Archive pour la catégorie ‘Emotions’

Une belle exposition Norman Rockwell au mémorial de Caen

Elle s’intitule LES QUATRE LIBERTES et reprend les termes du discours du Président Roosevelt du 6 Janvier 1941 où il lance un appel à rompre l’isolationnisme de son pays en insistant sur la dimension mondiale du conflit mondial en cours. Il termine son discours en énonçant le principe des quatre libertés : la liberté d’expression, la liberté de conscience, la liberté de vivre à l’abri du besoin et la liberté d’être protégé.
Rockwell illustre ces quatre libertés. Ses oeuvres seront publiées dans son journal Le Saturday Evening Post début 1943 puis utilisées pour encourager la population à acheter des bons de guerre. Elles deviennent ainsi le symbole des valeurs à défendre, qui seront reprises en d’autres termes dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme en 1948.
Les illustrations de Norman Rockwell sont terriblement émouvantes. Il croit profondément à ces valeurs. Il y mélange le privé et le public. Par exemple il illustre la liberté d’être protégé par des parents veillant sur leurs enfants.

J’aurais voulu serrer dans mes bras Norman Rockwell, parce qu’ il croyait véritablement à ces valeurs.
Mais j’aurais voulu aussi trouver une expression à mon désarroi devant une certaine indifférence ou même ironie contemporaines face à ces quatre libertés.

Réflexions primaires sur la solitude


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Je connaissais la solitude depuis longtemps au cinéma, dans les expositions, sur la plage, au bistrot etc…mais je savais que quelqu’un m’attendait chez moi à qui je raconterais mes “aventures”.
Depuis trois mois, Je fais l’expérience de la vraie solitude, celle où personne ne vous attend à la maison, où personne ne partagera votre repas, ou personne ne vous aidera si vous tombez…(cf l’article où je cite Joan Didion, L’année de la pensée magique)
Il y a des milliers, voire des millions de gens comme moi.
Ce qui m’intéresse dans ce phénomène c’est la manière dont Les Autres accentuent volontairement ou non notre solitude.
Comme ils sont fâcheux les gens qui ne supportent pas votre solitude !
Il y a les commerçants qui vous regardent avec un vague mépris quand vous achetez une sole au lieu des deux habituelles ou du Plateau de fruits de mer…Il y a quelques voisins âgés avec qui vous échangiez habituellement des propos sur le climat, qui vous fuient comme si le deuil était contagieux… Il y a l’absence de regards habituelle envers les vieux mais qui blesse encore un peu plus quand on est vraiment seul…
Un écrivain norvégien Kjell Askildjen a écrit des nouvelles magnifiques sur la solitude des vieux (Cf Les dernières notes de Thomas F., Le Serpent à plumes, 2001). Dans une nouvelle intitulée :Les gens des cafés, le narrateur tente de sortir de sa solitude en allant dans un café : “Il y avait longtemps que je n’avais pas eu l’occasion de parler, j’aurais volontiers échangé ne fut-ce que quelques mots avec quelqu’un…Mais ils semblaient tous dépourvus de regard.” Au bout d’un moment il tente une stratégie :il laisse tomber son portefeuille par terre….mais personne ne le remarque et il conclut :”A sans cesse vouloir espérer on finit toujours par être déçu.”
Mais la rencontre de l’autre est le plus souvent décevante voire ennuyeuse :” Je me sens un peu plus seul chaque fois que je rencontre quelqu’un.”
Encore une fois, il n’y a pas de solution à ce problème qui touche particulièrement les vieux. Supporter sa solitude et donc se supporter soi-même -cf Shopenhauer- reste la meilleure des réponses.
Sans cela, il y a le smartphone ou si vous y êtes allergique, le chien ou le chat qui vous procurent de la compagnie sans vous priver de solitude !

