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Archive pour la catégorie ‘Fin de vie’

Ras le bol des vieux amoureux…

Magritte

C’est fou le nombre d’auteur(e)s qui écrivent sur la vieillesse. Pas facile de trouver un interstice pour évoquer la notre !!
Mieux vaut être déjà connu(e) …
Non seulement on est vieux donc invisible et en plus impubliable!
En plus il faut subir les discours de nos collègues masculins sur l’AMOUR
Après Pascal Bruckner (“On n’est pas vieux quand on est amoureux”, voir plus haut), voici Edgar Morin répondant à une journaliste de Marie-Claire qui lui demande : ” Quel est le secret de votre incroyable énergie, à la fois lucide et extrêmement heureuse ?“, il répond : ” C’est l’amour !…Je ne peux bien remplir ma mission (l’écriture) que si j’ai un feu intérieur animé par l’amour de ma compagne Sabah. Elle joue un rôle capital. J’aurais pu vivre seul, plus ou moins tristounet, plus ou moins résigné…Mais là, c’est une autre histoire.”

Ces vieux hommes heureux et amoureux créent ainsi une nouvelle catégorie déchirante : les vieux non amoureux…
Merci de tout coeur Messieurs.
Si comme moi, vous avez vraiment aimé un seul homme dans votre vie et qu’il est parti,ou si vous n’avez jamais rencontré la femme ou l’homme de votre vie, vous voila catégorisée en vieille tristounette et résignée.
Il m’arrive de détester le mot AMOUR !

Je range donc je suis : Propos décousus sur la vieillesse

Affalée sue mon canapé, je regarde la mer.
Je n’éprouve plus pour elle la même passion qu’auparavant.
C’est comme si j’avais fait le tour de la question, le tour de ses couleurs changeantes, le tour de ses couchers de nuages …
A bientôt 80 ans, c’est l’ultime étape, celle où il n’y a plus de nouvelle vie possible, où l’on est dans l’attente de la catastrophe qui va vous tomber dessus et où vous allez vous demander : Dans quel état j’erre ?
Tout à coup je m’aperçois que sur la table le sel et le poivre ne sont pas alignés.
Je me lève aussi vite que me le permet cette délicieuse arthrose. Je les aligne et en profite pour laver l’unique tasse qui est dans l’évier et mettre au sale le torchon qui il y a quelques années aurait encore attendu quelques jours voire semaines.
Il ne me reste plus rien à ranger : j’ai déposé dans un container les vêtements trop petits, trop jeunes, trop moches. J’y ai passé des heures agréable. Mais maintenant il y a un vide qui s’installe en moi.
Mes parents m’ont toujours dit qu’il ne fallait jamais se laisser aller. Je décide d’aller marcher. Il parait que c’est bon pour l’arthrose.
Je descends sur la plage. devant moi il y a deux dames, sans doute la mère et la fille. La mère qui parait avoir dix ans de moins que moi tente d’escalader un petit rocher de 10 cm qui coupe la plage. Je sens presque sa peur. Elle met un pied et menace de perdre l’équilibre. Sa fille lui tend la main. Ouf
Mais moi, je marche seule, comme dit la chanson. Je remonte au dessus des rochers. Mon coeur bat la chamade.
Je marche sur la promenade avec détermination au milieu des tribus familiales avec ou sans roulettes, et des ados à écrans.
Je suis contente de moi… Mais tout à coup, ma volonté faiblit . Pourquoi vouloir rester en forme si je n’ai plus de projets passionnants ?
Mais La vie est belle, me direz vous .
Chaque fois que l’on me dit ça, je pense au film de Roberto Benigni.
De toutes manières c’est à moi d’en décider
Je déteste la compassion.
La seule chose que je désire posséder depuis toujours, c’est la liberté.

