Archive pour la catégorie ‘Fin de vie’

#lesvieuxsontdesêtreshumains

Transhumanisme, reportages enthousiastes sur les centenaires…versus/regards méprisants, enfermement dans des EHPAD, difficultés pour se déplacer, assignation à la catégorie mamie voire mémère, non prise en compte de notre expertise, de nos rencontres avec l’Histoire.
Il ressort de ces théories, enquêtes, réactions quotidiennes, qu’entre 77 et 100 ans, vivre caché est le mieux que l’on puisse faire pour ne pas importuner nos jeunes actifs à roulettes.
Mais à 100 ans, Tout change : On devient un héros grâce au sport, à la nourriture saine, au dévouement des familles (sic). Des reportages nous montrent des vieillards édentés, non autonomes, très “abimés” mais centenaires, adorés par leur famille (?), dont on apprécie l’expérience et la sagesse!
En tant que bientôt octogénaire, je me permets de demander un peu plus de respect et d’empathie ici et maintenant…puis plus tard quand je me trouverai trop encombrée par la vieillesse ou la maladie,(probablement avant d’être centenaire puisque je ne fais pas de sport et mange des surgelés), de RECLAMER le droit de mettre fin à une belle vie qui devient moche, entourée de ceux qui sont encore là et sur qui je me refuse à peser.

#Lesvieuxsontdesêtreshumains

C’est un scoop : Les vieux/vieilles sont des êtres humains.
Dit comme cela, ça parait évident
Dans la vie quotidienne, ça ne l’est pas
Alors, #je balance : – le médecin qui parle à l’adulte qui m’accompagne comme si j’étais débile, sourde, muette etc
– La dame (un peu) moins vieille que moi (selon elle) qui me couve avec un sourire apitoyé en me cédant sa place dans le bus
– Tout individu à roulettes qui m’effleure alors que je “titube” un peu sur le trottoir
– Tous ceux dont le regard me traverse comme si je n’existais déjà plus
– Tous ceux qui ont tellement peur du vieillissement qu’ils voudraient me voir disparaitre de l’espace public
– Tous les “gentils” qui me regardent avec attendrissement
– Tous ceux qui parlent des vieux comme d’une charge pour la société tout en s’offusquant que l’on ose réclamer le droit de mourir dans la dignité
– Tous ceux qui m’appellent “mamie”
– Tous ceux qui n’ont rien à faire de mon histoire, de mon expérience, bref de ce que je suis en dehors d’être vieille

Les vieux, indignez-vous ! écrivait Monique Pelletier, ancienne Ministre dans le JDD du 16 Avril 2017. Merci à vous
Mais comment s’indigne-t-on quand on est invisible ?

“Fallait demander”: Du rapport des hommes/mâles à la mort dans la dignité

C’est le titre d’une BD d’Emma sur l’ énorme supériorité de la charge mentale des femmes en matière de tâches ménagères.

BD d'EMMA

La militante que je suis à l‘Association pour le droit de mourir dans la dignité, a établi rapidement une relation entre la charge mentale des femmes dans les tâches ménagères et l’implication des femmes dans cette lutte pour le droit à mourir dans la dignité. il y a un constat (qui concerne bien d’autres lieux). Dans les réunions de l’ADMD les hommes sont à la tribune et les femmes constituent 98% du public.
Même vis à vis de la mort et surtout de la dépendance, il semble que les hommes soient moins inquiets que les femmes.
Je me suis souvent demandé pourquoi. Et je pense que la plupart d’entre eux estiment plus ou moins consciemment qu’il y aura forcément une femme qui prendra soin d’eux : épouse, fille, infirmière…
Les femmes pour la plupart d’entre elles considèrent qu’elles ne peuvent compter que sur elles mêmes à tort ou à raison. Mais , pour beaucoup d’entre elles, c’est un mécanisme de prise de responsabilité acquis très tôt.
Et une fois mortes de manière digne ou indigne, il sera trop tard Messieurs pour dire à votre , mère, épouse ou autre :”Fallait demander”
je ne tire aucune conclusion définitive de ce constat. C’est une question au sujet de laquelle j’émets une hypothèse.

On ne veut pas être responsables de votre mort mais on se contrefout de la dignité de votre vie: une philosophie pour notre temps ?

