Archive pour la catégorie ‘Poésie’

DHS 32

Je le répète Les héros nous ressemblent
Alors que nous sommes dépourvus d’héroïsme
Les héros sont des humains comme les autres
Sauf quelques-uns

Le peuple n’a pas besoin
De héros qui lui ressemblent
J’aime bien les légendes
Qui racontent n’importe quoi

Les disparus le sont de force
Toi C’est apparaître qui est ton bon plaisir
il n’y a pas de bon testament
Il en est même beaucoup de mauvais

Je possède un mouchoir de poche
Je n’aime guère ce qui est sous roche
Les oranges savent beaucoup de choses
Malgré moi je n’aime guère les planteurs

Certains ont la moustache bonhomme
Je pousse moi aussi l’hymne à la modernisation
Nos économies sont de guerre
Les grands courants sont éphémères

C’est pénible d’être un arbitre
Je préfère vivre seul avec toi
Les parents sont courageux
Tout va par deux

DHS 31

Regarder la lune et partir pour le plaisir
Grâce la solidité des lieux et de nos efforts
La mouche se promène sur la fleur
Elle s’en frotte les mains

Les fétiches ne s’aiment pas
Ils se conservent bien
Leur révolte est suicidaire
Je suis seul dans l’aire sans combat

Les nouveaux-nés se la jouent à l’ancienne
Les certitudes leur sont imposées
Les vagues sont perdues l’une après l’autre
Elles font craindre la suivante

L’invisible est enterré
Mais le visible aussi
Lui surtout se terre
Il ne manque pas d’air

DHS 30

Dans les débuts il y eut plusieurs humains
Aucune histoire ne sait les raconter
La vie d’autrefois parait une promenade
Parfois presque immobile

Je dis ça à l’aide du crime
Tout crime est de lèse-majesté
Les anciennes poussières sont bien utiles
Dont l’hospitalière et l’universitaire

Il ne faut pas trop sculpter avec sévérité
La culture mérite le sourire
Le sauvage n’est pas primitif
Le primitif peut être civilisé

L’expérience du vide peut être plaisante
La police du vide ne l’est pas
Le ver est dans la pomme
Sans quiconque s’en aperçoive

DHS 29

L’exil est-il la pire des sanctions ?
Les mains sanglantes n’ont droit à rien
Sauf à être lavées et relavées
Faisons couler l’eau !

Ma brouette est de fortune
Le canal des deux rives sert peu
Je ne raffole pas des chantiers
Un chantier pour quoi faire ?

L’horizon est libre outre-mer
On l’appelle ultra-marin
La mer est libre quand elle se ferme
Nous crions haut-les-coeurs !

Tous les noms ne sont pas répertoriés
La lune s’en va ailleurs
Les nuages rapportent des histoires
A dormir-debout

DHS 28

J’imite parfois je copie
Je ne plagie jamais
La corruption nous précède
Restons droits

Restons droits dans ce monde de travers
Ne votons jamais pour les extrêmes
La paix est médiane médiatrice
La paix est moyenne voire médiocre

L’ambre l’étain l’or permettaient
De s’amuser à vil prix
Nous nous aimons les objets manufacturés
Dépassés désormais par le virtuel

Fuir vers la montagne ?
Je préfère la mer
Ma mer est stable et sereine
Même dans la tempête

DHS 27

On n’est jamais bête tout seul
L’imbécillité est collective
Même l’intelligence peut être bête
Intelligence et bêtise échangent des messages d’amitié

Annexer toujours perdre jamais
On finit par tout perdre
Un cheval n’est jamais fourbe
Il peut être fourbu

Tu peux effacer les mauvais souvenirs
Ils reviennent tôt ou tard
Sous des formes diverses
Ils se laissent rouler dans la farine

Ne cède pas à l’imbécillité
Elle est assez forte
Pour te faire plier
Je suis bien avec toi

DHS 26

Je prenais des bains de mer
Maintenant je regarde l’océan
Tu gambades dans la piscine
Tu n’en fais jamais trop

Ce qu’il y a de meilleur dans le mariage
C’est le couple
Fondé sur la sincérité commune
La vie en commun

On ne refait pas une guerre
On refait les générations
L’imbécillité n’est pas la paix
Elle peut être paisible

Reculer pour mieux sauter
Tel n’est pas mon choix
Je m’avance pour sauter
Je ne saute jamais en arrière

DHS 25

Il ne suffit pas de bâtir des murs
Encore faut-il les habiter !
J’aimerais qu’on me rembourse la guerre
Toutes les guerres

C’est moche d’avoir des pattes de plomb
J’ai du plomb dans le ciboulot
C’est pour mon bien, parait-il
Rien de tel qu’un îlot pour se reposer

Dans ce que nous appelons histoire et histoires
Fermentent de bas actes
Sans compter les mauvaises actions
Qui empêchent de tourner rond

J’ai le papier nécessaire pour narrer
Vos merveilleuses histoires
Mais ce ne sont que des histoires
Qui se produisent trop tard

Il aurait peut-être mieux valu
Qu’il n’y ait pas d’histoire du tout
Même avec de la romance
Mais l’histoire s’impose à nous de partout

DHS 24

Toute maison est l’héroïne d’un roman-feuilleton
Les éléments sont toujours déchaînés
L’amour est le dernier refuge contre la haine
Le vrai héros n’est pas volontaire

Les bustes n’ont pas de jambes
Les jambes se vengent
Le feu n’a pas de jambes
Il trouve ça vexant à la fin

Mon grand-père était modeste
Mon autre grand-père est mort
Sans dire mot
La famille est tenace

Plus courte est la mémoire et mieux c’est
Tout roule
Les maisons s’écroulent
Pas de mouvement sans mort

Souvent la gratitude est courte
Il faut voir les bons et les mauvais côtés
Nous sommes tous des rois et des reines
C’est l’égalité suprême

DHS 23

La personne qui est ici n’est pas ailleurs
Je suis un et unique
Personne n’est zéro
Le zéro n’existe pas

Le zéro aide à ne pas être, donc à exister
Qui lit ? Qui me lira ?
Aucun poème ne compte les morts
La mort frémit en dessous de moi

Je n’aime pas les mots plus longs qu’eux-mêmes
J’ai mis beaucoup d’années pour exister
Pour exister vraiment
Sans faux savoir

Sur terre tout est divisé
Car tout se divise
Mes jambes étaient correctes
Elles sont en loques

La mort n’est jamais que la division suprême
De un elle fait passer à plusieurs
En elle-même et pour elle-même elle n’existe pas
J’ai trouvé quelqu’un à protéger