Chronique du grand âge par JF

- Allo Irène . Tu m’avais appelée hier, je n’étais pas disponible, je te rappelle aujourd’hui, comme convenu.
- C’est que cela fait longtemps que je n’ai pas de nouvelles de toi, je voulais savoir comment tu allais.
- Hé bien hier, justement, je n’étais pas disponible parce que j’étais à l’hôpital, avec ma fille qui est rarement à Paris, mais qui était justement là en ce moment, quelques jours.
- je comprends que je suis mal tombée ! Mais que faisais-tu à l’hôpital ?
- j’ai passé une coloscopie, tout va bien, tout au moins pour l’instant. Je vais avoir le résultat d’une biopsie dans une semaine.
- Ah… ; Moi, j’ai aussi des problèmes, des problèmes de vessie. Mais cela fait tellement de temps, cela me ferait plaisir qu’on se voit, quand tu es à Paris.
- Quand je suis à Paris, j’ai pas mal de choses à faire, ma maison à ranger, aller voir ma sœur qui est dans un EHPAD, des RV médicaux. Je me fatigue vite, j’essaie de limiter les occupations, j’ai besoin de beaucoup me reposer.
Mais, si tu veux, on peut se téléphoner. Comme en ce moment.
- Où en est ton livre ?
- Il va bientôt sortir. Je suis bien contente d’avoir réussi à aller jusqu’au bout.
- En effet, bravo ! Et notre groupe féministe ? Vous vous voyez ? Il y aurait eu des réunions ?
- Non, mais trois d’entre nous, avec une autre, nous avons écrit un texte que nous avons fait circuler et signer et qui est paru dans Libération
- Je ne lis plus Libération, ni Le Monde, c’est en trop petits caractères.
- Il s’agissait d’un appel à une loi permettant le suicide assisté : choisir sa vie, choisir sa mort.
- oh ! Je n’en suis pas là, je suis encore très active. Même si mes enfants – qui sont très bien, mon fils est venu avec moi quand je suis entrée à la clinique, ma fille quand je suis sortie – ne veulent plus que je fasse de longs voyages. Tu te rends compte ! Et comme ma fille est médecin, je suis obligée de l’écouter.
- Je m’intéresse beaucoup actuellement à la vieillesse, et même au grand âge. Car je suis dedans. Je vis dans une résidence à services, où il y a principalement des personnes âgées, et ma sœur aînée est en EHPAD
- quelle horreur ! Je ne veux pas penser à cela. Bien sûr, je tiens à une certaine qualité de vie, et je serais prête à vivre moins longtemps pour cela, mais ce n’est pas mon problème actuellement. Cela m’angoisse.
- tu m’avais demandé ce que je devenais….

JF est une amie de mon âge, féministe de la première heure (et de la deuxième vague). Nos échanges (pas seulement sur la vieillesse) sont souvent très riches et notre complicité apaisante.

En France, on a le droit de se suicider mais seulement avec violence: la réponse de féministes des années 70

CHOISIR SA VIE, CHOISIR SA MORT : DES FEMMES PERSISTENT ET SIGNENT

Si pour une raison ou une autre, et qui vous appartient entièrement, vous avez décidé de mettre fin à vos jours, vous pouvez bien sûr vous précipiter sous la rame du prochain métro ou sous le TGV.
Vous pouvez bien sûr vous taillader les veines avec une lame de rasoir, vous pouvez sauter du haut de la Tour Eiffel- ou de votre balcon (si vous avez un balcon)
Vous pouvez vous pendre à l’arbre qui est au fond du jardin (si vous avez un jardin), vous pouvez bien sûr vous jeter dans la Seine lesté.e d’un solide bloc de béton (si vous avez les moyens de le transporter vers l’endroit requis)
Oui, si vous avez décidé d’en finir, si vos souffrances vous sont devenues insupportables, alors en effet vous pouvez tenter tout cela pour quitter la vie- et peut-être y réussir-ou non et peut-être à votre insu, sauvé-e, soigné-e et peut-être handicapé-e à vie, prisonnière pour toujours d’un corps meurtri qui ne vous obéit plus, d’un personnel soignant ou de familles (telle celle de Vincent Lambert), décidés à prolonger coûte que coûte cet état, à vous imposer de survivre que vous le vouliez ou non.
Vous pouvez donc, tant que vous en avez la force, tenter de vous donner la mort. Elle sera toujours violente. Car en France aujourd’hui il est interdit de mourir lorsque l’on a décidé de le faire de son propre chef, dans la sérénité et la dignité, entourée des siens, de ceux que l’on aime et qui vous aiment.
Vous pouvez aussi bien sûr comme Michèle Causse ou Anne Bert (et tant d’autres) tenter le voyage en Suisse ou en Belgique. Encore faut-il que vous en ayez la force physique(et les ressources, 15000 euros dans certains cas) Et que vous ayez préalablement accompli toutes les formalités, de plus en plus contraignantes, requises pour obtenir l’autorisation du suicide assisté.
Pourquoi faut-il que ce qui est , depuis des décennies, acquis pour certains de nos voisins européens soit interdit, criminalisé même en France?
Pourquoi faut-il que des lobbys de toutes sortes-religieux en premier lieu, mais aussi médicaux et pharmacologiques, décident pour nous (et contre nous) de notre vie et de la fin de notre vie.
Nous sommes des femmes.Nous avons pour certaines eu vingt ans, trente ans dans les années 70. A l’époque, les mêmes lobbys, prétendaient déjà disposer de nos corps, de nos maternités- c’est à dire de notre liberté. Nous l’avons refusé. Nous avons crié, nous avons écrit, nous avons manifesté, nous avons signé le” Manifeste des 343 femmes ayant avorté” . Et nous avons gagné. Nous avons obtenu le droit à l’avortement, le droit d’avoir des enfants si nous le voulons , quand nous le voulons.
Nous exigeons aujourd’hui pour nous et pour tous qu’il soit fait droit à cette liberté fondamentale: mourir dignement si nous le voulons et quand nous le voudrons
Une immense majorité de la population soutient l’idée du droit à l’euthanasie ou au suicide assisté.
Pour celles d’entre nous qui approchons de l’échéance , notre décision est prise : si l’on nous refuse de finir légalement et dignement notre vie, quand nous l’estimerons invivable, alors nous déclarons publiquement que nous aurons recours à une assistance ou à des moyens (aujourd’hui encore) illégaux. De même que nous avons obtenu le droit de choisir notre vie, nous choisissons aujourd’hui celui de choisir notre fin de vie.

