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Archive pour la catégorie ‘Politique’

La distanciation “sociale” et les pauvres : l’exemple de Singapour

Singapour avait gagné avec panache sa bataille contre le Covid 19. Tests, masques, etc. Bravo . Seulement 12 décès début Avril 2020
Mais cette Cité-Etat avait tout simplement oublié qu’une partie de sa richesse reposait sur 300000 travailleurs étrangers (en majorité indiens ou bangladais) parqués dans des camps.
Le journal “Le Monde” du 24 Avril nous révèle que les Autorités singapouriennes ont testé tardivement ces travailleurs : 20000 d’entre eux se sont révélés positifs alors que le monde entier s’exclamait sur l’excellente gestion de l’épidémie par cet Etat très autoritaire !
C’est l’apanage des régimes dictatoriaux d’appliquer des mesures coercitives avec énergie : confinement avec masque obligatoire même la nuit à quatorze dans 4,5m2. Isolement des travailleurs atteints. Les dégâts ont été limités à temps.
Je ne sais pas qui a inventé ce terme de distanciation sociale mais il dit bien ce qu’il veut dire.
Le Covid nous aura au moins confirmé que la lutte des classes est toujours d’actualité.

Au secours camarades le vieux monde est …toujours là

Zut, je ne sais pas comment écrire Camarades en écriture inclusive !
je viens de passer plusieurs heures à lire une revue féministe universitaire pour essayer de comprendre le concept d’intersectionnalité
Oui, je sais j’ai trente ans de retard mais j’ai bientôt 80 ans et je suis une féministe blanche qui plus est UNIVERSALISTE . Désolée
Je me suis souvenue en lisant ces textes de cette phrase que j’avais gravée, vers l’âge de 15 ans, sur mon pupitre au lycée, plagiant Proust : “L’ennui naquit un jour de l’Université” (au lieu d’uniformité). Je ne savais pas alors à quel point j’avais raison!
D’abord je dois dire que j’ai été très choquée(sic) de ne point entendre parler dans ces articles de” Féministes jaunes” (et pourtant il y a eu des femmes asiatiques colonisées) de “féministes juives” ou encore de “féministes plus toute jeunes” etc…
Catégorisons, catégorisons, C’est bon pour la carrière médiatique ou universitaire.
Et puis grâce à toutes (tous) ces chercheur(se)s, on voit revenir le beau mot de RACE!
(Pour mes lecteurs(trices) qui seraient encore plus dépassés que moi : l’intersectionnalité est un concept qui vise à révéler la pluralité des discriminations de classe , de sexe, de race, de sexualité) En d’autres termes, la domination serait plurielle.Quelle magnifique découverte !!! (sic)
Juste une question : Une féministe noire lesbienne peut-elle exercer une domination sur une autre féministe noire lesbienne ? C’est à creuser.
C’est pas tout çà, il faut que je fasse attention de ne pas me faire lyncher . je ne suis pas sûre que ma qualité de petite, vieille, juive et féministe (de la deuxième vague!) me protège.
Moi, femme, féministe, j’ai peur de nouvelles formes de censure quand j’entends une certaine Dorothée Barba, journaliste à France-Inter engueuler Laurent Joffrin parce que son journal “Libération”, dans les années 70, défendait les pédophiles au nom de la liberté sexuelle. Sait-elle cette jeune femme que raisonner sans se référer à l’Histoire, sans même la connaitre est une aberration intellectuelle ?
Quand je lis et entends tout cela, je repense à ce que me disait une copine à propos de nos combats au MLF :”Tout ça pour ne pas faire la vaisselle”

Sens de l’humour toujours en vadrouille : Je suis universaliste

Et comme je suis incapable de m’exprimer mieux que Francis Wolff auteur de “Plaidoyer pour l’universel” (Fayard, 2019) je me permets de citer cet extrait publié dans Le Monde du 18 Octobre 2019 : “Un humanisme de l’égalité et de la réciprocité qui transcende les continents, les “races”, les religions, les nations, les Etats, les classes, les sexes est aujourd’hui possible à condition qu’il ne se réduise pas à une individualisation des rapports humains à l’échelle globale(…) Un humanisme effectif donc cosmopolitique est possible à condition qu’il intègre l’idée que les êtres humains se pensent toujours concrètement à partir de leurs différences (…) et qu’ils se définissent de plus en plus, à mesure même de la cosmopolitisation croissante,par des identités multiples et mouvantes. Car le vrai humanisme, celui qui pourrait naître de cette cosmopolitisation, repose à la fois sur une éthique de l’égalité et une politique des différences.”

