Archive pour la catégorie ‘Au quotidien’

Meilleurs voeux à tous ceux qui s’ennuient en famille ou avec des “amis” (sic)

Notre impeccable Président nous a souhaité la bonne année, sans oublier tous “les gens qui ne sont pas “en famille”! Ceux qui travaillent, ceux qui sont seuls, malades et qui souffrent…”
Je sais ce qui me déplait chez vous Mr Macron, c’est votre normalité bourgeoise. Pour vous ne pas être en famille relève de la souffrance.
Alors je souhaite une excellente année , à tous les marginaux qui détestent les repas en famille, pour qui être seul(e) n’est pas une maladie mais une liberté, tous ceux qui ont décidé de faire la fête uniquement quand elle n’est pas obligatoire etc..

Réflexion sur l’amitié

Quand et comment décide-t-on que telle ou telle personne est digne de notre amitié ?
Sur cette question le grand écrivain américain Wallace Stegner fait une hypothèse intéressante (“En Lieu Sûr”, Gallmeister,2017) :”Ne répondons-nous qu’aux êtres qui paraissent nous trouver intéressants? …Etais-je à ce point avide de louanges qu’entendre déclarer qu’ils avaient aimé ma nouvelle suffit à me faire éprouver de la sympathie pour eux deux ? Est-ce que nous vrombissons, tintons ou nous illuminons quand, et seulement quand, on appuie sur nos touches de vanité ? Puis-je, dans toute ma vie, trouver quelqu’un que j’ai bien aimé sans qu’il eut montré des signes de m’aimer bien ? “

Les sordides histoires d’héritage témoignent de la médiocrité de la condition humaine

Impossible de raconter les histoires de famille.
Mais j’ai eu envie d’illustrer la petite histoire mesquine que je viens de vivre avec l’une des premières fables de La Fontaine.
La fable peut se conjuguer dans tous les sens : le vieillard peut être le “méchant” etc etc…
Le vieillard et ses enfants
Un vieillard prêt d’aller où la mort l’appelait :
“Mes chers enfants, dit-il (à ses fils il parlait),
Voyez si vous romprez ces dards liés ensemble;
Je vous expliquerai le noeud qui les assemble.”
L’aîné les ayant pris et fait tous ses efforts,
Les rendit en disant: ” Je le donne aux plus forts.”
Un second lui succède et se met en posture,
Mais en vain. un cadet tente aussi l’aventure.
Tous perdirent leur temps; le faisceau résista:
De ces dards joints ensemble un seul ne s’éclata
“Faibles gens ! dit le père, il faut que je vous montre
Ce que ma force peut en semblable rencontre.”
On crut qu’il se moquait; on sourit, mais à tort :
Il sépare les dards et les rompt sans effort.
“Vous voyez, reprit-il, l’effet de la concorde :
“Soyez joints mes enfants, que l’amour vous accorde.”
Tant que dura son mal, il n’eut autre discours.
Enfin se sentant prêt de terminer ses jours :
“Mes chers enfants, dit-il, je vais où sont nos pères;
Adieu: promettez-moi de vivre comme frères;
Que j’obtienne de vous cette grâce en mourant.”
Chacun de ses trois fils l’en assure en pleurant.
Il prend à tous les mains; il meurt; et les trois frères
Trouvent un bien fort grand mais fort mêlé d’affaires.
Un créancier saisit, un voisin fait procès:
D’abord notre trio s’en tire avec succès.
Leur amitié fut courte autant qu’elle était rare.
Le sang les avait joints, l’intérêt les sépare:
L’ambition, l’envie, avec les consultants,
Dans la succession entrent en même temps.
On en vient au partage, on conteste, on chicane:
Le juge sur cent points tour à tour les condamne.
Créanciers et voisins reviennent aussitôt,
Ceux-là sur une erreur, ceux-ci sur un défaut.
Les frères désunis sont tous d’avis contraire:
L’un veut s’accommoder, l’autre ne veut rien faire.
Tous perdirent leur bien, et voulurent trop tard
Profiter de ces dards unis et pris à part.

