun droit au séjour, sauf celui lié à la famille : maman d’un enfant scolarisé, conjointe de français , conjointe d’un étranger en situation régulière.
Chaque semaine à la Cimade, je rencontre certaines de ces femmes qui ne vivent pas dans un pays en guerre, qui n’ont pas été violées ou excisées. Elles veulent juste vivre libres et la vie des femmes dans beaucoup de pays (et pas seulement dans les pays musulmans) doit être conforme aux traditions : ne pas faire d’études, se marier, avoir des enfants , obéir à la loi patriarcale.
Alors, oui , j’ai fait un rêve, face à ces jeunes femmes : pouvoir leur dire que l’article XXX va leur permettre de vivre comme elles le souhaitent, célibataires, sans enfants ou avec, avec des amants ou des maitresses, en exerçant le métier de leurs rêves.
Mais à l’époque de l’errance de l’Aquarius, on ne peut pas se permettre de tels rêves.
Et pourtant, c’est aussi par la libération des femmes que passera le développement des pays de départ. C’est ce développement qui mettra un frein à cette immigration massive.
Mais pour cela, il faudrait cesser d’avoir peur et raisonner à long terme.
Alors, je ne pourrai que répondre honteusement à ces jeunes femmes :P atientez cinq ans et fondez une famille avec un homme ad hoc
La boucle est bouclée.

Nouvelles des migrants : l’administration dématérialise…..” La bureaucratie infertile” (Ahmed, Soudanais)

MrZ essaye depuis bientôt trois mois de prendre rendez-vous à Sarcelles par internet. Il a tenté de se connecter une centaine de fois : pas de rendez-vous disponibles. Il est venu en France pour assister sa maman, résidente permanente en France, gravement malade.
MrB après 15 ans passés en France a eu un avis favorable de la Commission du Titre de séjour pour être régularisé : Depuis le mois de mars, il attend la décision du Préfet qui a le dernier mot. Aucune nouvelle. Aucun moyen d’avoir des informations (Paris)
Melle A a déménagé de Fontainebleau vers Melun. La S/P de F. affirme avoir envoyé son dossier à Melun depuis plus de deux mois. Melun affirme n’avoir rien reçu.
Mme H a quitté son travail en Algérie pour épouser un Français d’origine algérienne qu’elle a connu dans son village. Mariée, elle a subi un harcèlement psychologique incessant. Courageuse et aidée par des Associations diverses, elle a quitté le domicile conjugal, demandé le divorce et trouvé du travail. Elle souhaiterait que son titre de séjour au titre de conjointe de Français soit transformé en carte mention “salariée” comme le prévoit la loi pour les femmes victimes de violences…. MAIS L’Accord franco-algérien ne prévoit pas ce cas de figure. Elle est bloquée dans son intégration…
On pourrait multiplier ces exemples affligeants de l’indigence, voulue ou pas, de l’Administration en charge des étrangers.
Ces exemples parlent d’eux mêmes. Il s’agit de cas isolés, faciles à résoudre, que la réponse soit Oui ou Non, mais qui traînent pendant des années.
Certes la nouvelle loi sur les réfugiés est une honte pour la France, mais il ne faut pas oublier ces petites hontes quotidiennes qui font d’êtres humains, des mendiants, parfois au bord de la folie.
Dans un remarquable reportage du journal Le Monde (21/22 Mai 2018), l’un des soudanais qui après quatre ans de galère commence à s’en sortir parle de “BUREAUCRATIE INFERTILE“. Admirable constat. Et après…

Accueil des migrants = montée du populisme. Comment réagir ?

Il n’est plus besoin de prouver le lien entre les deux.
La question est : comment l’éviter ?
Une première attitude consiste à ignorer le problème. L’immigration est un phénomène normal, humain, qui ne peut que s’accroitre étant donné les disparités économiques dans le monde et la persistance (sinon l’augmentation) des régimes dictatoriaux et des guerres de religions.Il faut donc l’organiser et voter des lois en faveur de l’immigration. C’est le point de vue des associations et organisations qui militent pour les droits des étrangers.
Une deuxième position , majoritaire dans la plupart des pays, peut se résumer ainsi : il faut réduire considérablement l’immigration économique, aider les pays de départ, choisir parmi les réfugiés politiques les plus qualifiés et expulser les autres, parfois élever des murs (Hongrie)
La troisième orientation se retrouve dans la phrase de Michel Rocard : La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde mais elle peut (et doit) en prendre sa part. Ce choix passe par un droit des étrangers qui ouvre la voie à un accueil plus ou moins individualisé selon la situation plus ou moins dramatique des migrants.
On ne peut pas , selon moi, ignorer la montée des populismes et leur dangerosité. On peut être en colère contre les peuples qui votent à l’extrême droite par refus des étrangers. Mais cette colère ne suffit pas. On ne transforme pasles peuples d’un coup de baguette magique. Les faits sont têtus. Alors je choisis la troisième orientation, même si elle me fait mal. C’est peut-être une question de génération ou d’appartenance à une minorité .
Il y a longtemps que je ne crois plus en la naturelle bonté humaine et que l’irénisme me fait craindre le pire.
Haiti :La ville suspendue

