{"id":694,"date":"2014-11-30T14:25:26","date_gmt":"2014-11-30T14:25:26","guid":{"rendered":"http:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/?p=694"},"modified":"2014-12-03T17:13:08","modified_gmt":"2014-12-03T17:13:08","slug":"kamel-daoud-meursault-contre-enquete-lalgerie-au-coeur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/blog\/2014\/11\/30\/kamel-daoud-meursault-contre-enquete-lalgerie-au-coeur\/","title":{"rendered":"Kamel Daoud : \u00ab\u00a0Meursault, contre-enqu\u00eate\u00a0\u00bb l&rsquo;Alg\u00e9rie au coeur"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_695\" aria-describedby=\"caption-attachment-695\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/wp-content\/uploads\/sites\/32\/2014\/11\/Image1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/wp-content\/uploads\/sites\/32\/2014\/11\/Image1-300x225.jpg\" alt=\"\" title=\"Image\" width=\"300\" height=\"225\" class=\"size-medium wp-image-695\" srcset=\"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/wp-content\/uploads\/sites\/32\/2014\/11\/Image1-300x225.jpg 300w, https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/wp-content\/uploads\/sites\/32\/2014\/11\/Image1.jpg 320w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-695\" class=\"wp-caption-text\">Plage d'Oran au 19\u00b0 si\u00e8cle<\/figcaption><\/figure>\n<p>Kamel Daoud est alg\u00e9rien. Il est n\u00e9 en 1970 \u00e0 Mostaganem.<br \/>\nIl a fait toute sa scolarit\u00e9 en arabe, comme la plupart des enfants alg\u00e9riens n\u00e9s apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance.<br \/>\nIl a v\u00e9cu, entre 20 et 30 ans, la sale guerre des ann\u00e9es 90.<br \/>\nIl n&rsquo;a pas connu l&rsquo;Alg\u00e9rie fran\u00e7aise. <\/p>\n<p>Le livre de Kamel Daoud m&rsquo;a \u00e9mu aux larmes, au point de le relire plusieurs fois. Son id\u00e9e est lumineuse : rendre une identit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Arabe de \u00ab\u00a0l&rsquo;Etranger\u00a0\u00bb. Peu importe que ce ne soit pas le meilleur livre de Camus, comme l&rsquo;insinuent quelques critiques malveillants et stupides avec condescendance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de Kamel Daoud.<\/p>\n<p>Daoud a su \u00e0 merveille, dans son premier roman, manier les contradictions: L&rsquo;Europ\u00e9en a tu\u00e9 l&rsquo;Arabe et n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 pour cela. Le h\u00e9ros de Daoud tue un Fran\u00e7ais quelques jours apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance et ne sera pas non plus puni.  Son crime n&rsquo;a pas de sens, \u00e0 moins que ce ne soit une pi\u00e8tre vengeance.<\/p>\n<p>Il prend conscience de l&rsquo;absurdit\u00e9 et de la facilit\u00e9 du crime : \u00a0\u00bb <em>Quand j&rsquo;ai tu\u00e9, donc, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;innocence qui par la suite, m&rsquo;a le plus manqu\u00e9, mais cette fronti\u00e8re qui existait entre la vie et le crime.\u00a0\u00bb et :\u00a0\u00bb L&rsquo;Autre est une mesure que l&rsquo;on perd quand on tue.\u00a0\u00bb<\/em> <\/p>\n<p>Il va plus loin et se demande finalement si l&rsquo;assassinat n&rsquo;est pas un moyen de tout r\u00e9soudre, y compris ses petits probl\u00e8mes personnels. Certains l&rsquo;ont fait et continuent \u00e0 le faire dans notre monde. On ne sort pas de l&rsquo;absurde.<\/p>\n<p>Il y a aussi dans ce livre une violente critique de l&rsquo;Alg\u00e9rie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, une d\u00e9ception profonde sur un processus d&rsquo;ind\u00e9pendance confisqu\u00e9, \u00ab\u00a0et une col\u00e8re contre l&rsquo;instrumentalisation de la religion: \u00ab\u00a0<em>Hurler que je suis libre et que Dieu est une question, pas une r\u00e9ponse.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nL&rsquo;oeuvre de Camus  et celle de Kamel Daoud se d\u00e9roulent dans un monde absurde, sans Dieu. Mais, Daoud s&rsquo;en sert aussi comme pr\u00e9texte  \u00e0 un roman, \u00e0 une fiction, une histoire dont on a envie de conna\u00eetre la fin. Il dit avec humour:\u00a0\u00bb<em>Les mots du meurtrier et ses expressions sont mon bien vacant.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Je me souviens avoir \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9e en lisant <em>l&rsquo;Etranger<\/em> de Camus par l&rsquo;anonymat de l&rsquo;Arabe, la gratuit\u00e9 du crime et l&rsquo;absence de sanction. Kamel Daoud \u00e9met une hypoth\u00e8se \u00e0 ce sujet :\u00a0\u00bb<em>D\u00e8s le d\u00e9but, on le (Meursault) sent \u00e0 la recherche de mon fr\u00e8re (l&rsquo;Arabe). En v\u00e9rit\u00e9, il le cherche, non pas tant pour le rencontrer que pour ne jamais avoir \u00e0 le faire.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Kamel Daoud est alg\u00e9rien. Il est n\u00e9 en 1970 \u00e0 Mostaganem. Il a fait toute sa scolarit\u00e9 en arabe, comme la plupart des enfants alg\u00e9riens n\u00e9s apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance. Il a v\u00e9cu, entre 20 et 30 ans, la sale guerre des ann\u00e9es 90. 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