Le danger des lois symboliques

On parle d’une nouvelle loi sur le harcèlement de rue.
Cela fait des dizaines d’années que les femmes le dénoncent. Ce sont les féministes du MLF qui ont demandé la criminalisation du viol dans les années 70/80. A l’époque , elles se sont fait insulter par les ” camarades gauchistes” notamment dans les colonnes de Libération qui estimaient , en gros, que les hommes- notamment les immigrés- avaient des “besoins”, (comme disait ma mère).
Quand les femmes arrivent au bout de procédures longues et souvent humiliantes, les tribunaux correctionnalisent la plupart du temps le crime de viol en le punissant comme un délit.
Pourquoi ne pas faire une loi contre le harcèlement de rue ? Parce que l’on sait que cette loi ne sera pas appliquée, parce qu’elle n’est pas applicable sans effectifs policiers considérables, parce qu’il y aura des problèmes de preuve etc…
Une loi non appliquée, symbolique, comme l’a plus ou moins reconnu sur France Inter ce matin la Ministre de la Justice, est dangereuse.
Nombre de lois notamment quand elles protègent les personnes dans une situation de subordination (Droit de travail, Droit des étrangers, droit des femmes, droits des enfants…) ne sont pas ou mal appliquées.La raison en est évidente.
Cette ineffectivité de certains textes pourtant fondamentaux relativise l’impact de la loi en général.
Le législateur exerce moins une autorité qu’un sacerdoce. il ne doit point perdre de vue que les lois sont faites pour les hommes et non les hommes pour les lois (…)Il ne faut point de lois inutiles. elles affaibliraient les lois nécessaires (…), disait Portalis le rédacteur du Code Civil au début du 19° siècle.
Que faire ? : Utiliser les textes existants,porter plainte quand c’est possible, dénoncer, crier, frapper (comme vous pouvez) les harceleurs, les ridiculiser. C’est parfois impossible notamment quand il s’agit de mots blessants parce que, dans notre société encore machiste, protester contre des insultes risque de vous mettre du côté de ceux qui “manquent d’humour”.
Il faut parvenir à une situation ou ce sont ceux qui insultent (même sous forme de soi-disant compliments) qui sont pitoyables.
Avis à ceux qui regardent leurs pieds quand une incivilité ou un crime se produisent devant eux
Le monde est dangereux non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.”.
Albert Einstein

Exigeons une loi contre les emballages exaspérants !!!

Sans commentaires

Les médecins de Molière

Je me souviens du mois de septembre 2003
Je me souviens de m’être évanouie et d’avoir séjourné dans les couloirs de l’hôpital Saint Joseph pendant 48 h
Je me souviens que chaque fois que je voulais descendre de mon brancard, une extrême faiblesse s’abattait sur moi jusqu’à la chute
Je me souviens des cinq pages d’analyses réalisées par le labo de la médecine interne de l’hôpital où tout semblait normal et où aucune analyse de la thyroïde n’apparaissait
Je me souviens de ces heures passées dans mon lit sans savoir ce qui me mettait dans cet état de fatigue immense
Je me souviens de mon adorable gastro-entérologue que j’avais réussi à atteindre en vacillant me disant que tout allait bien
Je me souviens de sa secrétaire m’assénant à la sortie : vous avez vieilli de dix ans
Je me souviens des médecins de SOS me regardant d’un air vaguement méprisant et décrétant que tout ces maux étaient d’ordre psychologique
Je me souviens d’une amie me conseillant d’aller au laboratoire sans ordonnance me faire faire une analyse (dite TSH) du fonctionnement de la thyroïde
Je me souviens de l’endocrinologue consultée par téléphone en urgence devant les résultats alarmants de l’analyse
Je me souviens du Lévothyrox qui m’a permis après un mois de quasi coma de revivre
Je me souviens de mon médecin qui, il y a quelques jours lors du renouvellement de mon ordonnance, déclarait que les réactions au nouveau Lévothyrox étaient de “l’hystérie collective”
Au secours Monsieur Molière, vos médecins sont toujours parmi nous