Ce texte rédigé par quatre féministes, Liliane kandel, Régine Dhoquois, Annie Sugier et jacqueline Feldman a été publié dans Libération du 1er Novembre 2019 et signé par plus de 200 femmes.

Juste avant la parution de ce texte, le 15 Octobre 2019, des personnes pour la plupart âgées étaient perquisitionnées chez elles à l’aube parce qu’elle figuraient sur une liste d’acheteurs de phénobarbital au Mexique, réseau découvert par la police américaine qui enjoignit la police française de mettre fin à ce trafic illégal!
L’Association Ultime Liberté a été perquisitionnée, tous ses documents emmenés.
On attend de savoir quelles poursuites judiciaires vont suivre.

la police n’a t-elle pas mieux à faire que d’empêcher des gens âgés et malades ou simplement lassés de vivre en souffrant, de se suicider ?
Il s’agit là d’une violence qui ne dit pas son nom : Ce serait tellement rassurant de savoir que quand nous n’en pourrons plus, une solution pacifique s’offrira à nous.
Le combat continue

“Vivre sans amour, c’est ne pas vivre du tout” Pascal Bruckner

Invité de l’émission “C’ à Vous” sur France 5, pour son livre :”Une brève éternité”, ce jeune intello de 70 ans, a fait la leçon aux vieux : il ne faut pas se résigner, il faut refuser de rentrer dans la catégorie des Invisibles et surtout c’est la dernière chance pour l’amour, le sexe parce que “vivre sans amour c’est ne pas vivre du tout.”

Merci Pascal . Une petite remarque, il n’y a pas que les vieux et les vieilles dans la catégorie des Invisibles.
Cette phrase sur la vie sans amour (sous-entendu sans sexe) m’a profondément choqué.
J’ai eu beaucoup d’amants mais je n’ai eu pendant presque soixante ans qu’un seul amour qui s’est envolé avec lui le 16 avril 2019.
Cet homme n’est plus là mais je ne cesserai jamais de l’aimer.
Alors selon vous Mr Bruckner, je sombre dans la catégorie des résignés? Je suis foutue puisque je n’aimerai plus jamais ?

N’est ce pas une vision un peu étroite de la vie, de l’amour ? Mettez-vous dans la case “morts-vivants” les gens qui n’ont jamais rencontré un être à aimer ? Peut-on aimer la vie sans aimer UN être humain ? Peut-on continuer à vivre après la mort de l’être aimé ?
Votre discours est censé être optimiste. Il n’est que narcissique.

Je ne me consolerai jamais de la mort de mon compagnon de vie mais tant que je suis indépendante , je veux continuer à nager, à regarder les couchers de soleil, les enfants, mon chat “passant parmi les livres”, les bonheurs de mes proches, à me battre pour un monde moins dégueulasse (même si je n’y crois plus trop), à aider ceux que je peux encore aider. C’est aussi cela l’amour.

Et puis quand viendra la maladie, la dépendance, je veux décider du moment de ma mort .

Qu’est- ce que les Comités onusiens ont à faire dans le droit de choisir sa mort ?

