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Mort dans la dignité = Plan banlieues = Macron s’en fout


Tout est dans le titre.
Mépris affiché pour le Plan Borloo pourtant préparé et pensé avec sérieux et passion par les maires, les associations … des banlieues populaires. Il y a urgence. Mais on a assisté à l’envoi aux poubelles de l’histoire de ce rapport.
Même chose pour cette demande réitérée par 80% de Français de pouvoir choisir sa mort: EHPAD déprimants, puis dépendance accrue plus pression sur les enfants. Tout cela va continuer au nom du serment d’Hippocra(i)te et des grenouilles de bénitiers…

Les habitants des banlieues abandonnées trouveront leurs moyens de lutter. En attendant que de gâchis !
Pour les malades incurables et les vieux qui refusent la dépendance et n’ont pas les moyens d’avoir une gouvernante , il reste des solutions individuelles qui nécessitent des relations !
Mais peut-être avant de ne plus pouvoir bouger, pourrions nous envisager des actions marrantes, type Act up ou MLF ?

On ne veut pas être responsables de votre mort mais on se contrefout de la dignité de votre vie: une philosophie pour notre temps ?

La Méditerranée est devenue un immense cimetière pour les migrants. On meurt aussi dans les camps de réfugiés installés dans les pays pauvres. Les pays occidentaux ne veulent pas être responsables en direct de la mort de ces êtres humains. Des bateaux officiels ou militants sauvent des vies. Vive la solidarité.
Après…il y a les chemins de l’exil, avec leur lot de morts, de violences, de misère indigne. L’essentiel est que nous ne soyons pas responsables de leur mort.
Seuls chez eux ou dans des hôpitaux, des vieillards, des malades incurables souhaiteraient finir leurs jours dans la dignité. C’est leur choix qu’ils n’imposent à personne. Il y a des formes de survie qui pour eux ne sont pas La Vie. Serment d’Hippocrate oblige, Le CORPS POLITICO-MEDICAL refuse de les aider à mourir. et les contraint à terminer leur vie dans l’indignité.
Ni solidarité, ni responsabilité.
Comparaison n’est pas raison mais j’ai cru entrevoir dans ces deux situations si dissemblables une similitude qui demande réflexion
Je vous la soumets.

Vivre et mourir dans la dignité

Depuis de longues années, je suis frappée par l’énergie et l’argent dépensés pour que vivent des gens plus ou moins condamnés à mort à court terme. Certains survivront dans des conditions indécentes, indignes. Le corps médical dans sa majorité estimera qu’aider à mourir un individu qui finit ses jours misérablement, même s’il le demande est contraire au Serment d’Hyppocrate.
Adhérente de l’ADMD et de Dignitas, je constate la lenteur des évolutions dans ce domaine. Il faut aller mourir en Suisse comme on allait y avorter dans les années d’avant la loi Veil.

Une forme de similitude en partie arbitraire mais en partie seulement m’est apparue entre cet acharnement médical et les efforts déployés (même s’ils sont insuffisants) pour venir au secours des migrants en danger de mort ou encore pour identifier les morts du camion tueur en Autriche.

Ces gens quittent leurs pays pour des raisons politiques, économiques, familiales (peu importe) qui ne leur permettent pas de vivre dignement.
Certains (la plupart) seront sauvés d’une mort certaine par ces Occidentaux qui ensuite (pour la plupart) fermeront les yeux sur leurs marches exténuantes, leur désespoir, leurs déplorables conditions de survie.

La dignité concerne aussi bien les conditions de vie que les conditions de mort.

Si l’on sauve les gens de la mort, on leur assure autant que faire se peut des conditions de vie dignes d’un être humain.

L’affaire Vincent Lambert : et si l’on parlait de droit à la vie

Vincent Lambert est depuis six ans dans le coma.
Depuis six ans, sa femme vient le voir sans pouvoir communiquer avec lui.
Depuis six ans, elle s’occupe des formalités administratives, des relations avec les médecins…etc
Il n’y a plus aucun espoir pour ce jeune homme.
Le comportement des parents de Vincent Lambert, saisissant la CEDH ( Cour européenne des droits de l’homme) avant même de connaître le verdict du Conseil d’Etat, illustre bien l’absurdité de l’intégrisme religieux. Sils avaient accepté d’écouter leur fils au travers de la parole de leur belle-fille, ils auraient évité cette intervention de la justice dans un débat qui relève de la vie privée la plus intime qui soit : le droit de vivre dans la dignité pour tous.
La survie de Vincent n’est plus la vie, la vie de sa jeune femme est une forme d’enfer.
Ce sont les mêmes qui s’opposaient et s’opposent encore à l’avortement au nom du droit de vivre de l’embryon.
Quid du droit de vivre des femmes qui ne se sentent pas prêtes à assumer un enfant ?
A combien d’affaires dramatiques devrons nous être confrontés avant d’imiter, par exemple, la législation belge et sortir de cet imbroglio tragique pour le personnel hospitalier, pour les malades en fin de vie, pour leurs familles.
Devrons-nous affronter encore les reculs gouvernementaux face à à de nouvelles “manifs pour la mort indigne”?