Macron 1 : La liste de mes interrogations

Il ne s’agit pas de condamner ce gouvernement après trois mois de pouvoir.
En Marche a fait une petite révolution politique qui peut s’avérer très positive. Déconstruire une vie politique fondée sur les partis traditionnels,leurs luttes internes et externes souvent inutiles, n’est pas chose facile. Il faut laisser du temps au temps.
Le risque existe – comme je le souligne souvent dans ce blog- que le fonctionnement d’En Marche ne soit pas différent des autres groupes : batailles pour le pouvoir, pas de considération pour les militants de base qui finissent par se lasser, décisions importantes prises au sommet, pas de dialogue constructif etc … Espérons que ce nouveau mouvement saura éviter ces écueils.
Je pars de l’hypothèse que pour le moment le capitalisme a gagné et que la “révolution” n’est pas à l’ordre du jour. Ce n’est pas l’agitation stérile mélenchonienne and co qui me convaincra qu’il est possible de construire une société socialiste “à visage humain”.
La seule solution – selon moi- est donc de permettre au capitalisme de se développer tout en préservant (en même temps) les plus faibles et en créant les conditions qui permettent aux exclus, à une partie de ceux qui se retrouvent enfermés dans des ghettos de pauvres, de sortir de leur enfermement, en évitant quand c’est possible l’assistanat.
A ce stade du gouvernement Macron j’ai eu envie de faire le point en établissant cette petite liste en trois points:
1- Le logement et ce qui s’y rattache constitue au moins la moitié du budget des habitants de ce pays. Le droit d’avoir un toit sur la tête, un lieu agréable ou se retrouver, se réfugier, poser ses quelques affaires, est un droit élémentaire et sur lequel aucun gouvernement ne devrait pouvoir transiger.
Or depuis L’après guerre et le fameux appel de l’Abbé Pierre en 1954, la situation du logement social s’est certes améliorée mais est encore très problématique pour des millions de gens. Je n’exclus pas bien sûr les SDF et les migrants en attente d’un statut de ces demandeurs d’un logement correct et abordable. Si la politique du logement social et de la mixité sociale avait été menée correctement depuis plus de 60 ans, nous n’en serions pas là. Alors baisser les APL dans ces conditions ressemble à une provocation (même si elle n’a pas été perçue comme cela par le gouvernement). Pour l’éviter, il aurait fallu présenter immédiatement un Plan cohérent sur le logement social, dont les grandes lignes auraient été déterminées avant même l’arrivée au pouvoir.
2 -La suppression des contrats aidés sans réflexion suffisante sur les services rendus (publics en difficultés, associations notamment les plus proches des personnes en souffrance) relève également d’une forme d’ignorance ou de mépris pour les personnes les plus défavorisées.
3 – Flexibiliser le droit du travail : Pourquoi pas à condition que l’effectivité des règles écrites soit améliorée. Un inspecteur du travail doit contrôler 850 entreprises.Parmi elles beaucoup n’ont pas de représentation syndicale et beaucoup ne respectent pas le droit. Il faut rappeler que c’est l’inégalité des parties en présence (la subordination du salarié reconnue comme telle) qui a été à l’origine de la création d’un corps de contrôle de l’application du droit du travail.
On peut espérer que les patrons notamment dans les PME et TPE auront à coeur de respecter les accords d’entreprise signés par eux. Mais il reste que l’inspection du travail devra s’assurer que les accords ne sont pas contraires aux principes généraux du droit du travail et que la règlementation prévue par le Code du travail (en dehors des Accords) sera appliquée.
C’est pourquoi je partage le dépit de Laurent Berger qui estime qu’il aurait fallu aller dans le sens d’un accroissement de la présence syndicale dans les entreprises (dont il estime qu’elle devient majoritairement réformiste) pour veiller à l’application du droit existant, y compris des accords dérogatoires.
La fine équipe gouvernementale est active, cohérente mais elle donne parfois l’impression de ne pas prendre la mesure de la détresse de milliers de personnes , comme s’il suffisait de travailler dur ou d’être inventif pour se sortir de la misère matérielle , psychologique ou intellectuelle.

