Le fabuliste méconnu ( 21 )

Un cuisinier prudent
Avait placé son petit chat Mishoug
En sentinelle pour garder
Sa superbe terrine
Mishoug se lèche la patte
Se frotte les yeux
Approche recule
Se roule s’allonge
L’absence du maître se prolonge
Mishoug gratte la terrine fait une pause
Pose sur le bord une patte nonchalante
Il flaire se tourne revient
D’un joli coup de patte il enlève le couvercle
Tente un coup de langue
Puis un coup de dent
Bref quand le cuisinier revint
Il ne restait plus que quelques reliefs de son pâté
Et le chat qui se léchait avec application

Face à l’intérêt et surtout la faim
Nos vertus sont fragiles
Que dire de celles d’un chat ?