Je reproduis ici un article signé par Monsieur Gilles Clavreul, délégué général du Think Tank L’Aurore à ce propos
Il m’a été transmis par le Réseau :”Réussir l’égalité femmes-hommes”.

CONSERVER NOTRE CAPACITÉ DE DÉCIDER DE NOS LIBERTÉS FONDAMENTALES 
On saura bientôt si la décision rendue hier soir par la cour d’appel de Paris, ordonnant à “l’État français” la reprise des traitements de Vincent Lambert, n’aura été qu’un épisode de plus de cette invraisemblable affaire, ou bien au contraire, si la Cour de cassation venait à la confirmer, si elle marque le début d’un processus à l’issue et aux conséquences proprement incalculables.
 
Dix ans pour ne rien décider, c’est fou et inhumain. L’immense majorité des citoyens n’entreront pas dans les subtilités juridiques des magistrats de la cour d’appel, et ils auront bien raison. Ils ne verront qu’une chose : depuis dix ans, on inflige de véritables tortures morales aux parties en présence. Chaque nouveau coup de théâtre est un espoir relancé pour les uns, et un coup de poignard pour les autres. Qui semble encore se souvenir que la fonction première du droit est de délivrer les hommes du conflit, de délier des situations inextricables de la façon la plus civilisée possible ? Dans cette affaire, le droit n’apporte pas la paix : il permet la poursuite de la guerre par d’autres moyens.
 
Il y a pourtant plus grave encore. Il y a certes une bagarre entre ordres juridictionnels, la Cour d’appel ayant choisi de défier explicitement le Conseil d’État et la Cour européenne des droits de l’Homme sur le terrain de la défense des libertés individuelles, revendiquant pour le juge judiciaire l’exclusivité de l’interprétation conforme en la matière. À terme, seul le Conseil constitutionnel saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pourrait permettre une remise en ordre. 
 
Quand bien même : la mécanique qui semble devoir s’enclencher va très au-delà de l’affaire Lambert. En reconnaissant à la demande du comité des personnes handicapées de l’ONU la valeur d’une décision de justice, la cour d’appel élargit la brèche entr’ouverte par la Cour de cassation récemment à propos de l’affaire Babyloup : si les juridictions et les autorités nationales devaient désormais être tenues par les “constatations” de comité d’experts qui ne sont pas et n’ont jamais été conçus comme des juridictions, et qui tendent de plus en plus souvent, en matière de droits humains, à s’arroger unilatéralement la “compétence de la compétence”, les décisions des juridictions et les lois elles-mêmes n’auraient plus qu’un statut précaire et révocable, soumis à l’appréciation souveraine d’une entité que nul ne contrôle et qu’aucun texte n’encadre. On parle aujourd’hui de la fin de vie, on parlait hier de la liberté religieuse : on parlera demain du début de la vie, du droit de porter des armes et personne ne peut garantir qu’un comité de l’ONU ne décidera pas, un jour ou l’autre, d’ordonner le sursis à une interruption volontaire de grossesse. Ne doutons pas une seule seconde que beaucoup des manifestants qui criaient hier soir leur joie sans aucune retenue y pensaient eux aussi.
 
On voit les conséquences redoutables, je le redis d’un mot : incalculables, où nous entraînera ce mouvement, s’il n’est pas interrompu : l’arbitraire au nom de la liberté. D’ici là, comment voulez-vous empêcher tous les populistes de la Terre d’envoyer au diable tous ces “machins” incontrôlés auxquels des démocraties sans force ni volonté soumettent le destin de leurs citoyens ? Car c’est au fond de cela qu’il s’agit : un nouveau témoignage de la très grave crise d’autorité que nous traversons. Autorité : se faire l’auteur de son sort. Plus l’autorité s’efface, plus les avocats des solutions autoritaires gagneront les faveurs des peuples. C’est à cela qu’il faut faire échec. 
 
Une décision s’impose : réévaluer très sérieusement les engagements de la France dans un certain nombre d’instruments internationaux, en concertation avec nos partenaires européens, afin d’examiner les problèmes de compatibilité notamment avec le droit communautaire et avec la CESDH. Il n’est pas inéluctable de quitter ces pactes qui, en eux-mêmes, ne laissaient pas prévoir de telles métastases, mais il faut à tout le moins réfléchir à des protocoles additionnels qui permettraient de limiter le rayon d’action de ces pseudo-juridictions dépourvues de toute légitimité. 
 
