Retour à la piscine de mes étés…Gare aux syndics…dics …dics

En relisant les articles précédents je m’aperçois que je commence à m”enfoncer dans l’amertume, la tristesse et les colères improductives. C’est dangereux pour un blog de vieille dame qui entend démontrer que l’on peut être vieux et avoir un peu d’humour et rebutant pour d’éventuels lecteurs.
Heureusement j’ai trouvé à poser ma colère contre le syndic et le conseil syndical de ma résidence d’été, pourvue d’une petite piscine bien utile par ces temps normands ensoleillés mais fortement rafraichis par un vent du nord…On ne peut pas tout avoir.
Bref depuis deux semaines, j’assiste à un spectacle drôle et consternant : des grand-mères entourées d’une armée d’enfants , des jeunes filles pressées de bronzer,en train d’essayer soit de rentrer soit de sortir de cette fichue piscine. En effet la porte est bloquée par un système mystérieux que seuls des cerveaux affaiblis ont pu imaginer, qui doit empêcher les enfants (surtout ceux qui s’introduiraient en toute illégalité !) de rentrer dans ce lieu convoité par les temps frisquets.
Il n’est donc pas rare de voir des gens transis de froid s’escrimer pendant près d’une demi heure voire plus pour essayer d’entrer ou de sortir.de la piscine/prison.
Dit comme cela, la solution parait simple : faire intervenir un serrurier spécialisé qui trouvera un système fiable et facile .
Encore mon fil ténu : pourquoi est-il si difficile de faire faire une chose aussi simple à un syndic à qui l’on verse des sommes conséquentes chaque trimestre ?
On peut supposer qu’il y a derrière cela des petits intérêts miteux.
Quand ces intérêts miteux deviennent plus conséquents, cela donne des échecs de certaines réformes… mais bon je voulais juste parler de ma petite piscine

Canicule : comment vivent les millions de gens dans le monde soumis à de hautes températures ?

Plusieurs fois par jour, les médias nous bassinent pendant des minutes interminables avec la canicule.
Sans nier l’importance de l’information dans ce domaine , ce que l’on nous répète est plat et sans intérêt.
Il semble que nos communicants n’aient jamais voyagé dans d’autres continents.
Quiconque s’est “aventuré” vers le sud de cette planète a connu de telles chaleurs. Les touristes évitent d’y aller dans les périodes les plus chaudes.
Mais il y a des millions de gens qui y vivent …C’est un scoop. Comment survivent-ils sans climatiseurs ? Comment font les agriculteurs ?
Il y a plein de questions passionnantes à se poser à cette occasion qui permettraient de cesser,quelques minutes, de regarder notre nombril !

Que devient l’anticonformisme ?

Je viens d’une autre époque, celle où quand on était jeune et révolté , on était forcément anticonformiste. On refusait de ressembler à la majorité de nos contemporains. Dire NON à tout ce qui nous semblait injuste et conforme aux normes “bourgeoises” était une évidence.
J’ai conscience que s’exprimer ainsi , ça fait “vieille conne”, du genre : c’était mieux avant…
Tant pis, j’assume
Si tout le monde regarde son téléphone, si tout le monde prend des photos dans les expositions empêchant ainsi les autres visiteurs de ne voir autre chose que les téléphones levés, j’ai envie de faire le contraire. Apparemment ces milliers d’yeux braqués sur leurs téléphones empêchent peu de gens…(et surtout pas les jeunes) de faire pareil.
On parle de l’emprise des réseaux sociaux ; Mais qui est responsable de la multiplication des fake news ou des propos sordides sur les réseaux : ceux qui les postent certes mais aussi les millions de suiveurs qui leur donnent ainsi une légitimité. Accuser les puissants n’est utile que si l’on est capable de leur opposer une alternative ou au minimum de dire Non.
Le réseau social est également une énorme machine identitaire du fait de ses utilisateurs aussi : on se choisit comme amis virtuels, ceux qui pensent comme nous, qui nous ressemblent. Comment dans ces conditions développer le sens des contradictions, du dialogue, de la confrontation… ?
Je me souviens de cette pièce montée par Ariane Mnouchkine à la Cartoucherie, “Les naufragés du fol espoir“, tirée du livre de Jules Verne : Les naufragés du jonathan, ,l’histoire d’une utopie qui s’échoue sur la bêtise .
Ce n’était pas mieux avant. L’humanité a fait d’énormes progrès scientifiques et techniques. Mais, nous, nous sommes restés plus ou moins les mêmes, envieux, obsédés par l’argent, la réussite, le sexe, la reconnaissance, notre petit ego.
Le narcissisme vaincra-t-il le progrès humain ? ou le contraire ?