Fin d’été : conversations de plage entre femmes

Mon mari vient d’avoir 50 ans et il est déprimé. Il se trouve vieux. Il ne veut plus sortir. Moi, je m’en fous je suis venue seule ici avec mon fils et je suis ravie;”
“Mais vous êtes jeunes… qu’est ce que je devrais dire moi qui vient d’avoir 70 ans.”
” Quand ma mère a eu 70 ans, je l’ai mal vécu. Je me suis sentie vieille et je ne la regardais plus comme avant. Tout d’un coup, elle avait franchi un cap.”
Je viens d’avoir 78 ans (regards un peu condescendants sur elle) et parfois je me dis que je ne me suis jamais sentie aussi bien dans ma peau. Plus d’obligation de séduire, la possibilité d’être soi-même…Bien sûr, il faudrait s’arrêter là !”
“Vous ne trouvez pas bizarre que nous soyons entre femmes. Où sont nos hommes ? Le mien il est sur son canapé devant la télé.”
“Le mien il est devant son ordinateur et pour qu’il sorte, il faut vraiment le forcer !”
” De toutes manières, mon mari ne prête guère attention à moi depuis de nombreuses années (rires). Mais bon, c’est ce que je dis à mes enfants, dans un couple, il faut faire des concessions, non ?” Divorcer pour un oui, pour un non, est ce que c’est mieux ?”
” La dame là bas, elle a gardé ses cheveux blancs; çà, je ne peux pas. C’est montrer son âge. D’ailleurs mes petits-enfants me l’ont interdit.”
” Bon, mesdames, je vous laisse, je vais rejoindre Monsieur devant la télé, enfin quand j’aurai fini la lessive.”

Mes amies, mes galères…

La vieillesse, c’est aussi les amies qui disparaissent, celles qui perdent la tête, celles qui ne cessent de se plaindre, celles qui sont sourdes et enfermées dans leur monde.
Les amis mâles ont disparu depuis longtemps, peu intéressés par les vieilles dames , réfugiés sur leurs canapés devant la télé, auprès d’une épouse qui prend soin d’eux.
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Mais il reste des amies fidèles même s’il faut parfois prendre sur nous pour les supporter : Il y a celle qui se passionne pour son travail et vous considère avec un chouia de commisération, Il y a celle qui parle tant qu’il faut calculer à la seconde près le moment où l’on pourra en placer une. Il y a celle proche de vous quand elle va mal qui disparait quand elle va bien, il y a celle qui vous montre ses photos de voyage pendant une heure mais déclare qu’elle doit partir de toute urgence au moment où vous sortez ce maudit Iphone pour lui montrer les vôtres, il y a celle qui ne s’intéresse pas du tout à vos activités militantes, Il y a celles que l’on adore mais qui vivent à l’autre bout du monde, il y a celle qui aime le pouvoir et continue ses activités comme si la vieillesse n’était pas son problème, il y a celle que vous draguez avec constance mais qui est trop occupée pour vous voir …
Mais peu importe, toutes ces femmes sont vos amies, celles dont vous savez qu’elles seront là quand vous aurez besoin d’elles (sauf peut-être la dernière)
La vieillesse apprend à faire le tri pour ne pas être blessée inutilement. Elle nous apprend à mieux nous connaître, à savoir que nous avons les mêmes défauts ou d’autres encore pires, à taire nos susceptibilités pour profiter encore un peu de la chaleur de l’amitié, même un peu mal fichue!
Comme dit l’une de ces amies : “En pays de vieillesse, il se passe toujours quelque chose.”

Propriétaires contre locataires : la lutte des classes se diversifie

Redescendons près du peuple.
Une résidence à Cabourg sur la promenade Marcel Proust, avec piscine et tennis.Presque la perfection, même si certaines mauvaises langues font remarquer qu’elle est loin de l’éventail, la partie chic de Cabourg derrière le Grand Hôtel! C’est là que nous avons acheté un petit appartement avec vue sur la mer. Nous voilà enfin propriétaires après toute une vie passée à n’être que…locataires.
Nous découvrons le monde de la co-propriété : ça commence par des conciliabules dont on est exclu tant que notre qualité de propriétaire n’est pas connue et reconnue.
Puis l’année d’après les langues se délient dans les conciliabules où nous sommes enfin admis : Le verrou de la piscine est encore cassé, l’eau n’est pas assez chaude, le local des ordures est répugnant, des enfants hurlent dans la piscine….Tout cela est de la faute des locataires mal élevés, qui se croient tout permis . Bien sûr, c’est nous qui payons les charges…
Parfois la bêtise humaine est consternante et l’on se demande comment on a pu penser un instant que la révolution était possible!!!