La Méditerranée est devenue un immense cimetière pour les migrants. On meurt aussi dans les camps de réfugiés installés dans les pays pauvres. Les pays occidentaux ne veulent pas être responsables en direct de la mort de ces êtres humains. Des bateaux officiels ou militants sauvent des vies. Vive la solidarité.
Après…il y a les chemins de l’exil, avec leur lot de morts, de violences, de misère indigne. L’essentiel est que nous ne soyons pas responsables de leur mort.
Seuls chez eux ou dans des hôpitaux, des vieillards, des malades incurables souhaiteraient finir leurs jours dans la dignité. C’est leur choix qu’ils n’imposent à personne. Il y a des formes de survie qui pour eux ne sont pas La Vie. Serment d’Hippocrate oblige, Le CORPS POLITICO-MEDICAL refuse de les aider à mourir. et les contraint à terminer leur vie dans l’indignité.
Ni solidarité, ni responsabilité.
Comparaison n’est pas raison mais j’ai cru entrevoir dans ces deux situations si dissemblables une similitude qui demande réflexion
Je vous la soumets.

Vivre et mourir dans la dignité

Depuis de longues années, je suis frappée par l’énergie et l’argent dépensés pour que vivent des gens plus ou moins condamnés à mort à court terme. Certains survivront dans des conditions indécentes, indignes. Le corps médical dans sa majorité estimera qu’aider à mourir un individu qui finit ses jours misérablement, même s’il le demande est contraire au Serment d’Hyppocrate.
Adhérente de l’ADMD et de Dignitas, je constate la lenteur des évolutions dans ce domaine. Il faut aller mourir en Suisse comme on allait y avorter dans les années d’avant la loi Veil.

Une forme de similitude en partie arbitraire mais en partie seulement m’est apparue entre cet acharnement médical et les efforts déployés (même s’ils sont insuffisants) pour venir au secours des migrants en danger de mort ou encore pour identifier les morts du camion tueur en Autriche.

Ces gens quittent leurs pays pour des raisons politiques, économiques, familiales (peu importe) qui ne leur permettent pas de vivre dignement.
Certains (la plupart) seront sauvés d’une mort certaine par ces Occidentaux qui ensuite (pour la plupart) fermeront les yeux sur leurs marches exténuantes, leur désespoir, leurs déplorables conditions de survie.

La dignité concerne aussi bien les conditions de vie que les conditions de mort.

Si l’on sauve les gens de la mort, on leur assure autant que faire se peut des conditions de vie dignes d’un être humain.

Passeuses de vie

MANIFESTE : LES PASSEUSES DE VIE

NOTRE VIE NOUS APPARTIENT

Des affaires récentes en Italie, en Espagne, ont à nouveau soulevé la question de la liberté de choisir sa mort. L’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) va bientôt publier un Livre blanc et interpeller les candidats à la présidence de la République française sur leurs propositions pour la fin de vie. Des pays européens, la Belgique, la Hollande, ont eu le courage d’affronter le problème à travers des lois autorisant sous conditions l’euthanasie. En France, une loi hypocrite, la loi Leonetti, du 22 Avril 2005, prône le « laisser mourir » . Imprégnée d’interdits religieux, elle n’ose aborder de front le problème de la mort, systématiquement éludée dans notre société et renvoyée à des solutions hospitalières pratiquées dans la plus complète anarchie et créant une inégalité devant la mort et la souffrance. En fait elle décharge les médecins de leur responsabilité en les autorisant à « laisser mourir de faim et de soif » les patients, une fois débranchés.

Intolérable la cruauté qui accule ceux et celles qui veulent en finir avec la vie à recourir à des moyens violents, défenestrations, recours à des sacs en plastique pour étouffer, saut du haut de falaises, pendaison … Et à vivre leurs derniers moments dans la solitude et la honte. Qu’en est-il de la fameuse compassion chrétienne ?

Intolérable le déni de la liberté individuelle qui sous-tend ce refus de prendre en compte le choix de chacun à décider de sa vie et de sa mort quelques qu’en soient les raisons. Il représente une des poches de résistance les plus tenace à l’émancipation de l’individu, censée être la caractéristique de notre temps.

Les signataires de ce Manifeste se situent résolument dans la lignée des combats pour la laïcité et la liberté de disposer de sa personne, dont la dernière conquête fut celle de la contraception et de l’avortement libres.

La possibilité de décider de sa fin consacre le sujet dans son humanité à double titre. Elle est l’expression la plus achevée d’un libre-arbitre dégagé des interdits collectifs et d’une peur irraisonnée de la finitude. Elle affronte l’idée de la mort et assume ses responsabilités face à elle. Elle procède le plus souvent d’une longue préparation – « Vivre c’est apprendre à mourir » Montaigne – qui entraîne pour celles et ceux qui le souhaitent sérénité face à la mort. Cette possibilité n’est en aucun cas une obligation comme le prétendent les opposants à la liberté de choix, dans une regrettable confusion.

