Archive pour la catégorie ‘la vieillesse’

Les vieux, suite…

Les Vieux, il y en a de toutes sortes. Comme tous les êtres humains.
Il y a les emmerdeurs, qui l’étaient probablement déjà quand ils étaient jeunes, mais qui l’âge venant, ont décidé d’assumer.
Par exemple : je vais au cinéma. j’arrive pendant la présentation des futures sorties de films.
La salle est pleine, sauf au premier rang.
J’aperçois une place libre au milieu d’un rang. Je demande la permission de m’y glisser.
La vieille dame qui a déjà installé sur mon futur fauteuil ses vêtements, ses courses… met du temps à se lever (je compatis…l’arthrose)
Au moment où je m’installe, elle déclare :”La prochaine fois, j’irai au cinéma à 11h. Il n’y a qu’à cette heure que l’on est tranquilles! Je ne supporte pas d’être serrée, d’avoir des voisins immédiats!”
Je prépare un trait d’humour puis j’abandonne. Je sens en elle toute l’amertume de la vieillesse et sa décision forte d’affirmer ses états d’âme même s’ils sont désagréables.
Je passe le reste de la séance à crever de chaleur dans ma doudoune, par peur de la déranger.

Je suis un autre modèle de vieille: celle qui se sent encore un être humain, avec en plus de l’expérience, et qui entend en faire profiter l’humanité!!!
Le bus est bondé. J’ai l’impression , confirmée par le chauffeur, que les gens ne vont pas au fond de l’autobus (air connu)
Alors mon sens des responsabilités s’impose à moi. Je pousse, je bouscule, je rouspète, je vocifère :”Mais Bon Dieu avancez pour permettre aux gens de monter. Il n’y a pas de loup-garou au fond…”
Arrivée vers le fond, un monsieur sans âge me regarde avec un rien de compassion et… me propose sa place.
Je suis morte de honte. Moi qui voulait organiser démocratiquement notre petit voyage, je suis remisée dans la catégorie “vieille folle emmerdante”, qui fait tout cela pour …une place assise
Que faire.? Je me suis assise, sous le regard apitoyé des voyageurs.
On ne peut pas sortir des rôles que la société nous assigne alors peut-être vaut-il mieux rentrer dans le rôle. C’est tellement plus reposant.
(A lire avec un nécessaire recul rigolo)

#lesvieuxsontdesêtreshumains

Transhumanisme, reportages enthousiastes sur les centenaires…versus/regards méprisants, enfermement dans des EHPAD, difficultés pour se déplacer, assignation à la catégorie mamie voire mémère, non prise en compte de notre expertise, de nos rencontres avec l’Histoire.
Il ressort de ces théories, enquêtes, réactions quotidiennes, qu’entre 77 et 100 ans, vivre caché est le mieux que l’on puisse faire pour ne pas importuner nos jeunes actifs à roulettes.
Mais à 100 ans, Tout change : On devient un héros grâce au sport, à la nourriture saine, au dévouement des familles (sic). Des reportages nous montrent des vieillards édentés, non autonomes, très “abimés” mais centenaires, adorés par leur famille (?), dont on apprécie l’expérience et la sagesse!
En tant que bientôt octogénaire, je me permets de demander un peu plus de respect et d’empathie ici et maintenant…puis plus tard quand je me trouverai trop encombrée par la vieillesse ou la maladie,(probablement avant d’être centenaire puisque je ne fais pas de sport et mange des surgelés), de RECLAMER le droit de mettre fin à une belle vie qui devient moche, entourée de ceux qui sont encore là et sur qui je me refuse à peser.