Merci à l’auteur(e) du dessin piqué sur internet et à Francis Wolff
Avec une pensée pour Rokhaya Diallo et son “féminisme intersectionnel”…….

Une belle exposition Norman Rockwell au mémorial de Caen

Elle s’intitule LES QUATRE LIBERTES et reprend les termes du discours du Président Roosevelt du 6 Janvier 1941 où il lance un appel à rompre l’isolationnisme de son pays en insistant sur la dimension mondiale du conflit mondial en cours. Il termine son discours en énonçant le principe des quatre libertés : la liberté d’expression, la liberté de conscience, la liberté de vivre à l’abri du besoin et la liberté d’être protégé.
Rockwell illustre ces quatre libertés. Ses oeuvres seront publiées dans son journal Le Saturday Evening Post début 1943 puis utilisées pour encourager la population à acheter des bons de guerre. Elles deviennent ainsi le symbole des valeurs à défendre, qui seront reprises en d’autres termes dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme en 1948.
Les illustrations de Norman Rockwell sont terriblement émouvantes. Il croit profondément à ces valeurs. Il y mélange le privé et le public. Par exemple il illustre la liberté d’être protégé par des parents veillant sur leurs enfants.

J’aurais voulu serrer dans mes bras Norman Rockwell, parce qu’ il croyait véritablement à ces valeurs.
Mais j’aurais voulu aussi trouver une expression à mon désarroi devant une certaine indifférence ou même ironie contemporaines face à ces quatre libertés.

Vous voulez faire de la politique : êtes-vous charismatique ?

Définition du dictionnaire : Charisme : vient du mot grâce. (charisma) Autorité d’un chef, ressentie comme fondée sur certains dons surnaturels, et reposant sur l’éloquence, la mise en scène, la fascination…Grand prestige d’une personnalité exceptionnelle…Ascendant qu’elle exerce sur autrui..

Les définitions évoquent des caractéristiques plutôt positives. Et pourtant qui peut nier le “charisme” de Trump, de Boris Johnson, de Hitler …
personnalités plutôt stupides, cruelles et incompétentes.
Notre Olivier Faure (photo de droite) président du groupe socialiste à l’AN en est parait-il dépourvu . C’est en tout les cas ce que vous disent les gens même “de gauche” en parlant de lui.
Ils ne semblent pas se demander : est-il compétent ? Fait-il des analyses intelligentes ? A-t-il une bonne stratégie ?

Michel Rocard (au fait ce grand homme d’Etat avait-il du charisme ?) disait qu’il était impossible d’exprimer des idées cohérentes dans les médias avec le peu de temps qui vous est imparti. Il faut alors nécessairement avoir la “grâce” même si le contenu de votre discours relève du vide.
Je ne sais pas trop quoi penser sur ce sujet mais il me pose question. Il me semble que les noms des chefs d’Etat dans les pays scandinaves sont peu connus ce qui ne les empêche pas d’être compétents.
Il serait faux de dire que les citoyens que nous sommes sont indifférents au charisme quand ils votent.
Mais si Trump et Hitler (sans aucune idée de comparaison) avaient et ont du Charisme, il convient de nous interroger sur l’importance de cette notion pour nos choix politiques.

Samuel Bak, le peintre du génocide en Lituanie

Vilnius est une jolie ville, proprette, avec de belles églises un peu kitch, blanches et roses, des restaurants par centaines,des touristes par milliers, des habitants grands et blonds et une absence étonnante de pauvres, de basanés, de SDF dans les rues du centre ville.
Il ne reste quasiment rien des ghettos ou entre 1941 et 1944 près de 90% des juifs furent massacrés par les nazis.
Une seule synagogue subsiste sur les 100 qui existaient. Nous l’avons visité le 5 Aout et c’est en rentrant à Paris que je suis tombée sur une furtive nouvelle : la synagogue avait été fermée entre le 6 et le 8 Aout pour causes de menaces de mort.
Mais ce voyage restera pour moi celui de la découverte d’un peintre, Samuel Bak , né à Vilnius en 1933, peintre dès l’âge de huit ans, rescapé du génocide par miracle et vivant actuellement aux Etats-Unis.
Ses oeuvres magnifiques sont visibles au musée du génocide.
C’est tellement agréable de visiter une jolie ville en touriste insouciant qui ne se préoccupe pas du passé, des monceaux de cadavres ensevelis, de la collaboration des habitants de la ville soucieux d’échapper à la dictature de l’URSS. Mais on ne peut pas se bander les yeux tout le temps.
Comme dans certains des tableaux de Bak, quand le touriste joyeux fait semblant de découvrir des traces de ce centre fondamental de la vie juive religieuse et laique en Europe (c’est là que fut créé le BUND) à la fin du 19° et au début du 20° siècle , c’est comme s’il était aveugle. Le guide lui dit qu’il y a des choses à voir mais il ne voit rien.

