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Archive pour la catégorie ‘Qui suis-je ?’

Hommage à Guy Bedos (“Il ya des jours où l’on pense qu’on aurait dû faire psycho et puis on s’aperçoit qu’il aurait mieux valu faire judo.”


Combien de fois ai-je voulu rendre hommage à des artistes, à des auteurs, qui avaient enchanté ma jeunesse. Mais que dire sinon des banalités ?
Il y a trente ans environ je préparais un numéro de la revue Autrement sur la politesse dans la nouvelle collections Morales. J’avais souhaité y faire figurer des textes sur l’humour, c’est à dire, la capacité de se moquer de soi même, qui peut être une forme de politesse.
Un texte bouleversant de Pierre Desproges, où il racontait la grossièreté d’un chauffeur de taxi incapable d’aider une dame très âgée à sortir de son taxi . (“Lettre ouverte à Monsieur le chauffeur du taxi immatriculé 790 BRR 75, extrait de :” Vivons heureux en attendant la mort” Le Seuil, 1983) y figurait déjà.
Il me semblait indispensable d’y ajouter les réflexions de son ami Guy Bedos, sur l’humour comme politesse du désespoir.
Je pris rendez-vous avec lui et tremblante à l’idée d’interviewer une célébrité, je me mis à regretter cette initiative, imaginant tout à coup que l’homme allait peut être se comporter comme ….le chauffeur de taxi !
Il se révéla souriant, aimable, drôle et profond.
Je reproduis ici quelques très brefs extraits de cet article qui me paraissent illustrer sa profonde humanité :

Boris Vian a dit que l’humour était la politesse du désespoir. C’est vrai. Si je n’avais pas été un humoriste, je serais sans doute quelqu’un de très désespéré, et même en tant qu’humoriste, je ne suis pas sûr d’être tout à fait à l’abri…
L’autre aspect de la politesse de l’humour, c’est la possibilité qu’il donne de moins souffrir. Cette soupape qui protège des violences du quotidien…
Dans toutes les situations de la vie, il faut essayer de ne pas parler des choses de façon lourde et dramatique. Marguerite Yourcenar disait :”Il faut tenter de vieillir sans peser lourdement sur les autres.” Il me semble que ce doit être une constante….Tout cela a un rapport avec la mise à distance du narcissisme…
Je suis à fond pour la politesse parce que c’est le respect de l’autre, de sa différence etc. Mais je ne veux pas tenir un certain discours angélique vaguement de gauche, genre :”Je ne suis pas d’accord avec vous mais je me ferais tuer pour que vous puissiez exprimer vos idées.” Imaginons un débat télévisé ou Anne Frank dirait cela à Hitler!…L’impolitesse extrême c’est la dictature, le génocide, et le mot génocide ne doit être confisqué par personne. Il y a des cas moins graves mais tout aussi impolis, par exemple expulser les gens et les laisser camper dans un square. Il n’y a pas de politesse à avoir vis à vis des gens qui ne sont pas polis.”

La Politesse, vertu des apparences , Revue Autrement, Série Morales (Dir, Régine Dhoquois), Paris 1991

Citations (à la recherche de la sagesse)

Moshe se plaint de son humilité.
Le rabbi lui dit : pourquoi te fais-tu si petit alors que tu n’es pas grand.” (sagesse juive)

“L’ineptie consiste à vouloir conclure.” (Flaubert)

“L’homme supérieur demande tout à lui-même. L’homme vulgaire demande tout aux autres.” (Confucius)

Aider les autres gratuitement : un parcours du combattant

Cela fait huit semaines que je propose mes services gratuits de juriste à une dizaine d’associations , notamment pour les femmes victimes de violences. Le plus souvent, je n’ai pas de réponse .
Heureusement que j’avais choisi d’être fonctionnaire. J’ai ainsi pu penser pendant 50 ans que je pouvais servir à quelque chose en étant payée chichement certes mais suffisamment tout en poursuivant de multiples bénévolats: revues, militantisme etc
Je me rends compte pour la première fois de ma vie de ce que représente physiquement le chômage : l’absence de reconnaissance, l’impression que l’on ne sert à rien, la remise en question de soi même, tout cela ajouté à l’invisibilité des vieux et surtout des vieilles
Et quand on sort de cet état parano, vient la colère et le questionnement : Y -a t-il plus de bénévoles que d’ayants droits ? Et pourtant je n’ai pas rêvé, dans les associations qui aident les gens, il faut compter des heures d’attente.
Alors pas besoin de bénévoles ou là encore, jeux d’Egos, de pouvoir, de relations ? Qui peut le dire. Pour un sociologue il y a là matière à recherche.
Si jamais d’autres juristes lisent ce blog…. je leur propose l’ouverture d’une boutique du droit comme dans les années 70, une sorte de petite entreprise (Uber/law?)
Pour me contacter, passer par l’Harmattan

