TWR 253

Je me lève je prépare le café
Je nourris le chat
Je me recouche auprès de toi
Je n’ai pas assez dormi

Remplis ton sein
De parfums jolis
Tu embaumes
La joie de vivre

Tu es suave
Plus douce que le miel
Le désir est insatisfait
Il est fait pour ne pas être satisfait

Le désir est force
Il est manque aussi
Il empêche le dialogue vrai
L’émotion langoureuse sourit parmi nous

TWR 252

Montre-moi ton visage
Ton beau ton délicieux visage
Je désire les roses de la roseraie
Je veux le jardin en entier

Je désire le soleil de beauté
Tout juste sorti de derrière les nuages
Ton visage radieux
Mais je désire aussi la coquetterie
Et l’humeur

Je suis ennuyé par ceux
Qui se plaignent et qui pleurent
La jalousie met un sceau
Sur mes lèvres

Le rossignol chante mieux que moi
Qui ne sait pas chanter
J’ai donc un sceau sur les lèvres
Ma lanterne allumée ne voit rien

TWR 251

La cause de toute peur
Est l’humain lui-même
Son intelligence est à l’extérieur de lui-même
Qu’on me donne à boire !

Les caresses de l’humain
Vont à l’extérieur de lui-même
Car son intérieur est un loup
Avide de sang

S’il voyait la laideur de cet intérieur
L’humain serait frappé d’horreur
Une seule attaque suffirait à l’anéantir
Pourtant il reste impuissant

Comment éprouver la quiétude ?
Tu es loin de l’esprit limpide
Transparent comme l’eau
Aspirant à la souveraineté

TWR 250

Le b-à-ba n’est pas pour toi
Tu es un compliqué
Qui se croit complexe
Tu n’as même pas de sexe

La complexité est
Charmante et chafouine
Politesse incluse
Il faut que tu travailles

Abrège ces paroles
O mon coeur trop poli
La connaissance du début
Est celle de la fin

L’amoureux peut tout savoir
S’il s’en donne la peine
Il ne le fait pas
il est anéanti

TWR 249

A l’intérieur du temple lointain
Bâti sur une foi d’autrefois
On ne laisse pas de chien mort
C’est une question de politesse

La politesse est ce qu’il y a de plus important
S’il n’est pas poli le coeur du monde
N’existe pas
il n’octroie pas la vie

Tu fends l’océan C’est impoli
Tu marches sur la lune Soit
Tu déchires sa robe d’argent
Tu n’échapperas pas au feu

Les habitants se sont réfugiés
Dans la montagne
La montagne ne porte qu’un pagne
C’est impoli

TWR 248

L’âme du monde est amour
Cette âme est égarée
Ma bouche a goûté la suavité de l’amour
Elle ne parle plus

Mon coeur est séparé de mon amour
Il s’agite comme un serpent
Il tourne comme la roue d’un moulin
Il est manifeste et caché

Evite le feu ardent
Ma pensée est paralysée
Heureusement je dors
Je dors énormément

Tu disposes de la maison du coeur
Mais le coeur ne t’appartient pas
Tu es l’aimant qui attire le fer
L’objet ne t’appartient pas

TWR 247

Le soleil est bon
Mais ne deviens pas écarlate
Tiens-toi droit
Sauf s’il faut s’incliner
Devant l’adversité

Nous sommes des cruches
L’une d’elles se casse
C’est fou
Comme nous la regrettons

Les grâces sont les esclaves
Du grand moteur universel
Qu’est-ce que c’est que ce grand moteur universel ?
Je ne sais pas

Faut-il traiter le péché de l’erreur
Avec mansuétude ?
Cela dépend des cas
Le serpent devient-il bâton ?

KGI 27

Vaste océan mère endormie
Liberté des fleuves
Le jour de la séparation
Est parfois le jour des retrouvailles

Le crépuscule est une aurore
De l’autre côté du monde
A qui pourrai-je offrir
Les fruits de mon arbre ?

Je me sens puissant quand mon souffle
Fait vivre une flûte
Je suis un chercheur de silence
Ma lanterne est vide et obscure

Je dis les choses avec des mots
Beaucoup d’autres restent muettes
Car je ne peux tout dire
Dussé-je me taire

KGI 26

Je préfère parler du bien
Plutôt que du mal
Le bien est torturé
Par sa faim et sa soif

Le bien affamé cherche sa nourriture
Dans les grottes obscures
Le bien assoiffé boit
Les eaux mortes

Pour être bon il faut
N’être qu’un avec soi-même
Un navire sans gouvernail peut dériver
Sans sombrer pour autant

Être bon c’est donner de soi même
Ce n’est pas être mauvais
Que de chercher un bénéfice personnel
Comme une racine qui s’accroche à la terre

KGI 25 Travaux

Il y a travaux et travaux
Beaucoup sont répétitifs
Anonymes sans grâce
Sans intelligence

D’autres sortes de travaux
Donnent sens à nos sociétés
En vous dédiant au dur labeur
Vous montrez votre amour de la vie

La malédiction de votre naissance
S’effacera si vous travaillez
La connaissance est vaine sans travail
Le travail est vide sans amour

Vous tissez une étoffe avec des fils de votre coeur
Vous construisez une maison comme si elle devait vous loger vous même
Vous moissonnez avec la joie de l’été
Vous imprimez le souffle de votre esprit