Mais ce n’est que l’une des dimensions d’un problème beaucoup plus vaste. Les démocraties sont en train de se laisser déposséder de la définition même de leurs libertés fondamentales. Rien moins que cela. Il y a urgence à en prendre la mesure

Le dernier poême de Guy trois semaines avant sa mort

Non je ne suis pas Ubu ni ubuesque
Un peu grotesque peut-être
Je ne suis ni heureux ni content
Je prends mon temps qui fuit aveuglément

Tu as le bonjour d’Alfred
J’ai un macule sur mon blason
Ton blouson est tâché
Le prince se croit premier en tout

Je me sens mieux assis que debout
Je me sens mieux couché qu’assis
Ma vérité a l’air de vous déplaire
Je jette sur elle mon dévolu

La syntaxe n’est pas dilatoire
Les poings tapent sur les tables
Ce n’est pas honnête ni convenable
Les justes sont souvent des parvenus

La route poudroie La campagne verdoie
Le prince en pince pour une princesse
Le tort tue le sort sue
La mort mue le mort remue

Post-mortem

Anecdotes :
Vous téléphonez dans une administration pour savoir s’ils ont bien reçu l’avis de décès de votre mari : votre correspondante vous répond : “Pas reçu, sur mon ordinateur, il est toujours vivant “…

Les agences immobilières : “ Madame, ça ne va pas le faire…Les pensions de réversion, c’est du pipeau….Déposez votre dossier complet quand vous l’aurez vraiment touchée!
Ou encore : “Je dois vous dire Madame qu’à votre âge, il y a peu de chances qu’un propriétaire vous retienne…Vous n’êtes pas expulsable.”

A mourir de rire…

Où il est question de la mort

Guy, mon compagnon depuis 1960 a eu un malaise et est mort en dix minutes le 16 Avril dernier , à l’âge de 81 ans.
Depuis quelque temps, je n’avais plus le courage d’écrire dans ce blog.
Je le sentais épuisé, soucieux, sans que l’on sache ce qui le fatiguait ainsi.

Jusque là, militer depuis près de 40 ans, pour le droit de mourir quand on le souhaite, avant la dépendance et sans violence me paraissait une évidence.
Je n’ai pas changé d’avis sur cette liberté fondamentale mais pour la première fois de ma vie, je me suis demandé si je n’aurais pas souhaité qu’il m’accompagne, même dépendant !
Je ne sais pas qui lit ce blog et même si d’autres que moi le lisent . En tout état de cause, il serait indécent d’en dire plus.

Je vais reprendre mes petits textes sur la vieillesse, les gilets jaunes, le droit et tutti quanti…et essayer d’avoir un peu d’humour.
Comment envisager de vivre dans ce monde fou sans humour ?

#Mort dans la dignité : Extraits d’une lettre ouverte à Agnès Buzyn, Ministre de la santé

Ces extraits sont issus du Blog de Mme Jacqueline Jencquel, membre de l’ADMD, qui a accompagné pendant dix ans des patients en Suisse ou en Belgique, pour y mourir dignement. (Blog : La vieillesse est une maladie incurable)

“Madame Buzyn, voila dix ans que j’accompagne des patients qui font appel à l’ADMD lorsqu’ils se trouvent dans des situations de détresse médicale ou psychologique. Il s’agit souvent de personnes âgées et seules qui ont besoin d’être rassurées.
Elles le sont lorsqu’elles savent qu’elles auront une porte de sortie. Pour le moment, la porte de sortie ne peut pas être en France. Est-ce juste d’obliger des personnes gravement malades et/ou très âgées de devoir s’exiler pour mourir ?
En France, il faut avoir un pronostic vital engagé à court terme pour avoir accès à la sédation profonde et continue jusqu’à la mort. Donc, il faut être mourant pour avoir le droit de mourir un peu plus vite. Quelle hypocrisie et quelle cruauté !
Madame Buzyn, vous pouvez rassurer vos amis des labos et des EHPADS, ils ne perdront pas de clients si la loi change. L’instinct de survie est très fort et très peu d’entre nous font le choix de mourir même dans les cas les plus extrêmes.
Il faut simplement que ce choix existe. Il rassure. Qui êtes-vous pour refuser ce choix à vos concitoyens ? On vous nomme ministre de la santé. C’est une responsabilité énorme qui vous incombe…
……
Réfléchissez Mme Buzyn, et parlez à des interlocuteurs qui connaissent le terrain. Quand avez-vous accompagné un patient pour la dernière fois ?

D’après les sondages plus de 80% des Français demandent que la législation change en France.