“L’année de la pensée magique” de Joan Didion, le livre qui permet de supporter le deuil

Je suis seule, je regarde la mer. Elle est d’une beauté à couper le souffle mais elle ne me console plus.
Il faut que j’écrive sur cette amputation qu’est le départ d’un être aimé mais je tremble trop et mon cerveau est vide.
Alors je tape sur Google : “Comment supporter la mort d’un être cher ?” Merci Google : je retrouve la trace de ce livre de Joan Didion sur la mort de son mari que j’avais tant aimé sans avoir jamais connu ce qu’elle décrivait.
Tout ce que je ressens y est : d’abord la certitude qu’il s’est juste absenté et va revenir. Il faut lui garder une paire de chaussures.
Il y a le vide de la pensée, l’incrédulité, le corps qui fout le camp : “ Au cours de l’été, j’ai commencé à me sentir fragile, instable. Ma sandale ripait sur le trottoir et je devais faire quelques pas précipités pour éviter la chute. Et si je ne me rattrapais pas ? Et si je tombais ? Qu’est-ce que je me casserais, qui verrait le sang couler le long de ma jambe, qui hèlerait un taxi, qui serait avec moi aux urgences ? Qui serait à mes côtés, une fois rentrée chez moi ? J’ai arrêté de porter des sandales.
J’ai acheté deux paires de baskets puma et je n’ai plus porté que ça.

Le chagrin du deuil, en fin de compte, est un état qu’aucun de nous ne connait avant de l’avoir atteint….Nous nous attendons peut-être, si la mort est soudaine à ressentir un choc. Nous ne nous attendons pas à ce que ce choc oblitère tout, disloque le corps comme l’esprit…

“Le mariage, ce n’est pas seulement le temps: c’est aussi, paradoxalement le déni du temps. Pendant quarante ans, je me suis vue à travers le regard de John. je n’ai pas vieilli. Cette année, pour la première fois depuis mes vingt neuf ans, je me suis vue au travers du regard des autres; pour la première fois, j’ai compris que j’avais de moi même l’image d’une personne beaucoup plus jeune.”

Je ne cesse de relire ce livre. La littérature est miraculeuse. Ce que Joan Didion a écrit, je n’ai pas à l’écrire. Son livre est un chef d’oeuvre, une sorte d’évidence . Elle évoque par exemple la relecture de ses textes par son mari qui lui était indispensable pour qu’ils soient validés. J’ai exactement le même sentiment. je ne retrouverai jamais le peu de confiance en moi qu’il m’avait permis de conquérir:
Aurais-je jamais de nouveau raison ?
Pourrais-je jamais de nouveau être sûre de ne pas me tromper ?”
“Est-ce qu’il faut toujours que tu aies raison ? Il(s) avai(en)t dit cela.”

manifestation contre l’antisémitisme du 19 février : hommage

Merci à cette dizaine d’Africains qui distribuaient cette belle citation de Martin Luther King .
Au milieu de la place, ils constituaient l’une des seules figures de l’Autre/Pareil que j’aimerais tant voir plus souvent dans ces manifestations contre un mal qui devrait concerner tout le monde.
Par contre je suis partagée entre colère et pitié à l’égard de ces juifs pro-palestiniens qui ont cru bon de ne pas se mêler aux juifs landa: Au nom de combats que nous sommes nombreux à partager, pour l’existence de deux Etats, Israël et Palestine, contre les implantations, ils ont abandonné la lutte principale ici et maintenant, celle de la haine anti juive. Ils ont laissé entendre que cette haine pouvait se justifier par la politique israélienne. C’est stupide et criminel.
Comme disait Joann Sfar interrogé dans le journal Elle : “Mauvaise nouvelle :je crois que tout est foutu. Bonne nouvelle : tout est foutu depuis toujours.”