Notre mort nous appartient

Le Manifeste ci-dessous a été rédigé il y a plus de huit ans.L’affaire Vincent Lambert m’a conduit a le republier.
En mai 2013 un jeune homme tétraplégique Vincent Lambert, est dans le coma depuis cinq ans. Sa femme et ses médecins sont d’accord pour l’aider à mourir. Ses parents très catholiques demandent au tribunal d’annuler cette décision. Le Tribunal leur donne raison. Cela se passe maintenant dans la région de Reims.
Au moment où le gouvernement s’apprêterait a présenter un texte sur la fin de vie, cette décision judiciaire montre de nouveau les limites de notre législation et l’hypocrisie qui entoure ce problème.
MANIFESTE : LES PASSEUSES DE VIE
NOTRE VIE NOUS APPARTIENT

Des affaires récentes en Italie, en Espagne, ont à nouveau soulevé la question de la liberté de choisir sa mort. L’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) va bientôt publier un Livre blanc et interpeller les candidats à la présidence de la République française sur leurs propositions pour la fin de vie. Des pays européens, la Belgique, la Hollande, ont eu le courage d’affronter le problème à travers des lois autorisant sous conditions l’euthanasie. En France, une loi hypocrite, la loi Leonetti, du 22 Avril 2005, prône le « laisser mourir » . Imprégnée d’interdit religieux, elle n’ose aborder de front le problème de la mort, systématiquement éludée dans notre société et renvoyée à des solutions hospitalières pratiquées dans la plus complète anarchie et créant une inégalité devant la mort et la souffrance. En fait elle décharge les médecins de leur responsabilité en les autorisant à « laisser mourir de faim et de soif » les patients, une fois débranchés.

Intolérable la cruauté qui accule ceux et celles qui veulent en finir avec la vie à recourir à des moyens violents, défenestrations, recours à des sacs en plastique pour étouffer, saut du haut de falaises, pendaison … Et à vivre leurs derniers moments dans la solitude et la honte. Qu’en est-il de la fameuse compassion chrétienne ?

Intolérable le déni de la liberté individuelle qui sous-tend ce refus de prendre en compte le choix de chacun à décider de sa vie et de sa mort quelques qu’en soient les raisons. Il représente une des poches de résistance les plus tenace à l’émancipation de l’individu, censée être la caractéristique de notre temps.

Les signataires de ce Manifeste se situent résolument dans la lignée des combats pour la laïcité et la liberté de disposer de sa personne, dont la dernière conquête fut celle de la contraception et de l’avortement libres.

La possibilité de décider de sa fin consacre le sujet dans son humanité à double titre. Elle est l’expression la plus achevée d’un libre-arbitre dégagé des interdits collectifs et d’une peur irraisonnée de la finitude. Elle affronte l’idée de la mort et assume ses responsabilités face à elle. Elle procède le plus souvent d’une longue préparation – « Vivre c’est apprendre à mourir » Montaigne – qui entraîne pour celles et ceux qui le souhaitent sérénité face à la mort. Cette possibilité n’est en aucun cas une obligation comme le prétendent les opposants à la liberté de choix, dans une regrettable confusion.

Notre propos n’est pas tant de revendiquer une loi que de poser les exigences suivantes à la collectivité dont nous sommes partie prenante.

Nous affirmons qu’il n’y a pas de «raisons» à fournir pour décider de mourir (maladie grave, handicap, grande vieillesse…) Chacun(e) est libre de décider des siennes, sans jugement ou interventions extérieures.

Nous demandons que soit facilitée l’information sur les moyens et les méthodes les plus fiables d’en finir. C’est le devoir élémentaire d’assistance à personne en souffrance.

Nous exigeons la fin des poursuites pour toute personne – médecin, soignant ou autre – ayant aidé et accompagné quelqu’un dans son ultime choix.

Nous déclarons être prêt/es à nous procurer les moyens les plus adaptés à cet objectif et à porter assistance à ceux et celles qui nous le demanderaient.

Régine Dhoquois, Juriste et sociologue, Université de Paris VII
Andrée Michel, Sociologue, Directrice de recherches honoraire au CNRS, auteure
Anne Zelensky, Professeure agrégée, auteure, Présidente de la Ligue du Droit des Femmes