Les sordides histoires d’héritage témoignent de la médiocrité de la condition humaine

Impossible de raconter les histoires de famille.
Mais j’ai eu envie d’illustrer la petite histoire mesquine que je viens de vivre avec l’une des premières fables de La Fontaine.
La fable peut se conjuguer dans tous les sens : le vieillard peut être le “méchant” etc etc…
Le vieillard et ses enfants
Un vieillard prêt d’aller où la mort l’appelait :
“Mes chers enfants, dit-il (à ses fils il parlait),
Voyez si vous romprez ces dards liés ensemble;
Je vous expliquerai le noeud qui les assemble.”
L’aîné les ayant pris et fait tous ses efforts,
Les rendit en disant: ” Je le donne aux plus forts.”
Un second lui succède et se met en posture,
Mais en vain. un cadet tente aussi l’aventure.
Tous perdirent leur temps; le faisceau résista:
De ces dards joints ensemble un seul ne s’éclata
“Faibles gens ! dit le père, il faut que je vous montre
Ce que ma force peut en semblable rencontre.”
On crut qu’il se moquait; on sourit, mais à tort :
Il sépare les dards et les rompt sans effort.
“Vous voyez, reprit-il, l’effet de la concorde :
“Soyez joints mes enfants, que l’amour vous accorde.”
Tant que dura son mal, il n’eut autre discours.
Enfin se sentant prêt de terminer ses jours :
“Mes chers enfants, dit-il, je vais où sont nos pères;
Adieu: promettez-moi de vivre comme frères;
Que j’obtienne de vous cette grâce en mourant.”
Chacun de ses trois fils l’en assure en pleurant.
Il prend à tous les mains; il meurt; et les trois frères
Trouvent un bien fort grand mais fort mêlé d’affaires.
Un créancier saisit, un voisin fait procès:
D’abord notre trio s’en tire avec succès.
Leur amitié fut courte autant qu’elle était rare.
Le sang les avait joints, l’intérêt les sépare:
L’ambition, l’envie, avec les consultants,
Dans la succession entrent en même temps.
On en vient au partage, on conteste, on chicane:
Le juge sur cent points tour à tour les condamne.
Créanciers et voisins reviennent aussitôt,
Ceux-là sur une erreur, ceux-ci sur un défaut.
Les frères désunis sont tous d’avis contraire:
L’un veut s’accommoder, l’autre ne veut rien faire.
Tous perdirent leur bien, et voulurent trop tard
Profiter de ces dards unis et pris à part.

#Lesvieuxsontdesêtreshumains

C’est un scoop : Les vieux/vieilles sont des êtres humains.
Dit comme cela, ça parait évident
Dans la vie quotidienne, ça ne l’est pas
Alors, #je balance : – le médecin qui parle à l’adulte qui m’accompagne comme si j’étais débile, sourde, muette etc
– La dame (un peu) moins vieille que moi (selon elle) qui me couve avec un sourire apitoyé en me cédant sa place dans le bus
– Tout individu à roulettes qui m’effleure alors que je “titube” un peu sur le trottoir
– Tous ceux dont le regard me traverse comme si je n’existais déjà plus
– Tous ceux qui ont tellement peur du vieillissement qu’ils voudraient me voir disparaitre de l’espace public
– Tous les “gentils” qui me regardent avec attendrissement
– Tous ceux qui parlent des vieux comme d’une charge pour la société tout en s’offusquant que l’on ose réclamer le droit de mourir dans la dignité
– Tous ceux qui m’appellent “mamie”
– Tous ceux qui n’ont rien à faire de mon histoire, de mon expérience, bref de ce que je suis en dehors d’être vieille

Les vieux, indignez-vous ! écrivait Monique Pelletier, ancienne Ministre dans le JDD du 16 Avril 2017. Merci à vous
Mais comment s’indigne-t-on quand on est invisible ?