“L’année de la pensée magique” de Joan Didion, le livre qui permet de supporter le deuil

Je suis seule, je regarde la mer. Elle est d’une beauté à couper le souffle mais elle ne me console plus.
Il faut que j’écrive sur cette amputation qu’est le départ d’un être aimé mais je tremble trop et mon cerveau est vide.
Alors je tape sur Google : “Comment supporter la mort d’un être cher ?” Merci Google : je retrouve la trace de ce livre de Joan Didion sur la mort de son mari que j’avais tant aimé sans avoir jamais connu ce qu’elle décrivait.
Tout ce que je ressens y est : d’abord la certitude qu’il s’est juste absenté et va revenir. Il faut lui garder une paire de chaussures.
Il y a le vide de la pensée, l’incrédulité, le corps qui fout le camp : “ Au cours de l’été, j’ai commencé à me sentir fragile, instable. Ma sandale ripait sur le trottoir et je devais faire quelques pas précipités pour éviter la chute. Et si je ne me rattrapais pas ? Et si je tombais ? Qu’est-ce que je me casserais, qui verrait le sang couler le long de ma jambe, qui hèlerait un taxi, qui serait avec moi aux urgences ? Qui serait à mes côtés, une fois rentrée chez moi ? J’ai arrêté de porter des sandales.
J’ai acheté deux paires de baskets puma et je n’ai plus porté que ça.

Le chagrin du deuil, en fin de compte, est un état qu’aucun de nous ne connait avant de l’avoir atteint….Nous nous attendons peut-être, si la mort est soudaine à ressentir un choc. Nous ne nous attendons pas à ce que ce choc oblitère tout, disloque le corps comme l’esprit…

“Le mariage, ce n’est pas seulement le temps: c’est aussi, paradoxalement le déni du temps. Pendant quarante ans, je me suis vue à travers le regard de John. je n’ai pas vieilli. Cette année, pour la première fois depuis mes vingt neuf ans, je me suis vue au travers du regard des autres; pour la première fois, j’ai compris que j’avais de moi même l’image d’une personne beaucoup plus jeune.”

Je ne cesse de relire ce livre. La littérature est miraculeuse. Ce que Joan Didion a écrit, je n’ai pas à l’écrire. Son livre est un chef d’oeuvre, une sorte d’évidence . Elle évoque par exemple la relecture de ses textes par son mari qui lui était indispensable pour qu’ils soient validés. J’ai exactement le même sentiment. je ne retrouverai jamais le peu de confiance en moi qu’il m’avait permis de conquérir:
Aurais-je jamais de nouveau raison ?
Pourrais-je jamais de nouveau être sûre de ne pas me tromper ?”
“Est-ce qu’il faut toujours que tu aies raison ? Il(s) avai(en)t dit cela.”

Qu’est- ce que les Comités onusiens ont à faire dans le droit de choisir sa mort ?

Je reproduis ici un article signé par Monsieur Gilles Clavreul, délégué général du Think Tank L’Aurore à ce propos
Il m’a été transmis par le Réseau :”Réussir l’égalité femmes-hommes”.

CONSERVER NOTRE CAPACITÉ DE DÉCIDER DE NOS LIBERTÉS FONDAMENTALES 
On saura bientôt si la décision rendue hier soir par la cour d’appel de Paris, ordonnant à “l’État français” la reprise des traitements de Vincent Lambert, n’aura été qu’un épisode de plus de cette invraisemblable affaire, ou bien au contraire, si la Cour de cassation venait à la confirmer, si elle marque le début d’un processus à l’issue et aux conséquences proprement incalculables.
 
Dix ans pour ne rien décider, c’est fou et inhumain. L’immense majorité des citoyens n’entreront pas dans les subtilités juridiques des magistrats de la cour d’appel, et ils auront bien raison. Ils ne verront qu’une chose : depuis dix ans, on inflige de véritables tortures morales aux parties en présence. Chaque nouveau coup de théâtre est un espoir relancé pour les uns, et un coup de poignard pour les autres. Qui semble encore se souvenir que la fonction première du droit est de délivrer les hommes du conflit, de délier des situations inextricables de la façon la plus civilisée possible ? Dans cette affaire, le droit n’apporte pas la paix : il permet la poursuite de la guerre par d’autres moyens.
 
