Archive pour la catégorie ‘Fin de vie’

Qu’est- ce que les Comités onusiens ont à faire dans le droit de choisir sa mort ?

Je reproduis ici un article signé par Monsieur Gilles Clavreul, délégué général du Think Tank L’Aurore à ce propos
Il m’a été transmis par le Réseau :”Réussir l’égalité femmes-hommes”.

CONSERVER NOTRE CAPACITÉ DE DÉCIDER DE NOS LIBERTÉS FONDAMENTALES 
On saura bientôt si la décision rendue hier soir par la cour d’appel de Paris, ordonnant à “l’État français” la reprise des traitements de Vincent Lambert, n’aura été qu’un épisode de plus de cette invraisemblable affaire, ou bien au contraire, si la Cour de cassation venait à la confirmer, si elle marque le début d’un processus à l’issue et aux conséquences proprement incalculables.
 
Dix ans pour ne rien décider, c’est fou et inhumain. L’immense majorité des citoyens n’entreront pas dans les subtilités juridiques des magistrats de la cour d’appel, et ils auront bien raison. Ils ne verront qu’une chose : depuis dix ans, on inflige de véritables tortures morales aux parties en présence. Chaque nouveau coup de théâtre est un espoir relancé pour les uns, et un coup de poignard pour les autres. Qui semble encore se souvenir que la fonction première du droit est de délivrer les hommes du conflit, de délier des situations inextricables de la façon la plus civilisée possible ? Dans cette affaire, le droit n’apporte pas la paix : il permet la poursuite de la guerre par d’autres moyens.
 
Il y a pourtant plus grave encore. Il y a certes une bagarre entre ordres juridictionnels, la Cour d’appel ayant choisi de défier explicitement le Conseil d’État et la Cour européenne des droits de l’Homme sur le terrain de la défense des libertés individuelles, revendiquant pour le juge judiciaire l’exclusivité de l’interprétation conforme en la matière. À terme, seul le Conseil constitutionnel saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pourrait permettre une remise en ordre. 
 
Quand bien même : la mécanique qui semble devoir s’enclencher va très au-delà de l’affaire Lambert. En reconnaissant à la demande du comité des personnes handicapées de l’ONU la valeur d’une décision de justice, la cour d’appel élargit la brèche entr’ouverte par la Cour de cassation récemment à propos de l’affaire Babyloup : si les juridictions et les autorités nationales devaient désormais être tenues par les “constatations” de comité d’experts qui ne sont pas et n’ont jamais été conçus comme des juridictions, et qui tendent de plus en plus souvent, en matière de droits humains, à s’arroger unilatéralement la “compétence de la compétence”, les décisions des juridictions et les lois elles-mêmes n’auraient plus qu’un statut précaire et révocable, soumis à l’appréciation souveraine d’une entité que nul ne contrôle et qu’aucun texte n’encadre. On parle aujourd’hui de la fin de vie, on parlait hier de la liberté religieuse : on parlera demain du début de la vie, du droit de porter des armes et personne ne peut garantir qu’un comité de l’ONU ne décidera pas, un jour ou l’autre, d’ordonner le sursis à une interruption volontaire de grossesse. Ne doutons pas une seule seconde que beaucoup des manifestants qui criaient hier soir leur joie sans aucune retenue y pensaient eux aussi.
 
On voit les conséquences redoutables, je le redis d’un mot : incalculables, où nous entraînera ce mouvement, s’il n’est pas interrompu : l’arbitraire au nom de la liberté. D’ici là, comment voulez-vous empêcher tous les populistes de la Terre d’envoyer au diable tous ces “machins” incontrôlés auxquels des démocraties sans force ni volonté soumettent le destin de leurs citoyens ? Car c’est au fond de cela qu’il s’agit : un nouveau témoignage de la très grave crise d’autorité que nous traversons. Autorité : se faire l’auteur de son sort. Plus l’autorité s’efface, plus les avocats des solutions autoritaires gagneront les faveurs des peuples. C’est à cela qu’il faut faire échec. 
 
