Archive pour la catégorie ‘Au quotidien’

L’éternelle sagesse du TAO – A la recherche de la sagesse

Pendant que mon matérialisme explose dans ce blog et se concentre sur un quotidien plus ou moins tristounet, Guy Dhoquois transcrit sur son blog depuis plusieurs années des poèmes inspirés par le Taoïme chinois, confirmés par le confucianisme et le Bouddhisme, celui-ci confirmé par la tradition japonaise. Cette recherche de sérénité est apaisante. J’en publie un ci-dessous transcrit le 17 Aout 2017 d’après le joli ouvrage ci-contre, écrit par Tchouang-tseu, sage chinois ( 369-286 av JC) (auteurs.harmattan.fr/guy-dhoquois)

Libères-toi de la réussite
Réjouis-toi de la vie quotidienne
Ta vie est fluide anonyme et sans but
La barrière est proscrite entre l’entraînant et l’entraîné
Seras-tu un maître dans l’art de la paix ?
C’est grâce à nos perspectives limitées que nous avons des projets
Pas de journées sans petites surprises
Le tao de tous les jours
Ne sois pas rationnel au delà du raisonnable
Nous dépendons des regards qu’on nous jette
Tout ne va pas si mal que ça
Paris est une fête
Les nuages sont mortels
Les fruits sont périssables
Nous faisons ce que nous voulons dit-on
Entre grands mensonges et petits mariages
N’en veux pas à la terre entière
La vie est pleine d’obstacles

Retour sur l’amitié : “Je n’avais rien fait de mal”


(Cet article est un commentaire de l’article signé jf présenté précedemment
Merci Chère JF de m’avoir donné l’occasion d’évoquer ces choses si douloureuses que sont les ruptures d’amitié soudaines, inattendues et qui font mal.
Moi aussi, je continue à me demander chaque fois que cela m’arrive “Je ne comprends pas, je n’avais rien fait de mal”
J’ai souvent tenté de rationaliser mes sentiments dans ces moments à la fois éprouvants et pitoyables. Je ne supportais pas d’être exclue alors que je ne savais pas ce que j’avais fait de mal. Et cette sensation venait de très loin, de la guerre, de cette enfance juive dans une France antisémite, de ce rejet que je sentais parfois sans pouvoir me l’expliquer.
Et si finalement, ces divorces étaient dus à l’impossibilité pour les êtres humains de supporter les différences, de les gérer, puis de dialoguer.
Et si ces brusques disparitions amicales n’avaient rien à voir avec quelques chose de mal que l’on aurait fait mais plutôt avec quelque chose de bien qui susciterait l’envie.
Il y a sans doute bien d’autres explications à ces désagrégations. Mais les explications ne suffisent parfois pas à guérir la souffrance, de ne plus être aimée.
Et c’est à JF de conclure ce début de réflexion sur ce sujet difficile : “J‘avais un projet avec elles…Puis il y a eu ce “divorce avec celles que j’avais pensé être venues pour m’aider. D’où cet arrêt soudain, où je devais me mettre à repenser la suite et la fin du projet. D’où la question angoissante revenue, chaque matin du sens de la vie.
Heureusement, j’ai entrevu ce matin la nouvelle étape. Me voici rassurée : je sais quoi faire de ma vie.
Mais comment font ceux qui n’ont pas de projet en eux mêmes qui les guide ?
Je crois savoir que certains savent apprécier la vie en toute simplicité.
Il semblerait que ce ne soit qu’exceptionnellement mon cas.
JF

Sur les amitiés déçues : textes d’une amie (JF)

Ne pas être aimée :

Quand cela m’arrivait, enfant, c’était fort désagréable. C’était tellement important d’être acceptée par les petits camarades pour jouer avec eux!
Plus tard, il m’arrivait d’être étonnée que cela soit. Je n’avais rien fait de mal !
Je ne parlerai pas de mes amours déçues, il y en a eu trop, c’est un autre chapitre. Je m’en tiens ici à l’amitié, qu’il m’a toujours semblé savoir mieux manier que l’amour, où la passion et le manque de confiance en moi menaient leur shabbat de sorcières.
J’ai vécu, j’ai “travaillé” sur moi, j’ai choisi cette valeur : tenter de s’améliorer
Et il me semble que c’est ce cheminement même qui conduit aujourd’hui certaines de mes amies à vouloir mettre de la distance avec moi.
Dieu merci., je me suis suffisamment réconciliée avec moi-même pour prendre la chose avec philosophie, distance, voire ironie.

