KGI 30

L’amour t’a fait signe
Tu es resté immobile et silencieux
Les chemins sont escarpés
Le mont est enseveli sous les voiles

Il est heureux que les voiles soient des nuages
Qui se déchirent facilement
Toi et les corbeaux
Vous aimez ce qui ment

Le vent dévaste mon jardin
Il est heureux que j’aie élagué
Mes arbres Par contre
Ils ont toutes leurs racines

Le vent vous moissonne
Il se trémousse pour vous
Il vous tamise il vous meule il vous pétrit
il pousse devant lui le feu de prairie

KGI 29

La prophétesse pleurait
Avec des soubresauts
« A présent tu es là
Et tu dois partir »

Profonde est la nostalgie
Te souviens-tu de la mélancolie
De tes ancêtres ?
La la o lala

Chercheur d’absolu tu ne vois pas
Qu’il n’y a d’absolu
Que dans le relatif
Va pleure un bon coup

Tu livres la vérité
Comme un garçon épicier
Mieux vaut une mauvaise musique
Que pas de musique du tout

KGI 28

Ton ombre nous éclaire
Ton amour est muet et voilé
Il voudrait se dénuder
Il se découvre

L’amour est tout puissant
Mais il faut que ce soit l’amour
Beaucoup n’y croient pas
Ils ne l’ont jamais rencontré
Au coin du bois

J’étais naïf et déluré
J’avais deux copines
L’une ne m’a pas salué
Dans le petit ascenseur

La seconde a imposé à son mari
Le monstre jaunâtre et verdâtre
Dont les plis et les replis
Sont pires que le reste

Rom 40

Moque-toi du néant
Le néant n’est pas toi
Ne t’appartient pas
Résigne-toi

Grâce à la résignation
Tu as droit au bonheur
La fleur et le rossignol
Se résignent bien

Les atomes rient et chantent
Pourtant ce ne sont que des atomes
Leur séparation brûle les corps
L’amour sera la lampe de la nuit

L’un d’entre nous croit
Que le soleil est un coursier
Sa mort est proche
Faute de résignation

Rom 39

Je suis ton invité
Je suis bouleversé par toi
La nouvelle a été divulguée
Partout dans le pays

Les ânes se bousculent
Le monde est un amas de cendres
Les mauvais herbages
Salissent la bouche qui les nourrit

Je me sens bien
Dans l’orgueil et la vanité
La fleur se lève hors de l’herbe
Les loups sont furieux

As-tu pensé que le soleil
Est l’atome de notre monde merveilleux ?
L’âme s’évanouit dans sa lumière
Chaque créature oublie son origine

Rom 38

Le coeur capte le malheur
Mon corps est las de toi
« Viens viens vite »
Je pantèle après toi

Tu es l’une et tu es l’autre
Nous avons plusieurs identités
L’une est portée sur la facilité
L’autre est dure à l’extérieur

Je ne distingue plus ma tête de mes pieds
Je suis saoul par Dieu
Je n’éprouve plus de désirs pour ton âme
Versatile à loisir

Ne me donne plus de pain plus d’eau
Ne m’offre plus le sommeil
Ne paie plus le prix du sang
Je te rembourse à l’instant

Rom 37

Corps coeur esprit âme
Ces éléments ces principes
Te suffisent-ils
Pour aborder ton système ?

Tu fais des comptes d’apothicaire
Chaque atome de ton corps
Crie de désir
Au son du tambourin

Les échansons ne versent plus le vin
Il est fini le temps de la courtoisie
Jeux de mains jeux de vilains
il est fini le temps des vilains

Sauvons les chaînes de l’existence
Regardons les fous qui se sont échappés
Ils remplacent les vilains d’autrefois
Soucieux d’une vie confortable

Rom 36

D’une perle de culture
Tu fais une perle libre
Tu métamorphoses mon chibre
En héraut des temps modernes

Tu te métamorphoses
De pauvre hère en monarque de l’esprit
L’esprit est plus fort que l’âme
Dans ton pays de pauvres en esprit

Où sont les yeux
Où sont les oreilles
Pour percevoir quelque chose de la folie
Qui t’entraîne ?

Où est l’intelligence
Dans le tintamarre des sens
Ton esprit ratiocine
Ton coeur calcule comme un avare

Rom 35

Mon quoi ? Tu dis ?
Mon âme ?
Mon pauvre vieux l’âme
N’existe pas

L’eau l’argile et l’âme
Sont emprisonnées
Dans les épines
De la roseraie

Cent mille aveux jaillissent des palmiers
Autre oasis autres fleurs autres fruits
La beauté des corps est une prison
Tu ne chemineras pas vers ta vérité

Dans le chagrin surgit la joie
D’un jour étrange
Plein de tendres lumières
Loin de toute pacotille

Rom 34

Nous avons ouvert la porte
Nous avons accueilli les amis
Et les ennemis
Nous verrouillons la porte
Sur un silence hostile

Ton souvenir est caché sous tes voiles
Du sein des flammes l’eau jaillit
Elle est trois fois fraiche
Elle et le feu sont de mèche

La plus belle verdure
Illumine les terres arides
Là où les tombes sont des jardins
Le soleil est humilié

Mon eau est prisonnière de l’argile
Tu mens tu es une menteuse
Tu ne sais pas comment faire
Tu aimes l’eau et l’argile