Une décision s’impose : réévaluer très sérieusement les engagements de la France dans un certain nombre d’instruments internationaux, en concertation avec nos partenaires européens, afin d’examiner les problèmes de compatibilité notamment avec le droit communautaire et avec la CESDH. Il n’est pas inéluctable de quitter ces pactes qui, en eux-mêmes, ne laissaient pas prévoir de telles métastases, mais il faut à tout le moins réfléchir à des protocoles additionnels qui permettraient de limiter le rayon d’action de ces pseudo-juridictions dépourvues de toute légitimité. 
 
Mais ce n’est que l’une des dimensions d’un problème beaucoup plus vaste. Les démocraties sont en train de se laisser déposséder de la définition même de leurs libertés fondamentales. Rien moins que cela. Il y a urgence à en prendre la mesure

Le dernier poême de Guy trois semaines avant sa mort

Non je ne suis pas Ubu ni ubuesque
Un peu grotesque peut-être
Je ne suis ni heureux ni content
Je prends mon temps qui fuit aveuglément

Tu as le bonjour d’Alfred
J’ai un macule sur mon blason
Ton blouson est tâché
Le prince se croit premier en tout

Je me sens mieux assis que debout
Je me sens mieux couché qu’assis
Ma vérité a l’air de vous déplaire
Je jette sur elle mon dévolu

La syntaxe n’est pas dilatoire
Les poings tapent sur les tables
Ce n’est pas honnête ni convenable
Les justes sont souvent des parvenus

La route poudroie La campagne verdoie
Le prince en pince pour une princesse
Le tort tue le sort sue
La mort mue le mort remue

Post-mortem

Anecdotes :
Vous téléphonez dans une administration pour savoir s’ils ont bien reçu l’avis de décès de votre mari : votre correspondante vous répond : “Pas reçu, sur mon ordinateur, il est toujours vivant “…

Les agences immobilières : “ Madame, ça ne va pas le faire…Les pensions de réversion, c’est du pipeau….Déposez votre dossier complet quand vous l’aurez vraiment touchée!
Ou encore : “Je dois vous dire Madame qu’à votre âge, il y a peu de chances qu’un propriétaire vous retienne…Vous n’êtes pas expulsable.”

A mourir de rire…

Où il est question de la mort

Guy, mon compagnon depuis 1960 a eu un malaise et est mort en dix minutes le 16 Avril dernier , à l’âge de 81 ans.
Depuis quelque temps, je n’avais plus le courage d’écrire dans ce blog.
Je le sentais épuisé, soucieux, sans que l’on sache ce qui le fatiguait ainsi.

Jusque là, militer depuis près de 40 ans, pour le droit de mourir quand on le souhaite, avant la dépendance et sans violence me paraissait une évidence.
Je n’ai pas changé d’avis sur cette liberté fondamentale mais pour la première fois de ma vie, je me suis demandé si je n’aurais pas souhaité qu’il m’accompagne, même dépendant !
Je ne sais pas qui lit ce blog et même si d’autres que moi le lisent . En tout état de cause, il serait indécent d’en dire plus.

Je vais reprendre mes petits textes sur la vieillesse, les gilets jaunes, le droit et tutti quanti…et essayer d’avoir un peu d’humour.
Comment envisager de vivre dans ce monde fou sans humour ?

#Mort dans la dignité : Extraits d’une lettre ouverte à Agnès Buzyn, Ministre de la santé

Ces extraits sont issus du Blog de Mme Jacqueline Jencquel, membre de l’ADMD, qui a accompagné pendant dix ans des patients en Suisse ou en Belgique, pour y mourir dignement. (Blog : La vieillesse est une maladie incurable)

“Madame Buzyn, voila dix ans que j’accompagne des patients qui font appel à l’ADMD lorsqu’ils se trouvent dans des situations de détresse médicale ou psychologique. Il s’agit souvent de personnes âgées et seules qui ont besoin d’être rassurées.
Elles le sont lorsqu’elles savent qu’elles auront une porte de sortie. Pour le moment, la porte de sortie ne peut pas être en France. Est-ce juste d’obliger des personnes gravement malades et/ou très âgées de devoir s’exiler pour mourir ?
En France, il faut avoir un pronostic vital engagé à court terme pour avoir accès à la sédation profonde et continue jusqu’à la mort. Donc, il faut être mourant pour avoir le droit de mourir un peu plus vite. Quelle hypocrisie et quelle cruauté !
Madame Buzyn, vous pouvez rassurer vos amis des labos et des EHPADS, ils ne perdront pas de clients si la loi change. L’instinct de survie est très fort et très peu d’entre nous font le choix de mourir même dans les cas les plus extrêmes.
Il faut simplement que ce choix existe. Il rassure. Qui êtes-vous pour refuser ce choix à vos concitoyens ? On vous nomme ministre de la santé. C’est une responsabilité énorme qui vous incombe…
……
Réfléchissez Mme Buzyn, et parlez à des interlocuteurs qui connaissent le terrain. Quand avez-vous accompagné un patient pour la dernière fois ?

