{"id":227,"date":"1977-12-15T13:59:09","date_gmt":"1977-12-15T12:59:09","guid":{"rendered":"http:\/\/auteurs.harmattan.fr\/michel-diaz\/?p=227"},"modified":"2011-10-17T23:46:56","modified_gmt":"2011-10-17T22:46:56","slug":"la-nouvelle-republique-du-centre-ouest-15-decembre-1977","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/michel-diaz\/blog\/1977\/12\/15\/la-nouvelle-republique-du-centre-ouest-15-decembre-1977\/","title":{"rendered":"LA NOUVELLE REPUBLIQUE du CENTRE-OUEST, 15 d\u00e9cembre 1977"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center\"><span style=\"font-size: medium\">\u00a0\u00a0\u00a0 <strong>\u00ab\u00a0LE VERBE ET L&rsquo;HAME\u00c7ON\u00a0\u00bb&#8230;<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><span style=\"font-size: small\"><strong>par le Th\u00e9\u00e2tre du Pratos<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><span style=\"font-size: medium\"><strong>\u00a0\u00a0 On aurait aim\u00e9 y mordre<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><span style=\"font-size: medium\"><strong><span style=\"font-size: small\">\u00a0<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-size: small\"><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong>La route suivie par une jeune troupe th\u00e9\u00e2trale qui ne veut vivre que de son travail et ne re\u00e7oit absolument aucune aide ext\u00e9rieure (ou si peu) est \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence une longue marche caillouteuse, sem\u00e9e d&#8217;emb\u00fbches et de ravins, de difficult\u00e9s et de douleurs. Elle peut \u00eatre exaltante, d\u00e9boucher sur des r\u00e9ussites et&#8230; des encouragements. Elle peut tout autant, et cette fois-ci presque in\u00e9vitablement, tomber dans\u00a0les filets\u00a0de ses propres d\u00e9fis. Non, il ne faudrait pas! Et il n&rsquo;en est s\u00fbrement pas question d\u00e8s l&rsquo;instant o\u00f9 ceux qui sont d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 porter loin leur aventure doivent aussi savoir supporter leurs m\u00e9saventures.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-size: small\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C&rsquo;est bien une m\u00e9saventure qui vient d&rsquo;arriver au si dynamique Th\u00e9\u00e2tre du Pratos, \u00e0 cette compagnie issue en partie de la d\u00e9funte Com\u00e9die de la Loire et qui depuis sept ans lutte contre toutes les adversit\u00e9s (financi\u00e8res et autres), s&rsquo;en va jouer un peu \u00e0 travers tout le pays, tente v\u00e9ritablement de donner le go\u00fbt du th\u00e9\u00e2tre aux\u00a0enfants, offre une chance \u00e0 de nouveaux auteurs (depuis repris \u00e0 Paris, tel Victor Ha\u00efm) et finit aujourd&rsquo;hui\u00a0 par proposer sa vingti\u00e8me cr\u00e9ation.\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-size: small\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il ne faut pas se leurrer. Il s&rsquo;agit bien pour nous d&rsquo;une m\u00e9saventure, tout \u00e0 fait explicable d&rsquo;ailleurs. Le type m\u00eame d&rsquo;existence men\u00e9e par les com\u00e9diens du Pratos et leurs activit\u00e9s les confinent dans une sorte de ghetto qui leur interdit pratiquement une plus vaste (et n\u00e9cessaire) connaissance de leur m\u00e9tier. Passer d&rsquo;un lieu d&rsquo;\u00e9cole, d&rsquo;un cabaret-th\u00e9\u00e2tre, d&rsquo;une petite salle \u00e0 un grand espace sc\u00e9nique est une premi\u00e8re chose.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-size: small\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 S&rsquo;attaquer ensuite \u00e0 une pi\u00e8ce qui se veut d&rsquo;envergure et appelle avant tout le mouvement et une solide gestion de l&rsquo;espace sc\u00e9nique est une seconde chose. Les huit compagnons de Gilles Magr\u00e9au (qui ne joue pas mais signe la mise en sc\u00e8ne) se heurtent manifestement \u00e0 ces deux \u00e9l\u00e9ments, sans pouvoir les ma\u00eetriser.