Notre propos n’est pas tant de revendiquer une loi que de poser les exigences suivantes à la collectivité dont nous sommes partie prenante.

Nous affirmons qu’il n’y a pas de «raisons» à fournir pour décider de mourir (maladie grave, handicap, grande vieillesse…) Chacun(e) est libre de décider des siennes, sans jugement ou interventions extérieures.

Nous demandons que soit facilitée l’information sur les moyens et les méthodes les plus fiables d’en finir. C’est le devoir élémentaire d’assistance à personne en souffrance.

Nous exigeons la fin des poursuites pour toute personne – médecin, soignant ou autre – ayant aidé et accompagné quelqu’un dans son ultime choix.

Nous déclarons être prêt/es à nous procurer les moyens les plus adaptés à cet objectif et à porter assistance à ceux et celles qui nous le demanderaient.

Régine Dhoquois, Juriste et sociologue, Université de Paris VII
Andrée Michel, Sociologue, Directrice de recherches honoraire au CNRS, auteure
Anne Zelensky, Professeure agrégée, auteure, Présidente de la Ligue du Droit des Femmes

A-t-on encore le droit d’être athée dans ce pays ?

Hier nous étions une centaine devant l’Assemblée nationale au moment où commence la discussion du projet de loi sur la fin de vie à l’Assemblée nationale, à dire notre colère contre une demi mesure, qui n’autorisera toujours pas LES SEULES PERSONNES QUI LE SOUHAITENT à finir leurs jours dignement.

Manifestation de l'ADMD du 10 Mars 2015


Manifestation de l'ADMD


Nous avons dit : “je suis Charlie” le 11 janvier 2015 : cela voulait dire, je suis libre de m’exprimer, de vivre et de mourir comme je l’entends.Personne et surtout pas les religions établies ne sont autorisées à m’empêcher de choisir ma mort dans la mesure où cette liberté ne nuit à personne.

Photo prise le 11 janvier 2015

Or Le bien-pensant journal Le Monde publie dans son numéro du 10 Mars 2015 un Manifeste signé par : P. Barbarin (catholique), F. Claveiroly (protestant), H.Korsia (Juif), M. Moussaoui(Musulman) où ils déclarent notamment :“Nous lançons un appel commun, inquiet et pressant, pour qu’une éventuelle nouvelle loi ne renonce en aucune façon à ce principe fondateur : toute vie humaine doit être respectée spécialement au moment où elle est le plus fragilisée.”

Au secours, ils reviennent. Nous sommes nombreux à être athées, laïques et à vouloir finir nos jours, le plus sereinement possible, entourés par nos proches. Nous sommes nombreux à ne pas vouloir faire subir à ceux que nous aimons les horreurs d’une accablante fin de vie.

Nous avions rédigé il y a quelques années avec Anne Zelinsky et Andrée Michel un manifeste pour une fin de vie choisie. Il est toujours d’actualité. C’est l’article qui précède : Passeuses de vie

Monsieur Hollande, on est 12% à se “cramponner” mais on pourrait lâcher …

Non, mais alors ?


Monsieur le Président, comme vous l’aviez dit avec humour, nous sommes quelques uns à nous cramponner et à tenter de vous soutenir.
Mais, pour ma part, le coup des impôts qui ne vont plus augmenter, c’est la goutte de trop. Je ne sais pas s’il faudra les augmenter ou non. Mais ce que je sais, c’est qu’un chef d’Etat ne s’engage pas sans s’être assuré de la faisabilité de ce qu’il dit.
Si vous respectez les Français,il faut cesser de raconter n’importe quoi : que les filles enlevées par Boko Haram ont été libérées, que les impôts ne vont plus augmenter, que la croissance est pour demain etc…Couac, couac, couac.
Gouverner c’est prévoir, cela veut dire avoir une vision claire de la situation, aidé en cela par des conseillers soigneusement choisis. Le doute m’envahit. Et si vous étiez vraiment un petit bureaucrate qui n’a toujours su que naviguer dans les eaux de plus en plus troubles du PS. Et si vous n’aviez pas compris que la seule chance du PS est de repérer les talents nouveaux même s’ils ne sont pas exactement dans “la mystérieuse ligne” que vous déclarez suivre.
Et si vous teniez la promesse N° 41, au minimum, en aménageant la Loi Leonetti. Une majorité de Français sont d’accord là dessus. De quoi avez-vous peur ? Au moins vous auriez fait une chose importante dans le pays des droits de l’homme, ajouter à nos droits celui de mourir comme nous le souhaitons sans aucune obligation pour quiconque.
Je n’ai pas la souplesse du Marsupilami…je ne vais pas tarder à lâcher