C’est toujours dans l’exposition Samuel Bak que le même touriste apprend quelques bribes du présent de ce pays à propos de l’antisémitisme :”L’antisémitisme existe encore en Lituanie. A la vérité, il n’a jamais disparu à un niveau privé : beaucoup de lituaniens et de russes tiennent des propos antisémites dans leurs conversations. On y entend des stéréotypes sur la “mafia juive” qui règne sur le monde et les juifs rusés qui ne travaillent pas mais vivent bien parce que ce sont des escrocs. Parmi les lituaniens les moins éduqués, on raconte que les matzos sont remplis du sang d’enfants chrétiens
Au niveau politique, un parti néo-nazi s’est créé en 1995 qui célèbre chaque année l’anniversaire d’Hitler
Un autre problème a été le processus d’actualisation de l’Holocauste qui est apparu dans les médias en 1995 quand le Président lituanien Algirdas Brazauskas s’est excusé auprès d’Israël pour le génocide. La presse a condamné le Président pour s’être humilié lui même sans nécessité. Dans les années 2000, toute tentative de rappeler à la Lituanie les criminels de guerre qui n’avaient jamais été jugés, s’est accompagnée de vagues de colères médiatiques contre les juifs qui avaient collaboré avec les soviétiques
…”

Le touriste joyeux mais trop curieux rentre chez lui avec une pointe d’amertume mêlée d’une joie profonde d’avoir découvert Samuel Bak !

Le syndicalisme réformiste va-t-il être obligé de se “radicaliser” pour être écouté ?

Depuis quelques années,la CFDT avait enfin réussi à jouer un rôle dans la négociation sociale et était même devenue la première centrale syndicale en termes d’adhérents et de votants.
Depuis l’arrivée de Mr Macron et de ses amis au pouvoir, la négociation semble être en panne.
On a vu le Président dialoguer avec les Gilets jaunes . On le sent réticent vis à vis des syndicats et notamment de la CFDT. Elle ne fait plus peur , alors pourquoi perdre son temps à l’écouter.
Même si les auto-entrepreneurs vrais ou faux sont en augmentation, les salariés en CDD, intérimaires etc…n’ont pas disparu. Leur force de travail continue à alimenter le PIB. Or ils n’ont à ma connaissance que les syndicats pour les défendre.
De manière paradoxale, les révoltes y compris pour l’augmentation des salaires ne s’adressent plus prioritairement aux employeurs mais à l’Etat !
Or celui-ci ne détient que le pouvoir d’augmenter ou non le SMIC . Tout le reste : les conditions de travail ( Il y aurait plus de dix personnes principalement des ouvriers qui meurent chaque semaine d’un accident du travail), les salaires négociés dans les branches, l’assistance en cas de licenciement …etc sont du ressort des syndicats.
Des partis d’opposition en miettes, des syndicats inaudibles et méprisés, les contre pouvoirs indispensables risquent de disparaitre. La faute n’en revient pas seulement à la politique gouvernementale mais aussi à l’absurde multiplication des syndicats et à cette étrange manie des salariés français qui consiste à ne pas y adhérer ( 8 à 9% des salariés sont syndiqués)
S’il faut semer la pagaille dans les rues pour se faire entendre, la CFDT doit-elle abandonner le réformisme qui rime avec social-démocratie , pour se radicaliser contrairement à son ADN ?
On est en pleine contradiction .

Que devient l’anticonformisme ?