Fin d’été : conversations de plage entre femmes

Mon mari vient d’avoir 50 ans et il est déprimé. Il se trouve vieux. Il ne veut plus sortir. Moi, je m’en fous je suis venue seule ici avec mon fils et je suis ravie;”
“Mais vous êtes jeunes… qu’est ce que je devrais dire moi qui vient d’avoir 70 ans.”
” Quand ma mère a eu 70 ans, je l’ai mal vécu. Je me suis sentie vieille et je ne la regardais plus comme avant. Tout d’un coup, elle avait franchi un cap.”
Je viens d’avoir 78 ans (regards un peu condescendants sur elle) et parfois je me dis que je ne me suis jamais sentie aussi bien dans ma peau. Plus d’obligation de séduire, la possibilité d’être soi-même…Bien sûr, il faudrait s’arrêter là !”
“Vous ne trouvez pas bizarre que nous soyons entre femmes. Où sont nos hommes ? Le mien il est sur son canapé devant la télé.”
“Le mien il est devant son ordinateur et pour qu’il sorte, il faut vraiment le forcer !”
” De toutes manières, mon mari ne prête guère attention à moi depuis de nombreuses années (rires). Mais bon, c’est ce que je dis à mes enfants, dans un couple, il faut faire des concessions, non ?” Divorcer pour un oui, pour un non, est ce que c’est mieux ?”
” La dame là bas, elle a gardé ses cheveux blancs; çà, je ne peux pas. C’est montrer son âge. D’ailleurs mes petits-enfants me l’ont interdit.”
” Bon, mesdames, je vous laisse, je vais rejoindre Monsieur devant la télé, enfin quand j’aurai fini la lessive.”

Témoignage nippon sur la vieillesse

Le journal Le Monde a publié le 25 Aout 2017 , dans sa série :’l'Eté des débats”, un article sur les oeuvres littéraires d’ auteur(e)s” seniors” japonais, pour la plupart non traduits en français.
Il me parait intéressant de relayer ces informations dans le cadre de mes articles sur la vieillesse.
Quatre vingt dix ans, pas de quoi pavoiser” est le dernier ouvrage paru de Aiko Sato (2016, non traduit)
Le Monde en publie quelques extraits traduits par Philippe Pons :“Même calculer mon âge est fatigant…
Le cauchemar des vieux…La télé ne marche plus. un technicien vient, tripote la télécommande. en dix secondes, ça remarche…Facture :4500 yens (40 euros). Je m’insurge, c’est le coût du déplacement. Je vais aux toilettes dans le grand magasin Mitsukoshi. Quand j’ai voulu tirer la chasse d’eau, je me trouve devant une batterie de boutons mystérieux. je vois un fil avec une boule rouge. Je tire et retentit alors la sonnerie de l’alarme…Je ne vais plus aux toilettes que chez moi.(…)
Vivre longtemps est pénible. Je pleure sans être triste, mon cerveau marche au ralenti, mes genoux fléchissent et j’ai envie de dire :”Laissez-moi tranquille!” mais à qui ? Aux dieux ? A moi-même ?(…)Les jeunes marchent vers leurs rêves. Nous, les vieux , vers la mort (…) Nos rêves à nous les vieux ? Mourir d’un coup. C’est triste comme rêve.”

La place des vieux dans la société nippone (en 2030, un tiers des Japonais auront plus de 65 ans) est un problème majeur mais il ne fait que montrer avec un peu d’avance l’importance de cette question dans toutes les sociétés développées.

Pour éviter l’amertume ou le pessimisme, pour vieillir le moins mal possible, j’ai eu envie de consacrer dans ce blog beaucoup de place à cet évènement notable de nos vies : le vieillissement, la place des vieux dans la société, le regard ou le non regard des jeunes et des adultes sur la vieillesse, et puis enfin , le choix que certains (dont je suis) font de décider de la date et des modalités de sa mort.
Notre génération a aussi le devoir de parler des problèmes spécifiques que posent la vieillesse au féminin.
J’espère être rejointe dans cette réflexion par d’autres copines et peut-être aboutirons-nous à la conclusion que la vieillesse…n’est pas un problème, juste une phase de la vie qui peut être parfois merveilleuse…à condition d’être acceptée comme telle par la société et ceux qui la composent

