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Archive pour la catégorie ‘Au quotidien’

De la bêtise de certains de nos con-citoyens mâles ou femelles

Soutine

Accrochée à la rampe, mon vieux corps un peu tremblant, je descendais l’escalier qui mène aux toilettes dans un café parisien.
Un vieux monsieur, arrêté un peu plus bas dans le même escalier, semblait attendre pour reprendre son souffle
Je lâchais la rampe avec courage, le dépassais, et prit ma place d’attente derrière la ligne Covid 19,les deux toilettes pour femmes étant occupées.
Le vieux monsieur continua sa descente et arrivé en bas, s’adressa peu aimablement à moi :” Pourquoi restez-vous là ?, me cria-t-il, pensant sans doute qu’en plus d’être une vieille sotte, je devais être sourde. “Il y a deux toilettes pour les femmes”
Un peu destabilisée par ce vieux con qui se tenait derrière moi sans respecter la distanciation physique, je répondis avec humilité : “Mais Monsieur, les deux sont occupées.”
Sans doute vexé par le dépassement dans l’escalier, il insista : “Mais non voyons” et tenta de me bousculer pour prouver la véracité de ses propos.
J’eus le courage de lui dire de s’occuper de ses vieux os . Il rentra alors en rouspétant dans les toilettes pour hommes
Et alors ? allez-vous me dire, “un vieux con de plus, c’est pas grave”
Non en effet, c’est même plutôt drôle.
A force d’insulter les gens qui nous dirigent, on oublie la stupidité – qui peut devenir grave- de quelques “petites gens”.
Merci et bravo à Guillaume Meurice de nous le rappeler sur France Inter tous les jours vers 17h en interviewant les citoyens landa dans la rue.
C’est à la fois à mourir de rire et à pleurer.

Hommage à Guy Bedos (“Il ya des jours où l’on pense qu’on aurait dû faire psycho et puis on s’aperçoit qu’il aurait mieux valu faire judo.”


Combien de fois ai-je voulu rendre hommage à des artistes, à des auteurs, qui avaient enchanté ma jeunesse. Mais que dire sinon des banalités ?
Il y a trente ans environ je préparais un numéro de la revue Autrement sur la politesse dans la nouvelle collections Morales. J’avais souhaité y faire figurer des textes sur l’humour, c’est à dire, la capacité de se moquer de soi même, qui peut être une forme de politesse.
Un texte bouleversant de Pierre Desproges, où il racontait la grossièreté d’un chauffeur de taxi incapable d’aider une dame très âgée à sortir de son taxi . (“Lettre ouverte à Monsieur le chauffeur du taxi immatriculé 790 BRR 75, extrait de :” Vivons heureux en attendant la mort” Le Seuil, 1983) y figurait déjà.
Il me semblait indispensable d’y ajouter les réflexions de son ami Guy Bedos, sur l’humour comme politesse du désespoir.
Je pris rendez-vous avec lui et tremblante à l’idée d’interviewer une célébrité, je me mis à regretter cette initiative, imaginant tout à coup que l’homme allait peut être se comporter comme ….le chauffeur de taxi !
Il se révéla souriant, aimable, drôle et profond.
Je reproduis ici quelques très brefs extraits de cet article qui me paraissent illustrer sa profonde humanité :

Boris Vian a dit que l’humour était la politesse du désespoir. C’est vrai. Si je n’avais pas été un humoriste, je serais sans doute quelqu’un de très désespéré, et même en tant qu’humoriste, je ne suis pas sûr d’être tout à fait à l’abri…
L’autre aspect de la politesse de l’humour, c’est la possibilité qu’il donne de moins souffrir. Cette soupape qui protège des violences du quotidien…
Dans toutes les situations de la vie, il faut essayer de ne pas parler des choses de façon lourde et dramatique. Marguerite Yourcenar disait :”Il faut tenter de vieillir sans peser lourdement sur les autres.” Il me semble que ce doit être une constante….Tout cela a un rapport avec la mise à distance du narcissisme…
Je suis à fond pour la politesse parce que c’est le respect de l’autre, de sa différence etc. Mais je ne veux pas tenir un certain discours angélique vaguement de gauche, genre :”Je ne suis pas d’accord avec vous mais je me ferais tuer pour que vous puissiez exprimer vos idées.” Imaginons un débat télévisé ou Anne Frank dirait cela à Hitler!…L’impolitesse extrême c’est la dictature, le génocide, et le mot génocide ne doit être confisqué par personne. Il y a des cas moins graves mais tout aussi impolis, par exemple expulser les gens et les laisser camper dans un square. Il n’y a pas de politesse à avoir vis à vis des gens qui ne sont pas polis.”