Et

Petite fabulette sur le fonctionnement des groupes, associations etc

Un groupe de braves toutous
Sur leur identité réfléchissaient
Griffons, labradors, caniches et bâtards
Sur leurs différences s’interrogeaient
Ils aimaient à se retrouver
Dans le jardin de l’un des leurs
Des chefs toutefois ils avaient
Un labrador élégant et poête
Puis un bouledogue un peu bavard
Présidèrent tant bien que mal
A leurs assemblées agitées
Quelques loups cependant
Voyant en l’assemblée
Des proies faciles et tendres
s’y étaient immiscés
Les chiens les craignaient
Mais en étaient flattés
Et restaient déférents.
L’un des loups rongé par l’envie
Estima que son identité
Valait mieux que l’ombre où il était parqué
Du groupe de toutous il décida la fin
Il flatta plus que de coutume
Une vieille chienne efflanquée et morose
Tous deux mêlant compliments et satires
De ces humbles toutous eurent bientôt raison
Et semèrent entre eux une sombre zizanie
Puis dans la solitude le loup se retira
Confiant à la vieille chienne le soin
D’achever le travail commencé
Et le groupe mourut du fait de l’un des siens.

La morale des cette fable est : Si par modestie ou orgueil
Vous ne souhaitez pas prendre le pouvoir
Ne vous plaignez pas que de moins scrupuleux s’en emparent

Pour tenter de comprendre ce que signifie “être juif” sans être religieux

Deux histoires juives racontées par le (la) Rabbin(e) Pauline Bebe :
“Trois juifs se rencontrent :
-”Comment sont-ils vos rabbins ? Le mien est très intelligent”
-”Le mien est un homme de coeur, proche de la communauté”
- “Le notre, il est comme Dieu, jamais là !”

“Dans un village d’Europe centrale, des villageois juifs se rencontrent . Ils décident de voter pour savoir si Dieu existe
A une voix près, c’est le non qui l’emporte
“Bon, dit l’un d’eux, maintenant c’est l’heure d’aller à la synagogue.”

Attention, Publicité

J’ai écrit ce petit livre sur mon père
-parce que je voulais laisser une trace de la vie “ordinaire” de David Cohen qui eut 20 ans en 1914 et 45 ans en 1939
- parce qu’il avait laissé des cartes postales de la grande guerre et des lettres des années 40. (Pourquoi l’aurait-il fait s’il ne souhaitait pas transmettre ?)
– parce que je n’ai jamais trouvé le temps ni le moyen de lui dire que je l’aimais, malgrè ses “Allons Bon” et ses accès de mauvaise humeur
– parce que je voulais tenter d’expliquer comment un nom peut modifier le cours d’une vie, dans le mauvais (ou parfois le bon) sens.
Ce fut le cas de mon père, Ce fut en plus petit mon cas et malheureusement c’est encore le cas pour des Lévy, Coulibaly, Belkacem etc…
A partir de la trajectoire de vie de mon père, qui a fini par changer son nom juif en 1958, ( tout en restant croyant) je souhaitais aussi convaincre certaines personnes de tous bords politiques que l’on peut se sentir juif sans être religieux. Les processus d’exclusion, de discrimination séculaire, finissent par forger un autre rapport au monde, une forme de désespoir optimiste (ou le contraire), une colère retenue qui n’ont souvent rien à voir avec la religion ou un quelconque communautarisme.

(Vous pouvez le commander sur : commande@harmattan.fr)

Quand deux arrogances se rencontrent… ça pète et ça ne sert qu’aux extrêmes

Inutile de revenir sur l’arrogance de Mr le Président Macron et de ses ministres. Ils semblent parfois vivre dans un autre monde.
En face, il y a des supposés “braves gens” qui galèrent mois après mois pour survivre.
Les salaires trop faibles, les CDD, les interim …ne leur permettent aucun extra.
Cette colère contre des conditions de vie difficiles ne pouvait susciter au début de leur mouvement que de la sympathie
Mais cette sympathie a ses limites : ce n’est pas juste le chaos dans les beaux quartiers de Paris (dont je veux croire qu’il n’est pas de leur fait), qui me fait douter, c’est leur… arrogance quand ils disent : nous manifesterons où nous voulons, nous ne voulons plus de taxes, nous ne voulons pas désigner de représentants, c’est le peuple qui s’exprime, Macron démission etc…
En même temps” ils ont dénoncé des migrants cachés dans un camion citerne, ils sont majoritairement blancs, ils se croient au dessus des lois en refusant un parcours de manifestation qui permette la coexistence avec les parisiens qui ne sont pas d’accord avec eux, avec les touristes qui ne leur ont rien fait, ils refusent de désigner des représentants prêts au dialogue, ils vont tmême semble-t-il jusqu’à menacer ceux qui oseraient dialoguer.
La démocratie est le pire des régimes… à l’exception de tous les autres et en particulier le gouvernement du peuple par le peuple n’a jamais marché. Le peuple est pluriel et le pouvoir forcément obligé de tenir compte des contradictions au sein du peuple.
L’arrogance du pouvoir libéral qui favorise les riches contre l’arrogance de ceux qui se sentent exclus des bienfaits du capitalisme ne peuvent que provoquer des haines, des jalousies, des racismes et des frustrations, et faire le lit du populisme voire du fascisme.
C’est aux arrogants qui ont le pouvoir de faire le pas qui permettra le début d’un dialogue. En sont-ils capables ? Je l’espère
Mais il faut être deux prêts à s’écouter et à savoir qu’ils ont peut-être tort sur tel ou tel point, pour dialoguer.
L’avenir le dira