Mourir dans la dignité en France : un témoignage

Nicole Boucheton était vice-présidente de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité).
Elle est allée mourir en Suisse. Elle avait 63 ans. Voici sa dernière lettre :

Je suis atteinte d’un cancer du rectum. Lors du diagnostic, le seul traitement curatif était chimio, tomothérapie puis chirurgie : colostomie. J’ai refusé la chirurgie car trop mutilante: l’anus artificiel qui me condamnait à une vie dans des conditions que je juge, pour moi-même, dégradées et inacceptables, limitant considérablement mes activités, activités qui font ma vie. J’ai accepté les traitements de chimio et tomothérapie. J’ai obtenu un répit de cinq mois. puis ce fut la récidive. Risquant une occlusion intestinale d’un moment à l’autre, les médecins ne m’ont donné qu’un seul choix, l’hospitalisation pour y pratiquer des soins de confort.

VOUS AVEZ DIT LIBERTE ?
Alors j’ai pris contact avec une association suisse afin d’y pouvoir faire un autre choix, celui d’un départ rapide puisque ma seule issue était la mort.
Cela demande beaucoup d’argent : la prise en charge elle-même, le voyage, l’hébergement sur place lorsqu’on vient de loin.
Ajoutez à ceci le fait d’être encore capable physiquement de se déplacer.

VOUS AVEZ DIT EGALITE ?
Lorsque je demandais aux médecins si je pouvais compter sur une espérance de vie d’au moins un mois et demi, le temps moyen pour régler les problèmes administratifs auprès de l’association, ils m’ont répondu :”Je ne peux pas vous dire…ça dépend…”
Manque de sincérité, de franchise, de courage.

VOUS AVEZ DIT FRATERNITE ?
C’est en Suisse que j’ai rencontré ces trois valeurs qui sont pourtant celles de la République française. Merci à ce pays juste et compassionnel. Et bien sûr, la solidarité je l’ai rencontrée auprès de mes amis de l’ADMD qui ont tout fait pour faciliter mes démarches.

L’engagement 21 du Président Hollande, non tenu, qui s’enlise dans sa mise en place de missions et rapports successifs verra-t-il le jour? J’aurais aimé en profiter et ne pas avoir à m’exiler en Suisse. J’en veux à ce Président en qui j’avais confiance en lui donnant ma voix. Mais je sais que mes amis militants et les 92% de Français favorables à une loi de liberté qui permet à chacun de choisir sa fin de vie ne baisseront pas les bras et que la victoire est proche.” Nicole Boucheton

Dans le document transmis par l’ADMD, Jean-Luc Romero, Président de l’ADMD, signale l’ultime humiliation post-mortem subie par Mme Nicole Boucheton : Ouest-France (qui annonce pourtant les offices religieux) a refusé de publier le faire part de décès qu’elle avait elle-même rédigé. Ils ont invoqué un devoir de neutralité!

Cours camarade, le vieux monde est devant toi.

L’affaire Vincent Lambert : et si l’on parlait de droit à la vie

Vincent Lambert est depuis six ans dans le coma.
Depuis six ans, sa femme vient le voir sans pouvoir communiquer avec lui.
Depuis six ans, elle s’occupe des formalités administratives, des relations avec les médecins…etc
Il n’y a plus aucun espoir pour ce jeune homme.
Le comportement des parents de Vincent Lambert, saisissant la CEDH ( Cour européenne des droits de l’homme) avant même de connaître le verdict du Conseil d’Etat, illustre bien l’absurdité de l’intégrisme religieux. Sils avaient accepté d’écouter leur fils au travers de la parole de leur belle-fille, ils auraient évité cette intervention de la justice dans un débat qui relève de la vie privée la plus intime qui soit : le droit de vivre dans la dignité pour tous.
La survie de Vincent n’est plus la vie, la vie de sa jeune femme est une forme d’enfer.
Ce sont les mêmes qui s’opposaient et s’opposent encore à l’avortement au nom du droit de vivre de l’embryon.
Quid du droit de vivre des femmes qui ne se sentent pas prêtes à assumer un enfant ?
A combien d’affaires dramatiques devrons nous être confrontés avant d’imiter, par exemple, la législation belge et sortir de cet imbroglio tragique pour le personnel hospitalier, pour les malades en fin de vie, pour leurs familles.
Devrons-nous affronter encore les reculs gouvernementaux face à à de nouvelles “manifs pour la mort indigne”?