La Politesse, vertu des apparences , Revue Autrement, Série Morales (Dir, Régine Dhoquois), Paris 1991

Citations (à la recherche de la sagesse)

Moshe se plaint de son humilité.
Le rabbi lui dit : pourquoi te fais-tu si petit alors que tu n’es pas grand.” (sagesse juive)

“L’ineptie consiste à vouloir conclure.” (Flaubert)

“L’homme supérieur demande tout à lui-même. L’homme vulgaire demande tout aux autres.” (Confucius)

Cela fait une année que Guy Dhoquois est parti .

Il ne faut pas se laisser aller
Mais que c’est dur parfois, quand le chagrin repoussé à force de volonté montre le bout de ses larmes
Quand je prends conscience qu’il ne reviendra jamais
Quand je me demande si ma vie a encore un sens
Man lebt, parce qu’il faut vivre
Parce que je n’ai pas survécu à la guerre pour lâcher tout avant que tout s’écroule en moi
Parce que je devine que ce printemps -même confiné- est magnifique
Je me demande comment le théoricien de l’Histoire que tu étais aurait parlé de cette pandémie ? Comment il l’aurait associé à un mode de production ?
Je confie à ce blog que je reprends après trois mois d’absence un poème un peu triste de Guy écrit à Alger en 1965 :

J’aime ce chant funèbre
Il évoque ma vie d’homme
Une pauvre vie d’homme
Des tracas des faiblesses
Des lâchetés des haines
Un bel et tenace amour
Une pauvre vie d’homme
J’aime ce chant funèbre
Ceux qui pour leur vie entière
Sont comme des paysans
Sans terre
Me ressemblent mieux que des frères
C’est toujours un peu la mienne
Une pauvre vie d’homme

(Vingt huit poèmes, Alger-Paris-1965, auto-édité en 2010)

A la recherche du parfait bouc émissaire

Vous êtes mal dans votre peau.
Vous vous sentez méprisé par vos collègues et vos petits et grands chefs
Vous écrivez des textes que personne n’aime
Vous êtes fauché grave
Vous vous sentez inutile et moche…
Vous vous sentez ignoré, invisible

La SOLUTION :
Trouvez un bouc émissaire
Choisissez le bien afin qu’il puisse vous servir dans plusieurs situations
Le meilleur bouc émissaire est un groupe de gens nombreux mais minoritaires
Dans ce groupe, il vaut mieux que les gens qui le composent soient identifiables, par leur physique, leur nom ou leurs croyances
Si vous voulez vraiment faire diminuer vos frustrations diverses, il vaut mieux que le groupe soit perçu comme ayant du pouvoir social et donc de l’argent.

A quoi bon choisir de pauvres bougres fauchés et non blancs: vous pouvez certes les mépriser mais vous ne les enviez pas

Alors le mieux est de choisir LES JUIFS : ils répondent à tous les critères : pouvoir médiatique, richesse supposée, reconnaissables,
même piétinés, ils parviennent toujours à refaire surface.

Selon les époques et les régions du monde, il pourra y en avoir d’autres : Tutsis, Coptes, Arméniens, Chiites, Sunnites, Berbères,Femmes, Intellectuels, Roms……
Mais le juif réunit beaucoup de traits caractéristiques du Bouc émissaire
Voila, vous avez trouvé. Bravo et bonne continuation

“Moi j’suis très bon en respi.”.. ultimes nouvelles de ma (petite) piscine de Cabourg

” Moi je sais faire la galipette à l’envers ”
” Moi je suis très bon en respi.”

Etc, etc
Il a sept ans le petit bonhomme qui hurle ses exploits aux quelques courageux locataires qui ont vaincu le vent du nord pour faire un peu de sport comme le leur recommandent les médecins pour vivre jusqu’à …..la dépendance !
“Arrête de t’la péter” répond timidement sa dernière victime, un gentil garçon du même âge
“Moi j’ai pas besoin de lunettes…”
Sa maman qui fait des longueurs avec une certaine avance sur moi me dit, quand par hasard on se croise, que c’est l’âge du “moi je”
Est-ce que cela veut dire que la majorité de nos contemporains ne dépassent jamais l’âge virtuel de 7 ans ?