J’ai affaire, avec une certaine douleur et une déception certaine, à l’éloignement à mon égard, de personnes que j’estime, avec qui je croyais être amie.
Je crois comprendre la situation, et les raisons qui les poussent à cet éloignement. Car j’ai beaucoup travaillé à tenter de scruter les embrouillaminis des fragilités qui se heurtent, lors d’une relation humaine.
C’est un des fardeaux à porter lors de notre vie ici-bas, avec notre impuissance, bien plus grande encore à agir sur la société, voire, l’humanité où nous baignons.

Hommes et bêtes


Sur cette photo, il y a deux chats, l’un est noir, l’autre est…européen, l’un a 9 ans, l’autre 15 ans, le noir est l’invité sur le territoire de l’Européen. Tous les ingrédients sont réunis pour qu’ils s’arrachent les yeux.
Et bien , pas tout à fait : regardez-les : ils se respirent, se touchent . L’invité s’efface pour laisser manger le territorial le premier.
De temps en temps, l’occupant des lieux râle et pousse des cris affreux. Mettez-vous à sa place.
Mais pas d’injures racistes, pas de coups méchants, juste des petits coups de pattes.
Au mieux ils cohabitent. Au pire ils se supportent plus ou moins bien.
Est-ce si difficile à faire pour les êtres humains ?

Meilleurs voeux à tous ceux qui s’ennuient en famille ou avec des “amis” (sic)

Notre impeccable Président nous a souhaité la bonne année, sans oublier tous “les gens qui ne sont pas “en famille”! Ceux qui travaillent, ceux qui sont seuls, malades et qui souffrent…”
Je sais ce qui me déplait chez vous Mr Macron, c’est votre normalité bourgeoise. Pour vous ne pas être en famille relève de la souffrance.
Alors je souhaite une excellente année , à tous les marginaux qui détestent les repas en famille, pour qui être seul(e) n’est pas une maladie mais une liberté, tous ceux qui ont décidé de faire la fête uniquement quand elle n’est pas obligatoire etc..

Réflexion sur l’amitié

Quand et comment décide-t-on que telle ou telle personne est digne de notre amitié ?
Sur cette question le grand écrivain américain Wallace Stegner fait une hypothèse intéressante (“En Lieu Sûr”, Gallmeister,2017) :”Ne répondons-nous qu’aux êtres qui paraissent nous trouver intéressants? …Etais-je à ce point avide de louanges qu’entendre déclarer qu’ils avaient aimé ma nouvelle suffit à me faire éprouver de la sympathie pour eux deux ? Est-ce que nous vrombissons, tintons ou nous illuminons quand, et seulement quand, on appuie sur nos touches de vanité ? Puis-je, dans toute ma vie, trouver quelqu’un que j’ai bien aimé sans qu’il eut montré des signes de m’aimer bien ? “

Les sordides histoires d’héritage témoignent de la médiocrité de la condition humaine

Impossible de raconter les histoires de famille.
Mais j’ai eu envie d’illustrer la petite histoire mesquine que je viens de vivre avec l’une des premières fables de La Fontaine.
La fable peut se conjuguer dans tous les sens : le vieillard peut être le “méchant” etc etc…
Le vieillard et ses enfants
Un vieillard prêt d’aller où la mort l’appelait :
“Mes chers enfants, dit-il (à ses fils il parlait),
Voyez si vous romprez ces dards liés ensemble;
Je vous expliquerai le noeud qui les assemble.”
L’aîné les ayant pris et fait tous ses efforts,
Les rendit en disant: ” Je le donne aux plus forts.”
Un second lui succède et se met en posture,
Mais en vain. un cadet tente aussi l’aventure.
Tous perdirent leur temps; le faisceau résista:
De ces dards joints ensemble un seul ne s’éclata
“Faibles gens ! dit le père, il faut que je vous montre
Ce que ma force peut en semblable rencontre.”
On crut qu’il se moquait; on sourit, mais à tort :
Il sépare les dards et les rompt sans effort.
“Vous voyez, reprit-il, l’effet de la concorde :
“Soyez joints mes enfants, que l’amour vous accorde.”
Tant que dura son mal, il n’eut autre discours.
Enfin se sentant prêt de terminer ses jours :
“Mes chers enfants, dit-il, je vais où sont nos pères;
Adieu: promettez-moi de vivre comme frères;
Que j’obtienne de vous cette grâce en mourant.”
Chacun de ses trois fils l’en assure en pleurant.
Il prend à tous les mains; il meurt; et les trois frères
Trouvent un bien fort grand mais fort mêlé d’affaires.
Un créancier saisit, un voisin fait procès:
D’abord notre trio s’en tire avec succès.
Leur amitié fut courte autant qu’elle était rare.
Le sang les avait joints, l’intérêt les sépare:
L’ambition, l’envie, avec les consultants,
Dans la succession entrent en même temps.
On en vient au partage, on conteste, on chicane:
Le juge sur cent points tour à tour les condamne.
Créanciers et voisins reviennent aussitôt,
Ceux-là sur une erreur, ceux-ci sur un défaut.
Les frères désunis sont tous d’avis contraire:
L’un veut s’accommoder, l’autre ne veut rien faire.
Tous perdirent leur bien, et voulurent trop tard
Profiter de ces dards unis et pris à part.