“Qu’ai-je de commun avec les juifs ? C’est à peine si j’ai quelque chose de commun avec moi-même.” Kafka


Je suis tout à fait d’accord avec cette citation de Kafka… Et pourtant, je me sens juive.
Ni religieuse, ni israélienne, ni vraiment intéressée, les imbéciles qui continuent à assimiler Juifs et occupation de la Palestine renforcent en moi un sentiment d’appartenance, qui me révulse par ailleurs…
L’antisémitisme crée le juif mais les catégorisations (Juif= pro-israélien) stupides, aussi.
Alors….on danse!!!!

Que se passe-t-il dans la tête de celui (ou celle) qui veut devenir Chef à la place du Chef ?

A vrai dire, je n’en sais rien mais je les observe depuis plus de 50 ans dans les multiples associations, partis, syndicats… auxquels j’ai appartenu et continue d’appartenir. Tous ces petits chefs ne sont pas stupides. Certains méritent de devenir Chefs, parce qu’ils parlent bien, ont une vision globale des enjeux, savent mobiliser les énergies.
Mais ce qui m’intéresse, ce sont les autres, chez qui l’on sent assez rapidement apparaitre le désir de sortir de leur condition de bénévole ou de militant de base.
Ils arrivent, timides, modestes ne demandant qu’à apprendre.
Puis, ils s’affirment, pensent qu’il faut plus de réunions, plus de responsables, plus de comptes-rendus, plus de secrétaires, de président , de vice ou co-président. Ils sont de toutes les réunions régionales, nationales. L’ennui ne semble jamais les guetter au cours de ces heures passées à ne pas s’écouter.
Ils (elles) marchent vers leur but, inconsciemment ou pas, : être vus, entendus non pas des bénéficiaires de l’Association mais des différents échelons de pouvoir.
Sont-ils nés avec ce goût du pouvoir (même dérisoire!) ? Estiment-ils qu’ils feront mieux que les autres pour faire avancer telle ou telle cause ?
Je suis incapable de répondre à cette question. Ce que je crois , c’est que beaucoup d’entre eux, participent d’une bureaucratisation handicapante de nombre d’associations.
Tenter de les combattre, c’est s’exposer à des remarques sur votre éventuelle jalousie envers des personnalités si brillantes, c’est risquer des critiques sur votre déni de la démocratie.
Alors, il ne reste qu’une solution pour les fuir, partir et les laisser entre eux.

J’ai fait un rêve….

Mireille Knoll

[caption="Malala"][/caption]

Martin Luther King

En me rendant à la marche blanche le 28 Mars 2018 en mémoire de Mireille Knoll assassinée parce que juive, j’ai rêvé que des milliers d’autres victimes du racisme nous rejoindraient.
Bien sûr il y avait des Français blancs et non juifs. Mais Combien d’Arabo-Musulmans français ou pas, combien de Noirs …?
Alors j’ai su avec certitude que ces tueries ne s’arrêteraient jamais, que l’enfermement communautaire, religieux, nationaliste, régionaliste… conduiraient de nouveau à des crimes et à des guerres.
En passant devant le métro Charonne, je me suis souvenue des coups de matraque reçus en 1962, lors de l’une des multiples manifestations contre la guerre d’Algérie, dont celle contre le massacre des Algériens à Paris par la police de Papon en Octobre 1961.
Sur le Boulevard Voltaire, un homme m’a regardé et m’a dit à deux reprises :”Rentrez chez vous!” Je n’ai rien trouvé à répondre.
La fille de Fatima Charribi tuée lors de l’attentat de Nice a rapporté les propos racistes entendus à Nice après l’attentat qui a fait 84 morts dont 1 sur 3 étaient musulmans : ” On ne veut plus de vous chez nous.” ” Votre mère est morte, Tant mieux, ça en fait un de moins!”
Le lendemain de la manifestation, lorsque j’ai demandé à un bénévole de la Cimade, pourquoi il n’était pas venu, il m’a répondu :”Je ne me sens pas concerné. Je trouve que l’antisémitisme des Arabes peut se justifier parce qu’ils s’assimilent aux Palestiniens.” (sans commentaires)
Je ne me sens pas appartenir à LA prétendue communauté juive qui n’existe pas. Il se trouve que les hasards de l’Histoire m’ont faite juive née en 1940. J’ai passé 50 ans de ma vie à militer contre le racisme quel qu’il soit.
Ce 28 Mars 2018, j’ ai décidé de ne plus jamais rêver.