La liste de mes colères

Dans ma longue vie j’ai traversé diverses périodes : Ma période rouge celle de la révolte , du militantisme, des adhésions, des réunions, des manifs etc …..
Puis il y a eu la période blanche, celles des questionnements, des contradictions insolubles
il y a eu les périodes noires, celles des amertumes et du pessimisme
Bientôt octogénaire, voici revenue la période des saintes colères, des maudites colères sans doute inutiles, mais je suis née avec et je mourrai avec.
Elles ont le mérite de me maintenir dans une relative forme jusque là !
J’en fait ici une liste décousue. J’en reprendrai certains éléments plus tard. Il y en a de minuscules, il y en a de terribles. Les premières ne sont sans doute que l’embryon des secondes

-Les catégorisations trop rapides
-les enfermements dans une identité,
- Les identités meurtrières
– l’obsession du genre (gender!)
- les racismes
- l’antisémitisme
-Les querelles d’Ego
-l’absence de dialogue, les gens qui ne vous écoutent pas,
- les petits et grands chefs ou cheftaines,
-l’interdiction de montrer ses cheveux
-le gauchisme
- l’impolitesse, la grossièreté,
-les groupes de plus de trois personnes,
- l’absence de politique du logement social,
-la fabrication de lois dont on ne sait pas comment et par qui elles vont être appliquées
- les stéréotypes sur les femmes et les hommes
-les intellos et les idées à la mode comme l’identitarisme,
- le MOI JE,(ce que je suis en train de faire!!!!)
- l’impossibilité légale de l’interruption volontaire de vie
-l’absence de planification,
-l’interminable conflit israélo-palestinien et l’absence de volonté de dialogue
-toutes les formes d’exclusion contre les vieux, les gros, les handicapés, les pauvres,les riches, les moches, les blancs, les colorés, les homos..:
-les hommes qui ne foutent rien pendant que les femmes s’agitent,
-les faux amis
-la bureaucratie inutile
- les gens qui refusent d’aller au fond de l’autobus ou du métro
-les gens qui regardent leur téléphone au lieu de râler quand c’est nécessaire
- le traitement des migrants……etc etc

Les êtres humains sont à la fois bons et mauvais. Ce n’est pas simple. Mes colères sont souvent disproportionnées mais l’absence de colère qui se défoule anonymement sur la toile est pire.
J’y reviendrai

-

Savoirs, savants, sachants (par JF)

Ce texte m’a été envoyé par une amie JF. Je le publie volontiers parce qu’il correspond à l’une de mes interrogations : Comment marche le cerveau de ceux qui SAVENT ?

Nous sommes tous dépositaires de savoirs, qui nous guident dans notre vie.
Savoirs de toute sorte : conscients ou inconscients, vrais ou faux.
Et puis il y a “ceux qui savent”.
Ou qui le prétendent.
Cela attire, cela séduit. Mais comment discerner le vrai du faux ?
That’s the problem.

Aujourd’hui j’essaie de comprendre ceux qui énoncent, avec une autorité qui impressionne, qu’ils savent. Ils sont nombreux, et potentiellement dangereux.
Souvent, ils font plus confiance aux médecines alternatives, par exemple, qu’à la médecine officielle.
La médecine officielle : une institution qui, comme toutes les institutions, a des failles.
Les sachants s’y infiltrent, pour se décerner un certificat de “je ne m’en laisse pas conter, moi”. C’est le narcissisme de la dissidence.
Et, pour mieux asseoir leur supériorité supposée, ils vont aller piocher dans les médecines alternatives.

Ceci m’est venu après avoir enfin parcouru hier une pub qui m’agressait tous les jours, en haut de mon écran : As-tu de l’arthrose ? .
Bien sûr, j’en ai, hélas ! du coup, à la retrouver tous les jours, la curiosité m’est venue. J’y suis allée.
Une longue histoire a défilé, avec beaucoup d’incidences, de détours, pour m’expliquer que j’avais eu tout faux jusque-là, en m’entraînant dans un suspense toujours renouvelé, faisant force citations scientifiques, de çà de là, au milieu d’un discours combatif, quasiment agressif, comme pour déstabiliser le lecteur, avant de lui asséner la révélation finale (en l’occurrence, le bienfait du curry).
J’ai reconnu une pub où je m’étais déjà égarée, mi-fascinée par son savoir-faire, mais agacée d’y perdre du temps.