L’absurdité de certains aspects du Droit des étrangers au regard des besoins de main d’oeuvre en France

La France manque de main d’oeuvre dans certaines branches professionnelles. C’est un phénomène absurde et connu.
Et pourtant nous voyons dans nos permanences Cimade des hommes et des femmes diplômé(e)s, correspondant aux métiers en tension que nous ne pouvons pas faire régulariser en tant que salariés!
En effet, le seule possibilité de régularisation en tant que salarié est le contrat signé entre l’Entreprise française et l’étranger (hors UE) e dans son pays d’origine, qui lui permettra d’obtenir un visa long séjour et d’être ensuite régularisé.
Mais s’il est dejà en France, qu’il soit médecin, ingénieur(e) diplômé(e), électricien qualifié, anglophone spécialiste de l’enseignement du français langue étrangère (depuis vingt ans en France), la régularisation est difficile voire impossible.
En effet, il leur est nécessaire pour demander une autorisation de travail à la DIRECTE (Direction régionale du travail) soit d’avoir un CDD et ils pourront alors avoir éventuellement une carte de séjour temporaire à renouveler à chaque contrat ou un CDI. Mais quel est l’employeur qui va promettre un CDI à un étranger hors UE alors qu’il n’est pas sûr qu’il soit régularisé, qu’il connait les délais infernaux de l’administration préfectorale et qu’il a besoin d’un salarié rapidement !
La seule possibilité de régularisation pour ces exilés qualifiés sera alors de tenter d’obtenir une carte de séjour sur le fondement de la vie privée et familiale (Mariage avec un Français, parent d’enfant scolarisé…).
Sur ce point la situation juridique des étrangers ressemble un peu à celle des femmes jusqu’à la moitié du XX° siècle : Elles n’avaient d’existence qu’en tant qu’appartenant à une famille. Le processus d’individuation des femmes se réalise progressivement , grâce en grande partie au Droit européen.
Marie Thérèse Lanquetin, juriste travailliste spécialisée en Droit communautaire et en Droit des femmes écrit dans un article à paraitre dans un ouvrage collectif sous la direction de Margaret Maruani (Ed La Découverte): Je TRAVAILLE donc JE SUIS- Prendre le Droit au sérieux : “L’existence de soi se fonde sur le modèle de l’indépendance et non de la dépendance. Elle suppose donc la liberté d’exercer une activité professionnelle sans qu’elle soit conditionnée par sa situation familiale ou matrimoniale. Elle implique une égalité sans discrimination. La force normative de l’égalité entre hommes et femmes dans ses deux acceptions, d’égalité de traitement et de non-discrimination s’oppose aux différentes formes de travail qui essaient de ramener les femmes à un ordre ancien.”
Cette remarque lumineuse peut s’appliquer aux étrangers et notamment aux étrangères, comme cette ingénieure algérienne qui ne supporte plus l’enfermement dans son pays en tant que femme, mais qui ne peut être régularisée que si elle se marie ou si elle accepte de faire le ménage pendant plusieurs mois!
C’est un gâchis pour la France, une honte pour ce pays “des droits de l’homme”, une atteinte insupportable aux principes d’égalité et de non discrimination.

Les voeux du Président aux migrants économiques :Dégagez

Suis-je bête, je croyais que Macron et Collomb ne connaissaient pas le CESEDA (Le Code du séjour des étrangers et du droit d’asile).
Mais si, ils le connaissent bien. Ils veulent juste en supprimer un certain nombre de textes favorables aux migrants non réfugiés politiques : Les régularisations pour les conjoints de français ou de résidents en situation régulière, les parents d’enfants français ou d’enfants scolarisés depuis trois ans, les mineurs entrés en France avant 16 ans et scolarisés, les malades qui ne peuvent pas être pris en charge dans leur pays d’origine, les étudiants et même les migrants qui ont travaillé en étant déclarés au moins huit mois à un demi-smic pendant les 30 derniers mois.. (Merci Manuel Valls)
Il faut préciser que beaucoup de ces textes peuvent être utilisés pour les femmes migrantes premières victimes de la misère économique, sexuelle, culturelle… dans leurs pays d’origine;
Faut-il conclure de ce discours de Macron du 31 décembre 2017 que la réforme à venir supprimera ces diverses dispositions ?
Demandez-vous chaque matin ce que vous pouvez faire pour la France” nous a-t-il dit aussi .
Moi je sais : Etre solidaire des migrants qui entrent dans le cadre des lois en vigueur et les défendre même si cela devient illégal. Cela s’appelle la fraternité, l’accueil, la solidarité, l’aide au développement…