D’après les sondages plus de 80% des Français demandent que la législation change en France.

Mort dans la dignité = Plan banlieues = Macron s’en fout


Tout est dans le titre.
Mépris affiché pour le Plan Borloo pourtant préparé et pensé avec sérieux et passion par les maires, les associations … des banlieues populaires. Il y a urgence. Mais on a assisté à l’envoi aux poubelles de l’histoire de ce rapport.
Même chose pour cette demande réitérée par 80% de Français de pouvoir choisir sa mort: EHPAD déprimants, puis dépendance accrue plus pression sur les enfants. Tout cela va continuer au nom du serment d’Hippocra(i)te et des grenouilles de bénitiers…

Les habitants des banlieues abandonnées trouveront leurs moyens de lutter. En attendant que de gâchis !
Pour les malades incurables et les vieux qui refusent la dépendance et n’ont pas les moyens d’avoir une gouvernante , il reste des solutions individuelles qui nécessitent des relations !
Mais peut-être avant de ne plus pouvoir bouger, pourrions nous envisager des actions marrantes, type Act up ou MLF ?

“La minute vieille”

C’est une très vieille dame courbée en deux, qui pendue au bras de sa (vieille) fille, exige de venir à la piscine de la résidence.
Après une descente périlleuse de trois marches, la très vieille dame s’assied sur une sorte de banc en béton.
La fille la couvre d’un chapeau et me rejoint dans la piscine.
Je la salue et déclare (hypocrite) : “Elle est merveilleuse, Quel âge a-t-elle ?
96 ans. On peut dire çà” répond-elle avec une sorte de grimace. “Elle voulait se baigner mais je ne sais pas comment lui faire descendre les trois marches de la piscine!”
Se baigner, dans son état !” dis-je (très impoliment).
Toutes les deux, nous avons toujours adoré l’eau.” répond sa fille avec un léger énervement.
Nous nageons côte à côte notre brasse années 50, la tête hors de l’eau et le dos arc-bouté.
Je suis si bien dans l’eau. Moi aussi, dès que je vois un lac, une piscine, un fleuve, la mer, j’ai envie de m’y plonger. J’ai 78 ans. Combien de temps me reste-t-il avant de devoir renoncer et me sentir à jamais exilée ?
Il faudrait faire des piscines pour les handicapés” reprend dans un souffle de plus en plus faible ma nouvelle copine.
Je bredouille et je sens ma détermination à mourir avant la grande vieillesse et dans la dignité vaciller, d’autant que la très vieille dame crie à sa fille en rigolant :” Elle est aussi bonne que la mer ?”