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-size: small\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Que l&rsquo;oeuvre repr\u00e9sent\u00e9e ces jours-ci au th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Universit\u00e9 \u00ab\u00a0Le verbe et l&rsquo;hame\u00e7on\u00a0\u00bb, \u00e9crite par un jeune professeur de fran\u00e7ais \u00e0 Blois, ne manque ni de souffle ni d&rsquo;ambitions(s) -et c&rsquo;est plut\u00f4t \u00e0 mettre \u00e0 son cr\u00e9dit-, voil\u00e0 qui para\u00eet certain et n&rsquo;arrange pas les affaires du Pratos, car la troupe semble quelque peu d\u00e9pass\u00e9e par le d\u00e9fi que propose le texte. Mais que Michel Diaz ait repris en partie (et s&rsquo;amusant visiblement beaucoup \u00e0 s&rsquo;en inspirer) l&rsquo;histoire et le canevas de \u00ab\u00a0La r\u00e9sistible ascension d&rsquo;Arturo Ui\u00a0\u00bb de Brecht, voil\u00e0 aussi qui n&rsquo;est pas sans importance.\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-size: small\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cette pi\u00e8ce s&rsquo;affiche encore comme une parodie bouffonne des op\u00e9ras brechtiens et des drames\u00a0historiques de Shakesperare, et ce \u00ab\u00a0pot pourri\u00a0\u00bb d&rsquo;influences (revendiqu\u00e9es\u00a0ouvertement et sans aucune ambigu\u00eft\u00e9) use d&rsquo;une \u00e9citure jubilatoire qui ne manque\u00a0ni de trouvailles ni de r\u00e9elle dr\u00f4lerie. Pourtant,\u00a0de ce qui se pr\u00e9sente comme une vaste fresque burlesque et d\u00e9montage corrosif des m\u00e9naniques du Discours et des Pouvoirs, la repr\u00e9sentation ne nous donne, h\u00e9las!, que d&rsquo;\u00e9pisodiques \u00e9clats et reflets, d&rsquo;autant plus que les acteurs, pour la plupart mangent l&rsquo;essentiel (peut-\u00eatre le meilleur) de leurs textes et chansons.\u00a0Ivan Ringot (qui \u00e9voque parfois le Harpo des fr\u00e8res Marx)\u00a0, Jean-Marie Sirgue, Ramon Delgado semblent plus heureux que leurs partenaires dans leur interpr\u00e9tation. Mais il est vrai que celle-ci exige la performance. A l&rsquo;image de la pi\u00e8ce.<\/span><\/span><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-size: small\"><strong>\u00a0 <\/strong>Si quelques mouvements et changements de tableaux sont \u00e0 peu pr\u00e8s r\u00e9ussis, l&rsquo;ensemble n&rsquo;en reste pas moins \u00e9tonnamment brouillon, au niveau du faux canular ou du pastiche\u00a0dont on ne parvient pas alors \u00e0 go\u00fbter la saveur. Sur un rythme d\u00e9saccord\u00e9, aux accords souvent grin\u00e7ants, la pi\u00e8ce passe sans accrocher vraiment. Et pourtant on aim\u00e9 y mordre! Ne serait-ce que pour la sympathie que nous inspirent toute tentative de th\u00e9\u00e2tre libre, ind\u00e9pendant et sans le sou, et un jeune auteur qui ne manque pas d&rsquo;int\u00e9r\u00eat!<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-size: small\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pierre Favre<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-size: small\">\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0LE VERBE ET L&rsquo;HAME\u00c7ON\u00a0\u00bb&#8230; par le Th\u00e9\u00e2tre du Pratos \u00a0\u00a0 On aurait aim\u00e9 y mordre \u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La route suivie par une jeune troupe th\u00e9\u00e2trale qui ne veut vivre que de son travail et ne re\u00e7oit absolument aucune aide ext\u00e9rieure (ou si peu) est \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence une longue marche caillouteuse, sem\u00e9e d&#8217;emb\u00fbches et de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[158],"tags":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/michel-diaz\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/227"}],"collection":[{"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/michel-diaz\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/michel-diaz\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/michel-diaz\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/michel-diaz\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=227"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/michel-diaz\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/227\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":363,"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/michel-diaz\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/227\/revisions\/363"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/michel-diaz\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=227"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/michel-diaz\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=227"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/michel-diaz\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=227"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}