Il y a pourtant plus grave encore. Il y a certes une bagarre entre ordres juridictionnels, la Cour d’appel ayant choisi de défier explicitement le Conseil d’État et la Cour européenne des droits de l’Homme sur le terrain de la défense des libertés individuelles, revendiquant pour le juge judiciaire l’exclusivité de l’interprétation conforme en la matière. À terme, seul le Conseil constitutionnel saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pourrait permettre une remise en ordre. 
 
Quand bien même : la mécanique qui semble devoir s’enclencher va très au-delà de l’affaire Lambert. En reconnaissant à la demande du comité des personnes handicapées de l’ONU la valeur d’une décision de justice, la cour d’appel élargit la brèche entr’ouverte par la Cour de cassation récemment à propos de l’affaire Babyloup : si les juridictions et les autorités nationales devaient désormais être tenues par les “constatations” de comité d’experts qui ne sont pas et n’ont jamais été conçus comme des juridictions, et qui tendent de plus en plus souvent, en matière de droits humains, à s’arroger unilatéralement la “compétence de la compétence”, les décisions des juridictions et les lois elles-mêmes n’auraient plus qu’un statut précaire et révocable, soumis à l’appréciation souveraine d’une entité que nul ne contrôle et qu’aucun texte n’encadre. On parle aujourd’hui de la fin de vie, on parlait hier de la liberté religieuse : on parlera demain du début de la vie, du droit de porter des armes et personne ne peut garantir qu’un comité de l’ONU ne décidera pas, un jour ou l’autre, d’ordonner le sursis à une interruption volontaire de grossesse. Ne doutons pas une seule seconde que beaucoup des manifestants qui criaient hier soir leur joie sans aucune retenue y pensaient eux aussi.
 
On voit les conséquences redoutables, je le redis d’un mot : incalculables, où nous entraînera ce mouvement, s’il n’est pas interrompu : l’arbitraire au nom de la liberté. D’ici là, comment voulez-vous empêcher tous les populistes de la Terre d’envoyer au diable tous ces “machins” incontrôlés auxquels des démocraties sans force ni volonté soumettent le destin de leurs citoyens ? Car c’est au fond de cela qu’il s’agit : un nouveau témoignage de la très grave crise d’autorité que nous traversons. Autorité : se faire l’auteur de son sort. Plus l’autorité s’efface, plus les avocats des solutions autoritaires gagneront les faveurs des peuples. C’est à cela qu’il faut faire échec. 
 
Une décision s’impose : réévaluer très sérieusement les engagements de la France dans un certain nombre d’instruments internationaux, en concertation avec nos partenaires européens, afin d’examiner les problèmes de compatibilité notamment avec le droit communautaire et avec la CESDH. Il n’est pas inéluctable de quitter ces pactes qui, en eux-mêmes, ne laissaient pas prévoir de telles métastases, mais il faut à tout le moins réfléchir à des protocoles additionnels qui permettraient de limiter le rayon d’action de ces pseudo-juridictions dépourvues de toute légitimité. 
 
Mais ce n’est que l’une des dimensions d’un problème beaucoup plus vaste. Les démocraties sont en train de se laisser déposséder de la définition même de leurs libertés fondamentales. Rien moins que cela. Il y a urgence à en prendre la mesure

Le dernier poême de Guy trois semaines avant sa mort

Non je ne suis pas Ubu ni ubuesque
Un peu grotesque peut-être
Je ne suis ni heureux ni content
Je prends mon temps qui fuit aveuglément

Tu as le bonjour d’Alfred
J’ai un macule sur mon blason
Ton blouson est tâché
Le prince se croit premier en tout

Je me sens mieux assis que debout
Je me sens mieux couché qu’assis
Ma vérité a l’air de vous déplaire
Je jette sur elle mon dévolu

La syntaxe n’est pas dilatoire
Les poings tapent sur les tables
Ce n’est pas honnête ni convenable
Les justes sont souvent des parvenus

La route poudroie La campagne verdoie
Le prince en pince pour une princesse
Le tort tue le sort sue
La mort mue le mort remue

Quelques poèmes de Guy Dhoquois sur la vieillesse

Ces dernières années Guy en s’inspirant de poètes inconnus ou méconnus a écrit dans son blog beaucoup de poèmes sur la vieillesse puis plus récemment sur la mort. Je reproduis ici quatre poèmes écrits en septembre 2017.

