{"id":805,"date":"2015-06-14T12:59:28","date_gmt":"2015-06-14T12:59:28","guid":{"rendered":"http:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/?p=805"},"modified":"2015-06-14T12:59:28","modified_gmt":"2015-06-14T12:59:28","slug":"pour-fatou-aminata-olga-bana-khadidja","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/blog\/2015\/06\/14\/pour-fatou-aminata-olga-bana-khadidja\/","title":{"rendered":"Pour Fatou, Aminata, Olga, Bana, Khadidja &#8230;"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/wp-content\/uploads\/sites\/32\/2015\/06\/FullSizeRender2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/wp-content\/uploads\/sites\/32\/2015\/06\/FullSizeRender2.jpg\" alt=\"\" title=\"FullSizeRender\" width=\"180\" height=\"240\" class=\"alignleft size-full wp-image-806\" \/><\/a><\/p>\n<p>Elles sont arriv\u00e9es un jour \u00e0 notre permanence de la CIMADE.<br \/>\nElles avaient entre 20 et 30 ans<br \/>\nElles sont venues seules du Maghreb ou d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, le plus souvent avec un visa de tourisme<br \/>\nElles ont toutes trouv\u00e9 du travail dans l&rsquo;aide \u00e0 domicile, la restauration&#8230;<br \/>\nElles avaient refus\u00e9 des mariages forc\u00e9s, des vies de femmes uniquement vou\u00e9es aux hommes ou \u00e0 la maternit\u00e9, \u00e0 la famille.<br \/>\nElles voulaient vivre libres, \u00e9crire, exercer un m\u00e9tier choisi par elles, ne pas se trouver enferm\u00e9es dans un mariage sans amour&#8230;m\u00eame avec un Fran\u00e7ais.<br \/>\nElles portent leur fiert\u00e9 sur leurs beaux visages fatigu\u00e9s.<br \/>\nElles travaillent dur, multipliant les petits boulots, attendant de gagner assez pour avoir droit \u00e0 une carte de s\u00e9jour mention \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb<br \/>\nElles ne connaissent de Paris que certaines lignes de m\u00e9tro ou de RER, se dep\u00eachent de regagner leur petit studio, au fin fond de la banlieue, apr\u00e8s leur travail.<br \/>\nElles vivent dans une grande solitude en France : pas de bistrots, pas de squats, pas de famille, mais une vie entre quatre murs,  entrecoup\u00e9e de coups de t\u00e9l\u00e9phone \u00ab\u00a0rassurants\u00a0\u00bb \u00e0 leur famille rest\u00e9e au pays.<br \/>\nSortir, visiter Paris, faire les boutiques&#8230; c&rsquo;est risquer des contr\u00f4les, des mauvaises rencontres et puis il faut avoir de l&rsquo;argent et elles parviennent juste \u00e0 survivre dans la dignit\u00e9.<br \/>\nElles viennent parfois de familles de la classe moyenne. Elles parlent parfaitement le fran\u00e7ais. Leur sort est moins douloureux que celui des Soudanais, Syriens, Erythreens&#8230; violent\u00e9s dans leur pays, pendant leur long voyage et encore poursuivis par des gouvernements dits de gauche qui se cachent derri\u00e8re les Accords de Dublin 2 ( L&rsquo;asile doit \u00eatre demand\u00e9 dans le premier pays o\u00f9 l&rsquo;on arrive) pour traiter ces gens comme des chiens galeux<br \/>\nCes jeunes femmes sont des figures non m\u00e9diatiques de ces immigr\u00e9(e)s anonymes.<br \/>\nLeur seul tort est de vouloir choisir leur vie.<br \/>\nLes pr\u00e9fectures pondent des arr\u00eat\u00e9s de refus de s\u00e9jour o\u00f9 l&rsquo;argument majeur est qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas de famille en France !<br \/>\nFaudrait-il qu&rsquo;elles fassent des enfants fran\u00e7ais avec n&rsquo;importe qui ? Elles refusent et attendent leur carte de s\u00e9jour comme un s\u00e9same lib\u00e9rateur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elles sont arriv\u00e9es un jour \u00e0 notre permanence de la CIMADE. Elles avaient entre 20 et 30 ans Elles sont venues seules du Maghreb ou d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, le plus souvent avec un visa de tourisme Elles ont toutes trouv\u00e9 du travail dans l&rsquo;aide \u00e0 domicile, la restauration&#8230; Elles avaient refus\u00e9 des mariages forc\u00e9s, des&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[725],"tags":[3032],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/805"}],"collection":[{"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=805"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/805\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":807,"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/805\/revisions\/807"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=805"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=805"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/auteurs.harmattan.fr\/regine-dhoquois-cohen\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=805"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}