Archive pour la catégorie ‘Poésie’

WOW 7

Au nom de la charité sont commis une foule de péchés

Un vieillard ne sait plus rien

La politique doit être l’art du compromis

Les humains sont capables d’aimer ce qui est indigne

Un bon mariage est fondé sur une incompréhension mutuelle

Le monde nous impose une existence creuse et fausse

Le romanesque et le romantisme sont le privilège des riches

Une bonne rencontre commence par des compliments vrais ou faux

Les pauvres sont prosaïques

La métaphysique est un jeu de masques

CGU 70

L’auteur de base de cette série CGU est :
Charles Guérin
Son livre est :
Le Semeur de Cendres
1898-1900
234 pages
Paris
Le Mercure de France
MCMI – 1901

Je rappelle ma méthode de “translation” que je pratique dans cette série après beaucoup d’autres
Je cherche la veine poétique qui se cache dans une oeuvre sous les noms propres, les faits singuliers, les diverses localisations, les croyances religieuses ….
Je pense avoir souvent trouvé cette veine poétique quitte à une certaine liberté de ton et de style, voire de la fantaisie ….

CGU 69

Sagesse j’ai tant besoin de toi
Tu m’élèves tu m’enseignes
En ce temps de lucre et de bassesse
Je veux fuir un siècle odieux

La fumée des vapeurs diverses
Est âcre dans l’azur incorruptible
Le livre et le laurier
Sont le décor de la lampe allumée

Tu es venue me voir
Nue sous ta robe ajourée
Tu es ma soeur si le jour est sacré
Les astres sont libres sur leur axe

Tu rampes brisant les sceaux
Les flots multiples de la vie
Avalent ceux de la mort
Le sage est souverain

CGU 68

Le marbre des tombeaux est pour moi luxueux
Et même luxurieux quand on pense aux arbres
Sacrifiés vainement pour ce culte de la mort
Une seule satisfaction : leur linceul est l’azur

Les eaux jouent les grandes orgues
Le poète obscur dort dans la lumière
Les fruits des arbres moussus
Sont âpres et sauvages

Des oiseaux inconnus traversent le ciel
Les abeilles font leur miel
Comment appeler celui qui n’aime plus ?
On laisse dormir la poussière d’un humain

A l’heure étrange et désolée
Où les fantômes marchent dans les champs
Deux amants se tiennent par la main
Leur coeur est plein d’espoir

CGU 67

Pécheur au quotidien
Docteur ès stupidités
Dans le sillon du mal
J’ai marché en semant

Je refuse l’art frivole
Mes vers sont trop humains
L’amour aux bras ouverts
Est abscons

Est absous qui n’est pas trop coupable
Souviens-toi des coeurs simples
Je viens pleurer loin de la joie
Le labeur stérile néglige ma gloire

Je suis un coeur simple mais un mauvais serviteur
Je détourne le sens divin des paradoxes
Je sème du grain vil dans tes paroles
L’iniquité est ma maîtresse faite femme

L’amour seul demeure
Le fruit éclate Seul tu meurs
La volupté est triste
Si tu penses trop à elle

Tu as creusé le trou à haine
J’ai ajouté le mien
Je bois par la racine
Elle a mauvaise mine

CGU 66

Terrible et dur tu tiens bon
Contre la tempête
L’infini se vide
Sans t’assouvir

La multitude obscure
Adoratrice des idoles creuses
Met un néant
Derrière chacun de ses baisers

Tes desseins sont-ils
Noués d’un fil clair ou obscur ?
Qu’importe cette question ?
Tu ignores tout de ton destin

Tu portes haut ton génie mystique
Tes pleurs ont le sel de la foi
Je suis petit
Un lit est ma mesure

CGU 65

Seul dans la foule fraternelle
Tu ronges ta fureur
Ton silence est amer
Selon toi l’esprit corrompt la chair

Tu te rebelles
Contre quoi tu te rebelles ?
C’est ton remords
Incertain et troublé

Un humain est sombre
Son coeur en est témoin
Il se repait de ses misères
Il souffre d’ulcères

Je gémis je mendie
Tu m’entends sans m’écouter
Je t’en veux
Je te déteste

CGU 64

Je ne crois pas que les questions idéales nous torturent
L’écho nous gronde en grondant derechef
Le monde se partage
Une soudaine angoisse me remplit d’horreur

Notre obscurité nous remplit de fantômes
Le corps nu est innocent
Plus que coupable
Les âmes sont inquiètes

Nous buvons le remords avec nostalgie
Faux rire et voix navrante nous accompagnent
Esprit et chair nous tourmentent doublement
Le rêve multiplie nos bras

Ton image simplifiée
Est d’une profondeur inconnue
Ton amour au bord du ruisseau
Est d’un rare pittoresque

CGU 63

Ton bracelet d’or me convient
Ceux du ciel sont de vermeil
On dit que le soleil a quatre étalons
Qui se cabrent

La chair reste l’esclave du désir
Mais son coeur déteste son plaisir
Torture des remords dans un monde ingrat
Le martyre n’est pas divin

Certaines joies sont exécrables
L’éternelle Eve offre un oreiller de fleurs
Les délices infâmes se consument en vain
Les artères fument

Nous sommes nombreux à vivre d’opprobre
Nous les enfants du sang les pauvres humains
La plante et l’animal ne sont pas les serviteurs du caillou
Ils sont tous asservis aux desseins de la nature

CGU 62

Je vous salue Clarté
Rochers d’où ruisselle une herbe chevelue
Je cuve mes ivresses azurées
Ce ne sont certes pas des saouleries

Le feu du phare tourne dans la nuit
Moelleuse et morose
Le vent est salé
Je le mange avec gourmandise

Le vent pousse ma fenêtre entr’ouverte
Aujourd’hui la mer est verte
Les vagues déferlantes ont une clarté de lys
Les sirènes ont une lyre en main

La foule bruit comme un essaim se pose
Un bateau ouvre sa toile au vent
Cette femme amoureuse va rêvant
Songeuse enfant d’un temps révolu