Des catholiques prônent les soins palliatifs dans Ouest-France

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Il y a les intégristes comme les parents de Vincent Lambert. En l’occurrence je parlerais plutôt de tortionnaires
Puis il y a les autres, ceux qui se sont opposés au Mariage pour tous ou à l’avortement au nom du caractère sacré de la vie créée par Dieu. C’est leur droit
Je ne crois pas en Dieu. Contrairement à Pascal, je pense que : “l’Humain sans Dieu est sur la voie de la connaissance de tout.” ( “L’humain sans Dieu est dans l’ignorance de tout.” Pascal)
Comment admettre que dans une société laïque, on m’interdise de mettre fin à mes jours ( dans des conditions non violentes) quand je le jugerai bon !Ma liberté ne nuit à aucune autre liberté puisque je demande juste que l’on me fournisse les moyens de mettre fin sereinement à MA vie lorsque je la trouverai indigne et dépendante. Je ne demande pas au corps médical de me tuer. Tant que je suis lucide, je peux le faire moi même. Et si je suis dans l’incapacité de le faire, la loi doit permettre à une personne de confiance d’accomplir ce geste d’amour pour moi.
Je n’ai pas besoin de médecins ni d’infirmiers condescendants qui me dictent ma conduite.
Mais Les Cathos néo-intégristes n’abandonnent pas : Le grand journal de l’Ouest ( dans son édition du 18 avril 2018) ouvre ses colonnes à quatre chrétiens pour démolir l’avis favorable du Conseil économique, social et environnemental sur la sédation terminale à la demande des intéressés.
Au nom de quoi Mme Véronique Miniac, vice-présidente de la Coordination bretonne des soins palliatifs écrit-elle :” Doit-on penser que toute demande de mort, même lucide, n’est jamais ambivalente ? La fraternité inscrite aux frontons de nos mairies est-elle si méprisable qu’on l’écrase au profit d’une liberté démesurée ?.” .
C’est votre avis Madame et c’est votre droit de l’avoir Mais me donnez- vous le droit de penser autrement et d’exercer ma liberté (également inscrite aux frontons des mairies) de la manière qui me convient. Je ne vous demande rien. Ne craignez rien, Vous n’allez pas devenir folle, comme vous le dites à la fin de votre article, coincée entre votre serment d’Hippocrate et la nécessité légale de donner la mort à celui ou celle qui la souhaite.
Comme il est ambivalent ce Dieu qui laisse massacrer des millions d’innocents mais se refuserait à l’idée d’ aider à mourir ceux qui parvenus au terme de leur aventure humaine, ne souhaitent pas connaitre la suite.

“Cinquième risque”, “Dernier âge”…Au secours

Une seule solution, la révolution …..du suicide assisté.

A ce propos je me permets de recommander à mes lecteurs un polar drolissime de Hannelore Cayre, La Daronne , dont j’extrais un tout petit passage, qui j’espère lui fera de la publicité, grâce à mes “nombreux lecteurs”… Contexte : la narratrice va voir sa mère très âgée, aveugle,hospitalisée après un AVC. Elle rencontre le médecin chef :
-Ecoutez, votre maman…
-S’il vous plait, arrêtez de dire maman comme si j’étais une gamine de sept ans. je ne supporte plus! Je voudrais qu’un jour on m’explique cette pratique hospitalière débile. Si vous le faites tous, c’est que ça doit s’apprendre à la fac, non ? Infantiliser les gens pour que surtout ils n’étouffent pas maman avec un coussin.
- Votre maman avait des problèmes de déglutition il y a deux jours: elle n’en a plus! Si cela avait continué, la question se serait posée de lui mettre une sonde gastrique. L’alimentation artificielle est un traitement et la loi autorise l’arrêt des traitements. Votre maman s’est remise à manger sans problème, elle n’a donc pas décidé de mourir.
- On n’a pas le droit de laisser vivre des gens dégradés à ce point! Elle délire complètement, elle est aveugle,clouée au lit et là depuis sa nouvelle attaque, elle vit, et quand je dis, elle vit, je pèse mes mots, elle est terrorisée 24h sur 24.
- …….
-Nous ne sommes pas là pour piquer les gens, madame; si quelqu’un souffre ici, c’est vous.”

#lesvieuxsontdesêtreshumains

Transhumanisme, reportages enthousiastes sur les centenaires…versus/regards méprisants, enfermement dans des EHPAD, difficultés pour se déplacer, assignation à la catégorie mamie voire mémère, non prise en compte de notre expertise, de nos rencontres avec l’Histoire.
Il ressort de ces théories, enquêtes, réactions quotidiennes, qu’entre 77 et 100 ans, vivre caché est le mieux que l’on puisse faire pour ne pas importuner nos jeunes actifs à roulettes.
Mais à 100 ans, Tout change : On devient un héros grâce au sport, à la nourriture saine, au dévouement des familles (sic). Des reportages nous montrent des vieillards édentés, non autonomes, très “abimés” mais centenaires, adorés par leur famille (?), dont on apprécie l’expérience et la sagesse!
En tant que bientôt octogénaire, je me permets de demander un peu plus de respect et d’empathie ici et maintenant…puis plus tard quand je me trouverai trop encombrée par la vieillesse ou la maladie,(probablement avant d’être centenaire puisque je ne fais pas de sport et mange des surgelés), de RECLAMER le droit de mettre fin à une belle vie qui devient moche, entourée de ceux qui sont encore là et sur qui je me refuse à peser.