L’art de vieillir

La manigance est incompatible avec la robustesse
Je me retrouve encore dans un relais délabré
Je traverse le ruisseau pieds nus
On dirait que j’attire les maringouins
Convalescent sans souffle ni force
Je tiens ma canne
Je me réchauffe au soleil du matin
Je suis confus Où est mon mérite ?
Je n’accueille plus je ne raccompagne plus les visiteurs
Heureusement ils sont de moins en moins nombreux

Mon voisin le robuste bûcheron
Est mort l’autre matin
Les corbeaux affamés se réunissent
Dans le champ
Nous autres sans prétention
Nous respectons les anciens rites
La vie est improvisation
Tiens ! Une prune verte vient de tomber
Je savoure le vent sur l’eau qui disperse mon ivresse
Rien de tel pour un vieillard que d’être oisif

Pas de visiteur Cela n’a pas d’importance
Ma vue est de plus en plus basse
Mes dents sont gâtées
Il n’est pas si naïf de vouloir mourir en bonne santé
Je peux encore lire les gros caractères
Mon pas chancelant me donne un certain style
Je ris Je ne me préoccupe plus des railleries
J’ai encore de temps en temps mal à la tête
Bientôt le beau temps
Un bol de yaourt de lait de chèvre des cerises rouges

Ne dérangez pas le vieillard il dort encore
Je caresse mon ventre repu à l’ancienne
Je n’ai rien d’autre à faire
Le vieillard de la montagne fait lui-même la cuisine
Il est spécialisé dans les surgelés
Dans la rosée les lucioles brillent
Il compose de petits airs pour les aéroports
Il s’est confectionné un bouquet de roses en désordre
Il ressent des émotions de sa jeunesse
Un peu de vin lui redonne des couleurs

Post-mortem

Anecdotes :
Vous téléphonez dans une administration pour savoir s’ils ont bien reçu l’avis de décès de votre mari : votre correspondante vous répond : “Pas reçu, sur mon ordinateur, il est toujours vivant “…

Les agences immobilières : “ Madame, ça ne va pas le faire…Les pensions de réversion, c’est du pipeau….Déposez votre dossier complet quand vous l’aurez vraiment touchée!
Ou encore : “Je dois vous dire Madame qu’à votre âge, il y a peu de chances qu’un propriétaire vous retienne…Vous n’êtes pas expulsable.”

A mourir de rire…

Où il est question de la mort

Guy, mon compagnon depuis 1960 a eu un malaise et est mort en dix minutes le 16 Avril dernier , à l’âge de 81 ans.
Depuis quelque temps, je n’avais plus le courage d’écrire dans ce blog.
Je le sentais épuisé, soucieux, sans que l’on sache ce qui le fatiguait ainsi.

Jusque là, militer depuis près de 40 ans, pour le droit de mourir quand on le souhaite, avant la dépendance et sans violence me paraissait une évidence.
Je n’ai pas changé d’avis sur cette liberté fondamentale mais pour la première fois de ma vie, je me suis demandé si je n’aurais pas souhaité qu’il m’accompagne, même dépendant !
Je ne sais pas qui lit ce blog et même si d’autres que moi le lisent . En tout état de cause, il serait indécent d’en dire plus.

Je vais reprendre mes petits textes sur la vieillesse, les gilets jaunes, le droit et tutti quanti…et essayer d’avoir un peu d’humour.
Comment envisager de vivre dans ce monde fou sans humour ?

Nouvelles de la vieillesse

Cela fait quarante ans que je fréquente cette petite épicerie tunisienne dans mon quartier.
J’ai connu le grand-père, les pères, les enfants maintenant.
L’autre soir, un jeune homme très beau et souriant m’a servi et m’a raconté qu’il était le fils de l’adorable vieux monsieur qui est là habituellement.
Son sourire a réjoui cette soirée banale.
Et je me suis entendue lui dire : “Vous avez un magnifique sourire.”
Je n’en suis pas revenue. j’osais enfin complimenter un jeune homme sur sa beauté.
C’est l’une des joies de la vieillesse.
J’espère qu’il ne va pas me poursuivre pour harcèlement !!!