De la dangerosité des groupes et de la camaraderie…

J’ai toujours été mal à l’aise dans les groupes, au dessus de trois personnes.
A vingt ans j’avais déclaré :”Le groupe c’est la mort”
Certes, j’ai toujours eu envie d’appartenir à ces bandes que je voyais rire ensemble sur les plages de mon enfance
A force de les envier, en suis-je venue à les condamner ?
Il y a sans doute de cela dans mon refus mais il y a aussi quelques bonnes raisons. Le groupe risque d’annuler la réflexion et la responsabilité individuelles. Il faut faire comme tout le monde, ne pas se singulariser et s’aligner parfois sur le plus violent ou le plus stupide des membres du groupe.
Sebastien Haffner est l’auteur d’un livre admirable , “Histoire d’un Allemand”: Souvenirs (1914-1918)
Il y raconte sa vie de juriste de bonne famille, dans l’Allemagne d’après la grande guerre. On l’y voit s’épanouir dans un pays qui sombre peu à peu dans le fascisme, alors que la majorité de la population reste indifférente au drame qui se prépare. Lui fuira vers l’Angleterre en 1938, où il écrira ce récit qui ne sera redécouvert qu’à la fin du siècle dernier.
Apprenti juge dans les années 30, il est assigné à un camp où il fait du sport, apprend à se battre, se plait dans cette joyeuse camaraderie.
Je cite ici quelques extraits de ce chapitre final sur ce thème :” Pendant la journée, on n’avait jamais le temps de penser, jamais l’occasion d’être un “moi”. Pendant la journée, la camaraderie était un bonheur…..Et c’est précisément ce bonheur, cette camaraderie qui peut devenir l’un des plus terribles instruments de la déshumanisation- et qu’ils le sont devenus entre les mains des nazis…La camaraderie annihile le sentiment de la responsabilité personnelle…Le camarade fait ce que tous font. Il n’a pas le choix, pas le temps de réfléchir…La camaraderie ne souffre pas de discussion: c’est une solution chimique dans laquelle la discussion vire aussitôt à la chicane et au conflit… C’est un terrain fatal à la pensée, favorable aux seuls schémas collectifs de l’espèce la plus triviale et auxquels nul ne peut échapper, car vouloir s’y soustraire reviendrait à se mettre au ban de la camaraderie.”
Penser par soi même n’empêche malheureusement pas d’être raciste, violent, etc. Mais ne pas penser par soi même et se soumettre au groupe peut annoncer de graves manquements à la “civilité”, au sens large du terme.

Les émotions négatives : les conseils des sages

Ce livre réunit un psychiatre, Christophe André, un philosophe, Alexandre Jollien et un moine bouddhiste, Mathieu Ricard
Ils dialoguent sur des sujets fondamentaux : L’écoute, les émotions, le corps, la souffrance, la cohérence, l’altruisme …etc
Parmi les trois, il y a Alexandre. Je me sens si proche de lui que je vous présente ici quelques citations qui m’ont émue :

L’idée d’être un intermittent du bonheur apaise en profondeur…Pour celui qui peine au quotidien, il est encourageant de voir que ni la fatigue, ni la faiblesse, la maladie ou le handicap, ni en un mot, l’imperfection du monde n’interdisent la joie. L’exercice c’est d’oser inlassablement la non fixation. Tout est éphémère, même le mal-être. Et les mots de Spinoza disent l’essentiel et me servent de programme :” Bien faire et se tenir en joie.”

Trop souvent, sans écouter l’autre à fond, je ramène tout à moi, à mon histoire, à mes catégories mentales. Affligeant réflexe qui nous pousse à balancer des :”ça me rappelle ma belle-mère”, “Tu me fais penser à mon cousin.”, “J’ai vécu la même chose, enfant”, etc. Je me replie alors sur mes opinions, sans laisser l’autre réellement exister. Ecouter, c’est s’arrêter, oser ne plus avoir une réponse toute faite, cesser d’ensevelir autrui sous des tonnes d’étiquettes.”

On a l’impression en lisant ce livre et notamment Alexandre, le philosophe, d’avoir un ami qui nous comprend. Que dire de mieux ?

Dubito ergo sum

Marquis de sade

Philippe Roth

Prétendre détenir LA vérité peut conduire aux pires monstruosités, aux idéologies meurtrières.
Mais comment gouverner (un pays, un parti, une association, une entreprise…) sans croire et appliquer UNE vérité ?
Dans une démocratie où la diversité politique est la norme, le désaccord est nécessaire comme l’accord peut être indispensable. La critique systématique est inutile et contre productive.
Qui peut prétendre dire LA vérité sur l’accueil des migrants ? Seuls les chercheurs comme François Héran et Stephen Smith peuvent envisager tous les aspects d’un problème aussi complexe. Ils sont indispensables mais ils ne donnent pas de directives concrètes. Nous y reviendrons.