Mes amies, mes galères…

La vieillesse, c’est aussi les amies qui disparaissent, celles qui perdent la tête, celles qui ne cessent de se plaindre, celles qui sont sourdes et enfermées dans leur monde.
Les amis mâles ont disparu depuis longtemps, peu intéressés par les vieilles dames , réfugiés sur leurs canapés devant la télé, auprès d’une épouse qui prend soin d’eux.
.
Mais il reste des amies fidèles même s’il faut parfois prendre sur nous pour les supporter : Il y a celle qui se passionne pour son travail et vous considère avec un chouia de commisération, Il y a celle qui parle tant qu’il faut calculer à la seconde près le moment où l’on pourra en placer une. Il y a celle proche de vous quand elle va mal qui disparait quand elle va bien, il y a celle qui vous montre ses photos de voyage pendant une heure mais déclare qu’elle doit partir de toute urgence au moment où vous sortez ce maudit Iphone pour lui montrer les vôtres, il y a celle qui ne s’intéresse pas du tout à vos activités militantes, Il y a celles que l’on adore mais qui vivent à l’autre bout du monde, il y a celle qui aime le pouvoir et continue ses activités comme si la vieillesse n’était pas son problème, il y a celle que vous draguez avec constance mais qui est trop occupée pour vous voir …
Mais peu importe, toutes ces femmes sont vos amies, celles dont vous savez qu’elles seront là quand vous aurez besoin d’elles (sauf peut-être la dernière)
La vieillesse apprend à faire le tri pour ne pas être blessée inutilement. Elle nous apprend à mieux nous connaître, à savoir que nous avons les mêmes défauts ou d’autres encore pires, à taire nos susceptibilités pour profiter encore un peu de la chaleur de l’amitié, même un peu mal fichue!
Comme dit l’une de ces amies : “En pays de vieillesse, il se passe toujours quelque chose.”

” Tout se défait”, A propos de la vieillesse

Je me balade. Il parait qu’il faut faire 5000 pas par jour pour rester en forme. J’ai essayé de mettre l’application dite “Podomètre” sur mon téléphone mais je n’ai pas compris comment il fallait faire.
J’essaye de compter mes pas. J’ai mal dans le genou, à la hanche mais dans l’ensemble à 77 ans bientôt, je ne me sens pas trop mal.
Je croise des vieillards courbés en deux, des vieilles dames trop maigres ou trop grosses, les cheveux mal teints.
Je les trouve très moches, un peu ridicules.
Je pense : “quand je serai comme elles, je me suiciderai.
Puis dans le non-regard des gens que je croise, je me rends compte que je suis exactement comme ces vieux qui m’entourent :Mes cheveux sont blancs, j’ai des rides, Je boitille, je transpire, mes pieds me font souffrir., parfois je perds un peu l’équilibre… ça y est, je suis vieille. (hommage à Annie Saumont)
Tout se défait : le corps bien sûr, la mémoire, le désir, la coquetterie, l’envie d’agir…
Que faire avec ce constat : vivre comme si de rien n’était, se teindre les cheveux, s’habiller jeune…ou sombrer dans l’amertume, l’invisibilité (c’est le plus facile), l’abandon. l’immobilité, le retrait.
Il y a toujours une troisième voie, celle que je trace dans le précédent texte par exemple.
Des articles de ce blog sont et seront consacrés à cette recherche qu’une amie a appelé : Comment vieillir le moins mal possible ?

“Le Tao ne pose aucune question et ne donne aucune réponse”