Je viens d’une autre époque, celle où quand on était jeune et révolté , on était forcément anticonformiste. On refusait de ressembler à la majorité de nos contemporains. Dire NON à tout ce qui nous semblait injuste et conforme aux normes “bourgeoises” était une évidence.
J’ai conscience que s’exprimer ainsi , ça fait “vieille conne”, du genre : c’était mieux avant…
Tant pis, j’assume
Si tout le monde regarde son téléphone, si tout le monde prend des photos dans les expositions empêchant ainsi les autres visiteurs de ne voir autre chose que les téléphones levés, j’ai envie de faire le contraire. Apparemment ces milliers d’yeux braqués sur leurs téléphones empêchent peu de gens…(et surtout pas les jeunes) de faire pareil.
On parle de l’emprise des réseaux sociaux ; Mais qui est responsable de la multiplication des fake news ou des propos sordides sur les réseaux : ceux qui les postent certes mais aussi les millions de suiveurs qui leur donnent ainsi une légitimité. Accuser les puissants n’est utile que si l’on est capable de leur opposer une alternative ou au minimum de dire Non.
Le réseau social est également une énorme machine identitaire du fait de ses utilisateurs aussi : on se choisit comme amis virtuels, ceux qui pensent comme nous, qui nous ressemblent. Comment dans ces conditions développer le sens des contradictions, du dialogue, de la confrontation… ?
Je me souviens de cette pièce montée par Ariane Mnouchkine à la Cartoucherie, “Les naufragés du fol espoir“, tirée du livre de Jules Verne : Les naufragés du jonathan, ,l’histoire d’une utopie qui s’échoue sur la bêtise .
Ce n’était pas mieux avant. L’humanité a fait d’énormes progrès scientifiques et techniques. Mais, nous, nous sommes restés plus ou moins les mêmes, envieux, obsédés par l’argent, la réussite, le sexe, la reconnaissance, notre petit ego.
Le narcissisme vaincra-t-il le progrès humain ? ou le contraire ?

La jeunesse a une porte-parole : Greta Thunberg

C’est le combat prioritaire , celui pour le climat.
La jeune Greta Thunberg l’a compris: cette bataille nous concerne tous mais ce sont les jeunes qui auront à supporter le pire des changements climatiques.
Quel courage et quelle magnifique détermination.
Elle et ses camarades ne doivent jamais oublier cette phrase d’Albert Einstein : “Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal mais par ceux qui les regardent sans rien faire.”

Tous les gilets jaunes ne sont pas antisémites….mais

Il y a beaucoup d’aspects positifs dans l’action des GJ : la manière originale dont ils ont réussi à former un vrai mouvement, leur détermination, la justesse de certaines de leurs revendications notamment sur le pouvoir d’achat ou le fonctionnement des institutions.
On ne peut pas affirmer que les inscriptions antisémites odieuses relevées après leurs manifestations viennent d’eux.
Les GJ n’aiment pas les riches ni les gens qui ont le pouvoir, ni les banquiers, ni les gens qui réussissent …
On a là toutes les caractéristiques d’un certain antisémitisme et en particulier la jalousie, l’envie vis à vis de ce que des antisémites imaginent des juifs.
“Ils ont de l’argent, ils sont solidaires entre eux, ils ont des relations donc ils réussissent”, toutes ces stupidités qui ont conduit entre autres au meurtre épouvantable de Ilan Halimi (dont l’arbre commémoratif a été scié à Sainte Geneviève des bois ces jours derniers)
Leur racisme est bien sûr évident : ils sont uniquement blancs comme si leurs revendications ne concernaient pas des gens d’autres origines. Mais ils n’envient pas ces gens venus d’ailleurs. Ils sont indifférents à leur sort. Eux,les GJ, ils sont chez eux, sur leurs territoires.
L’antisémitisme est dans l’ADN de tous les mouvements populistes et des GJ en particulier. Le président Macron n’est pas juif mais il était banquier chez Rothschild et le voilà embarqué dans le même bateau de haine que Les juifs.
Quel gâchis ! ils ont déclenché un débat qui aurait pu être intéressant. Ils ont mis en relief l’injustice sociale qui est une réalité.
Mais la durée de leurs manifestations trop souvent violentes, leur haine des policiers, leur démagogie, leur absence de raisonnement sur les raisons profondes de l’injustice sociale et donc leur incapacité (qui est également la notre) d’imaginer un autre système social fondé aussi sur la valeur travail (comme le rappelait Laurent Berger sur France 2) pourrit leur mouvement, tout comme le racisme implicite, ou comme l’antisémitisme non condamné.