Pire encore, comment condamner une oeuvre littéraire au nom, par exemple, de LA vérité d’une idéologie féministe ? Pour certaines féministes, Philippe Roth doit être condamné pour sexisme ! C’est méconnaitre le rôle fondamental de la subjectivité de l’auteur, de son droit aux phantasmes, de son devoir de dévoiler les aspects parfois sordides de son inconscient.
Seule la littérature peut nous aider à comprendre l’être humain, ses contradictions, ses allers-retours entre le Bien et le Mal. C’est avec ce monde là que nous devons agir ou pas ?
Dans le même esprit, le rejet “féministe” du Marquis de Sade. On peut ne pas aimer. On ne peut pas le condamner au nom du féminisme. Sade décrit avec froideur des pratiques sexuelles violentes. Il montre aussi par ce biais les limites de la sexualité. Ce sont des pratiques et des phantasmes que beaucoup d’êtres humains partagent.
En évoquant cet échange avec quelques copines féministes, je parle toujours de ce qui me tient le plus à coeur : le fil ténu entre nos comportements quotidiens et les actions les plus meurtrières.
Je condamne donc je suis” pourrait résumer cette tendance de certains êtres humains (parmi lesquels des intellectuels) à préparer le terrain aux fanatismes les plus stupides.
Ce fil ténu m’obsède depuis que j’ai commencé à écrire . Certain(e)s me l’ont reproché estimant qu’il n’y a aucune commune mesure entre une mauvaise pensée ou une petite mauvaise action et les génocides… C’est vrai et faux.
Pour moi continuer à penser ce fil ténu c’est m’interroger sur ce qui au tréfonds de nous-mêmes, participe du mal que les êtres humains sont capables de faire subir à leurs semblables.

Petit dialogue conjugal autour de Dieu

Régine : Est-ce que tu peux m’expliquer ce qu’est le Pari pascalien ?
Guy : Pour Pascal, il sert à prouver l’existence de Dieu. Selon lui, le monde est parfait et cette perfection ne peut venir que de Dieu. Face à la misère de l’homme sans Dieu, il est compréhensible que l’on mise sur Dieu. Non seulement, il nous promet le paradis après la mort mais ici et maintenant il élève notre coeur et notre esprit au dessus des contingences humaines.
Régine : Comment as-tu interprété ce pari ?
Guy : A dix huit ans, en réponse à un camarade j’ai réfléchi à mon rapport à Dieu, à partir de Pascal : Dieu dans sa grandeur ne me demande pas de l’adorer. Il me demande juste d’être humain. Si Dieu existe et que je me comporte honorablement, humainement, il n’y a pas de problème.
Régine : A mon tour de parler de mon rapport à Dieu : Dieu n’existe pas. S’il existait, il n’aurait pas permis les génocides, l’esclavage, le crime etc…Dans la vision religieuse, Dieu est bon mais on pourrait dire qu’il ne peut rien contre la méchanceté humaine.
Dieu ne me sert à rien, ne sert à rien. Il a été inventé par les hommes pour relativiser leur responsabilité.
Le concept même de Dieu me gêne. Je ne crois qu’en une chose : Notre responsabilité dans la construction d’un monde plus juste et notre implication simplement humaine dans les crimes contre l’Humanité. S’il se passe des choses positives, c’est uniquement grâce à nos efforts.
Par ailleurs la croyance en Dieu -surtout depuis l’apparition des monothéismes-crée des conflits, des guerres . Les religions au lieu de pacifier fabriquent la guerre.
Mais paradoxalement, ma vision étroitement matérialiste du monde m’ennuie. J’envie un peu les mystiques. Je voudrais connaitre une forme de transcendance. Comment vois-tu la transcendance sans Dieu ?
Guy : Ce qui compte c’est ce que l’on fait concrètement et non des hypothèses métaphysiques. Ce qui compte c’est la transcendance immanente, prise dans le monde des phénomènes. Par exemple, les oeuvres d’art nous incitent à nous dépasser nous mêmes, à sortir de notre monde le plus quotidien. Mais on pourrait aussi évoquer Spinoza pour qui Dieu est tout mais nous sommes une partie du Tout.

