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De Hyères au Lavandou : petite réflexion sur la racisme

Ce matin, à l’hôtel où je dors, à Hyères, j’ai demandé à un employé quel autobus je peux prendre pour me rendre au Lavandou.
La première réaction du grand escogriffe qui est au bureau ce matin là est la stupéfaction genre :”Comment voulez-vous que je le sache!”
Puis il farfouille sur l’ordinateur tout en poursuivant une conversation avec un mec qui passe en évitant soigneusement de regarder la vieille bonne femme qui lui pose de telles questions.
J’attends quelques minutes et en le regardant mieux, germe dans mon cerveau la certitude des origines maghrébines de ce connard.
Je sens monter en moi la colère et quelque chose comme de la haine.
Alors qu’il parade sans jeter un oeil sur moi, j’explose : “Monsieur, vous êtes non seulement incompétent mais en plus désagréable etc…”
La réponse ne se fait pas attendre. Cette fois il m’a vu :” Pourquoi dites-vous cela ? Dénoncez moi si vous n’êtes pas contente ! Je fais mon boulot. Ce que vous dites est faux etc…”
En le regardant se mettre en colère, j’ai une sorte de “remontée raciste”. J’aurais détesté toute personne qui m’aurait traité ainsi, mais lui je le déteste encore plus. Grand moment de solitude quand l’anti-raciste militante s’aperçoit qu’elle est…raciste comme tout le monde…
Quelques heures plus tard, n’ayant toujours pas trouvé l’autobus, je monte dans le seul taxi visible en ce dimanche pluvieux.
Le chauffeur est du genre bavard. Il commence à m’énumérer les forêts détruites par le feu et dénonce avec force “ces gens là”
Je lui demande s’il vise par ces termes les “immigrés”.
Bien sûr dit-il et il ajoute : “Ces gens là, il faudrait les faire brûler vifs!”
Nous sommes tous racistes : envers les gros, les étrangers, les allemands, les vieux, les jeunes, les juifs, les blancs, les noirs, les arabes… et les coiffeurs.
La seule protection contre ce fléau est de “s’empêcher”, comme disait le père de Camus, de savoir que c’est stupide et criminel et de ne laisser rien passer de nos pensées scandaleuses.
C’est peu mais c’est ce qui fait toute la différence.