Guy (Dhoquois) se passionne depuis plusieurs mois pour le Tao en écrivant des poèmes adaptés d’auteurs taoistes dans son blog ( auteurs.harmattan.fr/guy.dhoquois. )
Moi, la pragmatique, la matérialiste un peu simpliste, la révoltée qui pousse son caillou depuis plus de 70 ans, sans arriver à grand chose, s’est sentie obligée de s’intéresser à cette philosophie chinoise dont l’un des textes principaux est le Tao te Ching attribué à Lao tseu et qui aurait été écrit vers le IV° siècle avant JC.
Je ne le regrette pas. Cette plongée dans une vision du monde totalement différente de la mienne, et que j’ai illustré par ce magnifique coquillage trouvé sur la plage, m’a permis de sortir (dans la mesure du possible) de ma petite philosophie de combattante contre les injustices.
On lit dans Wikipedia : ” La recherche de la sagesse en Chine se fonde principalement sur l’harmonie. L’harmonie se trouve en plaçant son coeur et son esprit dans le Tao (la voie), c’est à dire dans la même voie que la nature. En retournant à l’authenticité primordiale et naturelle, en imitant la passivité féconde de la nature, l’homme peut se libérer des contraintes et son esprit peut “chevaucher les nuages”.
Voici l’un des poèmes de Guy publié le 29 juillet 2017 :
Le maître est un disciple
Qui ne cherche pas le succès
Et n’évite pas l’échec
Il n’essaie surtout pas de suivre le Tao
Silencieux il parle
S’il parle il ne dit rien
Il reste pur
Dans la poussière du monde

Le maître pense avoir raison
Au-delà du soleil
Il glisse l’univers sous son bras
Il laisse les confus rester confus
Dans la profusion chaotique des opinions
Il se satisfait de l’ignorance
Ne prend pas au sérieux les diverses distinctions
Il voit le monde constamment se disloquer
Il reste centré dans le tout
Il voit le monde changer sans fin
Il ne veut pas le voir différent

Je ne renoncerai ni à ma colère, ni à ma révolte, ni à mes combats, ni à mon matérialisme un peu étroit.
Mais cette rencontre avec le Tao m’a apporté une respiration, une ouverture, que je refusais jusqu’à présent.
Le privilège de l’âge ?

“Quand monte le flot sombre” de Margaret Drabble : un voyage passionnant au coeur de la vieillesse

Il y a celle qui continue à s’agiter, qui fait du bénévolat dans les maisons de retraite, prépare les repas pour son ex-mari très malade
Il y a celle qui a été très belle et qui s’adonne à des projets artistiques dans un cadre privilégié réservé aux personnes fragiles
Il y a ceux qui ont choisi le soleil de Lanzarote pour y terminer leur vie
Il y a ceux qui ne supportent pas la fin de la reconnaissance sociale connue dans leur jeunesse ou leur maturité
Il y a ceux qui bardés de tuyaux attendent la mort
Il y a les enfants, adultes dispersés un peu partout dans le monde et qui ont peu de temps pour voir leurs parents vieillissants
C’est un roman qui nous emmène des paysages verdoyants et pluvieux de l’Angleterre aux iles volcaniques ensoleillées des Canaries

Margaret Drabble a 78 ans. Elle n’écrit pas un roman à l’eau de rose. Le flot sombre c’est celui du processus de vieillissement.
On suit ses personnages avec inquiétude. Ils ont un appétit de vivre que même la maladie grave ne parvient pas à altérer. Mais le handicap, la paralysie, la dépendance guettent. Quand vont-ils rattraper ces personnages qui au fil des pages sont devenus des proches, sympathiques ou non.
Comme disait Jean Cocteau : “le problème quand on devient vieux, c’est qu’on reste jeune.”
Comment vivre sa vieillesse, ce lent chemin vers la mort. Mais toute notre vie est un chemin vers la mort.
Margaret Drabble n’apporte aucune réponse. Elle nous permet seulement de nous sentir exister en tant qu’êtres humains à part entière, délivrés du sourire compatissant que posent trop souvent sur nous des adultes qui veulent se persuader qu’ils sont encore dans le coup.

Dans une interview à Libération , M. Drabble parlait de l’âge comme d’une grande aventure. Elle racontait à ce propos une anecdote dans laquelle beaucoup de vieux se reconnaitront : “L’autre jour j’étais à la BBC, une jeune femme m’accueille à la réception, m’entraîne et fonce dans les couloirs sans même se retourner pour savoir si je la suivais. Et je ne pouvais pas, et ça m’a agacée! Je me suis dit, vraiment elle n’est pas faite pour cet emploi.”