Le danger des lois symboliques

On parle d’une nouvelle loi sur le harcèlement de rue.
Cela fait des dizaines d’années que les femmes le dénoncent. Ce sont les féministes du MLF qui ont demandé la criminalisation du viol dans les années 70/80. A l’époque , elles se sont fait insulter par les ” camarades gauchistes” notamment dans les colonnes de Libération qui estimaient , en gros, que les hommes- notamment les immigrés- avaient des “besoins”, (comme disait ma mère).
Quand les femmes arrivent au bout de procédures longues et souvent humiliantes, les tribunaux correctionnalisent la plupart du temps le crime de viol en le punissant comme un délit.
Pourquoi ne pas faire une loi contre le harcèlement de rue ? Parce que l’on sait que cette loi ne sera pas appliquée, parce qu’elle n’est pas applicable sans effectifs policiers considérables, parce qu’il y aura des problèmes de preuve etc…
Une loi non appliquée, symbolique, comme l’a plus ou moins reconnu sur France Inter ce matin la Ministre de la Justice, est dangereuse.
Nombre de lois notamment quand elles protègent les personnes dans une situation de subordination (Droit de travail, Droit des étrangers, droit des femmes, droits des enfants…) ne sont pas ou mal appliquées.La raison en est évidente.
Cette ineffectivité de certains textes pourtant fondamentaux relativise l’impact de la loi en général.
Le législateur exerce moins une autorité qu’un sacerdoce. il ne doit point perdre de vue que les lois sont faites pour les hommes et non les hommes pour les lois (…)Il ne faut point de lois inutiles. elles affaibliraient les lois nécessaires (…), disait Portalis le rédacteur du Code Civil au début du 19° siècle.
Que faire ? : Utiliser les textes existants,porter plainte quand c’est possible, dénoncer, crier, frapper (comme vous pouvez) les harceleurs, les ridiculiser. C’est parfois impossible notamment quand il s’agit de mots blessants parce que, dans notre société encore machiste, protester contre des insultes risque de vous mettre du côté de ceux qui “manquent d’humour”.
Il faut parvenir à une situation ou ce sont ceux qui insultent (même sous forme de soi-disant compliments) qui sont pitoyables.
Avis à ceux qui regardent leurs pieds quand une incivilité ou un crime se produisent devant eux
Le monde est dangereux non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.”.
Albert Einstein

Exigeons une loi contre les emballages exaspérants !!!

Sans commentaires

Les médecins de Molière

Je me souviens du mois de septembre 2003
Je me souviens de m’être évanouie et d’avoir séjourné dans les couloirs de l’hôpital Saint Joseph pendant 48 h
Je me souviens que chaque fois que je voulais descendre de mon brancard, une extrême faiblesse s’abattait sur moi jusqu’à la chute
Je me souviens des cinq pages d’analyses réalisées par le labo de la médecine interne de l’hôpital où tout semblait normal et où aucune analyse de la thyroïde n’apparaissait
Je me souviens de ces heures passées dans mon lit sans savoir ce qui me mettait dans cet état de fatigue immense
Je me souviens de mon adorable gastro-entérologue que j’avais réussi à atteindre en vacillant me disant que tout allait bien
Je me souviens de sa secrétaire m’assénant à la sortie : vous avez vieilli de dix ans
Je me souviens des médecins de SOS me regardant d’un air vaguement méprisant et décrétant que tout ces maux étaient d’ordre psychologique
Je me souviens d’une amie me conseillant d’aller au laboratoire sans ordonnance me faire faire une analyse (dite TSH) du fonctionnement de la thyroïde
Je me souviens de l’endocrinologue consultée par téléphone en urgence devant les résultats alarmants de l’analyse
Je me souviens du Lévothyrox qui m’a permis après un mois de quasi coma de revivre
Je me souviens de mon médecin qui, il y a quelques jours lors du renouvellement de mon ordonnance, déclarait que les réactions au nouveau Lévothyrox étaient de “l’hystérie collective”
Au secours Monsieur Molière, vos médecins sont toujours parmi nous