Retour sur l’amitié : “Je n’avais rien fait de mal”


(Cet article est un commentaire de l’article signé jf présenté précedemment
Merci Chère JF de m’avoir donné l’occasion d’évoquer ces choses si douloureuses que sont les ruptures d’amitié soudaines, inattendues et qui font mal.
Moi aussi, je continue à me demander chaque fois que cela m’arrive “Je ne comprends pas, je n’avais rien fait de mal”
J’ai souvent tenté de rationaliser mes sentiments dans ces moments à la fois éprouvants et pitoyables. Je ne supportais pas d’être exclue alors que je ne savais pas ce que j’avais fait de mal. Et cette sensation venait de très loin, de la guerre, de cette enfance juive dans une France antisémite, de ce rejet que je sentais parfois sans pouvoir me l’expliquer.
Et si finalement, ces divorces étaient dus à l’impossibilité pour les êtres humains de supporter les différences, de les gérer, puis de dialoguer.
Et si ces brusques disparitions amicales n’avaient rien à voir avec quelques chose de mal que l’on aurait fait mais plutôt avec quelque chose de bien qui susciterait l’envie.
Il y a sans doute bien d’autres explications à ces désagrégations. Mais les explications ne suffisent parfois pas à guérir la souffrance, de ne plus être aimée.
Et c’est à JF de conclure ce début de réflexion sur ce sujet difficile : “J‘avais un projet avec elles…Puis il y a eu ce “divorce avec celles que j’avais pensé être venues pour m’aider. D’où cet arrêt soudain, où je devais me mettre à repenser la suite et la fin du projet. D’où la question angoissante revenue, chaque matin du sens de la vie.
Heureusement, j’ai entrevu ce matin la nouvelle étape. Me voici rassurée : je sais quoi faire de ma vie.
Mais comment font ceux qui n’ont pas de projet en eux mêmes qui les guide ?
Je crois savoir que certains savent apprécier la vie en toute simplicité.
Il semblerait que ce ne soit qu’exceptionnellement mon cas.
JF

Dialogue entre un nazi et Dieu (extrait de “Le nazi et le barbier”) d’Edgar Hilsenrath

Je vous recommande ce livre paru en 1971 aux Etats-Unis et seulement en 1977 en Allemagne puis en 2010 en France.
C’est l’histoire burlesque d’un aryen pure souche, génocidaire nazi, reconverti en juif pour sauver sa peau.
J’ai eu envie de reproduire des extrait de la fin, le moment de son dialogue jubilatoire et terrible avec Dieu :
Debout devant mon juge. debout devant lui, l’Unique et l’Eternel.
Et l’Unique et l’Eternel demande : “Es-tu le génocidaire Max Schulz ?
…..je suis réellement le génocidaire Mas Schulz
“Coupable ?”
Et je dis : j’ai suivi le courant. Comme d’autres. A l’époque, c’était légal.
C’est ta seule excuse ?
Ma seule excuse
Coupable ?
Coupable
Veux-tu que justice soit faite ?
Oui, Moi, Max Schulz, j’attends la juste sentence d’un Juste
Et l’Unique et l’Eternel proclame d’une voix de stentor :”Ainsi, je te condamne!”
“Mais moi, je dis :”Minute ! Faut d’abord que je te demande un truc : t’étais où à l’époque…Tu dormais?
“Je ne dors jamais ! J’étais ici.
Et l’Unique et l’Eternel dit :”J’ai été spectateur, c’est tout
“Alors ta faute est plus grande que la mienne, je dis. Et s’il en est ainsi, tu ne peux pas être mon juge.
Très juste, dit l’Unique et l’Eternel”

Et l’Unique et l’Eternel descendit de sa chaise de juge et se plaça à mes côtés.

Nous attendons tous les deux. La juste sentence. Mais qui pourrait la prononcer ?

J’espère vous avoir donné envie de lire ce livre et cet auteur