Réflexions primaires sur la solitude


.
Je connaissais la solitude depuis longtemps au cinéma, dans les expositions, sur la plage, au bistrot etc…mais je savais que quelqu’un m’attendait chez moi à qui je raconterais mes “aventures”.
Depuis trois mois, Je fais l’expérience de la vraie solitude, celle où personne ne vous attend à la maison, où personne ne partagera votre repas, ou personne ne vous aidera si vous tombez…(cf l’article où je cite Joan Didion, L’année de la pensée magique)
Il y a des milliers, voire des millions de gens comme moi.
Ce qui m’intéresse dans ce phénomène c’est la manière dont Les Autres accentuent volontairement ou non notre solitude.
Comme ils sont fâcheux les gens qui ne supportent pas votre solitude !
Il y a les commerçants qui vous regardent avec un vague mépris quand vous achetez une sole au lieu des deux habituelles ou du Plateau de fruits de mer…Il y a quelques voisins âgés avec qui vous échangiez habituellement des propos sur le climat, qui vous fuient comme si le deuil était contagieux… Il y a l’absence de regards habituelle envers les vieux mais qui blesse encore un peu plus quand on est vraiment seul…
Un écrivain norvégien Kjell Askildjen a écrit des nouvelles magnifiques sur la solitude des vieux (Cf Les dernières notes de Thomas F., Le Serpent à plumes, 2001). Dans une nouvelle intitulée :Les gens des cafés, le narrateur tente de sortir de sa solitude en allant dans un café : “Il y avait longtemps que je n’avais pas eu l’occasion de parler, j’aurais volontiers échangé ne fut-ce que quelques mots avec quelqu’un…Mais ils semblaient tous dépourvus de regard.” Au bout d’un moment il tente une stratégie :il laisse tomber son portefeuille par terre….mais personne ne le remarque et il conclut :”A sans cesse vouloir espérer on finit toujours par être déçu.”
Mais la rencontre de l’autre est le plus souvent décevante voire ennuyeuse :” Je me sens un peu plus seul chaque fois que je rencontre quelqu’un.”
Encore une fois, il n’y a pas de solution à ce problème qui touche particulièrement les vieux. Supporter sa solitude et donc se supporter soi-même -cf Shopenhauer- reste la meilleure des réponses.
Sans cela, il y a le smartphone ou si vous y êtes allergique, le chien ou le chat qui vous procurent de la compagnie sans vous priver de solitude !

Retour à la piscine de mes étés…Gare aux syndics…dics …dics

En relisant les articles précédents je m’aperçois que je commence à m”enfoncer dans l’amertume, la tristesse et les colères improductives. C’est dangereux pour un blog de vieille dame qui entend démontrer que l’on peut être vieux et avoir un peu d’humour et rebutant pour d’éventuels lecteurs.
Heureusement j’ai trouvé à poser ma colère contre le syndic et le conseil syndical de ma résidence d’été, pourvue d’une petite piscine bien utile par ces temps normands ensoleillés mais fortement rafraichis par un vent du nord…On ne peut pas tout avoir.
Bref depuis deux semaines, j’assiste à un spectacle drôle et consternant : des grand-mères entourées d’une armée d’enfants , des jeunes filles pressées de bronzer,en train d’essayer soit de rentrer soit de sortir de cette fichue piscine. En effet la porte est bloquée par un système mystérieux que seuls des cerveaux affaiblis ont pu imaginer, qui doit empêcher les enfants (surtout ceux qui s’introduiraient en toute illégalité !) de rentrer dans ce lieu convoité par les temps frisquets.
Il n’est donc pas rare de voir des gens transis de froid s’escrimer pendant près d’une demi heure voire plus pour essayer d’entrer ou de sortir.de la piscine/prison.
Dit comme cela, la solution parait simple : faire intervenir un serrurier spécialisé qui trouvera un système fiable et facile .
Encore mon fil ténu : pourquoi est-il si difficile de faire faire une chose aussi simple à un syndic à qui l’on verse des sommes conséquentes chaque trimestre ?
On peut supposer qu’il y a derrière cela des petits intérêts miteux.
Quand ces intérêts miteux deviennent plus conséquents, cela donne des échecs de certaines réformes… mais bon je voulais juste parler de ma petite piscine